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Economie

La perte d’activité économique liée à l'épidémie du coronavirus estimée à 35 % selon l'Insee


Par Nicolas Payet - Publié le Jeudi 26 Mars 2020 à 14:39 | Lu 1503 fois

Les mesures restrictives liées aux déplacements et le confinement du pays en raison du coronavirus entraînent une perte nette de l'activité économique de l'ordre de 35%. C'est ce qui ressort de la dernière note conjoncturelle de l'Insee parue ce jeudi 26 mars. "Ces enquêtes sont en forte baisse, mais elles ne suffisent pas à prendre la mesure de la chute d'activité puisque les réponses des entreprises ont été pour la plupart collectées avant le début du confinement", précise l'institut en introduction, qui prévoit jusqu'à une baisse de trois points du produit intérieur brut (PIB) si la période de confinement était amenée à un mois.

Précisions sur les enquêtes de conjoncture de mars 2020

Dans une situation très évolutive, les résultats des enquêtes de conjoncture dépendent étroitement de la période de collecte.

Depuis le début de l’année 2020, l’épidémie de coronavirus, après avoir frappé la Chine, s’est propagée dans le reste du monde. Les mesures prises pour endiguer cette crise sanitaire ont des conséquences lourdes sur le fonctionnement des différentes économies. Les annonces en la matière se sont succédé à un rythme rapide dans les différents pays concernés.

Les enquêtes de conjoncture françaises relatives à janvier et février ont été relativement peu touchées par les effets de cette crise. En revanche, les résultats collectés en mars reflètent directement les inquiétudes des entreprises dans ce contexte inédit. Mais ils ne les reflètent sans doute que partiellement.

En effet, la collecte des enquêtes de conjoncture de mars a débuté le 26 février 2020 et le dépouillement des réponses a été finalisé le 23 mars 2020. Néanmoins, à partir du 14 mars, les réponses reçues par courrier au format papier n’ont pas pu être exploitées : seules les nouvelles réponses reçues par internet ont alors été incorporées. En outre, contrairement à l’habitude et compte tenu du contexte exceptionnel, aucune relance n’a été effectuée ce mois-ci auprès des entreprises non-répondantes.

C’est pourquoi les enquêtes de mars reflètent dans leur majorité l’opinion des chefs d’entreprises pendant la première quinzaine de mars, avant donc les annonces de confinement de la population pour endiguer l’épidémie.

Les enquêtes de conjoncture de mars 2020 montrent une lourde chute du climat des affaires, en lien direct avec la crise sanitaire en cours

Les climats des affaires sont présentés par secteurs et au niveau global dans les différents numéros d’Informations Rapides qui paraissent en même temps que ce point de conjoncture.

Au niveau global, le climat des affaires perd 10 points, à 95. Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle de l’indicateur depuis le début de la série (1980). En octobre 2008, après la faillite de Lehman Brothers, l’indicateur avait chuté de 9 points. L’indicateur de climat de l’emploi connaît également sa plus forte chute depuis le début de la série (1991). Il perd 9 points et atteint 96.

Au niveau sectoriel, les indicateurs de climat des affaires se dégradent considérablement dans les services (-14 points) et dans le commerce de détail (-13 points). Ils se détériorent également dans le commerce de gros (-5 points) et dans l’industrie (-3 points). En particulier, les perspectives générales d’activité dans chaque secteur sont jugées en nette baisse : les soldes d’opinion correspondants perdent 15 points dans les services, 25 points dans le commerce de détail, 33 points dans l’industrie et dans le commerce de gros. Le climat des affaires dans l’industrie du bâtiment apparaît quant à lui stable en mars : cela confirme que ces indicateurs sont à lire avec prudence ce mois-ci ; pour les raisons évoquées précédemment, ils reflètent sans doute l’opinion des chefs d’entreprise début mars plutôt que fin mars. De même, il est a priori difficile d’utiliser ces indicateurs pour des étalonnages visant à prévoir l’activité, compte tenu du caractère très brusque de la chute tout au long du mois de mars, chute dont les enquêtes de conjoncture n’ont sans doute capté qu’une partie.

Première estimation de la perte d’activité économique liée à la crise sanitaire en cours

L’estimation de perte d’activité "en direct" s’appuie sur des sources diverses. L’exercice présenté ci-dessous vise à évaluer la perte d’activité directement liée aux mesures d’endiguement de la crise sanitaire, et en particulier au confinement de la population. Il s’agit donc de comparer la situation estimée de l’activité de la semaine actuelle à ce que l’on aurait pu attendre d’une semaine "normale".

Pour ce faire, des hypothèses ont dû être formulées pour chaque branche, concernant la part d’activité maintenue, à partir de sources diverses : remontées directes d’entreprises (cas notamment des transports) et de fédérations professionnelles via les informations collectées par la Direction générale des entreprises, France Industrie, le Medef, Rexecode, etc. Des données «haute fréquence » ont également été mobilisées, qu’il s’agisse par exemple de la consommation d’électricité, des transports ferroviaires ou des statistiques sur les transactions par cartes bancaires obtenues via le Groupement Cartes bancaires CB.

La perte d’activité économique est actuellement estimée à 35 % par rapport à une situation "normale". L’impact de la crise sanitaire en cours peut être assez hétérogène suivant les branches d’activité.

Les activités agricoles devraient se poursuivre seulement un peu en-deçà de la « normale » et les industries agro-alimentaires seraient moins affectées que le reste de l’industrie. L’ensemble ne verrait son activité fléchir que légèrement.

En revanche, compte tenu des remontées obtenues dans les différentes branches industrielles, seule la moitié de l’activité du reste de l’industrie serait maintenue.

Parmi les services marchands, certaines branches sont très sévèrement touchées (transports, hôtellerie, restauration, loisirs, etc.) tandis que d’autres le sont sans doute beaucoup moins (télécommunications, assurance, etc.). Par ailleurs, les versements de loyers immobiliers sont inertes et donc peu affectés à court terme pour la plupart. Les deux tiers de l’activité des services marchands seraient ainsi maintenus.

Pour ce qui est des services non marchands, leur prise en compte en comptabilité nationale retient le plus souvent l’hypothèse d’une valorisation par leurs coûts de production, principalement salariaux, ce qui les rend très inertes par nature. Le recul de l’activité y est donc moins marqué, par convention. Néanmoins, certaines activités des services non marchands baisseraient fortement (crèches, garderies, bibliothèques, activités sportives par exemple).

Au total, la perte d’activité "instantanée" est estimée à environ un tiers. Cet ordre de grandeur semble cohérent avec les premières informations disponibles sur la situation des salariés, dont un tiers environ serait en activité sur le lieu habituel de travail, un tiers en télétravail et le dernier tiers en chômage partiel. Ce chiffrage semble également compatible avec la diminution observée de la consommation d’électricité, actuellement d’environ un cinquième par rapport à un fonctionnement "normal" de l’économie. En effet, seule une partie de cette consommation réagit à la baisse d’activité, les ménages continuant notamment d’en consommer à leur domicile.

La consommation des ménages serait également inférieure de 35 % à sa "normale"

À partir des mesures mises en place pour le confinement (liste des commerces pouvant restés ou- verts), des remontées des fédérations professionnelles ainsi que des données quotidiennes liées aux transactions par cartes bancaires, il est aussi possible d’estimer l’évolution de la consommation des ménages, en instantané par rapport à une période "normale". La consommation des ménages se replierait ainsi très fortement, de l’ordre de -35 % (tableau 2).

La plus forte contribution à cette baisse résulte de l’effondrement de la consommation de nombreux biens de l’industrie manufacturière (-60 %), qui compte pour 18 points de cette baisse. Certaines dépenses de consommations se sont réduites au minimum, entre -100 % et -90 % (matériel de transport, textile, habillement). D’autres se maintiennent (électricité, eau), voire augmentent légère- ment (industrie pharmaceutique, +5 %).

La consommation de services marchands a également diminué, d’environ 33 %, contribuant à la baisse totale de la consommation à hauteur de 15 points. Toutefois, en écartant les dépenses de logement qui, par nature, sont peu affectées à court terme, la baisse est autour de 55 % et particulièrement massive dans les secteurs de la restauration, de l’hébergement et des transports.

La consommation de services non marchands baisserait de 34 %, contribuant à hauteur de 2 points à la baisse d’ensemble. Du fait de la suspension des travaux de rénovation, la consommation des ménages dans la branche de la construction baisserait de 90 %, contribuant à une baisse de 1 point de la consommation totale des ménages.

A contrario, du fait du confinement et de la baisse de la consommation dans la restauration, la consommation des ménages en produits agricoles et agro-alimentaires augmenterait de 6 %, réduisant la baisse totale de la consommation de 1 point.

Comptablement, un confinement d’un mois aurait un impact de l’ordre d’une douzaine de points de PIB trimestriel en moins (soit 3 points de PIB annuel)

À partir de l’estimation de ces effets "instantanés", il n’est pas aisé de déduire des prévisions trimestrielles ou annuelles d’évolution du PIB français. En effet :

        -  L’évolution de la croissance du PIB est très étroitement liée au scénario de sortie de la crise sanitaire. Or l’Insee ne dispose pas de capacités de prévision à ce sujet.
        -  Les mesures de soutien aux ménages et aux entreprises visent à empêcher que ce choc brutal mais a priori temporaire ne laisse des cicatrices permanentes trop profondes. Mais il n’est pas exclu que le retour à la normale ne soit pas immédiat.
        -  Enfin, le comportement des agents économiques dépendra de leur confiance dans l’amélioration de la situation sanitaire et reste de ce fait très incertain. Néanmoins, à titre d’illustration, le tableau 3 traduit comptablement en points de PIB trimestriel et annuel la perte d’activité liée à un ou deux mois de confinement. Un mois correspondrait ainsi à environ 12 points de PIB trimestriel en moins, soit 3 points de PIB annuel.

L’Insee tentera, dans les prochaines semaines et si possible d’ici une quinzaine de jours, d’examiner comment évoluent ces estimations et d’apporter des éclairages sur la situation conjoncturelle de la France.




1.Posté par Dany le 26/03/2020 15:40 (depuis mobile)

C''est bien plus que sa. Pendant ce temps mon comptable abonné absent li la fermé et coup son tel et li continu prelever alors que c la que nou la besoin de zot, si zot connai un comptable serieu ma besoin daide mi comprend pu rien dans les demarches

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