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Faits-divers

Le Tampon : "Maman boit du vin, papa du cognac"


Quand Eddy et sa compagne consomment de l’alcool plus que de raison, ils se vouent une haine féroce. Un spectacle de désolation qui se joue en présence de leurs cinq enfants. Ce vendredi, le Tamponnais a écopé de 10 mois d’emprisonnement dont 5 assortis d’un sursis probatoire pour avoir violenté celle qu’il prétend aimer.

Par Annaëlle QUERTIER - Publié le Vendredi 16 Juillet 2021 à 17:41

Le Tampon : "Maman boit du vin, papa du cognac"
Eddy et sa compagne se sont rencontrés à l’adolescence. Après 14 ans de vie commune et cinq enfants, leur relation est aujourd’hui réduite à l’alcool et aux épisodes de violences.
 
Victimes collatérales de leurs alcoolisations massives, les enfants ont été placés en foyer d’accueil avant de regagner leur maison en décembre dernier. "Maman boit du vin, papa du cognac. Quand, il y a de l’alcool, ça se passe pas bien", confie l’aînée de fratrie, âgé de 13 ans, aux services sociaux.
 
Après une cure de désintoxication, le père replonge dans son alcoolisme chronique, en janvier. De nouveau, les cris résonnent dans la maisonnée. Et les violences conjugales se font de plus en plus fréquentes.
 
Le 2 juillet dernier, lors de l’anniversaire de l’aînée, la fête vire au cauchemar. Le géniteur s’empare d’un couteau et menace sa belle-sœur.
 
Appelés sur les lieux, les gendarmes interpellent l’excité. La compagne, elle, livrera aux enquêteurs sa parole de femme blessée dans sa chair. Au total, 5 certificats attestent de ses nombreuses agressions.

Ce vendredi, lors de son procès devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre, l’individu aux larges épaules reconnaît sans détour sa culpabilité avant de formuler ses regrets. "Je veux être un bon parent pour mes enfants, car j’ai moi-même été placé quand j’étais petit. J’ai commencé à boire de l’alcool quand j’avais 13 ans", explique-t-il dans le prétoire.
 
Dans la salle d’audience, sa compagne emmitouflée dans une fine doudoune ne souhaite pas se constituer partie civile. Le couple entend même reprendre le cours de leur histoire d’amour. 

Une histoire qui sera mise à mal pendant cinq mois par le tribunal. À l’issue de son procès, le compagnon a regagné sa cellule de la Cayenne.




1.Posté par tonton le 16/07/2021 19:47

Mon dieux, je vous souhaite bon force et l'aide de dieu.

C'est parfois très problematique, la vie sur la Réunion.
Je comprends aussi le raleur de tout ce site, sur ce sujet: ils sont eux meme victimes.

Comment on va s'en sortir ? Je n'en sais rien.
Mais je vous souhaite bon force et je prie pour vous. Ce tous que je peux faire.

2.Posté par Malik le 16/07/2021 22:09

Faut remercier les élus de tout bord et leurs SEM ,leur civis ,leur tco la sem des musée leur parc régional, leur conneries à tout va ..etc... au détriment de l éducation, du logement du travail ,de la dignité, de l unité ! On devrait porter plainte contre eux pour non assistances à personne ou peuple en perdition !

3.Posté par MôvéLang le 17/07/2021 04:13

Et dire qu'il faut tout simplement placer les enfants, leur couper tous les allocations/RSA et les obliger de travailler.

4.Posté par Erik le 17/07/2021 06:31

La, il faut faire quelques choses,
arrêtons ces grands discours decnocrate ,des penseurs de la médiatisation d'une cause de la violence .Mon île n est p être pas le seul endroit au monde à montrer son visage de la violence .Qu est ce qu on a fait dans mon île, de ces outils culturellement aimant.
On a une histoire aux racines de la violence,mais on est XXI siècle .Est ce un problème sociétal, économique, affectif, comportemental,etc...
Ce peuple a tellement de blessure pour ne plus mesurer sa propre réalité ?
Comment on en est arrivé à ce point ?
Mon peuple me fait pitié.
Et, c est grave pour lui et pour moi.

5.Posté par Eva FONTAINE le 17/07/2021 08:11

Malheureusement ce sont des milliers de familles à la Réunion qui reproduisent ce modèle. Dès le 5 du mois, c'est la fête avec beaucoup d'alcool jusqu'à ce que toutes les prestations familiales soient dépensées. Ce sont les enfants qui trinquent, qui sont placés et d'autres enfants naissent tant que l'âge biologique le permet. Où est l'éducation ? la responsabilité des parents ? Les élus sont coupables en laissant faire et endorment ces familles à coup d'aide sociale, (colis alimentaires, CAPA, SU, AM, AFI, FDAJ, et j'en passe.

6.Posté par Lebon papa le 17/07/2021 11:43

Je commence à comprendre tous les maux de la société réunionnaise due à l'alcool . Notre patrimoine génétique peut nous jouer des tours . Si nous avions conscience de celà , nous allons molo et avec modération et sans états-d'âmes avec l'alcool . Car ce n'est pas l'homme qui prend la bouteille , mais la bouteille qui prend l'homme si nous ne prenons pas le contrôle. Cette merde est la drogue la plus l'égale et la plus dure au monde . Les effets de l'alcool sur l'organisme est très dangereux , même à petite dose .

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Les premiers habitants de Bourbon étaient "alcooliques et querelleurs"
Par jponinballom Ponin-Ballom
3 jan 2016, 02h30 0
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L'alcool est présent dans l'histoire des peuples du monde entier. À la Réunion, bien avant la production du sucre, les Bourbonnais ont fabriqué artisanalement de l'alcool avec la canne. "Les premiers témoignages sont peu élogieux pour les habitants de Bourbon", témoignent l'addictologue David Mété et l'historien Prosper Eve. Regards croisés sur "l'histoire du boire" à la Réunion.

"Hervé Fontaine est un créole mulâtre, âgé de 32 ans, qui est des plus grands libertins de toute lisle. Il est ivrogne, jureur, joueur, médisant, menteur, et tout adonné à la gueuse quoi qu'il soit marié…" Ces propos sont signés Antoine Boucher en 1720 dans son "Mémoire pour servir à la connaissance particulière des habitants de l'Isle de Bourbon". Jules Le Clerc, médecin, n'est guère plus tendre et parle "des effets de l'ivrognerie", dans un exposé devant des confrères.

L'alcool, les Bourbonnais le font eux-mêmes. Avant de fabriquer du sucre de manière industrielle à partir de la canne au début des années 1810, les Bourbonnais s'en sont servis pour fabriquer artisanalement de l'alcool. "Les habitants sont débrouillards et ingénieux. Après avoir mis au point un frangourin (ou flangourin), c'est-à-dire un appareil pour écraser la canne et en extirper le jus, ils fabriquent d'abord, un jus semblable au cidre par simple fermentation, puis un alcool assez racé, dénommé vulgairement arack, en chauffant le jus de canne. Dans la première société bourbonnaise d'autoconsommation, la canne à sucre étant présente dans la nature primitive, les hommes portés sur l'alcool n'ont pas besoin d'acheter ce breuvage, ils le fabriquent", raconte aussi le professeur Marie-Prosper Eve. Des habitants deviennent riches en vendant localement ou à des navires de passage.

Dans les communes, les rixes s'expliquent souvent par l'abus de l'alcool. Des récits de 1830 évoquent des bagarres sur fond d'alcool qui entraîneront la mort et seront jugés devant la cour d'assises.

"Lorsqu'il examine, en 1833, les diverses causes de la violence à l'île Bourbon, le procureur général Barbaroux cite l'alcool parmi les sept principaux facteurs, mais il vise essentiellement les Petits Blancs, population déconsidérée par les administrateurs de cette île (…) et les esclaves", raconte encore le professeur Marie-Prosper Eve. Pour se procurer l'alcool dont il a besoin, l'esclave vole et vend son butin à des Blancs en échange d'un peu d'alcool ou de l'argent pour s'en procurer. Mais pour l'historien réunionnais, les maîtres portent leur part de responsabilité dans la consommation de l'alcool par les esclaves. "Lorsque l'île se lance dans la fabrication industrielle du sucre, certainement pour encourager leurs esclaves au travail, au moment de la manipulation, les industriels distribuent un verre d'alcool avant de commencer la journée de travail."

La libération des esclaves sera la libéralisation du boire. "En 1848, 500 000 litres de rhum sont consommés. En 1854, 1,6 million de litres, soit le triple", fait remarquer le docteur David Mété.

Pour la presse, c'est à cause des prix bas que la consommation augmente. Elle est d'ailleurs unanime pour critiquer la baisse de moitié du prix du rhum. Les affranchis du 20 décembre 1848 sont également montrés du doigt.

Le Moniteur de l'île de la Réunion écrit le 22 novembre 1856, "Ces 60 000 individus à peine civilisés, étrangers aux notions les plus vulgaires de la morale, sont livrés sans défense à la tyrannie de leurs instincts et de leurs passions". Le rhum coule à flot surtout quand arrive la fin de la semaine. Les scènes d'ivresse dans les quartiers défavorisés - rue de la Boulangerie dans le Bas de la Rivière et quartier Saint-Jacques à Saint-Denis - sont courantes et figurent dans la rubrique "informations" des journaux. Selon Prosper Eve, "l'appât du gain pousse certains commerçants à frauder pour les gros consommateurs de vin afin qu'ils se saoulent plus difficilement. Leur technique consiste à ajouter de l'eau au vin masquée par une mixture de bois de campêche ou de régime de bananiers. Ils débitent de vrais produits toxiques."

Amende pour les personnes ivres

Les années passent. La consommation ne baisse pas, car les particuliers viennent faire leurs grosses provisions dans les dépôts centraux, lors des fêtes et notamment celles de fin d'année. Dans les usines sucrières, les employeurs récompensent leurs travailleurs à la fin de l'année en leur donnant quelques kilos de sucre et quelques bouteilles de rhum.

À la fin du XIXe siècle, l'île connaît une nouvelle augmentation du nombre de débits de boissons. Une seconde prise de conscience se produit alors : elle met en relief l'alcoolisme chronique. Des scientifiques considèrent alors que l'alcoolisme est responsable de la dégénérescence de la population créole.

"Les résultats désastreux lors des conseils de révision attestent que la race réunionnaise est en péril", fait encore remarquer le professeur Prosper Eve. À la Réunion, la population noire n'est pas la seule concernée par ce fléau. L'alcoolisme chronique est visible aussi dans les Hauts de l'île, là "où vivent les Petits Blancs, refuge des planteurs ruinés qui choisissent l'isolement pour cacher leur misère."

Un nouveau pas est franchi avec la publication au bulletin officiel du 2 mai 1873 de la loi qui punit l'ivresse publique et visant à freiner la consommation. Une amende de 1 à 5 francs doit frapper toute personne trouvée ivre dans les rues, les champs, les places, les cafés, les cabarets ou les autres lieux publics. Elle ne s'attaque pas aux racines du mal, mais à ses manifestations. "L'État, pendant longtemps, concentre ses efforts sur la traque de la fabrication du rhum marron. La création des bureaux d'hygiène est restée intentionnelle. Le rhum étant un sous-produit de la canne rapportant beaucoup d'argent dans les caisses de l'État, sa vente est un mal nécessaire", explique l'historien réunionnais.

7.Posté par Lulu le 17/07/2021 17:53

MERCI à 6.Posté par Lebon papa le 17/07/2021 11:43, très intéressant ce magnifique cours d'histoire on en redemande!

8.Posté par Danilo Thomas le 18/07/2021 09:21

@lebonpapa,
Merci pour cet excellent éclairage historique. On comprend mieux les racines de ce maux.
Maintenant que faire ?
Comment endiguer ce phénomène.
Je pense que l'amélioration de la situation économique et sociale est le facteur clé mais la encore, comment faire ?

9.Posté par Zarin le 20/07/2021 21:05

"Maman boit du vin"

Elle est donc réunionnaise ? sinon on aurait parlé de PINARD !!!

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