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Le CREFOM Réunion, "une maison apolitique pour l'Outre-Mer", selon Patrick Karam

Vendredi 13 Juin 2014 - 11:29

Le CREFOM Réunion, "une maison apolitique pour l'Outre-Mer", selon Patrick Karam
Il y a trois jours, le CREFOM Réunion signait une convention  pour les droits des ultramarins. Hier, au cours d'une conférence de presse, il définissait sa stratégie pour réaliser "des objectifs d'ici trois ans", selon son président, Patrick Karam.   

"Après un an et demi d'observation, de travail de recherche" le CREFOM a vu le jour le 31 janvier 2014, dans un but précis "représenter les ultramarins au niveau national" dans son ensemble. "Il fallait prendre en compte toutes les différences, les tendances politiques, les femmes, les hommes etc..." Même si l'organisation "est peut être 80% à gauche", d'après Patrick Karam, il reste un "lobby apolitique" et une "maison pour l'ensemble de l'Outre-Mer". "Une personne qui entre au CREFOM perd son identité politique et elle ne prend pas le pas sur l'intérêt général" soutient sa présidence. Son président le décrit comme un moyen de "concertation et d'action""les Outre-Mer peuvent échanger entre eux".

Le terme "lobby, fait peur", mais illustre, selon lui, le "poids que le CREFOM Réunion veut donner aux intérêts des Réunionnais", afin de "peser sur les décisions et sur les parlementaires". De plus, "ce n'est pas un organe de l'État puisque sa présidence a été élue à l'unanimité moins une voix". Son équipe "représente à la fois la politique, les associations, la culture ou encore l'économie" et aspire à devenir "la plus large et diversifiée possible".  

Porter la voix de l'Outre-Mer au plus haut

Le CREFOM espère agir comme "une caisse de résonance" afin "d'appuyer le cas des Outre-Mer dans les hautes fonctions publiques, auprès des ministères, et plus spécifiquement la Réunion avec la délégation locale". Le délégué régional, Rachil Sacri, assure qu'avec le CREFOM, la voix des Réunionnais "ne sera pas perdue dans la mer", et sera portée jusqu'aux "hauts niveaux du gouvernement, par le bureau national".

Ce dernier remontera les dossiers, et les conventions, prioritairement au Ministère de l'Outre-Mer, avant que ces conventions ne soient déclinées dans d'autres ministères qui intéressent la délégation. La délégation réunionnaise de la CREFOM est la première créée. La direction explique que "pour une fois, la Réunion passe avant les autres et ne se sentira pas mise à l'écart". La prochaine convention sera proposée le 2 juillet à Paris, "tout va aller très vite", assure le bureau d'administration du CREFOM.

Le président François Hollande a même dressé un courrier pour officialiser un partenariat avec son équipe gouvernementale. À la Réunion, Patrick Karam souligne l'intérêt de Didier Robert a vouloir "très rapidement signer la création de la délégation".

Des commissions avec un programme concret

Des commissions avec des programmes "concrets et précis" sont déjà chargées des enjeux de l'emploi, de la culture, de l'éducation et des sports. D'autres devraient naître en fonction des nouvelles demandes.

Parmi les différentes problématiques que le CREFOM veut aborder, il y a celle d'une meilleure mobilité, et notamment entre les fonctionnaires réunionnais et ceux vivant à Paris. Pour Patrick Karam, il "doit être normal pour un Réunionnais voulant parfaire sa formation en métropole, de pouvoir revenir facilement chez lui", et inversement. Le CREFOM envisage d'étendre la continuité territoriale par un dispositif en cas de décès ou d'enterrement.

Dans le domaine de la culture, une convention a déjà été signée avec le groupe France Télévisions pour "une meilleure visibilité et prise en compte des Outre-Mer dans les médias et les manuels scolaires", et ce, en passant par le "développement d'un indicateur quantitatif de la présence de l'Outre-Mer dans la programmation". Pour ces questions culturelles, des groupes de travail et d'observation ont été mobilisés à l'aide d'experts, de personnalités politiques et professionnels de la culture afin de répondre au mieux à ce besoin.

Pour l'emploi, l'idée serait de contraindre les entreprises à offrir 50% des postes locaux à pourvoir, à des Réunionnais. Puisque "ce serait un système automatique", les administrations "n'auraient pas le choix". D'autres commissions et actions devraient être installées dans les jours qui viennent, afin d'établir un vrai programme.

Une question essentielle, l'égalité réelle

La question républicaine que le CREFOM trouve essentielle et nécessaire à instaurer, c'est l'égalité réelle, une égalité "concrète" entre l'Hexagone et l'Outre-Mer, qui implique un même taux d'inflation, de chômage etc... Dans cette optique, le président évoque un désir de "toilettage constitutionnel" où le terme de "race", ne devrait "pas exister".

Il reste conscient cependant qu'enlever le mot race "ne détruira pas le racisme" mais "détruira la justification de celui-ci". Il estime que l'on "peut se permettre d'enlever ce mot pour jouter la discrimination". En parallèle, il reproche à l'UMP de "bloquer" le gouvernement quand il s'agit de modifier la constitution. Pour lui, "la droite aussi doit se sentir concernée" car "même en fin de mandat de François Hollande, il faut que le concept continue", "un refus n'est pas envisageable". Malgré tout, le CREFOM s'ouvrira probablement "à des renégociations" si besoin.

Rallier les collectivités

Le lobby aspire à se faire connaître et à s'installer dans toutes les villes de France en trouvant l'appui de toutes les collectivités locales et de métropole. Le réseau du CREFOM Réunion, et son équipe de 41 membres officiels, va "au delà des relations professionnelles ou amicales" et représente une multitude de secteurs.

Sur le plan du financement, Patrick Karam reconnait qu'ils ont des moyens "considérables", notamment grâce à un appui de la mairie de Paris, mais aussi des différents conseils régionaux et assure une totale transparence et une "intransigeance" quant à la dépense de l'argent et des cotisations, avec "parcimonie".

Cette méthode "novatrice" d'après le bureau d'administration, "s'installe dans la durée et n'aura surement pas de résultats immédiats". D'ici un an, en mars 2015, le CREFOM et le Président de la République sont attendus pour établir un bilan de ce qui a été fait, ce qu'il reste à faire et de ce qui devra être fait.

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