Océan Indien

Le Conseil général de Mayotte a du mal à honorer ses prestataires

Vendredi 28 Janvier 2011 - 10:40

L'information est relayée par Mayotte Matin dans son édition du jeudi 20 janvier 2011. La commission permanente du Conseil général de Mayotte du 31 janvier prochain doit régler les dettes de la collectivité vis-à-vis de l’entreprise de transport Issoufali. Une dette qui recouvre les billets d'avions des élus mais aussi des étudiants en mobilité et qui s’étale de 2004 à aujourd’hui. En jeu, une somme de 515.000 euros que la collectivité départementale doit depuis des années à une entreprise privée chargée d'avancer les billets pour le compte de la collectivité. Explications…


Le Conseil général de Mayotte a du mal à honorer ses prestataires

Ce n’est un scoop pour personne, le Conseil général de Mayotte est un gros consommateur de billets d’avion, tant pour les élus que pour les étudiants et lycéens qui hier encore attendaient patiemment que leurs titres de transport soient pris en charge par la collectivité. Tout ceci a quelque peu changé avec l’arrivée de Ladom (agence de l'outre-mer pour la mobilité) précise Mayotte Matin, mais si tout s’est amélioré sur le papier, quelques casseroles sont restées.

Ainsi, en commission permanente du 31 janvier prochain, l’ordre du jour aura pour premier rapport soumis à délibération, le “n°2011-131, relatif au protocole de transaction pour le règlement de la dette de la collectivité départementale de Mayotte envers la société de transport Issoufali SARL”.

L'arrivée de Ladom a remis de l'ordre

Aucun montant n’est donné, aucune pièce jointe ne livre la mesure de la dette, il a fallu fouiller dans les cartons pour trouver les factures qui trainaient ici et là, s’étalant de 2004 à nos jours.

Et le total donne le tournis puisque la dette tourne aux alentours de 515.000 euros. Une montagne qui comprend les voyages des élus, certes, mais aussi ceux commandés par la Direction des Affaires Scolaires et Universitaires de la Collectivité Départementale de Mayotte (DASU) il y a quelques années (avant l'instauration de Ladom). Un organisme qui gérait les aides du Conseil général de Mayotte en faveur des étudiants mahorais désireux de mobilité.

Le rôle de l’entreprise de transport Issoufali : émettre des billets d’avions pour tout ce petit monde durant des années. Des billets qu’elle payait directement aux compagnies aériennes concernées, réalisant du coup une avance de trésorerie de la collectivité d’un demi-million d’euros. Cela laisse songeur.

Un paiement qui devra encore attendre

Depuis 2004, le compteur tourne et les intérêts moratoires pour retards de paiements aussi, même si, comme le précise le journal, ces derniers n’existent pas véritablement à Mayotte.

La société Issoufali, qui a monté son dossier de recouvrement, attend cette régularisation qui arrive aujourd’hui à son terme. “Terme” ? Pas tout à fait, car si le rapport est voté, le paiement quant à lui devrait s’échelonner sur les deux semestres 2011.

“Dette” qui démontre, aujourd’hui comme hier, à quel point il est difficile de travailler avec la collectivité départementale. Ses délais de paiements sont incompréhensibles, inacceptables selon Mayotte Matin alors même que le journal révèle que le cas de cette société est loin d’être un cas isolé.
Ludovic Grondin
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1.Posté par Nostraberus le 28/01/2011 11:57

Vous souvenez vous de la grève des transporteurs de Mayotte. Voici la démonstration de l'incapacité de gérer du CG de Mayotte.

Et pourquoi auparavant les transporteurs ne se mettaient pas en grève ? Peut être que le prestataire précédent était capable d'assumer le manque de trésorerie du CG. Pourquoi avoir changé de prestataire ? En cherchant bien, on trouvera bien une explication.


2.Posté par Ded le 28/01/2011 14:03

Difficile de se faire payer par la collectivité départementale?
Où passe l'argent?
On le saura peut-être un peu mieux maintenant mais il y a peu encore , le fric de l'état passait bien vite dans des poches privées ( et tout le monde le savait) en son temps , certains élus ont été épinglés mais hélas pas vraiment condamnés ou destitués...

Mais bon , il n'y a pas qu'à Mayotte , et regardons d'abord devant notre porte , ce n'est pas un balai qu'il faut c'est un bulldozer!!!

3.Posté par fiuman le 29/01/2011 08:48

Et ce n'est que le début, attendez la réalisation de la départementalisation, ce sera pire qu'à St Louis!

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