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Courrier des lecteurs

La lang n’a poin le zo !


Alors que le débat est clos depuis longtemps concernant le statut de notre créole, voilà que, encore une fois, le révisionniste de service, messie multicartes, tente pitoyablement de nous imposer sa vérité, suivi de près par son poisson pilote !
On peut s’interroger sur ce type de citoyens qui ne prennent des lois que ce qui les arrange, voire arrangent les lois pour les adapter à leurs préceptes très particuliers….

Par Bertel de Vacoa - Publié le Mercredi 24 Juin 2015 à 14:45 | Lu 1075 fois

La lang n’a poin le zo !
Revenons donc aux fondamentaux !

Qu’est-ce qu’une langue ?

Selon le dictionnaire : système de signes verbaux propres à une communauté d’individus qui l’utilisent pour s’exprimer et communiquer entre eux.

La LOI, qui s’impose à tous, gunéens y compris, dit :

"Après l'article 75 de la Constitution, il est inséré un article 75-1 ainsi rédigé :
Art. 75-1. - Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France".

Et qu’ils le veuillent ou non, même s’ils sont chagrins, le créole réunionnais a été reconnu officiellement en France comme langue faisant partie des langues régionales avec l’alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse, le flamand, l’occitan, les langues de Polynésie, le créole antillais, les langues kanak… !

Encore largement utilisées outre-mer, les langues régionales sont en revanche globalement en déclin en France métropolitaine, notamment en raison du faible taux de transmission familiale, mais résistent grâce aux réseaux d'enseignement bilingue, à leur dimension culturelle et aux médias. ©

Selon l'Insee, 53% des 800.000 Réunionnais déclarent ne parler que créole dans leur vie quotidienne. C'est la langue régionale la plus utilisée dans les départements d'outre-mer, selon une étude Insee de 2010. Huit Réunionnais sur 10 (âgés aujourd'hui de 16 à 64 ans) ne parlaient que créole dans leur enfance, selon l'enquête. Depuis le début des années 2000, la prise en compte du créole à l'école fait partie intégrante des textes officiels de l'Education Nationale.

Pour revenir à notre langue nationale, le français, langue officielle dont l’enseignement n’est nullement mis en péril par la reconnaissance du créole mais bien au contraire enrichi et facilité pour des élèves dont la langue maternelle n’est plus stigmatisée et dévalorisée…

Dans la langue française, l’orthographe a évolué au fil des siècles (exemple : fenestre puis fenêtre), le vocabulaire s’enrichit de mots nouveaux (ex : courriel), alors que certains autres sombrent dans l’oubli parce que non utilisés. L’ Académie Française révise régulièrement le dictionnaire de notre langue en l’adaptant au parler authentique de la population dans son ensemble. Ainsi, une langue parlée est un système vivant. On fait bien la différence entre langue vivante et langue morte.

Et notre créole, d’où vient-il ?

Les langues créoles sont des langues de formation récente puisqu’elles n’existaient pas avant la colonisation européenne des XVIIe et XVIIIe siécles : il y a ainsi des créoles anglais, espagnols, français, hollandais… Ce qui est admis par tous les chercheurs, c’est que c’est une chance, pour la « science linguistique » de pouvoir suivre la genèse d’une langue en disposant de tant de documents (textes, essais de grammaires, …) incontestables car transmis autrement que par la tradition orale. ©

En ce qui concerne le créole réunionnais, comme dans tous les pays qui ont connu l’esclavage, il s’est formé, développé, enrichi – et personne ne l’a « inventé » - grâce aux apports des langues régionales parlées par les premiers colons, des langues parlées par les esclaves et les autres groupes ethniques qui se sont installés dans l’île. Ceci pour tenter d’expliquer ce qui me semble être une richesse pour l’humanité. Selon certains auteurs, le créole réunionnais aurait acquis sa forme « définitive » aux alentours des années 1715/1720.

Les premiers textes en créole ( les Fables créoles ) ont été écrits par un certain Louis Hery en 1828 ! Il faut le dire pour rétablir une vérité tronquée volontairement et nous faisant croire que Fourcade était le précurseur dans l’écriture de textes en créole.

Le problème n’est plus de savoir s’il y a une grammaire ou de nier les différentes variantes dans le parler – des essais de grammaire existent depuis longtemps ainsi que de vrais dictionnaires – mais bien de savoir quelle graphie il faudra « figer » pour respecter toutes les "sensibilités" ethniques, tous les apports "historiques" - seulement, en gros, quatre siècles d’histoire pour la Réunion – et c’est en cela que l’étude est intéressante car on étudie une langue qui est en train de prendre forme devant nous ! Encore faut-il que pour étudier, les coqs de service veuillent bien se faire humbles... voire silencieux s'il n'ont rien à ajouter que la polémique !

Comme pour toute langue régionale ou pas, un des enjeux importants de la reconnaissance du créole est celui de sa culture, car il n’existe pas de langue sans culture et ne pas prendre en compte ce fait linguistique, c’est en quelque sorte gommer l’histoire des gens qui parlent cette langue, et cela fait des ravages tant à l’école que dans la société réunionnaise toute entière. Le mot communément admis pour décrire cela est "racines". Et les individus, forts de leurs racines, peuvent alors conquérir leur avenir avec sérénité car ils sont bien dans leur être. Ils assument leur passé pour mieux comprendre leur présent. Il n’y a qu’à regarder autour de nous dans les autres îles, où ces débats d’arrière-garde ont été dépassés depuis longtemps et où, au lieu de jouer l’opposition entre langues, on joue la richesse de la complémentarité.

Mais il est évident que la récupération politique rôde ! Et c’est pour cela que le système scolaire ne doit pas lui livrer des gens fragilisés : ce n’est pas parce que tu me parles créole que tu vas me défendre et aider au développement. La formation de citoyens responsables passe donc par une juste reconnaissance linguistique ! C’est déjà fait officiellement (voir les textes), il reste à la mettre en œuvre de manière raisonnée… et raisonnable… et ce n’est pas gagné !

Aucune graphie n’est figée pour le moment, mais reprenez donc l’histoire de la langue française et vous verrez combien les problèmes de l’orthographe restent complexes, en dépit d’une vraie et longue histoire de la langue bâtie sur plusieurs siècles

Voilà ! Je voulais apporter un autre éclairage sur ce qui n’est un problème que pour ceux qui sont figés dans leurs certitudes. L’unification de la graphie du créole ne passera pas par ces gens-là… Ce n'est pas grave, on peut encore attendre quelques dizaines d’années !

“Tout ce qui est excessif est insignifiant” © Talleyrand

On peut aussi penser que c’est dérisoire… voire provocateur !

Et, pour ceux que cela intéresse, au lieu de citer béatement une illustre inconnue, présidente express d’un conseil régional, le point de vue de d’une spécialiste reconnue et qui sait de quoi elle parle, contrairement à certains !

http://www.caravanedesdixmots.com/accueil/contributions/points-de-vue/le-francais-langue-metisse-henriette-walter/




1.Posté par Non signé mais signé quand même le 24/06/2015 21:37

Voilà un texte de Boa Bill qui joue au linguiste !
Lisez donc le Grand Lexique d'Armand GUNET, y compris sa très riche préface et ensuite, revenez écrire qq ch d'intelligent !!!

2.Posté par KLD le 24/06/2015 22:04

merci pour ce post dont je ne connais pas l'auteur mais merci !! sincèrement ! cela me rassure devant tant de bétises rabattues depuis si longtemps !!!!! la réunion , à la différence des autres "ex dom tom" a une particularité : l'assimilationisme qui a été rabattu ici pendant 50 ans !!!! et ce n'est pas une question de gauche ou de droite .........................cela a donné une ile qui vacille entre le complexe de "la goyave" et l'arrogance déplacée sans base culturelle à la différence de la caraibe française , et oui , d'autres l'ont dit mieux que moi !!!! ......encore une fois merci pour cette article !
un mangé pou le cœur !

3.Posté par KLD le 24/06/2015 22:12

pour en rajouter , nombreux sur cette ile devrait lire Chamoiseau ou Césaire , qui ont parfaitement défendue la langue créole sans l'opposer au français mais en tant que richesse §! hélas ici , entre les combats politiques qui ont "squeezé" la reconnaissance de la richesse créole et les "goyave de France " , légion à une époque mais toujours existant , hélas .c'est pas gagné , c'est l'ile , hélas, intense ! mais zarboutan lé toujours là , merci encore pour cette article pour une réunion créole moderne , française et européenne , mais surtout non complexée par sa culture multiculturelle ........... espérons !

4.Posté par Grangaga le 24/06/2015 22:24

La vi krapo......................................................

O la ligu' mon somin la vi
Lé tracé an karanbol'
O Bon Dié koman frwi la ou la béni
Lo ondilé konm' la toll'
Y ravinn' farinaz' la pli
Konm' kan bann' fanm' i pran métod'

Sa i zoué ankor' d'van la glass' san inn' ti zigu' l'amour'
Mwin mi di lèss' la boté là a satt' a li mèm' i iniorr'

Si lo butt' zot' sivilizacion lé lo lux'
Kouk' y fé donk' dan in l'étan in flèr' lotuss'
Sou lo pon mon mazinacion po dis'pitt'
Po kossa zot' l'ès'pozicion an plass' piblik'

Mwin la pi bezwin l'or a sak' mo
Gard' po zot' zot' alter' égo
An ap'né konm' bann' na dann' lo
Mi préfèr' mènn' mon vi krapo...................

5.Posté par KLD le 24/06/2015 23:17

merci grangaga !!!a ou mem mangé pou le cœur !

6.Posté par maçonnerie le 24/06/2015 23:47

merci à toi l'inconnu, de contribuer à l'élévation de ce sujet, bien plus haut que là où certains voudraient l'enfoncer..

7.Posté par Bill Boa le 25/06/2015 00:34

Voilà Boa Bill, le baobab retors, avec ses "copier/coller" ! C'est à la fois un bon glaneur et un bon glandeur !

8.Posté par A mon avis le 25/06/2015 01:33

Vous écrivez : " Selon certains auteurs, le créole réunionnais aurait acquis sa forme « définitive » aux alentours des années 1715/1720."

C'est tout à fait en contradiction avec la thèse que vous soutenez à juste titre, à savoir qu'une langue est en perpétuelle évolution.
Et particulièrement pour le créole réunionnais qui est bien loin d'avoir une forme définitive, n'ayant même pas une forme bien définie.
La difficulté de la graphie provient du fait que le créole est avant tout une langue parlée, dont le vocabulaire est constitué principalement de mots issus d'autres langues (français principalement) à la prononciation déformée, simplifiée, ou même de mots dont le sens a été détourné.
Il ne faut pas oublier que l'origine de cette simplification et déformation de la langue est liée à l'esclavage, et permettait grâce à un vocabulaire édulcoré la communication entre maîtres et esclaves d'origines linguistiques différentes !

A la Réunion, le créole et le français peuvent cohabiter sans problème.

Mais revendiquer le créole comme langue principale est une aberration.
Une langue permet avant tout de communiquer. N'utiliser que le créole ne peut conduire qu'à un repli sur soi, en limitant l'accès à la culture et l'ouverture sur l'extérieur.
Écrire des ouvrages en créole, c'est bien gentil, mais de portée limitée, surtout quand chaque auteur possède sa propre graphie (n'est-ce pas @4 Grangaga !) !

Et beaucoup d'eau coulera sous les ponts avant l'unification de la graphie du créole !

9.Posté par EKOLO le 25/06/2015 03:11

Je ne pense pas que le Créole ait acquis une forme définitive, au 18ème siècle ou autre. Comme beaucoup de langues, il évolue avec le temps. En langue française, chaque année des nouveaux mots sont inscrits dans les dictionnaires de référence. Je vois pas pourquoi le Créole échapperait à ce phénomène, qui est spontané et non décidé consciemment.
Pendant que de nouveaux mots et expressions font leur apparition (notamment à cause des progrès technologiques), d'autres mots et expressions lontan tombent en désuétude, et finissent dans les oubliettes.

D'autre part, en tout cas à la Réunion, on ne parle pas le même Créole d'un coin à l'autre de l'île, on n'a pas les mêmes tournures de phrase pour exprimer la même idée. On ne prononce pas de la même façon selon qu'on est kaf, yab, malbar, selon l'âge qu'on a ...
En fin de compte, entre Créoles, le but est de se comprendre, et c'est tout. Personne n'ira reprendre l'autre s'il ne prononce pas de la même façon ou qu'il utilise une tournure de phrase différente.
Alors on peut adopter une graphie, mais certains diront et écriront "somaz", tandis que d'autres diront et écriront "chomaj" (par exemple). Certains diront "lo", d'autres "lé".

Tout ce qui ira dans le sens d'une uniformisation sera voué à l'échec, les gens ne changeront pas leurs habitudes. Les enfants apprendront peut-être le Créole "officiel" à l'école, mais dans leur vie ils parleront de la même manière que parle leur entourage (à commencer par leurs parents, en principe).
Tel est mon avis personnel.
Et quand j'écris en Français dans mes posts, ça n'a rien à voir avec le Français que j'utilise à l'oral, il y a donc un langage écrit et un langage oral qui peuvent être très différents.
Laissons donc les choses comme elles sont, on se comprend très bien comme ça et c'est tout ce qu'on demande à un langage.

10.Posté par nrj le 25/06/2015 07:27

La langue de la République , c'est le "Français" !
Point à la ligne !
Le ou les créoles ne sont que des "patois" .... de la langue française déformée par les migrants venus de l'Inde , d'Afrique , de Chine et autres pays ....
Ils ont inventé une manière de parler mélangeant le français , l'anglais , le tamoul , le chinois ...
Ce zembrocal empêche nos enfants à apprendre correctement le français en classe ...
Il faut le bannir dans les cours d'école ... le créole macote !

11.Posté par Boa Bill le 25/06/2015 07:58

Tous mes courriers sont signés, toujours ! Je ne sais pas pourquoi ma signature n'apparaît pas en bas du texte mais elle apparaît bien en haut, dans la liste des courriers des lecteurs.

Les parties du texte qui ne sont pas de ma plume portent un (c), comme il est d'usage l


7.Posté par Bill Boa le 25/06/2015 00:34
Pôvre égaré ! Vous perdez votre temps ! On a déjà connu ce type de procédé ignoble sur ce site !... et votre vocabulaire vous identifie à coup sûr ! Un comble pour un homme de lettres de ne pas savoir que son écriture le trahit !!!

12.Posté par EKOLO le 25/06/2015 09:46

Post 10 :

En fait, si les langues régionales de France sont des patois (Alsacien, Catalan, Breton ...), alors le Créole n'en est pas un, puisque les langues régionales n'ont rien à voir avec le Français (ce sont des langages à part entière, qu'on a regroupés sous le terme "patois" pour les rabaisser par rapport à la langue officielle), alors que comme vous le dites, les parlers créoles dérivent directement du Français (et non des patois) des 16ème et 17ème siècles, avec quelques ajouts par-ci par-là d'autres langages.
Ce n'est qu'un petit détail.

Autre petit détail : si les Chinois et les Indiens peuvent être qualifiés de "migrants" (volontaires), on peut pas en dire autant des Africains, qui n'ont pas migré mais qui ont été importés de force.
Petit détail, mais qui a son importance quand-même.

Pour finir, c'est vrai qu'il faut privilégier le Français à l'école. Je dirais même qu'il ne faut pas embrouiller le cerveau des marmailles avec des langues étrangères (Anglais, ...) tant qu'ils n'ont pas acquis un niveau correct en Français (qui est déjà une langue assez dure à maîtriser quand on n'en a pas d'autres à apprendre).

Personnellement, je ne vois pas l'utilité d'apprendre le Créole à l'école. C'est une langue encore très vivante, et surtout, c'est une langue normalement destinée à l'oral, pour la vie de tous les jours. La sortir de ce contexte, c'est déjà commencer à la dénaturer.
Tant que les gens voudront parler Créole entre eux, le Créole vivra, et personnellement je pense qu'il a encore de très longs jours devant lui. Pas comme les "patois" régionaux de France, qui eux ont peut-être besoin d'un coup de pouce de l'école pour survivre.

13.Posté par zorbec le 25/06/2015 10:46

"Ils assument leur passé pour mieux comprendre leur présent. Il n’y a qu’à regarder autour de nous dans les autres îles, où ces débats d’arrière-garde ont été dépassés depuis longtemps et où, au lieu de jouer l’opposition entre langues, on joue la richesse de la complémentarité.". C'est précisément sur ce point que prend naissance tout le malaise sur le créole réunionnais. D'un côté, les puristes qui veulent que la graphie créole n'ait quasiment aucun lien avec la graphie française qui rappelle par trop le poids de la "colonisation" et donc de la dépendance vis-à-vis de l'Hexagone. De l'autre ceux qui pensent que la graphie est un élément secondaire et s'accommodent d'une écriture à la française. Dans les îles voisines,ces débats ont été évacués en raison même de leur indépendance acquise : les locuteurs n'ont plus à se situer par rapport à une "métropole" haie ou aimée. La Réunion n'a toujours pas franchi ce stade. Enfin, pour "assumer le passé", encore ne faut-il pas présenter le créole comme une langue "bisounours" qui aurait depuis l'origine réunis esclaves et maîtres. La langue a joué un rôle fondamental dans l'exploitation des femmes et des hommes arrachés à leur terre d'Afrique ou d'ailleurs. On les a obligés à oublier leurs langues maternelles et leurs pratiques culturelles pour mieux les asservir. En ce sens le créole - ou le parler des maîtres mâtiné de quelques apports de circonstance - aura été à la fois un langage de domination et de soumission. Et il piquant de voir les "puristes" revendiquer ce qu'ils détestent au fond !

14.Posté par KLD le 25/06/2015 15:01

post 8 /"Mais revendiquer le créole comme langue principale est une aberration.
Une langue permet avant tout de communiquer. N'utiliser que le créole ne peut conduire qu'à un repli sur soi, en limitant l'accès à la culture et l'ouverture sur l'extérieur. " : personne n'a jamais demandé ça , de l'art de fermer les yeux et raconter n'importe quoi .

15.Posté par GIRONDIN le 25/06/2015 21:08 (depuis mobile)

14. KLD

D'accord avec toi!

16.Posté par maçonnerie le 25/06/2015 21:27

10.
alé tir' un feuill' donc !
si ou lé pa content entend' créol' dan' cour lécole, ou prend un billet et ou sa va..

17.Posté par maçonnerie le 25/06/2015 21:30

13.
la langue créole s'est développé dans un contexte de domination et de soumission, tout comme le français s'est développé dans un contexte de royauté, avec servage et soumission.. langue créole et langue française ont connu un contexte similaire..dieu soit loué (mais pas trop cher comme dit popeck)

18.Posté par EKOLO le 25/06/2015 22:19

Post 13 (Zorbec) :

Personnellement, j'ai du mal à imaginer que les esclavagistes aient fait l'effort d'adapter leur langage pour être compris par leurs victimes. Je crois plutôt que les victimes, issus de territoires différents donc ayant des langages différents, ont pris le langage des esclavagistes comme référence pour se comprendre entre eux, et l'ont déformé/simplifié (pour reprendre les termes de A mon avis dans son post 8) parce que dans leur langage certains phonèmes utilisés en Français n'existaient pas et parce que c'était plus facile pour eux d'une manière générale (exemple : les [j] et [ch] transformés en [z] et [s] par les Malgaches, comme on peut toujours le constater à notre époque).

Mais j'avoue que je peux largement me tromper, vu que je n'ai pas de références sur ce sujet, ce qui n'est peut-être pas le cas pour vous.
Par contre, si je ne me trompe pas, ça change la donne : le Créole n'est alors plus la langue de l'esclavagiste (qui parlait en réalité aux victimes comme il parlait à ses pairs), mais la langue des victimes elles-mêmes, unique solution pour se comprendre quand on a des langages différents.
Et donc il n'y aurait aucun complexe ni paradoxe pour les puristes à revendiquer le Créole.

Et pour ce qui est de la graphie, personnellement je préconise une graphie la plus proche possible de la phonétique ; non pas pour ne pas imiter le Français (aucun ressentiment de ma part, le langage est une chose neutre et le passé c'est le passé), mais surtout pour ne pas faire aussi compliqué.
En Français, à l'heure actuelle, le phonème [k] par exemple peut s'écrire "k", "c", "qu", et "cqu" ; d'où la possibilité de faire des fautes d'orthographe.
Tandis que si on simplifie tout ça en ne l'écrivant que "k", on élimine toute chance de faute d'orthographe.
Réformer le Français pour le simplifier est peut-être une utopie, mais si on doit se mettre d'accord pour une graphie du Créole, autant faire le plus simple possible.
Par exemple, le titre du présent courrier, je l'aurais écrit (et dit) : "lang la pwin zo" (comme quoi on ne parle pas tous de la même manière, même si on se comprend très bien).

19.Posté par Boa Bill le 26/06/2015 07:25

9.Posté par EKOLO le 25/06/2015 03:11
Je ne pense pas que le Créole ait acquis une forme définitive, au 18ème siècle ou autre. Comme beaucoup de langues, il évolue avec le temps.


Tout à fait ! J'ai bien pris soin de mettre le qualificatif entre guillemets !

8.Posté par A mon avis le 25/06/2015 01:33
A la Réunion, le créole et le français peuvent cohabiter sans problème.


Non seulement ils peuvent mais ils doivent et l' Education Nationale l'a bien compris,. Cela se vérifie dans les classes de maternelle où cette réalité permet à des petits élèves de parler car cette reconnaissance du créole "détak" la langue. Dans les classes de cycle 3, cela permet de poser les codes de chaque langue et de repérer les mélanges ainsi que les faux amis ( par exemple le verbe "gagner" ).

8.Posté par A mon avis le 25/06/2015 01:33
Mais revendiquer le créole comme langue principale est une aberration.


Entièrement d'accord ! Entre le déni et le militantisme exacerbé, il y a une vraie place pour le créole comme pour toutes les langues régionales dans les autres espaces linguistiques de notre pays.

20.Posté par Gérard Jeanneau le 26/06/2015 09:32

Doux rappel à l'attention de Boa Bill, le baobab bien éclairé grâce à la lanterne d'autrui.

***

Oui, le créole réunionnais est un patois bien sympathique, comme l’a dit Margie Sudre et comme le pense Armand Gunet, président de l'association "Réagissons". Un joli patois bien sympathique, grand cousin de mon bon patois vendéen, ma langue maternelle si riche en termes médiévaux !

Qu’est-ce qu’un patois ? Avant tout, un langage oral qui se caractérise par la simplification à l’extrême de la syntaxe. Pas de subjonctif dans mon patois vendéen, ni non plus en créole. Conjuguons par exemple ceci : "mi veux ou vien, mi veux li vien, mi veux zot i vien". En plus de l’économie du subjonctif, un gros monstre difficile à dompter, on se passe volontiers de la conjonction "que" et on traîne partout la même forme verbale vien. Ajoutons, pour pimenter ce raisonnement, l’expression "bonbon la fesse". Là, c’est la préposition qui a fondu comme un suppositoire placé "ou sa zot i coné". Même type d’évaporation dans la tournure "lofis la langue" de l’éminent linguiste Axel Gauvin, qui a appris la linguistique en sirotant une tasse de thé !
Et à propos de ce lofis, parlons écriture ! Pourquoi l’écrire ainsi alors que ce mot nous vient du latin "obficium", puis, après assimilation toute logique, "officium". Les deux ff sont justifiés depuis des siècles. Et la finale ce se prononce toujours de la même façon ? Tuer l’origine des mots, c’est tuer les mots eux-mêmes, tuer leur paternité, leur histoire ! Qui dit mieux ? Les soi-disant philologues, sémanticiens et lexicologues, Gauvin, Prudent and C°, sont des révisionnistes péi ! On irait jusqu’à tuer père et mère pour laisser croire qu’on sort de la cuisse d’un ange avec un langage tout nouveau qu'on a pour mission de répandre sur terre, sous les cocotiers ! Pour parodier Boris Vian, ils pourraient dire en choeur : "Cette langue est vraie, puisque je l’ai inventée" !

Et pis, pour pimenter son discours angélique, Axel Gauvin nous chante que le créole est cause d’un gros complexe d’infériorité, et cela dans un gros ouvrage où il s’est appliqué à délayer son idée, comme on le fait quand on veut faire monter sa mayonnaise. Pardon, dame Concision ! En une seule phrase, on peut soutenir le contraire : un langage, quel qu’il soit, ne donne aucune maladie ! Si complexe il y a chez l’enfant, c’est que ce malaise est à trouver dans le milieu familial. Inutile de recourir aux soins d’un Diafoirus linguiste ! Un psychologue fera l’affaire à condition qu’il n’ait pas l’esprit contaminé par ce même malaise !

Ne laissons pas s’échapper trop vite le docteur Diafoirus, spécialiste de la fouére et autres maladies et qui a pour célèbre papa, Molière ! J’étais dans la cour de récréation, dans mon école primaire de Saint-Amand-sur-Sèvre. J’avais six ou sept ans. Le directeur, le Frère Paul, un grand homme, me demande pourquoi mon frère n’est pas venu en classe, et ma réponse a fusé instinctivement en patois vendéen : "La fouére" ! Et il est parti, perplexe, sans rien dire d’autre ! Pourquoi cette perplexité ? L’envie de me corriger et de m’apprendre la langue de Molière ? Le mot diarrhée dont j'ignorais l'existence ? Qu'importe ! En tout cas, il a respecté mon royaume : ma cour de récréation, où l'on parle comme on veut ! Malgré le bruit des bottes allemandes, le patois vendéen et le français de Paris se côtoyaient sans se chamailler, l'un enseigné à la maison et l'autre seulement en classe et chez monsieur le curé ! Et mes vaches étaient bien gardées !



Gérard Jeanneau
La Possession, le 18 octobre 2011

***

Et Baobab, mon poisson-pilote, va certainement nous pondre quelque chose.
Ataleur Baobab, mon si cher baveux !

21.Posté par maçonnerie le 27/06/2015 18:28

gerard Jeanneau, qui n'officie plus sous nos latitudes..ouf !!

22.Posté par Gérard Jeanneau le 27/06/2015 20:38

à 21

Range ta truelle, mon bon maçon : j'officie urbi et orbi; je paie ma taxe d'habitation jusqu'en 2016 inclus... pour mon appartement à La Possessiion, et, ce qui va de soi, je vote à La Réunion ! Ouf !!!

Ataleur avec ta truelle !

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