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La paix des champs

Mercredi 12 Novembre 2014 - 14:05

Je reviens d’un week-end passé à Cilaos avec une poignée d’amis. Un week-end dans l’ensemble agréable et qui eût pu être sans tache, parfaitement idyllique, si nous n’avions été, lors de la soirée passée à l’Ilet-à-Cordes, les victimes impuissantes d’un malfaisant, d’un empoisonneur public, lequel a mis à mal notre tranquillité et nous a gâché proprement la vie.

Nous avions réservé dans un gîte réputé où depuis plusieurs années nous avons l’habitude de descendre. Les chambres, rénovées depuis peu, y sont très confortables. Les hôtes (lui aussi bien qu’elle) sont tout à fait sympathiques et parfaitement accueillants. Lui fait les honneurs de sa table avec beaucoup d’affabilité et de jovialité. Il commence par présenter aux convives sa très riche collection de rhums arrangés, une quinzaine de spécimens variés qu’il faudrait être un fieffé soiffard pour parvenir à tous essayer ! Le repas qui suit, d’excellente qualité, fait honneur à la gastronomie créole et se déroule dans une atmosphère de convivialité très chaleureuse et fort agréable. Tout cela est bel et bon, mais…

Car – comme ceux qui me voient venir pouvaient s’y attendre – il y a un « mais ». Un gros « mais » qui va nous conduire dorénavant, hélas, à éviter cet établissement malgré tous les atouts éminents qu’il possède. Ce « mais », c’est un jeune écervelé qui n’a apparemment rien d’autre à faire que de passer et repasser devant le gîte, inlassablement, en faisant hurler sa mobylette à échappement trafiqué. Cela avait déjà été le cas lors de mon précédent séjour (cela me revient maintenant) et cela se prolonge tout l’après-midi jusqu’à la tombée de la nuit. Croyez-moi, c’est horripilant, absolument infernal. A cela vient s’ajouter le bruit, plus discret mais tout aussi importun, que provoquent les « bougs » qui viennent en voiture jusqu’à l’épicerie-buvette et débarquent de leur carrosse pour s’enfiler une dodo sans même prendre la peine d’éteindre préalablement leur moteur et leur radio… Alors que l’on voudrait pouvoir jouir de ce bien précieux que l’on s’attend à trouver dans un lieu aussi bucolique, aussi éloigné de tout, aussi à l’écart du monde, qu’est l’Ilet-à-Cordes : la tranquillité et un silence seulement troublé par le caquètement des volailles, voilà que nos oreilles sont livrées sans défense au supplice d’un bruit insupportable et presque continuel !

Nous nous sommes, bien sûr, ouverts du problème auprès de notre hôte. Nous lui avons fait valoir combien cela était préjudiciable au charme de sa maison et de l’environnement exceptionnel où elle est implantée, combien cela nuisait à la qualité du séjour de ceux qu’il hébergeait chez lui, combien cela était de nature à ruiner la bonne réputation dont son établissement peut à bon droit s’enorgueillir. Et lui de reconnaitre l’existence du problème mais d’affirmer qu’il ne pouvait rien y faire, que chaque fois qu’il s’adressait aux gendarmes pour qu’ils interviennent et sévissent, ceux-ci « l’envoyaient promener » gentiment et refusaient de donner une quelconque suite à ses instantes récriminations…

Alors, je pose la question : est-il normal, est-il acceptable, que, dans notre république, ceux qui ont la charge d’assurer l’ordre et la tranquillité publiques, se dérobent ainsi à leur devoir de faire respecter la loi, à leur devoir d’infliger à cet individu nuisible la contravention sévère qu’il mérite amplement et de procéder à la confiscation de son engin de malheur, un engin parfaitement hors-la-loi et qui, si ça se trouve, n’est même pas assuré ? Est-il possible que l’on fasse si peu de cas de la tranquillité des citoyens paisibles qui ne demandent qu’à jouir paisiblement de la paix des champs et que l’on permette à un mauvais citoyen, un égoïste sans gêne et sans scrupules, un qui ne songe qu’à emmerder le monde autour de lui, de poursuivre impunément son entreprise systématique de pollution sonore ?

On aura, j’espère, remarqué que je me suis bien gardé d’invoquer ici, sur le mode grandiloquent habituel, « l’île intense », « la perle de l’Océan Indien », « la merveille inscrite par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité » et tout le tralala publicitaire dont aujourd’hui on nous bassine si volontiers et à tout propos ! De même que je me suis gardé d’adresser de quelconques reproches aux si diligents services du Parc National, dont on chercherait en vain quelles actions positives et concrètes au bénéfice des hauts de l’île ils ont bien pu jusqu’ici accomplir…

A.P., le 11 novembre 2014
A. P.
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1.Posté par couverture pays le 12/11/2014 15:55

Nous avons eut un probleme du meme genre en centre ville de Cilaos. Là c'est d'autres clients du gite qui étaient venus pour s'enivrer et passer nuit blanche. On eut beau leur demander de faire moins de bruit, nous avons du barrer (sans payer) à 3H00 du matin.

Notre programme du lendemain etait donc tombé à l'eau. Le patron du Gite a eut l’élégance de ne pas encaisser le chèque envoyé par la suite via la poste avec nos explications.

Mais c'est clair qu'a present les gites c'est terminé. On fait la route grand matin bonheur, ou on bivouac et retour direct à la case.

(...)

2.Posté par L'Ardéchoise le 13/11/2014 13:01

A croire que le problème est récurrent...
Même mauvaise expérience à Cilaos !
Quand comme vous 1, on habite sur l'île, on s'adapte, on compose, mais quid des touristes qui vivent ce genre de situation ?
J'allais oublier les hélicos, de bonne heure, qui ne mettent pas de bonne humeur !!!
...

3.Posté par couverture pays le 13/11/2014 18:47

oui le pb est recurrent et croissant; D'ailleur on peut citer à Mafate l'Ilet à Bourse tres joli et souvent noyé dans la sono du rasta du village. A fond de decibel en journée comme en soirée à 10H00 du soir.

Quand on connait on passe son chemin et on va dormir dans les ilets voisins

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