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Société

La certification des masques réservée aux industriels, un crève-coeur pour les petites couturières


La mise au jour de la pénurie de masques à compter du mois de mars a permis à une armée de petites mains de ressortir leur machine à coudre des placards, ou à d’autres de réorienter leur activité habituelle sur la confection de masques. Si leur bonne volonté avait été accueillie positivement par les autorités au début, un grain de sable est venu enrayer leur entrain. Seuls les industriels peuvent faire tester le degré de filtration et de perméabilité de leurs masques par la Direction Générale de l'Armement. De ce fait, les productions artisanales sont condamnées à demeurer dans le rayon des masques de sous-catégorie.

Par Ludovic Grondin - Publié le Lundi 11 Mai 2020 à 15:16 | Lu 3083 fois

(Photo d'illustration : © Pierre Marchal - Anakaopress)
(Photo d'illustration : © Pierre Marchal - Anakaopress)
Elle a abandonné son activité de fabrication de masques mercredi dernier, avant de se raviser ce week end. Le manque de clarté dans les mesures gouvernementales est passé par là. La Chambre de métiers de La Réunion nous l’assure ce matin : ses services et la Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIECTTE) planchent en ce moment même à rédiger un courrier qui sera adressé dans les prochains jours à toutes ces "petites mains" qui pensaient devoir payer plus de 1000 euros pour faire tester leurs masques artisanaux.
 
La faute à une directive du gouvernement qui a jeté le trouble. Mercredi dernier, Elodie découvre, par le biais d’une amie couturière elle aussi, qu’une directive de la Direction Générale des Entreprises impose aux fabricants de masques de faire procéder un test par la Direction Générale de l’Armement. L’objectif de la démarche : certifier que les masques filtrent de Coronavirus à tel ou tel pourcentage.
 
Ce test a néanmoins un coût, de 1110€ à 2280€, supporté par l’entreprise qui en fait la demande. Une somme que ne peut se permettre Elodie, artisan chez "Lav A Li", sa petite entreprise spécialisée dans la confection de textiles réutilisables pour dire stop au tout jetable.
 
C’est donc la mort dans l’âme qu’elle prend la décision, mercredi dernier, de tout stopper. Avec l’amère impression que tout a été fait pour privilégier les industriels. 

Si tu payes, tu peux certifier tes masques
 
"On nous dit : « le masque est un petit accessoire en plus des gestes barrière… » mais Il faut le faire certifier à travers un protocole qui coûte 1110€ pour pouvoir le vendre. On nous dit que quoi qu’il en est, ce ne sera jamais aussi efficace que les masques FFP2/FFP3 mais qu’il vaut mieux cela que rien… Du coup on fait de notre mieux pour la sécurité de nos concitoyens". Mais cet élan de reconnaissance n’a pas duré longtemps : "Merci couturiers, couturières… mais on ne va pas aider des petits artisans alors qu’on peut lancer des marchés publics pour les grosses entreprises de textile ! Je passe donc le flambeau aux grandes surfaces (entre autres)", annonçait ainsi Elodie jeudi dernier, dépitée.
 
Ce week end, Elodie est revenue sur sa décision et a repris sa machine à coudre, avec une pointe de regret néanmoins. Car si les commandes restent inchangées pour l’instant, la couturière ne pourra évidemment pas certifier à ceux qui achètent que ses masques sont protecteurs du Covid. Faute de pouvoir les faire tester, alors qu'elle souhaiterait pouvoir les faire tester. C’est donc en toute connaissance de cause que les clients achèteront.  
 
D’abord présentés comme utiles il y a de cela quelques semaines encore, louées pour leur dévouement, voici donc les couturières jetées aux oubliettes, déjà.  
 
"Je comprends complètement l’obligation de faire certifier les masques dans certaines situations. ça me semble évident que dans les lieux où il y a des soins, comme les hôpitaux, qu'ils soient réclamés. Mais j’ai l’impression que c’est un deux poids deux mesures. On aimerait pouvoir faire les tests…", résume-t-elle son sentiment. La certification accessible aux grandes entreprises qui en ont les moyens crée un rapport de force à l’avantage de ces derniers alors que le processus de confection est identique d’un professionnel à l'autre. Tout est une question d’échelle. 
 
"Les tissus magiques ça n’existe pas. On va tous utiliser les mêmes tissus. La technique elle est la même aussi. C’est juste une question de quantité. Et de capacité de production, c’est vraiment deux poids deux mesures", avise Elodie. 
 
C’est donc avec regret qu’elle devrait retourner à son activité classique une fois que l’administration l’aura définitivement découragée. 

Les grosses entreprises peuvent certifier, les artisans sont de fait mis hors-jeu
 
"A la base c’est pas vraiment notre activité, on reviendra sur notre coeur de métier. Mais c’était une question d’éthique", ajoute-t-elle comme pour se justifier. "J'ai le sentiment d'être une couturière opportuniste, profitant de la pénurie de masques pour faire du chiffre... ce n'est absolument pas le cas car il y a un manque à gagner suite à l'arrêt de mon activité principale", fait-elle remarquer. Une seule perspective pourrait permettre à toutes ses petites mains de France de jouer d’égal à égal avec les grosses structures : que la Direction Générale des Entreprises offre la procédure de test à tous ces artisans qui travaillent le plus souvent dans une structure unipersonnelle.
 
Selon la Chambre de métiers de La Réunion, son président prépare, en lien avec la DIECCTE, un courrier dans lequel les couturières enregistrées sur la plateforme Reparer.re seront informées du fait que seuls les industriels seront soumis à cette obligation de test des masques produits. Mais le problème demeurera. Si seules les grandes entreprises ont les moyens de faire tester leurs masques, cela revient à dire aux couturières que, sans étiquette affichant une certification, leurs masques appartiennent à une sous-catégorie…
 
"En clair, je ne dois pas valoriser mes produits. Les gens vont donc se tourner systématiquement vers les masques grand public certifiés et vendus par les grandes entreprises, au détriment des petites comme d'hab’…", conclut Elodie.

Voici la démarche que pourront suivre les entreprises qui ont les moyens de faire procéder à un test : 






1.Posté par Ouais... le 11/05/2020 15:25

A quoi s attendaient elles? ...

2.Posté par Jean Doute le 11/05/2020 15:40

Et qu'en dit l'AFNOR ? :

https://www.afnor.org/faq-masques-barrieres/

Je suis artisan, comment produire des masques grand public ?

Comme un industriel, vous pouvez utiliser le document AFNOR Spec – Masques barrières qui livre des recommandations, des patrons et des tissus à privilégier. Vous pouvez ensuite l’indiquer sur le masque, son emballage ou la notice que vous pourriez livrer, avec la mention « Masque barrière AFNOR SPEC S76-001 ». En tant qu’artisan, vous n’êtes pas soumis à l’obligation d’une homologation et pouvez commercialiser les masques confectionnés. Les utilisateurs, qu’ils soient des particuliers, des entreprises ou des collectivités, pourront les utiliser librement, sans risque de contravention de la part des autorités.

Que vous soyez artisan, fabricant industriel ou particulier :

Soit le masque produit revendique la conformité aux catégories 1 ou 2 des masques grand public définies par la note du 29 mars disponible sur le site de la DGE. Dans ce cas, l’apposition du visuel est nécessaire et le fabricant doit pouvoir présenter un rapport d’essai montrant que le matériau respecte les deux critères de filtration et de respirabilité
Soit le masque ne revendique pas cette conformité et alors il n’y a pas d’obligation particulière, ni d’interdiction.

CQFD

3.Posté par Matthieu le 11/05/2020 15:57

Les masques ne servent à rien ,le virus le traverse sauf les masques de cosmonautes,n'ayez pas peur,ill ne vous arrivera rien,mettez les uniquement dans les transports publics pour l'amende,ne cédez pas à la propagande de la peur, c'est le soir, promenez vous avec votre petite famille et vos amis dans le centre ville,le long des jetées possible, beaucoup de petit commerçants vendent des plats à emporter, retrouver la joie de vivre,la peur tue,n'oubliez pas et affaiblit vos défenses immunitaires

4.Posté par Raciste ! le 11/05/2020 16:00

Quand les gros industriels n'étaient pas prêts, les masques étaient interdits par le gouvernement. Aujourd'hui ils s'apprêtent à piller l'argent public, les masques deviennent obligatoires et font déjà l'objet de monopoles et de chasses gardées. Le macronisme à l'oeuvre.

5.Posté par Free le 11/05/2020 16:00

Rien à cirer du certifié ceci cela, ffp2 ffp10 patati et patata... Au début il ne fallait pas mettre de masque maintenant il faut en mettre. Gouvernement à la ramasse. Dommage que vous soyez loin sinon j aurai commandé. Bon courage dans ce monde de crabe.

6.Posté par blablabla le 11/05/2020 16:03

ils ont été bien contents de les trouver ces couturières..... Elles n'ont pas hésité à se mettre au boulot pour aider ... Les élus doivent agir, pour une fois, pour que leur masque soit homologué..... d'autant que certains élus en ont fait l'acquisition pour les offrir à leur population.....

7.Posté par IXE le 11/05/2020 16:14

Certification n'est pas normalisation, l'Afnor n'ayant émis que certaines recommandations.

Quelques grosses entreprises y ont vu un atout commercial et le coût supplémentaire fera l'objet d'une économie d'échelle (réparti sur le volume des ventes).

Voyez ce que dit l'AFNOR sur la page suivante:

"Je suis artisan, comment produire des masques grand public ?

Comme un industriel, vous pouvez utiliser le document AFNOR Spec – Masques barrières qui livre des recommandations, des patrons et des tissus à privilégier. Vous pouvez ensuite l’indiquer sur le masque, son emballage ou la notice que vous pourriez livrer, avec la mention « Masque barrière AFNOR SPEC S76-001 ». En tant qu’artisan, vous n’êtes pas soumis à l’obligation d’une homologation et pouvez commercialiser les masques confectionnés. Les utilisateurs, qu’ils soient des particuliers, des entreprises ou des collectivités, pourront les utiliser librement, sans risque de contravention de la part des autorités."

https://www.afnor.org/faq-masques-barrieres/

Cette page recense également une liste de tissu utilisables.

Une étude (évoquée sur sciences et avenir) a toutefois démontré que les associations suivantes offrent des performances proches du masque N95:
- coton tissé serré/soie/ coton serré,
ou
- coton tissé serré / mousseline polyester Spandex (tissu de certains vêtements de sport / coton serré
ou
- coton-polyester / coton flanelle / coton polyester.

Prenez votre place !

8.Posté par pipo le 11/05/2020 16:15

Vous pensiez quoi mes pauvres dames, que les industriels allez vous laisser une part du gâteau?

9.Posté par Pepito le 11/05/2020 16:37

C'est vraie que là, il y avait de quoi faire travailler les "petites mains"et relancer l' économie.
Qu'ils reviennent sur leurs décisions .

10.Posté par Solution le 11/05/2020 16:52

L'union fait la force et si nos acteurs locaux responsables veulent privilégier le tissu artisanal et changer de modèle économique car l'industriel c'est moins d'emploi alors il faut monter un schéma public -privé en créant une SCIC avec en tour de table toutes les couturières, la chambre des métiers, le conseil régional, le conseil général, même des industirles etc .... et là on peut faire jeu égal avec le tissu industriel. Mon petit doigt me dit qu'il y a un financement régional qui se prépare pour faire venir une machine; Moi je dis qu'il faut être cohérent; Si on croit à la Réunion avec le contexte social que l'on connait on favorise un autre modèle. La proposition est faite. Saisissez le schéma mesdames !!! Merci.

11.Posté par jean le 11/05/2020 16:56

POGNON, POGNON, POGNON. N'oubliez pas de réserver la vente aux seuls pharmaciens, ils sont tellement pauvres ces épiciers.

12.Posté par La reunion le 11/05/2020 17:12

Fo bien être désobéissance et les envoyer chié... À tout ces technocrates ,bureaucrates de merde.. il en va de notre santé!!

13.Posté par kaloupillé le 11/05/2020 17:15

ALERTE AU MONDE ENTIER SUR LES MASQUES CHINOIS .....Des Documents de Certifications Falsifiés pour Attirer les Clients Certains de Nouveaux Producteurs n' Hésitent pas à FALSIFIER .... des Documents Censés Attester de la Conformité de leurs Masques depuis quelques Semaines Plusieurs Organismes de Certification émettent des Alertes à la Suite de la Diffusion de FAUX CERTIFICATS ...de Conformité à la Norme C.E. L'un d' entre eux GTS ...Basé en CHINE ... pour Vendre des Masques avait été en Réalité émis pour Certifier un Thermomètre Médical ....au Niveau Européen L' ESF ( European Safety Fédération ) qui Réunit une Bonne Partie des Acteurs du Marché de la Protection à resencer des Dizaines de FAUX Certificats en Circulation son Représentant Français le SYNAMAP ....Fait le même Constat on retrouve les mêmes choses qu'on n'avait connu lors de la Crise du H1 N1 ... Les Fournisseurs Habituels ont Disparus c'est un peu comme si on achetait à L' AVEUGLE... il y a Deux Gros Importateurs de Matériel qui ont Renoncé à faire Venir des Masques en CHINE ... Parce qu'il y a là ce n' est plus Possible de Savoir ce que l'on Achète ....Certains Jouent avec le FEU ...Récemment Plusieurs Pays D' Européens Notamment la Belgique / Pays Bas / Finlande / On eut la Désagréable Surprise de Recevoir des Cargaisons de Masques INUTILISABLES ....Dans des Conditions de Sécurité Satisfaisantes .... en France Plusieurs Acteurs du Marché ont Confirmé à la Cellule Investigation que des Entreprises ont Connus Pareille Mésaventure ...une Société Lyonnaise Spécialisée dans la Recherche de Fournisseurs CHINOS ... sur la Cargaison qu'il Venait de Recevoir un Quart était Conforme mais le Reste était de Très Mauvaises Qualités de Nombreuses Usines non Spécialisées en Chine ne sont pas Mise à Produire des EPI ... à Usage Médical sans Véritable Expérience qui n' est pas FIABLE . à bon entendeur !!!

14.Posté par spartacus974 le 11/05/2020 17:20

Juste pour rigoler,à quoi cette certification servirait?personne nous oblige à porter un masque homologué.Chacun est libre d'acheter son masque où il veut .Je préfère en acheter à la couturière du quartier que dans un grand magasin qui les aura probablement fait fabriquer par des petites mains payées une misère .Le monde d'après commence avec l'achat des masques.Préférons le local,le circuit court,les artisans qui vivent dans notre rue....

15.Posté par L''''''''INSOUMIS le 11/05/2020 17:25

Et voila le Capitalisme est de retour et les gros vont continuer de s'enrichir au détriment des petits …
La COVID19 sera finalement, une bonne affaire pour eux !

Mais avec des veaux et des moutons, des bobos et des bisounours, ils auraient tord de s'en priver …

16.Posté par cheche le 12/05/2020 10:49

Encore une question de fric...tout ça pipo et clarinette et toujours cet eternel principe de précaution,on va en crever...Laissons travailler les "petites mains" qui font ça a coeur dans un esprit souvent désinteressé. Bien sûr elle ne vont pas fabriquer des masques de chirurgien mais bon ces masques colorés ont un style personnalisé, ils agrémentent le visage.Et ça suffit amplement pour se protéger en respectant la distance reglementaire.notamment où il y a risque de promiscuité...

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