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Patrimoine

Le Moringue


Danse, art martial, pratique cultuelle ou encore danse guerrière, le Moringue fait-il partie du patrimoine réunionnais ?

Par Sabine Thirel - Publié le Samedi 2 Janvier 2010 à 08:01 | Lu 5418 fois

Le Moringue
Quoi qu’il en soit le Moringue remonte au peuplement de La Réunion. En effet, au début du XVIIIe siècle les hommes et femmes, main d’œuvre pour le café puis pour le sucre de canne, sont  emmenés des pays d’Afrique orientale et de Madagascar. Ces  esclaves Cafres sont arrivés avec leurs cultures et leurs musiques.
Venant au départ de contrées lointaines les unes des autres, ils étaient en plus séparés dès leurs débarquements. Par la suite, la vente et la répartition des esclaves les isolaient encore dans des plantations éloignées. Ces hommes d’origines différentes ne se connaissaient pas. Ils ne pouvaient pratiquer leurs coutumes. De plus, le travail des champs et des moulins à sucre leur laissait que peu de temps libre, pour  danser et jouer de la musique.

Le Moringue
Cependant, les esclaves ont trouvé le moyen de s’extérioriser. Un arc musical muni d’une calebasse sert de caisse de résonance. Un fil tendu sur lequel tape le piqueur rythme les chants. Cet arc est un instrument de musique traditionnel originaire du Mozambique et de l’Angola.
Les colons peu nombreux et propriétaires d’un grand nombre d’esclaves craignaient à tout moment une révolte. Si cela arrivait, ils seraient vite débordés et abattus comme cela se passait déjà dans les colonies des Caraïbes. Il était important de garder le contrôle par n’importe quel moyen.  Les esclaves devaient respecter un certain nombre de règles : Interdiction de réunion, interdiction de se battre, interdiction de dépasser les limites de l’habitation, interdiction de rencontrer les esclaves des autres propriétés…

Le Moringue
Concentrés dans une plantation, les esclaves devaient gérer les problèmes relationnels d'une cohabitation difficile due à une surpopulation tout d’abord. Ensuite, leurs cultures différentes freinaient les échanges. Les femmes trop rares provoquaient aussi des jalousies et étaient causes de rivalités. Les conflits devaient se régler hors du temps dévolu au travail. Alors, pour les règlements de comptes, les hommes se rencontraient à la tombée du jour dans un endroit éloigné. Ils exécutaient alors une sorte de danse rituelle au son de percussions et du Bobre.
Un cercle se forme. Les esclaves attendent le début de la bagarre.

Les adversaires au centre du « rond » se toisent, se regardent dans les yeux. Sans un mot, l’un se dirige vers la droite pendant que l’autre va aussi vers la droite. Ils se déplacent autour d'un point imaginaire, situé au centre du rond. Soudain, ils s’arrêtent, les jambes écartées, se penchent vers l’avant toujours en se regardant fixement. L’un d’eux ramasse une poignée de terre puis s’en jette sur le visage, sur la tête et sur le corps. L’autre en fait de même. Retour à la terre ? Purification vaudou ? Rite ancestral ? Les instruments traditionnels résonnent. Ils s’élancent l’un vers l’autre et se percutent au niveau de leurs poitrines nues. Alors les jambes s’élèvent  balayant, faisant mine de chasser l’autre, chacun à son tour. Pas de bataille sanglante mais un échange de gestes précis, étudiés.
Le Moringue se fait danse au son des musiques afro-malgaches. Le large pantalon blanc se couvre de poussière. Les deux protagonistes se confrontent noblement jusqu’à épuisement de l’un d’entre eux. Les  commandeurs ne voient que du feu. Croyant assister à une danse rituelle. A la fin du combat, chacun regagne son camp en silence.
Le Moringue

Mais le Moringue disparait au XXe siècle dans l’île. Aurait-il été contrôlé, surveillé puis interdit. Les pratiquants se cachaient peut-être.  Il est remis au goût du jour par des  passionnés réunionnais dans les années 1990.
Aujourd’hui, reconnu comme sport, activité culturelle et pratique artistique, le Moringue connait un engouement certain surtout auprès des jeunes. Plusieurs clubs où les adhérents ne manquent pas, se sont créés dans l’île. Cependant, le djumbé a remplacé le bobre, pour donner le rythme.
Tillum Bernard - Plasticien contemporain - St-Joseph
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Jimmy Cambona - Plasticien contemporain St-Louis
Jimmy Cambona - Plasticien contemporain St-Louis
Le Moringue se pratique dans plusieurs pays de l’Océan Indien, comme les Comores (Morengue), (Moringy) à Madagascar et Maurice. Mais cet art se pratique aussi au Brésil sous le nom de Capoeira. Le cousin du Bobre réunionnais s’appelle Bérimbaü au Brésil. Notons que l’Angola et le Mozambique étaient colonies portugaises et par là même, fournisseurs d’esclaves du Brésil depuis le XVIe siècle.

Document d'archives.

NB : article modifié le 5 janvier 2010 à 20 h 00.




1.Posté par mwa la pa di le 02/01/2010 10:26

Je suis toujours à la recherche de textes qui interdisaient officiellement la pratique du maloya et du moringue. Je crois qu'il serait intéressant que nos chercheurs puissent nous apporter les éléments qui on fait que les réunionnais d'origine africaine n'ont pas pu ou pas osé maintenir leur tradition à une époque. Est ce interdit ou une auto interdiction ?

2.Posté par zoro le 02/01/2010 12:22

Nous avons un début d'explication.
Davy Sicard dans une interview accordée à Afrik.com, répond à la question : Pourquoi était-il (le Maloya) interdit jusque si récemment ?
Davy Sicard : Il (le Maloya) a toujours souffert d’une certaine image. Il a été associé dans les années 60 à une sorte de mouvement de rébellion. Le parti communiste a vu le jour en 1962, et le PCR a vu dans le maloya l’expression du quotidien du Réunionnais – entre guillemets - "de base" : du simple Réunionnais, du Réunionnais modeste. Donc ils ont associé le maloya à leurs meetings, et ça a été fortement réprimé par les autorités. Mais il n’y avait pas de texte officiel d’interdiction.

3.Posté par thierry le 02/01/2010 13:58

le moringue n'est pas une invention pei, mais une tradition importée.....j'ai souvent vu ce genre de pseudo combats dansants dans des villages en angola, mais en beaucoup plusénergique et violent dans les attitudes !

au début je croyais à un véritable combat, ce n'est qu'en s'approchant que je me suis rendu compte que c'était simulé....

quant à la pratique interdite...non seulement je serais aussi curieux de voir les textes comme pour le maloya (hors période vichy), mais je ne vois pas comment celà aurait été possible à moins d'avoir en permanence un gendarme dans chaque cour !

4.Posté par MOVAIS LANG na point lo zo le 02/01/2010 17:42

C'est une attitude déplorable que celle qui consiste à toujours demander des textes des preuves pour décribiliser l'histoire de la Réunion. Oui le maloya était interdit et oui il se jouait clandestinement. Il était interdit parce que associé à l'esclavage et surtout à la politique et au service kabaré. Ce qui dérangeait pas mal notre bonne mère l'église. Et puis l'époque coloniale rimait avec uniformisation des cultures indigène sur le modèle des culture métropolitaine. C'est comme l'autre connard qui dit que l'esclavage n'a pas vraiment existé à la Réunion. S'il y en a que ça soule d'entendre parler de ça qu'il passe leur chemin, mais ne venaient pas cracher votre venin sur notre histoire et notre culture.

5.Posté par mwa la pa di le 03/01/2010 01:42

MOVAIS LANG na point lo zo peut être pas beaucoup de cervelle. Avoir de éléments avec les historiens permet de mieux comprendre l'histoire de notre peuplement et de la transmission des cultures. Il n'est pas question de remettre en cause mais de comprendre les mécanismes qui se sont mis en place pour empêcher le développement d'une culture, des traditions. Il est facile de dire que telle ou telle danse était interdite, mais bien plus intéressant de savoir comment. Au lieu de cracher ton venin apporte nous ton savoir et les sources de tes connaissances comme ZOZO (post 2)

6.Posté par zoreil do fé le 03/01/2010 15:24

Et oui! ce qui est intéressant, c'est l'histoire d'un peuple...mais la VRAI histoire...pas la légende....
Car, avec le temps, on fait dire ce que l'on veut à une légende...Et certain esprit malfaisant peuvent être tenter, comme certains à la Réunion, de réécrire l'histoire à des fins personnelles....suivez mon regard pyramidal....
Et puis à quoi bon se chauffer entre créole? n'avez vous pas la même histoire en commun? Si!!!! mais pas la même interprétation!
C'est ce qui tend à prouver qu'un point de vue historique étayé par des documents avérés mettrait tout le monde d'accord.....sauf les menteurs.
Car l'histoire de la Réunion est une belle histoire.....

7.Posté par Jack le 03/01/2010 20:32

Et si tout simplement, pendant cette période d'oubli des coutumes, la plupart des réunionnais n'avaient plus envie de se souvenir de cette période d'esclavage et d'engagisme, s'il voulaient tourner la page et se fondre dans une nouvelle identité, française celle là.

8.Posté par Rasnatty le 04/01/2010 19:34

Trés intéressant cet article qui quel que soit l'apport de vérité ou de légende permet aux réunionnais à travers le moringue, tout comme la maloya de s'enraciner dans une culture héritage direct de leurs ancètres et qui aujourd'hui commence à se diffuser en métropole par l'intermédiaire d'ékol qui dans bien des cas sont composées à majorité de "zoreils" et c'est là tout l'intérêt de cette pratique qui qu'elle que soit l'origine ethnique des pratiquants véhicule des valeurs de tolérance, fraternité, multiculturalisme, humanisme....on ne peut que remercier les ancêtres esclaves de cet apport qui fait un pied de nez monumental à ceux qui prèchent la préférence nationale ou qui nous bassinent à longueur de journée avec "l'identité nationale".

P.S. c'est un peu abusé d'affirmer que DREINAZA est le parrain du moringue sous l'impulsion de Guyto Gourdialsing, surtout quand les sources de cet article sont fournies par le Comité Sportif et Culturel de Moring Lontan.......toujours ce besoin de se mettre en avant , ce qui est contraire à l'esprit du moring.

9.Posté par GOURDIALSING GUYTO le 04/01/2010 21:56

Bonsoir,

Cet article a été écrit sans l'accord du comité de moring lontan..nous n'avons donné aucune source,je ne sais même pas qui a écrit ceci,cette SABINE THIREL et encore plus en me citant...ce qui est écrit est faux..car rien de tout celà n'est écrit sur notre site.Il suffit d'aller voir.En plus GUYTO GOURDIALSING n'a jamais relancé le moring mais bien Jean René Dreinaza..Alors Il faudait taper sur celui qui a écrit cette énormité...Le moring lontan n'a pas besoin de se mettre en avant de cette façon ,d'ailleurs li lé dan fénoir depuis un bout de temps..mais son chemin y continue...ti lamp ti lamp na arrivé.....

10.Posté par beton frederic le 08/09/2012 21:14

Bonjour à vous, sur notre site web nous faisons une encyclopédie des Arts Martiaux, nous autorisez vous à reprendre votre article en citant la source et le nom de l'auteur de l'article, nous intégrons ensuite des vidéo ou reportage pour compléter les informations
Amicalement fred

Réponse de Pierrot Dupuy: ok.

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