Société

"La Timize, kel hèr i lé ?": À Grand Bassin, un événement pour faire connaître le pétrel noir de Bourbon

Dimanche 28 Octobre 2018 - 15:38

Ce samedi 27 octobre eu lieu un événement exceptionnel dans le village de Grand Bassin : "La Timize, kel hèr i lé ?". À travers cet événement, les partenaires du projet LIFE+ Pétrels et l’association de Grand Bassin se sont associés pour faire connaître aux Réunionnais une espèce considérée comme l’une des 15 plus rares de la planète : le Pétrel noir de Bourbon. L’occasion, pour petits et grands d’aller à la rencontre de la Timize et des nombreux mystères qui l’entourent, effrayants pour certains et passionnants pour d’autres...

Grand-Bassin, terre du Pétrel noir de Bourbon

Grand Bassin est considéré comme le berceau historique de présence du Pétrel noir de Bourbon. Longtemps terrorisés par son cri perçant résonnant dans les falaises, les habitants du village ont dû composer avec sa présence. Grand Bassin a alors vu naître, au fil des années, de nombreuses légendes autour de la Timize, cet être mystérieux considéré comme "de mauvais augures" et pouvant être lié aussi à la légende de Gran mèr Kal.

Fort de l’histoire qui lie intimement la Timize aux habitants de Grand Bassin, les partenaires du projet LIFE+ Pétrels et l’association de Grand Bassin se sont associés pour faire connaître cette espèce aux visiteurs du village à travers la mise en place d’un événement "La timize, kel hèr i lé ?". À mi-chemin entre les connaissances scientifiques et la tradition orale, cet événement a eu pour objectif de restituer les avancées exceptionnelles de ce projet, alerter la population sur l’urgence de la situation, et contribuer à ancrer la timize dans le patrimoine naturel et culturel réunionnais.

Ainsi, les visiteurs de Grand Bassin, guidés par les scientifiques du projet, ont pu découvrir le Pétrel noir de Bourbon sous toutes ses coutures, traits de vie, comportement et menaces et action de conservation, mais également échanger avec les habitants sur les "zistwar lontan" qui entourent cette espèce mystérieuse. "La Timize, c’est une bébéte qui nous a fait peur longtemps", "quand on était petits, on se rendaient au Bazar ou au catéchisme et on montait le sentier vers 1h du matin avec un fanal (lampe à pétrole), et c’est la que là Timize nous attaquait", s’accordent à dire Yoyo, Luc, Héléne et les autres habitants du village.

Les personnes présentes ont ensuite découvert la vie nocturne de Grand Bassin ce qui leur a permis de se réapproprier le "fénwar" et de se laisser bercer par cette ambiance nocturne si caractéristique de cet endroit hors du temps. Les jumelles thermiques ont été testées et des écoutes ont été réalisées.

Ainsi, des puffins ont pu être entendus, mais le plus attendu était bien le cri de la mystérieuse Timize qui résonne, comme dans le temps lontan, dans les remparts de Grand Bassin. Le public était venu pour ça, mais, étant donné la rareté de l’espèce, il faut être chanceux pour l’entendre "je l’ai entendu la semaine dernière" témoigne Jean-Marie !

L’exposition "Pétrels, voyageurs de l’Entre-deux mondes" a également été descendue pour l’occasion et exposée chez les habitants à travers le village !

Le Pétrel noir de Bourbon, un passé parsemé de zones d’ombres

Le Pétrel noir de Bourbon, oiseau endémique en danger critique d’extinction, a également été un grand mystère pour les scientifiques. Décrite pour la première fois en 1771, deux colonies de cette espèce ont été découvertes depuis novembre 2016 dont une à Grand Bassin par les équipes du LIFE+ Pétrels. Ces découvertes exceptionnelles, permettent enfin d’acquérir des connaissances inestimables sur l’espèce pour pouvoir la protéger. En effet, jusqu’alors presqu’aucune information n’était disponible à son sujet.

Petit retour sur son histoire naturaliste :
1771, première description de l’oiseau par le célèbre dessinateur Paul Jossigny, au cours des expéditions menées par le naturaliste Philibert de Commerson. De 1857 à 1890, quelques rares phénomènes répertoriés. Jusqu’à 1970, espèce considérée comme éteinte. Dans les années 70, signalement de deux Pétrels noir de Bourbon, puis plus rien. Janvier 1995, après plus de 20 ans un nouveau signalement d’individu est effectué. 2001, premier enregistrement à Grand Bassin. 2016, seulement deux ans après le lancement du projet LIFE+, découverte des premières colonies de reproduction

N.P
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1.Posté par derogation le 28/10/2018 15:32

y a pas une derogation accordée pour mettre petrel noir dans le projet de prison bioparc ?
sous couvert '"education" des enfants?

2.Posté par Dagober le 28/10/2018 18:45 (depuis mobile)

Tout créoles connais c'est quoi un fouquet il n'y a pas de secret

3.Posté par jean-bob-la-pointe le 29/10/2018 09:57

Vivement l'ouverture de l'héliport à proximité, voulu par l'actuelle majorité municipale qu tampon. Franchement le doux ronronnement des hélicoptères sera bien plus agréable que ces cris de piafs endémiques en voie de disparition. Vive le progrès!

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