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La descente aux enfers d’un pâtissier “viré” de son “travail”


X a 38 ans, Il (sur)vit au Port. Il travaillait comme pâtissier dans une coopérative industrielle de l’Ouest. Le 3 novembre, il a été licencié. En proie à une difficile séparation, le 4 novembre à 16 heures, il a tenté de mettre fin à ses jours. Après des semaines de coma et de chirurgie, recueilli par un cousin, X a voulu témoigner…

Par Jismy Ramoudou - Publié le Mardi 16 Décembre 2008 à 12:18 | Lu 1410 fois

X était pâtissier dans une entreprise, remise sur pied, grâce à l’argent de la Coopérative ouvrière de La Réunion (COR) créée elle-même en 1992 par 226 dockers, des responsables du PCR et de la CGTR Ports et docks.
A titre de rappel à partir de 1994, 204 dockers ont été “virés” du capital de manière apparemment illégale. Ce contentieux est désormais devant la Commission d’arbitrage de la Confédération générale des Scop. Le délibéré qui devrait intervenir vers le 22 décembre, devrait être suivi d’une plainte au pénal. Affaire à suivre…
Revenons à la coopérative industrielle de pâtisserie et boulangerie à la direction de laquelle se trouve un parent par alliance du PDG de la COR. Comme pour les dockers, au delà du manque de respect envers la personne humaine, il y a surtout le traitement auquel est soumis le personnel.
“La coopérative a signé une convention pour prendre quatre stagiaires. La direction fait tout qu’ils partent avant la fin du contrat, fin de janvier 2009. Un apprenti a déjà quitté l’entreprise”.
Pour X, la situation est différente. Salarié de la structure et en proie à des difficultés conjugales, “deux fois, moin l’a demandé pour sortir, la direction a dit oui”. Mais vers la fin d’octobre, il est convoqué pour un entretien préalable à son licenciement “parce que mi sortait trop”.
X a tenté d’expliquer que sa situation est difficile et qu’il a besoin de travailler. “La direction aurait pu l’écouter. X, c’est quelqu’un qui ne comptait pas ses heures. Il utilisait sa voiture personnelle pour faire les livraisons en retard. Ses nombreuses heures supplémentaires n’étaient pas payées, et son essence non plus”, raconte un ancien employé de la coopérative qui tente de lui trouver le soutien d’un syndicat.
Le 3 novembre, X est licencié. Le 4 novembre à 16 heures, il avale une substance similaire à de l’acide ou de la soude, achetée trois semaines auparavant. C’est lorsque qu’il a vomi du sang et que la souffrance a été trop forte qu’il a appelé son cousin à l’aide.
X en a réchappé, à l’exception de sa trachée artère et de son appareil digestif. “Mi mange et mi boit grâce à une perfusion”. X a également un trou d’un centimètre de diamètre dans un poumon. “Mi connaît pas si un jour, mi pourra remanger normalement”.
A sa sortie de l’hôpital de Terre-Sainte, Saint-Pierre, X toujours actionnaire de la coopérative industrielle, mais licencié de son entreprise, est désormais sans ressources. “Il n’a pas encore reçu son solde de tout compte. Il ne peut même pas prétendre à l’Assédic”, constate son ex-collègue.
Si X a souhaité raconter son histoire et dénoncer les conditions de travail au sein de la coopérative, c’est pour éviter qu’un autre de ses ex-collègues n’en arrive à des gestes aussi extrêmes.
X a choisi de témoigner parce qu’aujourd’hui, d’une part, il assume son geste “c’est fait, c’est fait”, et d’autre part, parce qu'il a décidé de se battre pour survivre et vivre…



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