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Courrier des lecteurs

La mort de mon cousin


Bonjour M. Dupuy,

Je vous envoie pour publication le texte d'hommage et la photo déjà proposés au JIR et au Quotidien.

Si vous souhaitiez en faire plus, vous pourriez décider d'offrir à ceux qui fréquentent votre site une approche précise des circonstances de l'accident à l'aide de la série de photos de la rivière dont je dispose (voir plus bas, ndlr). Mon but, en agissant ainsi, n'est pas, comme vous pouvez vous en douter, la recherche effrénée du sensationnel.

C'est, d'une part le désir de tordre le coup à certaines réactions malveillantes qui se sont exprimées, notamment dans certains commentaires indécents parus sur Zinfos 974, au moyen d'un témoignage précis du déroulement de l'accident, lequel pourrait d'ailleurs être, si besoin était, corroboré par l'équipe du PGHM qui est intervenue sur place. Non, la rivière n'était pas en crue. Oui, le sentier était tout-à-fait praticable, même par un homme affaibli.

Le reportage photographique réalisé à l'intention des enfants de mon pauvre cousin et dont vous pourriez extraire plusieurs vues de la rivière pourra clairement faire apparaître que celle-ci ne se présentait nullement sous l'aspect terrible que l'on aurait pu imaginer.

Je crois que c'est là quelque chose qui serait tout-à-fait de nature à mettre en garde les usagers de la montagne réunionnaise et pourrait inciter ceux-ci à une plus grande méfiance et à une plus grande prudence.

Cordialement.

A.P.

- Publié le Vendredi 10 Mars 2017 à 18:09 | Lu 7575 fois

La mort de mon cousin
L’homme qui, le samedi 4 mars, a été la victime d’un tragique accident sur le sentier Burel, en traversant le Bras de Cilaos, était une personnalité remarquable. Il s’appelait Pascal Frappier, était âgé de 75 ans et habitait l’Île d’Arz, une île située dans le Golfe du Morbihan, à proximité de Vannes. C’était mon cousin germain.

Avant de prendre sa retraite, Pascal Frappier avait dirigé Concept-Image, une société de communication multimédia qui proposait ses services aux entreprises et aux collectivités. Retiré à l’Île d’Arz, il avait été le correspondant local d’Ouest-France et avait également dirigé La Bernache, une revue bimestrielle qu’il avait fondée et dont il était le principal rédacteur. Surtout, avec sa femme Minette décédée en 2014, il s’était investi comme bénévole auprès des Compagnons d’Emmaüs dont, pendant plusieurs années, il a présidé la très active communauté de Vannes-Séné. 

Affaibli par une grave maladie, Pascal avait souhaité pouvoir « réchauffer ses vieux os » au soleil de La Réunion et, pour cela, m’avait écrit pour me demander l’hospitalité. Le sachant très malade, j’ai été enchanté de cette initiative qui me permettait de le revoir une dernière fois. Je suis donc allé l’accueillir le lundi 27 février à Gillot, d’où il aurait dû rembarquer le jeudi 9 mars. Le sort en aura malheureusement disposé autrement. Lui ayant proposé de découvrir le cirque de Cilaos, nous avons, ma femme et moi, retenu des chambres dans un gîte de l’Ilet-à-Corde où nous avons passé la nuit de vendredi dernier. 

Le samedi matin, le temps étant au beau, Pascal, qui avait l’habitude de s’imposer malgré sa faiblesse de longues marches quotidiennes, décide, comme je lui en fais la proposition, de descendre avec moi le sentier Burel en direction de Pavillon (une randonnée pour laquelle les guides prévoient 2h30 de marche). La descente s’accomplit à un rythme lent mais sans problèmes. Nous croisons plusieurs groupes de randonneurs qui, eux, suivent le chemin dans le sens de la montée et qui ne font état auprès de nous d’aucune difficulté particulière pour le franchissement de la rivière. Pascal peut admirer tout à loisir les paysages magnifiques que nous traversons… 

Nous arrivons au point où le sentier franchit le Bras de Cilaos. Je connais bien l’endroit pour y être déjà passé une quinzaine de fois et je constate que, si la rivière n’est aucunement en crue (comme certains malveillants ont cru, sans savoir, pouvoir l’avancer), le courant y est assez vif. Je cherche alors un endroit commode afin de la franchir. Aucun péril, à plus forte raison, aucun péril mortel, ne me parait à redouter : ce que je cherche simplement à éviter pour nous deux, c’est un bain forcé. 

J’effectue une première traversée pour tester le passage ; je constate que l’eau, à l’endroit le plus profond, ne me monte pas plus haut que les genoux et ce n’est que sur une largeur de moins de deux mètres, mais le fond est cependant assez glissant. Puis, je retourne chercher Pascal et c’est, accrochés l’un à l’autre, que nous nous engageons alors dans le courant… Soudain, voilà que tous deux brusquement nous perdons pied et sommes emportés vers l’aval. Nous franchissons sans dommage un petit « toboggan » puis arrivons à une toute petite chute (moins d’un mètre de hauteur) au pied de laquelle se trouve une zone de gros remous. 

Quand j’émerge du remous, j’aperçois le chapeau de Pascal qui flotte non loin mais je ne le vois pas lui-même ; je retourne alors dans le remous, je suis happé vers le fond et, pendant quelques longs instants, je pense que je vais, moi aussi, rester prisonnier de la rivière. Je finis cependant par émerger à nouveau et, reprenant ma respiration, j’aperçois Pascal un peu plus loin, flottant inanimé. Je tire alors son corps vers la rive, entreprends de lui faire la respiration artificielle et un massage cardiaque. Mais mes efforts, hélas, restent vains… 

Pascal Frappier était un homme de cœur, doté d’un solide sens de l’humour. Dans ses rapports avec les autres, ses proches aussi bien que ceux qu’il connaissait à peine, il aimait bouffonner afin de mettre tout le monde à l’aise et faire naître autour de lui une atmosphère détendue et conviviale. Il avait notamment l’habitude d’attribuer à chacune de ses relations un sobriquet plus ou moins cocasse qui bien souvent restait attaché à celle-ci pour toujours. La veille de sa mort, la gravité de sa maladie ne l’avait pas empêché de plaisanter et de badiner gaiement, comme si de rien n’était, ainsi qu’il en avait l’habitude, avec les autres convives du gîte de L’Ilet-à-Corde où nous avions passé la nuit.

Pascal écrivait des nouvelles dont certaines ont été primées. En 1979, il avait publié « SOS-Maison », un ouvrage illustré sur le bricolage qui s’était vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Il y eut ensuite : « Pratique de la constitution française » (1991), « Maastricht oui ou non » (1993), « Action majeure » (1994), « Entrepreneur individuel maintenant » (1995)

Pascal Frappier laisse derrière lui dans le chagrin quatre enfants et huit petits-enfants. Paix à son âme !

1- Pascal Frappier quelques instants avant l'accident. Sur la gauche le remous fatal. Derrière lui les galets sur lesquels son corps viendra s'échouer
1- Pascal Frappier quelques instants avant l'accident. Sur la gauche le remous fatal. Derrière lui les galets sur lesquels son corps viendra s'échouer

2- L’endroit, légèrement en amont, où les deux randonneurs ont tenté de traverser
2- L’endroit, légèrement en amont, où les deux randonneurs ont tenté de traverser




1.Posté par SORCIERE le 11/03/2017 09:53

Quelle méchanceté ! Savez-vous ce que cette personne endure ? Il n'y avait pas de crue, il faisait très beau, c'était dans le sens de la descente donc facile. Avez-vous déjà fait ce sentier ? J'imagine que vous êtes un sportif devant sa télé ou son ordinateur.

2.Posté par SORCIERE le 11/03/2017 09:59

Quelle méchanceté ! Savez-vous ce que cette personne endure ? Allez cracher votre bave de crapaud ailleurs, l'Ardechise !

3.Posté par VIEUX CREOLE le 11/03/2017 10:39

TOUT D'ABORD MONSIEUR A..P. , LE M'INCIINEDEVANT LA DISPARITION TRAGIQUE DE VOTRE COUSIN ET VOTRE DOULEUR .
Sans doute ,ne prend -on jamais assez de précautions dans certaines circonstances de la vie de tous les jours ? Le "Citoyen Lambda "dira "c'était sa destinée" et Personne ne peut arrêter à temps de telle fin tragique "à moins d'être doté d'un radar ultra perfectionné dans le cerveau "! Je connais deux cours d’eau trés dangereux , même quand on croit pouvoir passer à pieds secs d'une rive à l'autre à certains endroits : La LOIRE à Orléans et le DOUBS ,dans la région de Verdun /le Doubs où des drames ont eu lieu à plusieurs reprises ... VOTRE COUSIN A EU UNE VIE BIEN REMPLIE (malgré des embûches inhérentes à notre passage sur terre d’après ce que vous nous dites) ... VOUS POUVEZ ,AINSI QUE SA FAMILLE , ÊTRE FIERS DE LUI !!

4.Posté par Tanguy Proquo le 11/03/2017 12:02

L'Ardéchoise comment pouvez vous penser de la sorte, il était vraiment temps que vous quittiez l'enseignement et notre île, vos élève vous auraient détesté encore plus que vous ne l'étiez. Ce que vous écrivez est horrible, cet homme n'a voulu que rendre heureux un autre homme affaibli par la vie et la maladie. Lui donner encore quelques instants de bonheur, en bref avoir une attitude humaine envers un autre homme. Vous êtes écœurante. Merci Monsieur de lui avoir procuré de l'amitié, de la fraternité il sera mort en sachant qu'il était aimé et qu'il sera regretté. Il reposera en paix; Encore merci pour lui.

5.Posté par Choupette le 11/03/2017 12:40

" ...à l’endroit le plus profond, ne me monte pas plus haut que les genoux ... "

C'est trompeur. En-dessous des galets, c'est du sable.
Donc, forcément, le poids du corps pèse sur le galet qui s'enfonce.

On ne s'en rend pas compte tout de suite, mais on vieillit et beaucoup de choses deviennent des challenges ... .
Je penserais à me munir d'un sifflet si un jour je m'aventurais dans ce genre d'endroit.

Paix à son âme.

6.Posté par Jules Bénard le 11/03/2017 13:41

Condoléances sincères à toute sa famille et à cet homme qui pleure la disparition de son cousin.
Vous étiez animé par une bonne intention, monsieur. Y a-t-il une erreur commise ? Peut-être. Mais qui peut se dire à l'abri de toute erreur ? Vous n'avez rien à vous reprocher, monsieur.
Je vous réitère mes pensées les plus attristées.

7.Posté par L'Ardéchoise le 11/03/2017 21:54

L'énergumène de service a encore utilisé un pseudo qui à une lettre près ressemble au mien...
Merci aux modérateurs d'être attentifs, ce n'est pas la première fois, je suppose que vous avez les moyens de vérifier qui joue à ce jeu débile. D'autant que je ne poste jamais depuis un mobile, je n'ai qu'un simple téléphone qui se contente de téléphoner et de recevoir des appels...
Et puis 8h06, c'est 5h06 en métropole ! A cette heure-là, je dors !
Ce Tanguy Proquo pourrait bien d'ailleurs être l'usurpateur, lui qui semble si bien me connaître, et qui en profite pour faire de la diffamation (à ce propos, ce n'est pas Pierrot et Zinfos qu'il faut attaquer, mais bien ce genre de triste sire).

Cet accident est regrettable, je vous transmet mes condoléances et je n'ai aucun mal à imaginer comme cette épreuve doit être difficile pour vous, A.P.
Cela devait être une belle journée, dans un très bel endroit que je connais bien, un drame en a fait un cauchemar.
L'hommage que vous faites à votre cousin donne à la fois le regret de ne pas l'avoir connu et l'envie de le lire pour l'approcher un peu.
Je vous souhaite de tout coeur bon courage pour surmonter ce deuil brutal.

8.Posté par Tanguy Proquo le 12/03/2017 18:58

L'Ardéchoise à force de lire vos post j'arrive à me faire une idée sur les personnes qui écrivent, je dois reconnaitre que si je ne suis pas toujours d'accord avec vous j'étais étonné de la teneur de votre post. Il est vrai qu'il manque une lettre ce que je n'avais pas remarqué. En l’occurrence, je vous prie d'accepter mes excuses si bien entendu le post n'émanait pas de vous. Encore mille et une excuses ! Ca me rassure un peu sur la nature humaine....

9.Posté par L''''Ardéchoise le 13/03/2017 10:51

Tanguy Proquo, après la volée de bois vert que j'ai reçue précédemment,votre post m'a également rassurée.
Je vous confirme ne pas être l'auteur de cet infâme commentaire qui m'a bouleversée : l'usurpateur a déjà utilisé mon pseudo tel quel, ou transformé (L'Ardechose, l'Ardechise, L'Ardechiedoise...) avec la particularité de ne pas mettre d'accent. Autant j'ai protesté, autant ses posts ont été supprimés, je préférerais simplement qu'ils ne paraissent pas..............
Ce personnage n'avait toutefois pas encore eu l'indécence de le faire sur un sujet aussi sensible !

Que nous ne soyons pas toujours d'accord, c'est normal mais on peut malgré tout rester dans l'échange sans devenir infect et retors, en restant "civilisé" : avec certains, ce n'est pas gagné !
Bonne journée.

10.Posté par Tanguy Proquo le 13/03/2017 15:58

Post 9 L'ARDECHOISE Merci de votre compréhension .

11.Posté par Héloïse le 18/03/2017 06:50

Pascal Frappier c'était d'abord un ami de mon père, ils étaient allés à la Flèche ensemble il y a bien longtemps. Je suis tombée sur ce bel article par hasard et me suis dit: Pascal Frappier? mais bien sur!
Ce qui m'avait frappée chez lui, quand j'étais enfant (timide), puis jeune fille (toujours timide), puis adulte (pas beaucoup plus extravertie) c'était exactement cela: sa manière très chaleureuse de mettre les gens à l'aise et de créer une atmosphère inimitable, autour d'un repas et au cours de conversations fines et joyeuses. Je lui rend hommage et j'espère le retrouver ainsi que Minette plus tard dans l'autre monde.

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