Courrier des lecteurs

La légende du colibri (complète, avec le tatou et le sanglier)

Mercredi 8 Novembre 2017 - 10:20

Notre civilisation ne sera pas durable. Encore moins la civilisation industrielle. Pas améliorable. Pas de transformation volontaire en mode de vie soutenable. Plus nous attendons que cette civilisation s’effondre, plus l’effondrement sera problématique. Les besoins du monde naturel sont plus importants que les besoins de l’économie.

La légende Quechua qui illustre les valeurs du Mouvement Colibri se déroule ainsi :

« Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux, terrifiés, atterrés, observaient, impuissants, le désastre. Seule le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! Et le colibri lui répondit : je le sais, mais, moi, je fais ma part. »

L’histoire ainsi racontée est incomplète, et sa fin mérite d’être dévoilée : 

« Le tatou poursuivit : Colibri ! Sais-tu que plusieurs centaines d’hommes armés de lance-flammes sont en train d’allumer des feux partout à travers ce qu’il reste de forêt ? Ils ont aussi empoisonné l’eau que tu tiens dans ton bec. Mais le colibri, qui volait vers les flammes, était déjà loin. Soudain, un sanglier entreprit de charger les hommes. De ses défenses, il perçait les réservoirs d’essence et les jambes des pyromanes. Le tatou, découvrant la scène, effrayé, interpela le sanglier : Tu es fou ! Tu discrédites les efforts du colibri. À mettre les humains en colère, tu risques ta vie, et celle de tous les animaux de la forêt ! A quoi le sanglier répondit : Réveille-toi tatou, je fais le nécessaire. »

Lorsqu’on lui dit que ses efforts sont dérisoires, le colibri répond spontanément qu’il le sait. Ce satisfecit en forme d’impuissance indique bien que cela ne suffit pas. Depuis 50 ans, les rares victoires des écologistes sont temporaires ou symboliques. Tandis que la destruction de la vie sur Terre s’accélère, le temporaire et le symbolique sont dérisoires : positifs pour les consciences de ceux qui s’en félicitent, défaites en réalité.

Il y a 45 ans, en 1972, avait lieu la première Conférence des Nations-Unies sur l’environnement de Stockholm, organisée par René Dubos, un des pères de l’écologie française. Le mot d’ordre (de Jacques Ellul) devant guider l’action des écologistes, était le suivant : « Penser global, agir local. »

Un slogan qui constitue encore aujourd’hui une des devises de l’écologie palliative (vs radicale). Le penser et l’agir ont été évincés. Il n’y a jamais eu d’adéquation entre le « devenir le changement que tu veux voir dans le monde » (Gandhi) et les multiples destructions du monde naturel.

Ainsi, le mot d’ordre « penser global, agir local » a été adopté par les apôtres de la mondialisation triomphante. Ces quatre mots sont devenus le mantra du catéchisme libéral enseigné à  HEC ou à l’ESSEC, et ce sont finalement Coca-Cola ou IBM qui les ont appliqués et leur ont donné leurs lettres de noblesses.

Avons-nous encore aujourd’hui 45 ans de Coca ou d’IBM devant nous ? Non, bien sûr… 10 années, tout au plus. Allez sur le site : http://deepgreenresistance.fr

www.aid97400.lautre.net
Dr Bruno Bourgeon, président d’AID
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1.Posté par MICHOU le 08/11/2017 11:25

eh oui, tant que chacun se lamentera dans soin en disant que personne ne fait rien, on restera dans le syndrome de la grenouille. Le monde même s'il a été rapté par un petit nombre nous appartient et si on veut le protéger pour que lui nous protège, nous devons agir, chacun de notre place avec les moyens que nous avons .Ensemble nous avons les moyens de limiter les dégâts mais il faut déjà que nous le souhaitions. Et compter sur la pluie qui va tomber pour tout le monde est un leurre car entre les mains de quelques uns , il n'en tombera que des gouttes et comme tous les produits, chargées de pesticides et autres.
Alors nous avons aujourd'hui le choix:
se réveiller et prendre notre vie en mains
Attendre que d'autres le fassent pour eux

2.Posté par A mon avis le 08/11/2017 19:59

Eh oui ! le problème c'est que les raisonneurs-tatous sont bien plus nombreux que les acteurs-colibris-et-sangliers !

3.Posté par MICHOU le 08/11/2017 20:25

Dans son coin , dsl

4.Posté par Juliette CARANTA-PAVARD le 09/11/2017 14:22

*Que ferait La Réunion, que deviendrait La Réunion...

*Sans "AÏD", "ATTAC", "LÀ-BAS-SI-J'Y-SUIS" (!) et autres "Initiateurs" ??

*Dieu merci, ils sont là et nous rassurent: de vrais petits "colibris"...

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