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La sauvegarde des animaux expliquée aux enfants, le pari de Lydie

Des convictions renforcées au fil de ses pérégrinations. Lydie Colette est l’exemple de ces Réunionnais qui ont su saisir l’opportunité de pouvoir découvrir d’autres pays. Des découvertes qui ont fait évoluer sa réflexion, son mode de consommation et son coup de crayon. Rencontre avec une autrice qui se tourne vers les enfants (et pourquoi pas leurs parents) afin de changer le monde. Par petites touches.

Vendredi 15 Octobre 2021 - 14:18

Lydie Colette, lors du reportage sur l'ours polaire et la fonte des glaciers, à Svalbard en Arctique
Lydie Colette, lors du reportage sur l'ours polaire et la fonte des glaciers, à Svalbard en Arctique
Un mode de vie à l’occidentale qu’elle est allée confronter à la réalité d’autres sociétés défavorisées. Lydie Colette a beaucoup voyagé pour le compte de l’Unicef puis de la WWF. Des collaborations qu’elle est allée chercher au culot. Avec ses seuls bagages de réunionnaise comme passeport, elle a brisé le confort d’une vie moderne au Canada pour vivre pendant quelques mois la réalité d’enfants démunis aux quatre coins du monde. De ces voyages sont nés deux ouvrages dédiés aux enfants et dont le message consiste à dire que, chacun, à son échelle, peut agir face aux dégâts provoqués par l’être humain. 

"J’ai commencé à écrire bénévolement pour l’Unicef. Au même moment, il y a eu les conflits anti-gouvernement à Madagascar ainsi que des cyclones. L’Unicef savait que j’étais à La Réunion et m'a demandé si je pouvais aller à Madagascar. Après ça, il y a eu le tremblement de terre à Haïti.  J'y suis allée aussi". C’est ce spectacle de désolation et de l’économie de la débrouillardise pour survivre qui renforcera ce qui germait déjà en elle depuis longtemps. Au Kenya, elle a par exemple vécu au sein d’une famille nomade dont l’une des filles était chargée d’aller récupérer de l’eau pour les besoins du foyer. Quatre heures de marche à l'aller et autant pour le retour. Le tout pour de l’eau loin d’être potable. Une réalité qui chamboule bien des croyances.

"Leur rêve c’était d’apprendre et de lire"

Il y a dix ans, elle publiait donc son tout premier ouvrage : « Noa, à la rencontre des enfants du monde » (aux éditions Bayard canada), né de ses pérégrinations aux quatre coins de la planète dans des familles très très modestes. "J’avais présenté le projet à l’Unicef et ils m’ont dit qu’ils l’aimaient. J’ai fait une demande de crédit auprès de ma banque et je me suis endettée pour 5 ans. C’est moi qui finançait tout", en sourit-elle aujourd’hui malgré les galères. "J’ai permis aux enfants que j’ai rencontrés d’être scolarisés même s’ils ne pouvaient être scolarisés qu’à mi-temps, le reste du temps étant consacré aux tâches quotidiennes pour aider leurs parents. Au moins j’aurais réussi ça", évoque-t-elle avec modestie. "Leur rêve c’était d’apprendre et de lire", ajoute-t-elle, encore bouleversée par ces enfants du bout du monde.

De cette première collaboration avec l’Unicef naît une envie de concrétiser une autre idée, il y a trois ans : celle de constater les dégâts de l’action de l’homme sur l’environnement et les animaux pour les traduire au jeune public. 

"Comme j’étais chez Bayard pour mon premier livre au Canada, j’ai voulu éditer le second chez Bayard également, en France cette fois. Mais leur position sur des grands groupes industriels comme Nestlé ou sur les conditions des animaux dans les zoo m’ont convaincue de ne pas aller plus loin", confie-t-elle.  

C’est vers une autre organisation, la WWF dont la toile est tissée dans le monde grâce à différentes antennes, qu’elle s’est appuyée pour ce second projet. 

C’est donc par exemple en Arctique, en Indonésie ou en Amazonie qu’elle s’est rendue pour "voir de mes propres yeux ce qu’on entendait sur la fonte des glaciers ou de la déforestation". Là où les enfants avaient été au cœur de son précédent ouvrage, celui-ci allait donc se consacrer aux animaux emblématiques peuplant ces lieux. Ici l'Orang-Outan, là le majestueux ours polaire.

"Ce jour-là, je n’ai pas pu manger"

"C’était impressionnant de voir la fonte des glaciers, les dégâts dans les forêts d’Indonésie. Il n’y reste plus que 20% de forêt tropicale, le reste ayant été supplanté par l'huile de palme", partage-t-elle cette expérience visuelle frappante. "Ce que je voulais faire apparaître dans cet ouvrage c’est que nous sommes responsables à 100%", dit-elle. "Rejeter la faute sur les politiciens ou les industriels est une chose mais chacun, à son niveau, peut agir", invite-t-elle. Elle donne quelques exemples du quotidien avec l’huile de palme contenu dans nos biscuits, dans nos savons ou encore le soja cultivé pour nourrir le bétail et dont la culture grignote la forêt primaire amazonienne.

Si son premier ouvrage a été publié il y a dix ans, la prise de conscience vient de plus loin. "Je suis végétarienne depuis vingt ans", exprime l’autrice qui se rappelle d’un moment de vie la kour qui a pu, rétrospectivement, servir de déclic.

"Je me rappelle d’une journée passée chez grand-père à Saint-Philippe avec ce cri puissant" qui s’est comme imprimé dans sa mémoire. "Le cochon était en train d’être tué. Je devais avoir huit ans", s’en souvient-elle encore. "Je ne comprenais pas que le repas qui était servi provenait de l’animal que j’avais vu les jours d’avant. Ce jour-là, je n’ai pas pu manger le cochon qui avait été tué. L’entendre crier c’était une façon de comprendre qu’il devait énormément souffrir. Il y a aussi la tête qu’on avait mise à côté du corps". Le changement de son régime alimentaire ne viendra que plus tard, sans qu’elle s’en rende compte finalement. "Ç'a été progressif", explique la végétarienne puis vegan.

C’est donc tout naturellement que sa façon de voir les choses depuis deux décennies a été la force motrice pour se lancer dans son second ouvrage. "Toucher les enfants, c’est mon objectif car c’est difficile de changer le mode de vie des adultes", constate-t-elle. 

Et plus les voyages dans les pays défavorisés ont été déconcertants, plus le retour à la vie occidentale a été source de décalages avec ses congénères. "Je pense que j’ai eu une vie avant Haiti et une vie après Haiti", raconte-t-elle. "A chaque retour de voyage, ça me sautait aux yeux le fait que les enfants dans les pays industrialisés qui pourtant ne manquaient de rien, étaient capricieux. Je me suis dit qu’il fallait que je leur explique ce qui se passe dans le monde. Beaucoup ne s’imaginent pas qu’il y a des enfants qui ont une vie très différente de la leur", partage Lydie Colette. 

Un travail de pédagogie façon marathon plutôt que sprint

Ce samedi matin au magasin Terranimo au Port puis l'après-midi à celui de Sainte-Marie, Lydie Colette viendra ainsi présenter le fruit de son périple avec son ouvrage "Aidons les animaux" et instiller une réflexion chez les clients de cette animalerie, sans vouloir imposer quoi que ce soit dans leurs actes d'achat.

"Quand Terranimo m'a invitée, j’ai d’abord dit « non ». Puis la présence d’autres associations contre l'errance et la maltraitance animale mais aussi le fait que ce commerce ne vende pas de chiens et de chats, surtout quand on connait la situation à La Réunion", ont fini de la convaincre. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle offre un blanc-seing à ces temples commerciaux. Voir un animal en cage ne fait clairement pas partie de ce qu’elle aime voir mais c’est par la pédagogie plutôt que l’affrontement qu’elle espère faire évoluer les mentalités. Un travail de fond qu’elle veut poursuivre encore et encore. 

"Désormais on sait ce que c’est que d’être confiné. J’aimerais que les gens ne mettent pas les animaux en cage. Mais il y a une réalité : c’est qu’on en est pas encore là. Je dois vivre dans l’époque dans laquelle on est. Si on vend c’est qu’il y a encore de la demande... Donc, puisque ça existe, autant expliquer aux enfants comment prendre en charge l’animal du mieux possible. Expliquer aux enfants que les animaux sont mignons mais qu'ils peuvent vivre 15 ans, c’est un engagement", informe-t-elle. 

"Je veux continuer à passer dans les écoles. Toucher un maximum d’enfants, leur montrer ce que j’ai filmé de mes rencontres dans les différents pays. Leur montrer qu’ils peuvent aussi agir à leur âge". Et que les enfants embarquent leurs parents tant qu'à faire. 

Son travail de pédagogie par l’image et les mots, elle voulait l’étendre l’année dernière au-delà des pays francophones dans lesquels ses ouvrages sont disponibles à la commande sur les plateformes numériques de librairie bien connues, mais le contexte sanitaire a retardé ce souhait. "Je voulais le faire l’année dernière avec l’Alliance française mais la covid est arrivée". Une péripétie qui n’est pas prête de stopper son envie de partager sur l'importance de préserver l'environnement et les animaux menacés. 
Ludovic Grondin
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1.Posté par LOD le 16/10/2021 08:59

Merci pour cette démonstration d'intelligence en devenant strictement végétarienne et vegan 👏 https://www.un.org/fr/actnow/ 👉🌱🍄🦠😋👍👕👖👟👜💄🎨♻️🌍🧠💪⚕️✌️☮️❤️✊

Citations :

"On reconnaît le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite ses animaux" Gandhi

"Je vais éviter les gens pour réduire le risque de contracter une maladie mortelle provenant de gens qui mangent des animaux... mais je vais continuer de manger des animaux." Homo-Stupidus

"La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent" Albert Einstein

"Rien ne peut être aussi bénéfique à la santé humaine et augmenter les chances de survie de la vie sur terre que d'opter pour une diète végétarienne." - Albert Einstein

"Humans waging 'suicidal war' on nature" #UN chief #antonioguterres, Secretary General of the United Nations https://www.bbc.com/news/science-environment-55147647
"Les humains mènent une 'guerre suicidaire' contre la nature" Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies

"Tant que les gens mangeront de la viande, il y aura un risque d'infection." Dr Gauden Galea W.H.O/O.M.S representative

« Je préfère une ignorance malgré mon inlassable curiosité, à l’acquisition d’un savoir que je saurai n’avoir été obtenu que grâce à la souffrance d’un être vivant. » Pr Théodore Monod

"L’animal ne possède rien sauf sa vie que si souvent nous lui prenons.» Marguerite Yourcenar

“When the suffering of another creature causes you to feel pain, do not submit to the initial desire to flee from the suffering one, but on the contrary, come closer, as close as you can to her who suffers, and try to help her.” Leo Tolstoy

"Nous n'avons pas besoin d'une poignée de gens qui font zéro déchets (mais il s'agit de s'y efforcer aussi), nous avons besoin de milliards qui mangent végétal !"

"J'ai abandonné la pêche le jour où je me suis aperçu qu'en les attrapant, les poissons ne frétillaient pas de joie." Louis de Funès

"J'ai abandonné la chasse le jour où j'ai vu une biche se placer pile-poil dans le viseur de mon fusil pour protéger son faon." Louis de Funès

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