MENU ZINFOS
Zot Zinfos

La musique classique et la musique traditionnelle du cinéma de l'Inde : Hommage aux artistes d'antan !


La culture indienne (entre tradition et modernité) : La musique indienne classique et la musique traditionnelle du cinéma de l'Inde : Hommage aux chanteurs et aux acteurs actrices d'antan !

Par Tamim KARIMBHAY - Publié le Dimanche 8 Février 2015 à 11:23 | Lu 413 fois

Dans le taxi de mon ami Roger, j’étais indubitablement ravi d’apprendre cette nouvelle qui me laissait encore quelques jours de plus, sur mon île d’enfance. A mi-chemin, entre Hell-Ville et l’aéroport de Fascène, Vijay a demandé à Roger de faire une halte devant un restaurant indien "Le Jamnagar Taj Mahal".
"-Un restaurant indien à Nosy-Bé ? Demandais-je alors à Roger.
-Oui Amith ! Me dit Roger. Tu n’es pas au bout de tes surprises. Tu vas voir ! C’est l’Inde entière qui s’offre à toi et à ta famille."
Pendant ce temps, j’étais en train de penser que la diaspora indienne - dont d’ailleurs moi-même, je suis un des descendants - en migrant vers les pays du monde s’est toujours adaptée dans les contrées lointaines en faisant du commerce, mais aussi en y exportant l’art culinaire, la musique, la mode vestimentaire et les dialectes linguistiques. L’Inde a une longue et magnifique histoire millénaire. Je suis fier d’être un Français d’origine indienne, un orientalo-occidental…C’est aussi ce multiculturalisme qui fait la richesse de La France. C’est ce mélange culturel, ce cosmopolitisme – qui ne plaît pas aux racistes, aux xénophobes et aux ignares -qui constitue pour chacun d’entre-nous la fierté, la richesse et l’identité françaises.

Nous entrâmes donc dans ce restaurant, accueillis par une atmosphère chaleureuse. Le chef en personne vêtu d’un Sherwani (une chemise arrivant jusqu’aux genoux) et d’un pantalon ample Churidar, est venu nous accueillir à la porte magnifiquement sculptée à l’indienne. C’était censé être le jour de notre départ vers La Réunion et, en en-trant dans ce décor indo-oriental, j’avais presque oublié que je me trouvais encore sur cette île africaine.

Les murs étaient décorés de tentures multicolores à thématique astrale et des peintures tantriques, des Patchwork, ornés de dentelles brillantes sur les-quelles on pouvait voir des scènes de vie quotidienne du subcontinent d’où sont arrivés mes ancêtres. Le décor était mirifique, et grâce aux statues et aux amulettes qui étaient soigneusement déposées à l’entrée, l’imagination trouvait naturellement et d’emblée, la voie méritée. Tous les sens étaient éveillés : l’odorat se perdait dans la palette des senteurs inoubliables de l'Inde, qui n'était, d’ailleurs, pas uniquement dans le parfum délicat du jasmin et des roses ou du bois de santal dans l'air. On la retrouvait aussi à travers les émanations des épices, comme le piment rouge et le poivre, le gingembre, la cardamome, la muscade, la cannelle, le cumin, le clou de girofle, le curcuma, l’ail et le safran, des sauces masala, la menthe, le laurier, le sésame, l'aneth et la moutarde, qui s’évaporaient de la cuisine et qui chatouillaient nos narines.

La vue aussi était impressionnée par les tapis et tentures resplendissants ; le toucher, par le velouté des chaises et des fauteuils couleur rouge bordeaux et d’un orangé foncé, la texture des tapis Cachemire recouvrant le sol sur lequel on avait presque envie de marcher pieds nus.

L’ouïe était éblouie et entraînée vers des époques révolues, et l’émotion s’éveillait et s’anoblissait à l’écoute des magnifiques chansons sous formes de clips-vidéo, chansons - mettant en valeur, les grandes romances indiennes comme les ghazals (chansons classiques) de Jagjit et Chitra Singh, ainsi que celles de Talat Aziz et de Pankaj Udhas, les qawalies (chansons religieuses et spirituelles) de Nusrat Fateh Ali Khan, les mémorables couplets épiques de l’éminent Kis-hore Kumar, les complaintes mélanco-liques et les romances nostalgiques du spirituel Chand Mathur Mukesh, les eu-rythmiques aubades et harmonieuses sérénades indiennes traditionnelles et aussi d’inspiration occidentale, de Rahul Dev Burman qui est aussi connu sous le nom de Panchamda, les mélodies roman-tiques et les litanies de l’éloquent Mohd Rafi, sans oublier les portraits sonores émouvants des divas comme Asha Boshle, Alka Yagnik et évidemment l’irremplaçable et l’unique diva, Lata Mangeshkar - qui ont été immortalisées dans ce restaurant magnifique en forme de Taj Mahal, perdu comme un médaillon insolite, dans l’écrin du Canal du Mozam-bique sur un rocher malgache exception-nel. On pouvait aussi reconnaître parsemées par-ci par-là, les sonorités, les complaintes du sitariste et du compositeur légendaire, Ravi Shankar, celui qui a fait découvrir toute la subtilité de la musique indienne au public occidental tout au long du XXème siècle.

Tous ces aspects montraient une image magnifique d’une Inde traditionnelle qui est désormais une époque d’or révolue dans l’histoire de cette grande civilisation, car depuis le XXème siècle, ce pays s’est fortement modernisé et occidentalisé. Dans ce restaurant distingué, tous les sons rappelant des airs d’un passé pourtant si lointain, donnaient un joli timbre à la musique dans laquelle on pouvait reconnaître les différents instruments : d’abord, à cordes comme le santoor, le sarangi, le sarod, le sitar, la tanpura, la veena, le violon ; ensuite à vent comme le shehnai et la flûte et enfin, à percussions comme les différents tam-bours : le mridangam, La pakhawaj et les tablas. Un jeu de Carrom familial couleur acajou donnait une touche finale et un cachet luxueux à ce restaurant atypique ; et des posters ainsi que des statues géantes vêtues d’habits traditionnels, des grands acteurs comme Amitabh Bach-chan, Raj Babbar, Hrithik Roshan et Shahrukh Khan et des grandes actrices comme Zeenath Aman, Parveen Babi, Shabana Azmi, Preity Zinta, Rani Muker-jee ou Aishwarya Rai donnaient une dimension d’élégance magique et de raffinement bollywoodiens au décor majestueux du lieu. L’éternelle et la spirituelle Inde, pays aux cultures millénaires, pays de mes ancêtres, était personnifiée solennellement, à travers ce restaurant in-dien à Nosy-Bé, en cette belle année 2043.

Entre nostalgie et jubilations, ce restaurant en forme de mausolée de marbre blanc, nous rappelle brillamment tant par sa taille que par le décor luxueux et l’ambiance qui y règnent, les amours de l'empereur moghol Shâh Jahân et de son épouse Arjumand Bânu Begam, aussi connue sous le nom de Mumtaz Mahal, qui signifie en persan « la lumière du palais ».

Le chef nous raconta qu’il avait fait venir des architectes et ouvriers indiens et pakistanais pour faire construire la réplique du véritable Taj Mahal. L'architecte principal fut Usad Ahmad de La-hore. Je me souviens que ce célèbre monument gigantesque et mystérieux, qui est le symbole de l’Inde depuis 1643, a été désigné le 7 juillet 2007, comme l'une des sept nouvelles merveilles du monde par Nelson Mandela. Eléonore et moi l’avions visité en 2039, il y a quatre ans de cela, lors de notre voyage en Inde où, nous avions séjourné dix jours dans la ville d’Âgrâ, au bord de la rivière Yamunâ, dans l’Hôtel, ancien palais d’un Maharadjah, dans l'État de l'Uttar Pradesh avant notre périple intégral, vers l’Etat du Rajasthan. J’avais, donc eu amplement le temps, de visiter le vrai Taj Mahal.

Outre le majestueux Taj Mahal, le subcontinent indien foisonne de mer-veilles mystérieuses : des temples aux murailles recouvertes de sculptures, rendant gloire aux nombreuses divinités hindoues ou retraçant l’existence quotidienne des agriculteurs; des palais deve-nus hôtels, aux allures de contes des mille et une nuits; des gares magnifiques. L’Inde possède une richesse patrimoniale qui éblouit et nous a laissés rêveurs. Nous avions eu en janvier 2039, l’occasion de voir quelques unes de ces merveilles dispersées le long des pay-sages sublimes quelques fois bétonnés, du sous continent indien. Par exemple, nous avons vu les temples de Mahäbalipuram, d’Or, de Khajurâho, du soleil, palais des maharajas de Mysore, le temple de Brihadesvara, la gare Chhatrapati Shivaji (anciennement gare Victoria, puis Mahatma Gandhi), le fort de Chittorgarh, sans oublier le sanctuaire de Mînâkshî, où nous nous sommes d’ailleurs recueillis longuement.

En ce qui concerne la réplique hôtelière du Taj Mahal sur l’espace insulaire de Nosy-Bé, le chef nous a dit que la pré-sidente des Etats-Unis d’Europe Marianne Jouhault et le ministre européen des Affaires étrangères Alain Veyssière ainsi que le ministre européen de la Cul-ture, Henri Despaux étaient venus manger ici à Nosy-Bé en 2040. En voyant le luxe qui régnait dans ce restaurant, le premier ministre européen Jean-François Wanquet avait pris soin de citer la phrase célèbre de Rabindranath Tagore, premier lauréat indien du prix Nobel, qui avait dit que « le Taj Mahal est une larme sur le visage de l'humanité ». Il cita aussi des extraits du « roman du Taj Mahal » de Catherine Clément : « Shah Jahan lui ferma les lèvres d'un baiser. Dans un dernier effort, Mumtaz Mahal le regarda, avec cette façon qu'elle avait de lui don-ner son âme, et l'empereur détourna la tête pour pleurer. Il comprit qu'elle était morte. L'empereur allait honorer ses deux promesses: ne se remarier jamais et lui construire la plus belle tombe du monde. Ce fut le Taj Mahal. »

Parmi les plats proposés dans ce fabuleux restaurant à Nosy-Bé, on avait le choix entre : a) la cuisine de l’Inde du Nord et de la région de Gujerat, b) la cuisine tandoori, d'après le four au feu de bois en terre cuite tandoor, est très répandue dans le nord de l'Inde, c) la cuisine kashmiri est douce et parfumée, d) la cuisine mughlai trouve son origine dans les vallées du Gange et de l'Indus. Les Moghols, qui appréciaient fort la cuisine indienne, contribuèrent à son essor.

Nous avions une faim de loup et nous avons préféré opter pour la cuisine du Pendjab, berceau du tandoor, qui possède une cuisine goûteuse, influencée par les anciens conquérants venus du nord-ouest - Grecs, Perses, Afghans et Mongols. Le murgh tikka (viande de poulet marinée à la menthe et à l'ail), le shikh kebab (rouleaux de viande hachée d'agneau grillés au tandoor), les tandooris Jhinga (gambas) ou le tandoori pom-fret (poisson). Dans le "thali" - plateau rond en métal compartimenté colossal du Pendjab - qui nous a été présenté, ils nous ont aussi ajouté du murgh makhani (poulet au beurre) et du raarha meat (agneau grillé). Toutes les couleurs et toutes les senteurs se sont donné rendez-vous ici !

Après avoir satisfait pleinement tous nos sens en ces derniers jours de nos vacances insolites et, salué le chef et les serveuses « en sari et en pendjabi », nous avions repris la route goudronnée de Hell-Ville pour un ultime au revoir à Nosy-Bé. Comme il ne nous restait que quelques jours encore, nous avons profi-té pour faire quelques achats de souvenirs artisanaux.

Sur la route, nous nous sommes arrêtés rapidement pour faire des achats de produits issus de l’artisanat mal-gache : Eléonore a acheté un boulier en palissandre ayant la forme d’une tortue, composé de 38 pierres naturelles pré-cieuses de l’île Rouge et un jeu d'échec dont le plateau est orné de scènes de la vie quotidienne malgache. Le jeu com-prend des pions sculptés en petits personnages malgaches. On a aussi profité de l’occasion pour acheter quelques objets décoratifs en corne de zébu, en écailles de tortues, des cadres photos en rafia et des crocodiles empaillés.


Extrait du roman "Année 2043 : Autopsie D'une Mémoire" de Tamim KARIMBHAY



Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
CHARTE DES COMMENTAIRES

Zinfos 974 vous offre un espace commentaires vous permettant de réagir, discuter, informer. Cet espace est ouvert aux internautes inscrits et non-inscrits au site.

Les intervenants doivent respecter les principes élémentaires du débat.

Sont proscrits :

- Les insultes, les attaques personnelles, les agressions, les propos discriminatoires sous toutes les formes - que ce soit envers les intervenants, les commentateurs ou l'équipe de Zinfos 974.

- Tout contenu contraire à la loi : l'incitation à la violence ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation, les propos homophobes, la négation des crimes contre l'humanité, ou la justification des actes violents et des attentats.

- Les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

- Merci d'éviter le hors sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations.

- La répétition d'un même commentaire, assimilée à du spam.

- La publicité. Ne soumettez pas des liens commerciaux.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de Zinfos 974 via l'adresse contact@zinfos974.com

Vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de Zinfos 974 se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l'estime nécessaire pour la bonne tenue du débat.

Zinfos 974 est seul juge des messages qu'il publie ou modère - y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessus. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant l'adresse contact@zinfos974.com, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
Publicité
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes