Faits-divers

La guerre entre agences de mannequins et de pub est lancée à La Réunion

Mercredi 14 Mars 2018 - 18:16

La guerre entre agences de mannequins et de pub est lancée à La Réunion
Nous soulevions l’affaire en avant-première. L'agence de mannequins Kwahéri Studios, associée à l’agence Couleur Métisse, ont porté un contentieux devant le tribunal de commerce ce matin.
 
Les faits sont simples. En janvier 2017, le centre commercial Leclerc du Portail à Saint-Leu veut lancer une campagne de publicité et fait donc appel à une agence de communication. Rien d’illégal jusque-là. En tant que prestataire, c’est l’agence Zoorit qui est chargée de l’organisation de la campagne et donc du recrutement des mannequins. Sept en tout, dont deux mannequins enfants.
 
Un devis à plus de 35.000 euros
 
Il n’y a que deux agences sur l’île qui peuvent faire travailler des enfants : Kwahéri et Couleur Métisse. Un devis est fait : 35.204,34 euros. Trop cher juge l’agence Zoorit, pour qui cette somme représente le double du budget pour toute la campagne. Plus de nouvelles, le devis tombe à l’eau.
 
Sauf que la campagne de pub a finalement bel et bien lieu. En résultent un an d’affiches (très esthétiques) placardées en 4x3, à chaque occasion spéciale pour le centre commercial. L’agence Zoorit est passée en direct et a recruté les mannequins, qu’elle a rémunérés elle-même. Et c’est là que le bât blesse. Les agences de mannequins se sentent lésées et portent plainte pour "exercice illégal d’agence de mannequin et concurrence déloyale".
 
Sauf que pour la défense, "les mannequins ont tout à fait le droit d’officier en direct, surtout à La Réunion où ils ne peuvent pas vivre de leur activité entièrement. La législation applicable aux agences de mannequins ne s’applique donc pas et il n’y a pas de concurrence déloyale", explique Maître Perisse-Seube, représentant l'agence Zoorit.
 

Car le prix du devis s’explique par le poids de cette législation, les charges et démarches administratives que doivent justement supporter les agences de mannequin. Agréments en préfecture à renouveler tous les ans, autorisations, visites médicales, la liste est longue.
 
Quid du travail des enfants ?
 
Seul hic dans cette histoire, l’avocat des agences de mannequins ne s’est concentré que sur la partie "concurrence déloyale", occultant totalement le fait que sur le fond, c’est bien une question d’autorisation à faire travailler des enfants, exclusivité chère aux deux agences de mannequins qui ont porté l’affaire devant les tribunaux.
 
Et sur ce point, comme le souligne l’avocat de Zoorit à bon escient "le contentieux ne se base pas là-dessus et ce ne sont pas les fondements juridiques des parties demanderesses. Je ne vais donc pas extrapoler là dessus". Le Tribunal saura-t-il voir au-delà des lignes procédurières ? Réponse le 23 avril pour le délibéré.
Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
Lu 4791 fois



1.Posté par Simandèf le 14/03/2018 18:51

Bien souvent les agences de pub ou de mannequina à la Réunion oublient de représenter certaines communautés présentent sur cette île.

2.Posté par GIRONDIN le 14/03/2018 20:13

Publicité, publicitaire, L'idéal serait d'en être débarrassé définitivement !

3.Posté par Jp POPAUL54 le 14/03/2018 23:34

A Post 1

Mannequinat et sari bien coloré ....cela ne manque pas.

Mais pour les djellaba, tchadri ou autre burka ... même en design revisité
le moyen âge n'est plus dans l'ère du temps.

4.Posté par cmoin le 15/03/2018 11:12

A post 1 Et c'est tant mieux!

5.Posté par 974 le 15/03/2018 12:58 (depuis mobile)

Le cafre n'est pas suffisamment mis en valeur dans les pubs ici selon moi et c dommage. Mais cela évolue lentement.

6.Posté par wai le 16/03/2018 09:31

pour 974 >>> mdr .....faut faire une loi encore ptdr ....

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 22 Juin 2018 - 12:30 Le Port: Un homme blessé par balle