Société

Lancement du réseau des universités ultramarines et indiaocéaniques

Samedi 7 Juillet 2018 - 09:31

Les universités ultramarines et le centre universitaire de Mayotte se sont réunis à Saint-Denis ce jeudi 5 et vendredi 6 juillet 2018 pour le 1er séminaire "Les outre-mer, terres d’union", organisé par l’Université de La Réunion qui accueillait parallèlement une réunion du conseil d’administration de la Conférence des Présidents d’Université (CPU).

Ce séminaire consacré à la thématique des universités ultramarines face aux défis de l’internationalisation s’est déroulé dans un contexte particulier marqué notamment par les conclusions des Assises de l’outre-mer et par la proposition n°10 du colloque de la CPU de mars 2018, appelant "au développement d’une stratégie d’influence de l’enseignement supérieur et de la recherche vers les universités d’autres régions du globe, notamment à travers l’implication des universités ultramarines dans les coopérations avec les pays limitrophes".

L’ambition de cette séquence était de donner l’opportunité aux universités ultramarines de mieux se faire reconnaître dans l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (ESRI) français et de fédérer leurs énergies pour définir ensemble un modèle spécifique de rayonnement et de co-développement dans leurs environnements régionaux respectifs.

Tout en associant l’ensemble des parties prenantes, des partenaires internationaux aux acteurs politiques et socio-économiques locaux, un espace de dialogue a donc été ouvert pour permettre aux universités ultramarines de définir les modalités de leur mise en réseau dans le cadre de la conférence des présidents d’université, ainsi que leur feuille de route pour les années à venir.

A l’issue des deux jours de séminaire et de travaux sous forme d’ateliers et de tables rondes, le réseau des universités ultramarines et du centre universitaire de Mayotte, en étroite concertation et collaboration avec les membres du conseil d’administration de la CPU, adopte les résolutions suivantes :

1 – Gouvernance : Les universités ultramarines et le centre universitaire de Mayotte souhaitent poser la première pierre d’un futur réseau des établissements ultramarins au sein de la Conférence des Présidents d’Université (CPU) afin de diffuser le modèle français et européen de l'ESRI dans leurs zones d'influence.

2 – Diplomatie et stratégie : Ils réaffirment leur rôle majeur dans le développement d’une diplomatie universitaire au sein de leurs zones géographiques, et au-delà. Ils ont un rôle important de référents pour l'adaptation des textes aux spécificités ultramarines, notamment dans le cas où la CPU serait sollicitée sur ces questions.

3 - Formation : Ils favorisent le développement des formations ultramarines en mettant tout en oeuvre pour améliorer les taux de réussite, particulièrement en licence. Pour ce faire, ils préconisent le développement de la mobilité, notamment virtuelle, afin de toucher le plus grand nombre d’étudiants et d’apprenants dans le cadre de la formation tout au long de la vie.

4 - Recherche et innovation : Ils entendent développer des collaborations de recherche et d’innovation portant sur des domaines de recherche communs à forts enjeux et visibilité pour l’outre-mer, notamment par des réponses coordonnées aux appels à projets des Programmes d'Investissements d'Avenir (par exemple, le programme Ecoles Universitaires de Recherche du PIA3, dont la gouvernance sera exclusivement assurée par les établissements ultramarins signataires). Ils soutiennent une recherche à fort impact sur les écosystèmes locaux, dont les résultats pourront nourrir la formation ainsi que l’innovation.

5 - Mobilité : Ils promeuvent la construction d’un espace de mobilité régionale pour les étudiants en études et en stage, ainsi que pour les personnels en développant un système d'accueil croisé et la construction de parcours universitaires en partenariat entre établissements. A cette fin, ils demandent un plan de soutien à la mobilité régionale par l’octroi de bourses régionales de mobilité et par l’augmentation des moyens dédiés au financement de logements à destination des étudiants.

6- Francophonie et Europe : Ils contribuent au rayonnement de la francophonie et du modèle européen de l’enseignement supérieur dans leur zone d’influence

À l'occasion de ce séminaire, un deuxième réseau a été amorcé, à savoir celui des universités et établissements de l'Indiaocéanie. Ces derniers proposent d’unir leurs voix pour construire avec l’appui des autorités et institutions compétentes un espace de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation dans cette partie du monde.
 
Pour ce faire, ils entendent se fédérer en réseau des universités et des établissements d’enseignement supérieur de l’océan Indien avec le soutien de l’Agence de la Francophonie (AUF), qui encourage cette initiative.
Ils ont donné leur accord pour une signature à distance adoptent les résolutions suivantes :

1 – Création du réseau et gouvernance : Ils souhaitent installer un réseau des universités et établissements supérieurs de l’océan Indien. Ils œuvrent pour la mise en place d’une conférence annuelle tournante des universités et établissements d’enseignement supérieur de l’océan indien en vue de partager les bonnes pratiques, aider au développement et favoriser un espace intégré d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation. La première conférence aura pour but de déterminer l’organisation et le fonctionnement du réseau dont les éléments de gouvernance.

2 - Diplomatie et stratégie : Ils réaffirment le rôle majeur des universités dans le développement d’une diplomatie universitaire au sein de la zone océan Indien aux fins de renforcer les synergies entre régions, Etats et établissements voisins, et au-delà. Ils appellent au renforcement du développement d’une stratégie d’influence de l’enseignement supérieur et de la recherche partagée en vue d’assurer un rayonnement de la zone océan Indien dans d’autres régions du monde.

3 - Formation : Ils favorisent la mise en réseau des offres de formation dans des secteurs pertinents pour l’essor de la zone indianocéanique par l’appui au développement des formations internationalisées en lien avec la recherche, mutualisées à tous niveaux et pour tous publics.

4 - Recherche et innovation : Ils entendent développer une recherche et innovation collaborative régionale, servie par l’existence d’une communauté indianocéanique de chercheurs. Ils préconisent la création d’appels à projets thématiques portant sur des domaines de recherche communs et pertinents pour la zone océan indien. Ils soutiennent une recherche à fort impact sur les écosystèmes locaux, dont les résultats pourront être appropriés par les apprenants en formation initiale comme tout au long de la vie.

5 - Mobilité : Ils promeuvent la construction d’un espace de mobilité régionale pour les étudiants en études et en stage, ainsi que pour les personnels. A cette fin, ils souhaitent un plan d’investissement au soutien de la mobilité régionale par l’octroi de bourses régionales de mobilité, par l’augmentation des moyens dédiés au financement de logements à destination des étudiants. Ils défendent la nécessité d’une plus grande circulation des étudiants dans cet espace. A cette fin, il requièrent la simplification des procédures des visas à destination des étudiants de formation traditionnelle et par apprentissage.

6 – Numérique : Ils préconisent le développement de la mobilité virtuelle afin de toucher le plus grand nombre d’étudiants et d’apprenants dans le cadre de la formation tout au long de la vie. Pour ce faire, ils préconisent un plan d’investissement en faveur du développement des pédagogies innovantes et des infrastructures nécessaires au soutien de cette mobilité ainsi qu’à la numérisation des offres de formation au sein de l’espace indianocéanique de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

7 - Sociétés : Ils défendent une approche inclusive de l’université, en prise étroite avec les sociétés de l’océan indien en vue de développer un écosystème régional d’enseignement supérieur et de recherche.

8. Soutien : Afin de soutenir une action pérenne et efficiente dans toutes les dimensions de la coopération académique et universitaire au sein de l’espace indianocéanique, ils s’engagent à demander mobiliser les fonds nécessaires.


NP
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