Courrier des lecteurs

La course contre la mort

Jeudi 2 Novembre 2017 - 09:36

9 mois. Le même temps pour mettre au monde un bébé.

Des mois à attendre et espérer : d’une vie meilleure et de solutions gagnantes face au désespoir.

Nous étions solidaires pour lutter avec toi contre cette défaillance physique qui t’avait handicapé en te clouant dans un lit qui n’a fait qu’empirer ton état de santé. J’ai cru que tu aurais eu la force de contrer cette faiblesse et de la supporter. De rester éveillé. De te battre pour ta vie, de ne pas abandonner la bataille.

Le temps d’un instant, angoissant, ton cerveau s’est arrêté. La première course-poursuite -avons-nous supposé- était de s’échapper de ce long tunnel où paraît-il une certaine lumière dense et forte appelle et attire. Courir à contre-sens, fuir car ce n’est pas encore le moment. Affolé, tu t’es réveillé en sursaut en ayant le cœur battant à tout rompre dans une frêle poitrine ; en luttant contre le rythme saccadé et trop lourd. Immersion dans le réel, avec les yeux hagards, nous fixant comme des fantômes. Qui sommes-nous donc ? Et pourquoi ne peux-tu plus parler ?  As-tu revu les courts quarante-cinq ans passés parmi nous ?

Ta main bouge à peine, juste pour pouvoir toucher la croix reliée à ta chaîne… te relie-t-elle à la mince vie qui t’appartiens encore ?

Le débit de la clepsydre mentionnant ta présence sur terre a bizarrement accéléré.
Pour s’arrêter net.

26 jours… La terre est encore toute retournée au cimetière et mon cœur s’apaise lentement de ses douleurs. Mes pleurs se font moins intenses mais ma peine est toujours présente. Ton visage tout reposé, tes yeux clos à jamais s’estompent peu à peu pour ne laisser place qu’aux derniers instants partagés avec toi… quand tu m’appelais, quand tu te reposais sur moi pour pouvoir marcher et surtout les larmes que j’ai essuyés de tes yeux alors que branché tu étais. Gravés à jamais.

J’aurais aimé te dire encore combien tu allais nous manquer. Je t’avais heureusement dit que nous t’aimons.
Nous aurions voulu souffler de nouveau sur les braises afin de raviver la flamme de ta vie, mais sans nous reparler, tu es parti. Alors aujourd’hui, j’écris.
 
Cette course contre la mort, tu l’as défiée. Mais elle est impitoyable. Elle est forte, une vraie imbattable. S’en sortir vainqueur est une cause perdue jouée d’avance.

Je ne peux pas encore me rendre au cimetière. Je ne le veux pas.
Mon petit frère. Puisses-tu trouver un repos qu’on dit éternel.
Amarine
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