Courrier des lecteurs

La dystopie libérale

Vendredi 12 Octobre 2018 - 16:30

Attention, ami lecteur, tu ne liras ici que du second degré. Prends-en bonne note.
 
Notre Terre se trouve dans une situation remarquable : le spectacle merveilleux de nos volcans, océans, paysages pittoresques, jonchés de plastiques luisants, parsemés de centrales nucléaires qui participent à la fabrique des nuages, décorés de somptueuses monocultures, à l’horizon barré de villes allant jusqu’à gratter le ciel. Notre climat modifié nous permet de circuler là où les glaces nous barraient le passage, et d’occuper ces terres dégelées pour qu’elles produisent. Car il nous faut produire. Et consommer. Dans un élan magnifique, nous, Humains, sous anesthésie, en souscrivant à l’assurance-bonheur-consommation, organisons notre suicide.
La recette dont nous faisons usage par les temps présents est celle du suicide collectif par consentement mutuel inconscient.

Quelques exemples : nous sommes dans l’incapacité de réguler notre démographie. Les suicideurs organisent la disparition des suicidés avant de disparaître à leur tour s’ils le désirent. En un rien de temps, par gymnastique quotidienne de soumission mentale admise, ou par une force médiatique ciblée, ou un plan général d’endettement des citoyens. L’endettement est un processus-clé : on ne peut concevoir la puissance du consortium bancaire et financier sans s’assurer d’un asservissement à l’emprunt. Sinon comment robotiser le producteur de légumes, l’éleveur de porcs, l’exploitant céréalier, l’industriel automobile, et tous ceux qui nécessitent l’argent qu’ils ne possèdent pas ? Car l’économie réelle a depuis longtemps disparu. Elle est supplantée par une économie financière qui règle les modes de gestion de la planète. Les vocables de « projet politique et social » n’ont plus cours. C’est devenu une dystopie ; elle répond à une technique planifiée, rôdée, chaque jour améliorée, en partie grâce au territoire de médiation fulgurante qu’est le cyberespace. En voici un résumé :
 
- Régler le programme de production et de consommation, invoquer le travail et l’emploi en les survalorisant de façon à culpabiliser tout individu désirant échapper à la règle.
 
- Lancer une campagne d’information/obligation de consommation grâce à la stratégie de la peur. Pour cela, cibler l’objet de consommation, et détourner l’attention de tous les objets non rentables, en les déclarant non consommables, ou dangereux.
 
- Placer sur le Marché les produits surdosés et les machines surdimensionnées en les faisant apparaître comme uniques solutions.

S’assurer que ces produits ont une capacité de pollution, voire de destruction, afin de vendre, par la suite, des procédés de réparation. Qualifier cet ensemble comme « développement durable » et en créer un ministère pour les fonctions administratives qui s’y rapportent.
 
- Confisquer le « Bien Commun », breveter le vivant, le soumettre au Marché, organiser sa rareté pour en attiser sa spéculation. Par exemple, 30% des espèces ont disparu depuis l’avènement de l’anthropocène, c’est peu : il faut créer un milieu plus favorable à la spéculation.
 
- Circonvenir le Législateur pour obtenir des lois interdisant la gratuité du « Bien Commun ». Condamner les récalcitrants : il existe encore des législateurs humanistes capables de faire capoter le projet de suicide collectif par consentement mutuel inconscient, c’est agaçant.
 
- Inventer le langage approprié-la Novlangue-, et le faire passer dans toutes les institutions éducatives. Exemples : « développement durable » ; « partenariat public privé » ; « produits naturels peu préoccupants ».
 
- Instaurer une névrose institutionnelle à médiatiser à outrance.
 
Une fois mis en place cet appareil de commande, l’endettement vient de lui-même. Le montage de n’importe quelle entreprise suppose l’emprunt avec contrat de remboursement sévèrement taxé. L’entrepreneur ne pourra toucher de primes qu’à la condition de réaliser ce que le programme lui ordonne : il est exécutant manipulable à vie. Sans primes, il ne peut rembourser. En cas de défaillance, il se suicide : limpide.
 
Il ne s’agit que du suicide direct. Le Grand Suicide est organisé par une petite quantité de suicideurs, moins de 10% de la population. Ils agissent en toute liberté au nom de n’importe quel argument économique malgré une vague prise de conscience des citoyens, conditionnés à ne surtout pas écouter les arguties d’écologistes depuis longtemps fatigués de les rabâcher.
 
Il reste quelques points à régler dans cette implacable dystopie. Par exemple le grave problème de la répartition de l’eau. Nous en sommes terriblement dépendants, et sa pénurie menace tout le monde, y compris les suicideurs : c’est inacceptable. Les tentatives de manipulation des nuages ou de maîtrise climatique sont autant d’échecs. Nous sommes tous égaux devant l’eau. La biosphère est une mince pellicule imprégnée d’eau autour de la planète. Hors d’elle nulle vie. L’eau que nous consommons a été bue avant nous par les plantes, les animaux, puis évaporée, rejetée dans le sol ou l’atmosphère : tout finit à l’eau. D’où l’idée géniale de l’empoisonner : splendide outil de guerre finale. Mais comment épargner les organisateurs ? Une goutte d’eau de pluie est le résultat d’une accrétion de microgouttelettes, qui s’est formée par condensation sur une impureté : c’est un liquide « informé ». La vie est directement tributaire de cette information. Il peut pleuvoir de l’engrais, de la nourriture, ou du poison ; Or nous savons très bien empoisonner l’air, donc l’eau. Mais nous ne savons pas séparer l’eau des riches de celle des pauvres.
 
L’Humanité est-elle réellement en fin de vie ? Pas un colloque sur l’environnement qui n’aborde le sujet. Et il nous faut persévérer dans l’organisation de notre disparition. Nos gouvernants n’ont de solutions qu’insatisfaisantes pour notre suicide collectif par consentement mutuel inconscient. Comment faire plier la dystopie pour accéder à l’utopie de notre disparition ? Bienvenue dans « 1984, le meilleur des mondes ».
Bruno Bourgeon
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1.Posté par Zarin le 13/10/2018 08:25

Le Jour où la Terre s'arrêta (film, 1951)

Le message de Klaatu

« Je pars bientôt, vous m'excuserez si mes paroles sont brutales. L'univers est plus petit chaque jour, et la menace d'une agression, d'où qu'elle vienne, n'est plus acceptable. La sécurité doit être pour tous ou nul ne sera en sécurité. Cela ne signifie pas renoncer à la liberté mais renoncer à agir avec irresponsabilité. Vos ancêtres l'avaient compris quand ils ont créé les lois et engagé des policiers pour les faire respecter. Sur les autres planètes, nous avons accepté ce principe depuis longtemps.

Nous avons une organisation pour la protection mutuelle des planètes et la disparition totale des agressions. Une autorité aussi haute repose bien sûr sur la police qui la représente. En guise de policiers, nous avons créé une race de robots. Leur fonction est de patrouiller dans des vaisseaux tels que celui-ci, et de préserver la paix. Pour les questions d'agression, nous leur avons donné les pleins pouvoirs. Ces pouvoirs ne peuvent être révoqués. Au premier signe de violence, ils agissent contre l'agresseur. Les conséquences de leur mise en action sont trop terribles pour s'y risquer.

Résultat : nous vivons en paix, sans arme ni armée, ne craignant ni agression ni guerre, et libres d'avoir des activités plus profitables. Nous ne prétendons pas avoir atteint la perfection, mais nous avons un système qui fonctionne.

Je suis venu vous donner ces informations. La façon dont vous dirigez votre planète ne nous regarde pas. Mais si vous menacez d'étendre votre violence, votre Terre sera réduite à un tas de cendres. Votre choix est simple : joignez-vous à nous et vivez en paix ou continuez sur votre voie et exposez-vous à la destruction.

Nous attendrons votre réponse. La décision vous appartient. »

Wikipédia

2.Posté par Zarin le 13/10/2018 14:00

"Une goutte d’eau de pluie est le résultat d’une accrétion de microgouttelettes, qui s’est formée par condensation sur une impureté : c’est un liquide « informé »."

Viktor Schauberger : Applications de Schauberger au principe du vortex : la dynamisation de l'eau

Jacques Benveniste : La « mémoire de l'eau »

Masaru Emoto : Wikipédia

un peu de poésie :

Le conte des sables

Née dans les montagnes lointaines, une rivière traversa bien des contrées pour finalement atteindre les sables du désert.

De même qu’elle avait franchi tous les autres obstacles, la rivière essaya de passer celui-là mais elle s’aperçût qu’au fur et à mesure qu’elle coulait dans le sable, ses eaux disparaissaient.

Elle était certaine cependant que son destin était de traverser le désert.

Mais par quel moyen ?...

C’est alors qu’une voix cachée, une voix venue du désert, murmura :

« Le vent traverse le désert, la rivière peut en faire autant. »

La rivière répliqua qu’elle se jetait contre le sable et ne parvenait qu’à être absorbée ; que le vent, lui, pouvait voler et ainsi traverser le désert.

« En t’élançant de la façon qui t’est coutumière, tu ne traverseras pas. Tu ne peux que disparaître ou devenir un marécage. Tu dois laisser le vent t’emporter à ta destination. »

Mais comment était-ce possible ?

« En te laissant absorber dans le vent. »

Cette idée était inacceptable pour la rivière.

Après tout, elle n’avait jamais été absorbée auparavant.

Elle ne voulait pas perdre son individualité : une fois perdue, comment pouvait-on être sûr de jamais la retrouver ?

« Le vent remplit cette fonction, dit le sable. Il absorbe l’eau, la porte au-dessus du désert puis la laisse retomber.

L’eau tombe en pluie et redevient rivière. -- Comment puis-je savoir si c’est la vérité ?

-- C’est ainsi. Et si tu ne le crois pas, tu ne pourras devenir rien de plus qu’un marais et cela même peut prendre bien des années. Et ce n’est certainement pas la même chose qu’une rivière.

--Mais ne puis-je demeurer la rivière que je suis aujourd’hui ?

« De toute façon tu ne peux rester la même, dit le murmure.

La part essentielle de toi-même est emportée et forme à nouveau une rivière. Même aujourd’hui, tu portes ce nom parce que tu ne sais pas quelle part de toi-même est la part essentielle. »

Quand elle entendit ces paroles, certains échos s’éveillèrent dans les pensées de la rivière.

Vaguement, elle se souvint d’un état où elle – ou était-ce une partie d’elle-même ? – avait été dans les bras du vent.

Elle se souvint aussi -- mais était-ce un souvenir ? – que c’était cela qu’elle devait faire. Même si la nécessité ne s’en imposait pas.

Alors la rivière éleva ses vapeurs jusque dans les bras accueillants du vent.

Et celui-ci, doucement, et sans effort, les souleva et les emporta au loin, les laissant délicatement retomber dès qu’elles atteignirent le sommet d’une montagne, à bien des lieues de là. Et parce qu’elle avait douté, la rivière put se souvenir et enregistrer dans son esprit avec autant d’acuité les détails de l’expérience. « Oui, j’ai appris maintenant ma véritable identité », se dit-elle.

La rivière commençait à apprendre. Mais les sables murmuraient :

« Nous savons parce nous voyons cela arriver jour après jour et parce que nous, les sables, nous nous étendons de la rivière à la montagne. »

Et c’est pourquoi l’on dit que les voies qui permettent à la rivière de la vie de poursuivre son voyage sont inscrites dans les sables.

« Contes Derviches » de Idries Shah.

3.Posté par klod le 13/10/2018 20:57

merci zarin , toujours un "enrichissement" que de vous lire , ça change d'autres !!!!

dystopie : Récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre.
1984, de George Orwell, est une dystopie................. source : le web en free!

4.Posté par Bruno Bourgeon le 15/10/2018 10:11

Gort Klaatu Barata Nikto, mon cher Zarin.

5.Posté par klod le 16/10/2018 21:38

Le Jour où la Terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still) est un film américain réalisé par Robert Wise, sorti en 1951. Il est souvent considéré comme la première œuvre d'envergure de science-fiction dans le cinéma américain d'où est extrait la citation : "Klaatu Barata Nikto" ( je l'apprends...... sur wickeed pédia, merci M. Bourgeon )

bon , pas de mystère , voir Wikipédia .................. et cette citation donne lieu à des interprétations "philosophiques" complexes , justifiant , pour certains le non sens de "la surenchère nucléaire militaire " sous prétexte d'équilibre des forces .................... on justifie l'injustifiable comme on veut , ou pas . .

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