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Le CNRS donne accès à la base de données des compensations versées en 1849 aux propriétaires d'esclaves - Quelques enseignements


Par F Saucratès - Publié le Vendredi 14 Mai 2021 à 16:21

Le CNRS donne accès à la base de données des compensations versées en 1849 aux propriétaires d'esclaves - Quelques enseignements
Un site du CNRS publie deux bases de données traitant des compensations versées par l'Etat francais aux propriétaires d'esclaves. L'une des deux bases concerne l'indemnité versée en 1825 par la nouvelle République libre de Haïti, et la seconde base concerne les indemnités versées en 1849 aux propriétaires d'esclaves des colonies de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane, de la Réunion, du Sénégal et des iles de Sainte Marie et de Nosy Be. Dans un cas, pour Haïti, on parle d'une indemnité de 150 millions de francs, destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité, et dans la deuxième, pour les autres colonies, on parle d'une indemnisation de 126 millions de franc or (soit l'équivalent de 27 milliards d'euros d'aujourd'hui - selon Le Monde).
 
https://www.lemonde.fr/afrique/video/2021/05/08/esclavage-qui-a-profite-de-l-argent-de-l-abolition_6079569_3212.html
 
Dixit Le Monde, «Gratuit et collaboratif, ce fichier inédit en France, fruit d'un travail de deux ans sur des milliers d'archives, pourrait relancer le débat sur les réparations».
 
https://esclavage-indemnites.fr/public/  
 
Dans l'article qui suit, on va s'intéresser à la seule base des indemnisations de 1849 mais l'histoire de Haïti et des 150 millions de francs or que Haïti a dû payer à la France pour prix de leur indépendance me paraît également intéressante, par son injustice. Haïti a plus payé pour son indépendance que les indemnités versées pour l'ensemble des autres colonies françaises ! 
 
L'intérêt de ce site est aussi de rappeler cette injustice.
 
Le 1er janvier 1804, après deux ans de combats acharnés contre les troupes du général Leclerc puis de Donatien de Rochambeau, venus rétablir l'esclavage, au nom de Napoléon Bonaparte, Jean-Jacques Dessalines proclame, l'indépendance de l'ancienne colonie française de Saint-Domingue, sous le nom d'Haïti. Pour la première fois de l'histoire, d'anciens esclavisés émancipés depuis 1793, fondent un état indépendant (...)
 
Le 3 juillet 1815, trois navires de guerre suivis quelques jours plus tard par deux escadres arrivent en rade de Port-au-Prince. A leur bord se trouve le capitaine de Mackau qui est chargé par Charles X d'obtenir l'agrément du président Boyer aux conditions de la France, y compris par la contrainte.
 
Le 11 juillet 1825, le Sénat haïtien autorise le président Boyer à ratifier l'ordonnance de Charles X datée du 17 avril 1825 et dont les 2 principaux articles sont :
 
Article 2 : Les habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue verseront à la Caisse Centrale des Dépôts et Consignations de France, en cinq termes égaux, d'année en année, le premier échéant le 31 décembre 1825, la somme de 150 millions de francs, destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité.
 
Article 3 : Nous concédons à ces conditions, par la présente ordonnance, aux habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue, l'indépendance pleine et entière de leur gouvernement.
 
La première République noire s'est acquittée complètement de l'indemnité en 1885, et de l'emprunt, en 1887, mais cela l'a plongée dans un endettement chronique qui l'a affaiblie durablement.»
 
Et Haïti devait ensuite être occupée militairement par les États-Unis d'Amérique à compter de juillet 1915 et ce jusqu'en août 1934, afin d'y combattre l'influence de l'empire allemand, qui y était particulièrement bien implanté.
 
Mais pour en revenir à la base des indemnisations des propriétaires d'esclaves dite base 1849, le site donne un certain nombre d'informations extrêmement intéressantes (au-dela de la liste des noms des proprietaires d'esclaves et des sommes perçues en 1849).

En voici la présentation des données selon le site :
 
«Lorsque la France abolit l'esclavage pour la seconde fois le 27 avril 1848, elle accorde dans le même temps une indemnité aux anciens propriétaires d'esclaves de l'Empire français. La loi du 30 avril 1849 et son décret d'application du 24 novembre 1849 leur attribuent 126 millions de francs, selon des modalités différentes pour chacune des colonies (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Sénégal, Sainte Marie et Nosy Be). Un telle dépense, dans un tel contexte de crise économique, ne peut que susciter débats et interrogations.
 
En tête de file des défenseurs de l'indemnité se trouvent les anciens propriétaires, dont la diversité de profils est insoupçonnée. À leurs côtés, les marchands et créanciers coloniaux constituent le second groupe dans l'attente. Tous plébiscitent des arguments juridiques et économiques pour justifier cet octroi. Face à eux, les abolitionnistes présentent l'esclavage comme contraire à la morale, et certains vont même jusqu'à suggérer une indemnisation à destination des nouveaux libres. Aucunes propositions n'aboutirent dans ce sens.
 
À travers cette mesure âprement débattue au sein de la commission d'indemnisation et de l'Assemblée Nationale, l'État tente de préserver ses grands intérêts économiques dans les colonies dont la possession se trouve menacée. D'un côté, les colons menacent de quitter les territoires, de l'autre, la menace d'une révolte inspirée par l'exemple haïtien pousse les législateurs à adopter cette mesure d'indemnisation permettant la mise à l'oeuvre du processus d'abolition. L'indemnité coloniale apparaît comme une condition sine qua non à l'abolition.»
 
https://esclavage-indemnites.fr/public/Base/2/DonneesChiffrees
 
Ainsi, les sommes perçues par la colonie de la Réunion s'élèvent à 39,460 millions de francs or, correspondant à un nombre de 60.651 esclaves libérés (soit un prix par esclave de 671,79 francs or). Les femmes y détiennent 36,3% des 10.593 titres de propriété d'esclaves. J'ai décompté dans cette base environ 4.200 noms de propriétaires indemnisés pour la Réunion.
 
Pour les colonies de Martinique et de Guadeloupe, les sommes perçues se sont élevées à 57,335 millions de francs or, correspondant à 161.534 esclaves libérés (soit des indemnités par esclave de 447,28 francs en Guadeloupe et 409,98 francs en Martinique). Le site dénombre 23.360 titres de propriété d'esclaves, détenus par des femmes à hauteur de 31,5% en Guadeloupe et de 42,0% en Martinique. 
 
En Guyane, les indemnités s'élèveront à 6,557 millions d'euros pour 12.252 esclaves libérés, soit une indemnité par esclave de 589,32 francs. Au Sénégal, ce seront 0,368 million de francs or qui seront versés, pour 10.350 esclaves libérés. Et enfin, dans les îles malgaches de Nosy Be et de Sainte-Marie, ce seront 0,094 million de francs qui seront versés pour 3.500 esclaves libérés.  
 
D'autres enseignements sont à retirer de cette base de données immensément riche, même si de nombreuses informations n'y sont pas encore disponibles, et notamment tout ce qui aura trait à la biographie des différents propriétaires d'esclaves indemnisés. À noter par exemple que sur les 4.200 personnes mentionnées dans cette base pour La Réunion, 1.900 d'entre eux sont mentionnés comme ayant reçu 0 franc d'indemnités, ce qui signifie que ces propriétaires avaient déjà cédés ou transférés leur créances à certains de leurs créanciers. Inversement, seuls 76 personnes ont perçus plus de 100.000 francs or d'indemnités à La Réunion (et pour certains d'entre eux ces montants incluent des indemnités perçues au titre d'autres colonies).
 
Le journal Le Monde indique également, en parlant de ce site du CNRS, «que ces informations permettent de mieux comprendre la société esclavagiste de l'epoque et de retracer l'origine d'investissements qui ont donné naissance à des dynasties entrepreneuriales ou des entreprises qui existent encore aujourd'hui».
 
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/05/08/les-compensations-versees-aux-proprietaires-d-esclaves-par-la-france-au-xixe-siecle-rendues-publiques_6079584_3212.html
 
Sauf qu'une fois encore, ceci correspond certainement parfaitement à la situation des Antilles, mais que cela ne s'applique en aucun cas à la situation réunionnaise. Ainsi, parmi les 76 propriétaires ayant perçu plus de 100.000 francs or d'indemnités, que ce soit au titre des esclaves détenus ou des titres récupérés, on ne trouve aucune des grandes familles entrepreneuriales réunionnaises d'aujourd'hui. On y trouve plutôt des noms de lieux topographiques, de lieu-dit. Les plus riches de cette époque-là ont certes marqué la société coloniale de l'époque, mais ils semblent avoir presque disparu, quitté la grande histoire.
 
Ainsi, une fois encore, c'est la réalité antillaise de l'esclavage de cette époque qui vient illustrer son histoire, et La Réunion, plus grande colonie de cette époque-là, et le plus grand et le plus peuplé des départements d'outre-mer d'aujourd'hui, n'est absolument pas prise en compte. 

Au moins, notre département semble faire sienne les adages bibliques qui veulent que «l'argent ne fasse pas le bonheur» et que «Bien mal acquis ne profite jamais» ! Autrement dit, en hébreu, «Lo yoilou otsarott racha».
 




1.Posté par Jean-Claude GENEST le 14/05/2021 23:15

Et MAYOTTE ? Pierre PASSOT,Chef de bataillon d’Etat Major, essaya, à partir de sa prise de fonction le 5 juillet 1846 en tant que Commandant supérieur de Mayotte , avec beaucoup de difficultés, de mettre au point divers procédés de libération des esclaves (achat à 40 piastres, soit 200F) de chaque esclave, puis cote variable, puis esclaves engagés 10 ans, payés 5 ans, etc...) sans parvenir à plaire à tout le monde. Les esclaves, apeurés par le bouche à oreille craignaient d’être engagés dans l’armée et menaçaient de quitter en masse l’île sur des boutres avec leurs maîtres musulmans. Le 1er juillet 1847, il, promulgue pour Mayotte, avant La Réunion et Nosy Be, l’arrêté local qui proclame la liberté des esclaves. « J’ai craint de donner à cette France, à l’Europe philanthrope, le spectacle d’une population esclave émigrant avec ses maîtres, plutôt que d’accepter la liberté telle que nous la lui offrions ; j’ai craint surtout que l’exemple de ces esclaves ne fut un précédent fâcheux et ne fournisse matière aux criailleries des adversaires de l’émancipation »

2.Posté par Pierre Balcon le 15/05/2021 06:37

Bravo et merci pour cette recherche .
Elle éclaire un pan de l'abolition de l'esclavage .
Les francs maçons, qui étaient à la manœuvre en 1848 ( Victor Schoelcher Sarda Garriga ) , étaient certes de grands philanthropes mais ne perdaient pas de vue "les"affaires".

Rappelons aussi que la Banque de la Réunion , rachetée récemment par la Caisse d'Epargne , a été créée pour gérer cette créance .

Et souvenons nous aussi que les gouvernements successifs , de gauche ou de droite, sollicités pour réparer le préjudice fait à Haiti ont refusé d' effacer l'affront et de restituer les sommes versées .
Le dernier en date des sollicités en ce sens est....F Hollande

3.Posté par Saucratès le 15/05/2021 17:03

Merci Pierre, merci M. Genest. L’histoire de l’abolition de l’esclavage à Mayotte n’est clairement pas dans ce travail du CNRS et de cette chercheuse. Pas d’indemnisation proposée aux maîtres d’esclaves musulmans par La France !!! Pas d’esclaves détenues par des maîtres blancs. 1846, c’est donc avant la Seconde République, sous la Monarchie de Juillet. Comme quoi les lumières ne sont pas inséparables de la République. Et effectivement, l’histoire haïtienne militerait pour un remboursement de ces sommes honteusement à un peuple qui s’était battu pour se libérer de l’esclavage. Bon, évidemment, cette pénalité financière, ce prix de la liberté, n’est pas très différent de la rançon que la Troisième République a dû payer à la Prusse à la fin de la guerre Franco-prussienne de 1870. Cette fois-ci aussi, la France avait payé rubis sur l’ongle la rançon que la Prusse lui avait imposé. On appelait les français à apporter leur or pour permettre à La France de payer ce à quoi elle avait été condamné par les vainqueurs. Ce que l’Allemagne ne fera pas après 1918. C’était une autre époque. Imagine-t-on la France demander à l’Allemagne de lui rembourser ces sommes versées entre 1870 et 1900 ? Mais les malheurs qui frappent Haïti rendent peut-être plus normal une telle demande de remboursement.

Recherche assez facile. Le site offre l’accès par des pages de 100 aux noms des différents propriétaires et aux sommes perçues, pour chaque département. On peut filtrer les résultats par ordre alphabétique ou par montant indemnitaire, croissant ou décroissant. Pas vu de possibilité de téléchargement des données des bases mais les copies d’écran fonctionnent. Saucratès.

4.Posté par JD974 le 16/05/2021 10:36

Pourquoi les esclaves de la Réunion, et d'ailleurs de toutes les iles de l'océan Indien pleines d'esclaves libérés en 1848 ne manifestent pas le désir de retourner en Afrique ? Il ont pourtant l'exemple américain à suivre qui les précède depuis 30 ans. Pas un ne rentrera au pays d'origine?

En 1817, le pasteur noir Robert Finley du New Jersey crée aux États-Unis l'American Colonization Society, en lui assignant comme objectif l'aide à la re-migration des Afro-Américains affranchis vers l'Afrique. En 1820, cette association arme un brick, l’Elizabeth à destination de l'Afrique de l'Ouest. Outre l'équipage, l'expédition est composée de 88 colons noirs dont Jehudi Ashmun et Elijah Johnson ainsi que 3 agents blancs de la société américaine de colonisation. Le 9 mars 1820, ils accostent à Sherbro Island au Sierra Leone actuel.

Comment expliquer cette différence ?

5.Posté par Saucratès le 16/05/2021 13:27

Cette question démontrerait en quelque sorte l’importance d’une histoire de cette période esclavagiste de notre île, et plus largement de celles des colonies françaises. Je ne sais pas si l’histoire de notre île s’est intéressée à cette question. D’autres comme Pierre pourront mieux vous répondre.

En tant que profane de cette question, je dirais qu’il faut à la fois des moyens importants pour affréter un navire, surtout dans une île où les navires ne font que passer. Je doute que des milliers de bateaux mouillaient dans nos eaux réunionnaises à cette époque-là, a la différence des Etats-Unis qui étaient déjà un grand pays. Armer un navire implique donc de le faire expressément pour cela. On le voit encore aujourd’hui, nous restons tributaires des décisions des armateurs internationaux.

Dans un deuxième temps, je ne pense pas non plus que les esclaves libérés aient été très riches, ni que des marchands affranchis enrichis aient pu investir de tels moyens dans un retour en Afrique. Si on connaît l’histoire de l’abolition de l’esclavage, l’objectif principal des colons de cette époque fut d’empêcher l’apparition d’esclaves vagabonds, de les forcer à rester sur les plantations (ou pas loin) et de les forcer à continuer à travailler la terre. Jusque très tardivement, on trouve des centres, des pénitenciers pour encadrer les enfants, par des religieux dans les écarts.

L’abolition de l’esclavage s’accompagne d’une indemnisation des maîtres, et non des esclaves réduits en esclavage, et la mise en place d’une police pour contrôler cette main d’œuvre libérée afin qu’elle ne vagabonde pas et que l’on puisse les fixer sur le travail de la terre, ainsi que leurs enfants. Comment pourraient-ils payer un navire pour repartir en Afrique ou à Madagascar ?

Vous démontrez l’importance d’une histoire de l’esclavage, même si cela peut sembler correspondre au fait de ressasser un passé ancien. Mais comme vous le démontrez, ce passé n’est pas dépassé. L’histoire de notre île n’est pas aussi merveilleuse que l’on voudrait le croire, le passé y est vraisemblablement révoltant. Même si ce qui compte, c’est un présent où les gens vivent pour l’instant plus ou moins harmonieusement. Saucratès

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