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La police scientifique de La Réunion en grève

Lundi 31 Décembre 2018 - 11:45

Alors qu'une grève a été entamée au niveau national depuis le 27 décembre dernier, à l'appel du Snipat, à la Réunion, le mouvement sera suivi à compter de ce lundi. Voici le communiqué :


Depuis plusieurs années, nous policiers scientifiques faisons face à une problématique avec notre administration. Elle refuse de nous reconnaître un « statut de catégorie active ». Les gouvernements se sont succédés et, à chaque fois, ils se disent soucieux pour nous, que notre « statut sédentaire » n’est pas en adéquation avec notre métier. Cependant, force est de constater que l’administration n’ y prête pas une véritable attention.

Adulés par les médias, nous sommes méprisés par l’administration !

Au sortir des élections professionnelles (85% de participation), le SNIPAT Syndicat National Indépendant des Personnels Administratifs, Techniques et Scientifiques de la Police Nationale a progressé fortement au point de représenter près de la moitié de la filière. Le message est clair : le SNIPAT porte comme revendication première l’obtention d’un statut de catégorie active pour les policiers scientifiques. Les 2 autres organisations syndicales (Le Syndicat National des Personnels de Police Scientifique SNPPS et le Syndicat des Personnels Administratifs, Techniques et Scientifiques et Infirmiers de la Police Nationale Alliance SNAPATSI) représentatives de la filière l’ont d’ailleurs rejoint sur ce point.

Nous policiers scientifiques réclamons ce changement de statut depuis toujours.

Par 2 fois, en 2010 et en 2015, ce projet a échoué injustement. Pour mémoire, en 2015, le mouvement social avait réuni 80 % de grévistes et 60 % de manifestants. Lors des élections professionnelles de 2018, les votes des policiers scientifiques, se portant massivement sur le SNIPAT, ont prouvé le mécontentement de la filière. Comme si cela ne suffisait pas le mois de décembre 2018 a été celui de tous les affronts !

Ce mois-ci, un rendez vous prévu avec les organisations syndicales a déjà été reporté à 3 reprises pour finir par être purement et simplement annulé. Alors que, dans ce même temps, le ministre de l’intérieur a trouvé le temps de recevoir les organisations syndicales des gardiens et gradés de la police nationale, trois fois dans la même semaine, nous policiers scientifiques attendons encore et toujours depuis un mois.

Que penser du mépris qui nous est affiché ?

Si même en métropole, notre ministre ne considère pas nos collègues élus qu’en sera t’il de nous les ultramarins ?

Le SNPPS, le SNIPAT et Alliance SNAPATSI ont décidé de s’unir le 21/12/18 en vue de demander au Ministre de l’Intérieur un entretien urgent, afin d’ouvrir le chantier statutaire et lui exposer la forte gronde des personnels de PTS.

A ce jour, le cabinet du Directeur Général de la Police Nationale (DGPN) a fait part de sa volonté d’organiser une réunion préparatoire à l’audience ministérielle qui est fixée le 08/01/2019 à 15h. Cette réunion préparatoire aura lieu le 4 janvier et rassemblera les organisations syndicales, le DGPN, la DRCPN et le Service Central de la Police Technique et Scientifique (SCPTS).

Le SNIPAT seul avait lancé un préavis de grève illimité à partir du 27/12/18. A l'Île de la Réunion nous policiers scientifiques avons décidé de suivre ce mouvement de grève à partir du 31/12/18. Après une longue discussion entre tous les concernés, cette date a été arrêtée car elle correspond aussi au jour de grève nationale afin de revendiquer notre statut d’actif de la PTS. Nous, policiers scientifiques avons un statut sédentaire pourtant nous exerçons des fonctions présentant un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles.

Nous, policiers scientifiques tournons en régime d’astreinte, quasi systématiquement sans les 11h de repos légal entre 2 prises de service, nous, policiers scientifiques sommes confrontés à la mort quotidiennement, nous, policiers scientifiques supportons des horaires de travail décalés, nous policiers scientifiques sommes en contact avec les populations à risque, nous, policiers scientifiques sommes exposés à des produits dangereux, nous, policiers scientifiques faisons partie intégrante de l’opérationnel de la Police, nous, policiers scientifiques évoluons dans des locaux à risques, insalubres (incendies...), nous, policiers scientifiques sommes au contact des risques infectieux etc etc...

On ne peut plus demander aux policiers scientifiques de couvrir des scènes de petite ou moyenne délinquance (dite délinquance de masse), des scènes de crime et les considérer comme des personnels administratifs dits sédentaires !!!

Nous représentons 2 % du personnel de Police Nationale et pourtant un tiers des affaires judiciaires sont résolues grâce à la PTS !!! Et pourtant, nous ne nous sentons pas considéré à notre juste valeur par l’administration !

Un malaise et un mal être généralisés, une grande fatigue, des burn out fréquents se font ressentir. De nombreux jours de congés et heures supplémentaires ne peuvent être prises faute de personnel. Néanmoins, notre implication plus que professionnelle jusqu'à ce jour ne s’est pas démentie car ce métier nous ne le faisons pas par défaut mais par choix car c’est un métier de cœur.

Pour la population, les victimes, les délinquants, le criminel, voire le terroriste, les policiers scientifiques sont des policiers à part entière, seule l’administration fait la différence. La particularité de l’Île de la Réunion fait que nous rencontrons au quotidien les personnes que nous avons identifiées, signalisées. Nous avons des missions opérationnelles et pourtant nous nous déplaçons souvent seul sur nos missions et sans moyen de défense et sans formation de self défense. Mais l’administration dans sa grande bonté nous a dotés de gilets pare balles et d’une radio portative avec une touche d’alerte en cas de danger…

Nous travaillons au quotidien avec différents partenaires institutionnels :
- gardiens de la paix, gradés, officiers et commissaires de la police nationale: constatations PTS
- Samu, pompiers, médecins légistes, agents de morgue : découverte de cadavres et assistance à autopsie
- Agents pénitentiaires : signalisations en maison d’arrêt …
mais nous sommes les seuls à ne pas avoir un statut de catégorie active mais « sédentaire » !!!

Nous pensons donc que nous méritons amplement un statut de catégorie active et c’est pourquoi nous menons ce combat et espérons que l’administration fera son travail et nous fera travailler dans la légalité en faisant évoluer notre statut.

L’administration dit toujours que la PTS est la vitrine de la Police Nationale surtout lors des journées de Rencontre de la Sécurité Intérieure (RSI), alors pour ne pas laisser cette vitrine se briser il faut agir !!!

Les Experts de l'Île de la Réunion

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Lire par ailleurs : 
Le ras-le-bol de la police scientifique
N.P
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1.Posté par ald'eau le 31/12/2018 13:38

bis repetita,

J'ai grand plaisir à travailler avec des personnes intelligentes car elles savent mettre à profit un temps précieux pour tout le monde. Mais je suis quelques fois forcé, par certains interlocuteurs de mauvaise foi, à mettre les points sur les "i". Certaines négociations exigent une forme de contrainte.

La stricte application des textes est très efficace. Ce conseil vaut également pour mes amis pompiers(et militaires par extension).
Lorsque le sens aiguisé des responsabilités a créé trop de devoirs, il en est un qui finira par s'imposer à tous, celui de se plier (temporairement) au strict respect de tout le règlement (le public l'ignore mais la chose est préjudiciable à l'administration). Vous poserez ainsi les conditions d'un dialogue constructif.

2.Posté par loyada le 31/12/2018 21:50

1.Posté par ald'eau je suis entierement d accord avec votre commentaire , mais déjà il de fait dans notre pays, que beaucoup de citoyens ne connaissent le fonctionnement de certaines institutions auxquelles ils sont confrontés trés souvent soit directement ou à travers les médias meilleurs voeux !

3.Posté par ald'eau le 01/01/2019 11:27

@ loyada:

Permettez-moi également de vous adresser mes meilleurs vœux.

Sur les rapports entre les services publics et les citoyens, je vais prendre un exemple afin de vous illustrer ma pensée:

Le mouvement des Gilets Jaunes représente ce que certains redoutaient, mais il représente aussi ce que le plus grand nombre (l'intérêt général) espérait depuis longtemps.

Pour deux raisons, j'utilise volontiers le mot "politicien" au lieu de "politique": Le mot "politicien" peut revêtir un sens péjoratif lorsque cela est nécessaire, alors que le mot "politique" entretient une confusion (volontaire) avec l'expression "carrière politique". Un politicien ne devrait pas pouvoir faire carrière car c'est une fonction et non un métier...Si nous souhaitons savoir nous exprimer, réapproprions-nous les adjectifs adéquats.

Aucun politicien n'imaginait que le peuple soit un jour capable de se regrouper, de s'organiser afin de porter des revendications communes. Vous avez certainement entendu parler des méthodes utilisées afin de faire taire toute contestation: l'intimidation, l'adhésion (en échange d'avantages), etc.

Certains politiciens ont récemment tenté d'appliquer ces méthodes mais l'absence d'interlocuteur unique a sauvé le mouvement. En fait, il ne faut que des portes-parole et rien de plus car le peuple est un ensemble indivisible aux besoins multiples. Au lieu de laisser se mettre en place des dispositifs ou des stratégies individualistes, il faut donc ré-apprendre à travailler pour l'intérêt de cette collectivité, en n'oubliant jamais qu'elle est composée d'humains sensibles et réactifs.

Voici donc la réponse à vos interrogations: lorsque les politiciens cesseront de vouloir absorber un mouvement afin de mieux le diriger, lorsque nous prendrons tous conscience de l'existence d'humains à servir (et non à manipuler), quitte à réformer certains textes de loi, alors le peuple aura su s'approprier ce qui lui a toujours appartenu. Les administrations au service du public ne sont pas des "monstres informes et impersonnels". Elles sont composées d'hommes et de femmes qui appliquent des décisions proposées par certains politiciens (gouvernants) et il est essentiel de toujours rappeler, quitte à le faire quelques fois plus fermement envers ceux qui ne retiennent que "des numéros de dossier", que ce sont des humains qui travaillent pour des humains; que leur responsabilité est ainsi engagée.

Est-il nécessaire de revenir aux véritables valeurs ? Si la réponse est affirmative, cela signifie que certains se sont égarés en chemin...Est-ce à eux de nous montrer la voie ?

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