Société

Le Stade de Reims mise sur La Réunion

Vendredi 27 Juillet 2018 - 09:10

Un tremplin vers la métropole. Les éducateurs de la section féminine du Saint-Denis Football Club ouvrent la voie à un partenariat avec un club historique du foot hexagonal : le mythique Stade de Reims. Un stage ouvert aux joueuses de moins de 16 ans est organisé depuis le début de la semaine sous les yeux de deux observateurs du club métropolitain (Ligue 1 chez les hommes). Tandis que les éducateurs locaux s’inspirent des méthodes de travail de leurs homologues, les jeunes filles peuvent à leur tour rêver d’un parcours d’excellence. Nous avons interrogé les deux intervenants invités par le SDFC ainsi que l’éducateur du club de Saint-Denis qui rêve de pouvoir sortir de nouveau une nouvelle Melvine Malard des rangs du foot dionysien et réunionnais.


ZINFOS : Comment est venue cette idée de stage délivré à des jeunes joueuses réunionnaises par un club comme le vôtre ?

Amandine Miquel, coordinatrice de la section féminine du stade de Reims et entraîneuse de l’équipe féminine du stade de Reims (D2) : J’étais en contact particulier avec M. Payet qui a souhaité lancer ce partenariat avec le SDFC. L’idée c’était de lancer un partenariat avec un club de l’île, ça s’est fait avec le SDFC qui était intéressé. 

Quel est l’objectif de votre venue ? 
L’objectif de ce partenariat c’est qu’on puisse venir une à deux fois par saison, rencontrer les joueuses - dans un premier temps celles du Saint-Denis FC - et après plus globalement jauger le niveau des féminines sur l’île de La Réunion. Et à terme, c’est de pouvoir aider certaines jeunes filles qui auraient le niveau requis à évoluer en métropole pour qu’elles puissent progresser davantage et aller sur un niveau plus élevé que ce qu’elles auraient ici en sénior. Outre le fait d’amener nos séances d’entraînement, c’est aussi un partage avec les éducateurs locaux. 

Le stade de Reims a-t-il déjà opéré des partenariats comme celui-ci avec d’autres clubs des DOM ?
Non, c’est une première. Ayant joué ici, je sais qu’il y a de la qualité à La Réunion. Tous les ans, on retrouve une à deux joueuses réunionnaises dans les sélections françaises. Il y a Valérie Gauvin (attaquante à Montpellier) en A et Melvine Malard aussi (attaquante à l’Olympique Lyonnais). L’idée c’est de se dire que si on lançait un travail de fond, on en sortirait plus ici. Je pense qu’on est passé à côté de pas mal de joueuses. Pour avoir joué ici, je sais qu’il y en a qui avaient le niveau mais l’occasion ne s’est pas présentée et elles sont restées jouer ici et je trouve cela dommage de passer à côté de joueuses intéressantes. La Réunion, c’est le seul DOM que l’on va "annexer" (rires) dans un premier temps. 

La détection fait-elle partie de vos objectifs ?
Là dans un premier temps, on ne voit qu’un petit panel de joueuses, celles du Saint-Denis FC. Mais on est en contact avec différents clubs de l’île, de l’Est, de l’Ouest.... L’idéal serait de revenir idéalement sur un tournoi où on pourrait voir le plus de joueuses possible. On est en contact avec plusieurs entraîneurs qui n’hésitent pas à me dire, lorsqu’ils perçoivent de belles qualités chez certaines de leurs joueuses, d’y regarder de plus près. Après, c’est vrai qu’il y a un écart de niveau entre La Réunion et la métropole. Mais c’est aussi une question d’adaptation. Tout le monde n’y arrive pas. On a une joueuse de Saint-Benoît, par exemple, qui est venue jouer à Reims en temps que gardienne. Après une saison, elle a émis le souhait de rentrer à La Réunion parce que çà ne lui allait pas en termes de vie. C’est vrai que La Réunion c’est quand même un lieu exceptionnel pour vivre, et quand on est basculé à Reims, c’est pas que c’est pas exceptionnel mais c’est très différent (rires). C’était la seule réunionnaise qu’on avait à Reims cette année. Donc ça marche pas pour tout le monde. Je pense que celles qui perceront, qui resteront en métropole, il leur faudra beaucoup de détermination. L’idée c’est de créer cette passerelle et que celles qui ont réellement la motivation et le haut niveau puissent le faire. 

Amandine Miquel et Messuwe Amaury, tous deux entraîneurs dans plusieurs sections du Stade de Reims, entament leur première tournée à La Réunion
Amandine Miquel et Messuwe Amaury, tous deux entraîneurs dans plusieurs sections du Stade de Reims, entament leur première tournée à La Réunion
Quels sont vos critères pour juger de celles qui ont le potentiel ?
Amaury Messuwe, coach adjoint en D2, responsable de la section sportive et coach principal en U19 féminin au niveau national : Comme aujourd’hui il s’agit d’un premier contact, on essaye de passer tout en revu. Hier on a abordé le thème « Voir et être vu sur la possession du ballon », aujourd’hui c’est plus sur le thème défensif. Et l’idée c’est de proposer des ateliers en globalité sur la semaine. On n’est pas trop dans le repérage, mais plus dans l’échange continuel avec les éducateurs d’ici et les dirigeants. Il s’agit de transmettre un maximum aux filles de ce que nous on peut vivre en métropole. Leur expliquer comment on fonctionne, pour que le jour où elles arrivent, elles ne partent pas dans l’inconnu. Mais c’est aussi l’état d’esprit que l’on analyse. Le football ce n’est pas que les pieds. On regarde la joueuse dans sa globalité. Il y a la mentalité, l’ouverture d’esprit. Une fille doit être capable d’échanger avec les copines, c’est pas rester dans sa bulle. 

Le stage s’adresse aux moins de 16 ans. Vous fixez-vous un âge limite d’entrée dans le haut niveau ?
Y a pas d’âge, c’est fonction de chacune. Ici, jusqu’en 16-17 ans, il n’y a aucune raison de partir en métropole pour dire que « j’ai beaucoup plus de chances là-bas ». Ici il y a de très bons éducateurs et il y a de bons terrains partout sur l’île. Il y a de quoi faire. La seule différence qu’on a nous en métropole, c’est qu’à partir de 17 ans, c’est le niveau national qui fait que les filles vont rencontrer les meilleurs joueuses et on sait que c’est par les matches que l’on progresse un maximum. C’est donc au niveau du niveau U19 national - soit à partir des années lycée - que les filles ont plutôt intérêt à venir chez nous, mais il n’y a pas d’âge limite, même si on sait que la passerelle U19 national sera vraiment la première passerelle pour accéder au niveau Division 2 ou D1.

Patrice Clain est très satisfait de pouvoir lancer ce partenariat inédit, profitable autant aux licenciées qu'aux éducateurs locaux
Patrice Clain est très satisfait de pouvoir lancer ce partenariat inédit, profitable autant aux licenciées qu'aux éducateurs locaux
Pourquoi le Saint-Denis FC s’est lancé dans cette aventure ?
Patrice Clain, éducateur U16 féminine SDFC : L’objectif c’est de faire connaitre aux filles le club de Reims qui nous fait le privilège d’être là toute cette semaine, sachant qu’à l’avenir un partenariat pourra se faire avec ce club et nous. Mais aussi que nos filles puissent connaitre les entraînements venant de métropole, de voir comment ils travaillent. Et ce qu’on souhaite de tout coeur, c’est que ces filles puissent avoir une chance d’aller dans un club métropolitain, comme Melvine, formée ici à Saint-Denis.

D’autres liens existaient-ils avec des clubs majeurs de métropole ?
Il faut savoir que c’est une première au niveau interne. Et pour une première, c’est une réussite. Les filles de 13-16 ans qui sont là depuis lundi apprennent beaucoup de choses. Et ça va continuer l’année prochaine : il y aura le stage ici et on ira aussi faire un stage en métropole et j’espère que ça sera une continuité sur deux, trois, quatre ans.

En quoi est-ce profitable ?
Je veux souligner le fait qu’à travers notre expérience, on bénéficie du partage entre éducateurs de métropole et éducateurs locaux. Nous on souhaite aussi ouvrir cette porte à tous les éducateurs de La Réunion, ce qui ne se fait pas vraiment la plupart du temps. On souhaite que les éducateurs d’autres clubs de La Réunion puissent voir comment on travaille au SDFC avec les éducateurs venus de métropole. Il faut savoir qu’il y a des hommes ici qui veulent se battre pour le football féminin. On va le faire ! On va le faire ! Et quand je dis pour le football féminin, je pense surtout aux éducateurs de La Réunion qui font un travail génial. Le but c’est de dire : « nous on a pu le faire à Saint-Denis, vous pouvez le faire aussi chez vous. On est dans le partage d’expériences. » 

Voir des joueuses se hisser au niveau national, c’est l’objectif espéré ?
C’est vrai que c’est l’un de nos souhaits. C’est bénéfique pour le club formateur mais c’est surtout un éclairage pour le foot réunionnais. Et j’espère que dans ce groupe-là, il y en aura une qui se fera repérer. Mais comme j’ai dit aux filles : « si on ne peut pas le faire maintenant, sachant désormais qu’il y aura un partenariat, elles vont être suivies, le Stade de Reims va nous demander si telle ou telle fille a progressé tout au long de l’année. Il y aura un suivi. C’est le but.  
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par Jp POPAUL54 le 27/07/2018 09:54

Sablons le champagne !

2.Posté par zistis le 27/07/2018 10:15

Le foot féminin d'un point de vue technique ... bof bof... vraiment mauvais techniquement voire franchement nul...
Pourquoi les médias ne font ils pas la promotion du football des U19 ou U17 car il y a là tous les talents de demain ?

3.Posté par Patrick le 27/07/2018 10:44

Très bonne initiative, Reims c'est super comme ville. Allez y !

4.Posté par Stade de Reims le 27/07/2018 13:23 (depuis mobile)

Stade de Reims : connais pas.
L'époque de mon grand père.

5.Posté par menfin le 27/07/2018 14:56

Reims, une ville super?? J y ai vévu 5 ans, et franchement elle n'a rien de super.

6.Posté par Atteré le 27/07/2018 16:45

Zistis (macro, excusez moi je ne peux m'empêcher !), votre post, je ne peux appeler cela une contribution, pue la connerie machiste d'aussi loin qu'on l'aperçoit ! ! !
Comment le (dé)régulateur peut laisser passer pareille inanité ? ? ?

7.Posté par Jean Rigole le 27/07/2018 17:27

@ post 2 :

pas que d'un point de vue technique ! Niveau physique aussi c'est nul...

Qui regarde le championnat féminin ?

D"ailleurs, qui regarde la ligue 2 qui débute ce soir ?

On attend avec impatience la Ligue 1, la Premier League (Angleterre) et la Liga (Espagne)

8.Posté par Jean Rigole le 27/07/2018 18:27

Quelques fois, je regarde aussi la Bundesliga (Allemagne) et la Série A (Italie), quand il y a des matchs intéressants...

C'est comme au tennis, on regarde les matchs intéressants avec Nadal, Federer, Djokovic, Tsonga, Monfils. Les autres, on s'en fout...

On a encore cette liberté de regarder que ce qui nous passionne, il n'y pas encore de lois pour pour nous obliger à regarder de la daube qu'on aime pas, profitons-en !

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