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La franc-maçonne du jour : Maria DESRAIMES …

Lundi 16 Février 2015 - 04:39

Sa vie profane
- Née le 15 août 1828 à PARIS
- Décédée le 6 février 1894 à PARIS

• Journaliste

Marie Adélaïde Deraismes dont Maria n’est que le diminutif est une figure emblématique du féminisme, c’est une femme d’avant garde.
Elle est cofondatrice du Droit Humain avec Georges Martin.
Son père, François Deraismes est un bourgeois libéral et républicain. Il est commissaire en marchandises. Il meurt en 1852. Sa mère, Anne Soleil, est la nièce héritière d’un opticien connu. Elle décède en 1861.
Maria est une femme cultivée, une intellectuelle accomplie. Son éducation est supérieure à celle des jeunes filles de l’époque, son érudition est grande. Elle étudie le latin, le grec, les philosophes, la Bible, les pères de l’église, les traductions des livres de l’Inde et des religions orientales.
Elle pratique le théâtre, la peinture et la musique. A douze ans, elle expérimente l’art oratoire et transforme le kiosque du jardin familial en tribune où elle prononce des discours.
Dans sa jeunesse, elle est témoin de la révolution de 1848 et du coup d’état de 1851.

Elle a vécu l’histoire du Second Empire, l’opposition latente d’une élite intellectuelle, l’écroulement de l’Empire et la naissance de la III° République. Par choix personnel, Maria, reste célibataire.

Rapidement, Maria devient le porte-parole du combat de l’émancipation féminine. Elle anime « La Société pour la revendication des femmes » qui se bat pour le développement de l’enseignement féminin.
Elle collabore de façon régulière à différents journaux : Le Grand Journal — L’Epoque — Le Nain Jaune ainsi qu’à la revue Le Droit des Femmes.
Ses idées républicaines et sa réputation d’oratrice séduisent les hommes politiques de l’époque, en particulier, ceux acquis au féminisme.
C’est ainsi que dès 1866, elle est sollicitée par le Grand Orient de France, obédience exclusivement masculine, pour participer à des conférences.
A tour de rôle, elle aborde la morale, l’histoire, la littérature, le droit de l’enfant, le rôle du clergé dans la société, la femme, etc.

Pendant l’été 1870, elle part vivre auprès de son oncle près de Saint Malo, elle est donc absente de Paris pendant la Commune.

Un an plus tard, après le désastre de cette guerre, elle retourne à Paris et entreprend une campagne en faveur de la démocratie.
Elle adhère à La Libre Pensée, elle fonde une section qu’elle anime, puis crée le journal « La Libre Pensée de Seine et Oise ».
Elle contribue avec le franc-maçon Léon Richer du Grand Orient de France, au premier congrès international du « Droit des Femmes ».
En juin 1881, elle triomphe devant plus de quatre mille délégués, en l’absence du président Victor Schoelcher qu’elle remplace au congrès anticlérical, au cours duquel des décisions concernant la séparation des Eglises et de l’Etat sont prises.

Son activité et son engagement sont tels, qu’un Comité se forme pour présenter sa candidature aux élections législatives.
Femme de raison, elle décline l’offre, sachant sa candidature irrecevable.
Le 14 janvier 1882, s’ouvre pour Maria Deraismes une période nouvelle.
Avec l’aide de frères de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, elle est régulièrement initiée à la loge Les Libres Penseurs au Pecq.
La transgression de la loge aux principes était hardie, initier une femme n’était pas autorisé et les frères durent se résoudre à ne plus la recevoir en loge.

Devant la persistance de ce rejet, Maria considère de son devoir de renoncer à s’imposer dans une loge masculine.
Elle est réduite au silence maçonnique jusqu’au 4 avril 1893, date à laquelle elle fonde en collaboration avec Georges Martin, La Grande Loge Symbolique Ecossaise de France, "Le Droit Humain" appelée à devenir l’Ordre Maçonnique Mixte International "Le Droit Humain".

Maria Deraismes ne verra pas le couronnement de son oeuvre, aussi bien profane que maçonnique.

Elle meurt le 6 février 1894; elle est enterrée civilement et repose au cimetière de Montmartre.
Ce personnage hors du commun qui a lutté pour que la femme soit reconnue à part entière méritait bien d’être honorée.
Le 16 juin 1895, une rue portant son nom est inaugurée dans le prolongement du square des Epinettes dans le 17e arrondissement de Paris.
Dans ce même square, le 3 juillet 1898, sa statue revêtue du cordon maçonnique est érigée ; mais pendant la Seconde Guerre Mondiale, cette statue est démontée pour être fondue aux profits des occupants.

Rien ne meurt, tout est vivant, depuis le 14 juin 1984 la statue a repris sa place.
Cette femme de talent a beaucoup apporté, elle a lutté pour que l’Homme acquiert plus de liberté, pour faire avancer l’égalité de l’homme et de la femme et que l’un et l’autre parviennent à bénéficier d’une façon égale de la justice sociale dans une humanité organisée en sociétés libres et fraternelles.

Pendant de nombreuses années, Maria a combattu en qualité de "maçon sans tablier" dirons-nous, mais elle a ouvert à toutes les personnes de bonne volonté la voie de la franc-maçonnerie mixte et a permis une avancée démocratique pour les femmes.

Sa vie maçonnique
• Initiée à la Loge "Les libres penseurs", PECQ
• Fondatrice de l’Obédience "Le Droit Humain"
JANUS
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1.Posté par Jeff le 18/02/2015 15:53

Continuez Janus, c'est toujours très intéressant et instructif.

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