Courrier des lecteurs

La réussite, sinon rien !

Mercredi 19 Juillet 2017 - 15:23

La presse en a peu parlé. Jean-Hugues Ratenon, député Insoumis, et qui était voici quelques mois au RSA s’est indigné, soutenu par ses camarades, d’une péroraison du président de la République devant une assemblée de « start uppers ». Un public qu’il adore, hier à Las Vegas, cette fois à Paris. Le raout ayant lieu dans un ancien dépôt SNCF, le président fit dans la métaphore ferroviaire : « une gare c'est un lieu où l'on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ». Jean-Hugues connaît ses classiques en reprenant le dernier vers du premier couplet de l’Internationale : « Nous qui n’étions rien, soyons tout ». Bien, Jean-Hugues !

Le président est un récidiviste. On se souvient des saillies à propos des ouvrières « illettrées » d’une entreprise bretonne, de « l’alcoolisme et du tabagisme qui se sont peu à peu installés dans le bassin minier » lors d’un voyage dans les Hauts de France, ou encore de son fameux « le meilleur moyen pour se payer un costard, c’est de travailler », pour clore le bec aux syndicalistes de Lunel qui avaient l’outrecuidance de se plaindre de la dureté des temps. Ou encore les kwassa kwassa qui ne ramènent « que » du Comorien. Une telle constance force l’irrespect, et ne saurait s’expliquer. Pas d’alibi chez Macron, juste une timide excuse au sujet des « illettrées ». Mais il était seulement ministre. Pas candidat, comme à Lunel, ni président. Un Jupitérien, ça ne présente pas d’excuses.

Ces propos indiquent une vision de la société : la réussite comme critère. Et pas n’importe laquelle : celle qui est sanctionnée par l’argent et le pouvoir, notamment de choisir. Or, dans les gares, l’immense majorité de ceux qui ne sont rien viennent prendre le train pour aller chercher du boulot. Des boulots de rien, car ils n’ont pas de costard. Ont-ils le choix ? Jadis, pour Séguéla, la réussite était la Rolex. Désormais, c’est le costard : est-ce un progrès social ?

Cette obsession de la réussite, mal dissimulée derrière l’affirmation fantaisiste que la réussite des « meilleurs » fait ruisseler la richesse vers tout le monde ou presque, « La Main Invisible », théorie d’Adam Smith largement contredite par les faits (regardez la crise des subprimes de 2007-2008, directement issue de cette théorie), rappelle un invariant du « rêve américain » : chacun peut réussir (devenir riche) s’il travaille dur. Or tout le monde ne peut pas réussir, même en travaillant dur. Ce tropisme étasunien du président, anecdotique avec son souci de donner un statut pour la première Dame française, est plus préoccupant avec l’invitation de Donald Trump à Paris, pour la fête nationale. Enfin quoi, après le serre-pinces du sommet de l’OTAN, les amabilités prodiguées, lors du G20, à Trump, qui paraît s’en contreficher comme de l’an quarante, les revoilà encore ensemble le 14 juillet ? Laurel et Hardy en beaucoup moins drôle. S’afficher aussi souvent avec un type aussi peu recommandable, il y a de quoi s’interroger. Et non, M. le Président, l’enrichissement n’est pas l’épanouissement.
Dr Bruno Bourgeon, président d’AID www.aid97400.lautre.net
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