Courrier des lecteurs

La France en déficit écologique dès le 5 mai

Lundi 7 Mai 2018 - 11:22

La France en déficit écologique dès le 5 mai
La WWF et l’ONG américaine Global Footprint Network calculent depuis 1986 le Jour du dépassement écologique. Cette date correspond au jour à partir duquel l’humanité a consommé l’ensemble des ressources naturelles au regard de la capacité régénératrice de la Terre.

L’empreinte écologique calculée par Global Footprint Context mesure le flux de ressources et services fournis par les écosystèmes (bio-capacité) et la demande humaine, à travers 6 grandes catégories : cultures, pâturage, zones de pêches, produits forestiers, espaces bâtis, carbone. Elle se focalise sur les surfaces terrestres et maritimes nécessaires aux consommations humaines mais ne prend pas en compte toutes les conséquences de ces dernières, notamment la pollution.

Au niveau mondial, le Jour du dépassement écologique était le 02/08/2017, contre fin septembre en 1997. La WWF met ainsi en exergue l’érosion du capital naturel et ses conséquences : diminution des stocks de poissons, sécheresses, perte de biodiversité.

Pour la première fois, elle communique séparément le Jour du dépassement écologique français, pour sensibiliser les pouvoirs publics, alors que la programmation pluriannuelle de l’énergie  et la stratégie nationale bas carbone  doivent être révisées fin 2018.

En 2018, ce Jour du dépassement intervient le 5 mai pour la France, soit 5 jours plus tôt qu’en 2014. Le déficit écologique de la France s’est aggravé, pas le déficit financier : paradoxe d’une détérioration depuis 2015, alors que Paris accueillait la COP21.

L’Humanité exploite actuellement 1,8 Terre (1,3 planète en 1997), la France, avec 2,9 Terre exploitée figure dans le peloton de tête des pays développés : le Jour du dépassement intervient le 01/05 en Allemagne et au mois de mars aux États-Unis, au Canada et en Australie. 

La WWF impute la dégradation de l’empreinte écologique de la France à la baisse du prix du pétrole qui dope l'achat de carburants. L’empreinte carbone de la France liée à la combustion d’énergies fossiles et à la production de ciment compte pour 56% de l’empreinte écologique française.

La WWF appelle à réduire les émissions de gaz à effet de serre des transports et des bâtiments, en accélérant le rythme des rénovations lourdes. Elle promeut l’usage du vélo comme mode de transport de masse et la mise en place de zones à circulation restreinte pour les véhicules à basses émissions.

Notons que les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie ont augmenté de 1,4% en 2017, atteignant un niveau record de 32,5 Gt. Cette hausse intervient après 3 années stables et contraste avec la réduction nécessaire aux objectifs de l’accord de Paris sur le changement climatique

Mise à l’amende par l’Europe pour son mauvais comportement à l’égard de la Nature, la France creuse ainsi chaque jour un peu plus, par ses orientations politiques, son déficit par rapport au reste de la planète. Depuis le 5 mai donc, tout ce que nous consommons est pris sur le stock, au-delà des capacités de renouvellement de nos ressources naturelles. Et cette pression ne cesse d’augmenter. À force de couper les arbres, jeter ou polluer l’eau potable, bétonner les terres arables, les ressources n’ont plus le temps de se renouveler et nous vivons à crédit.

La pollution coûte à la France chaque année 100 milliards € liés aux impacts sanitaires, sociaux et économiques. Les premières victimes sont les classes populaires, moins protégées, moins informées.

Pour sortir de cet engrenage, que chacun·e prenne conscience de son pouvoir d’agir au quotidien. La transition écologique ne doit plus être un vœu, et doit être amorcée. Créatrice d’emplois et de bien-être, elle doit être le fruit d’une mobilisation de la société et du politique. Or, le président Macron néglige la COP21, méprise la transition énergétique, et ignore ses promesses sur l’environnement.

Alors que nous nous rapprochons toujours un peu plus du point de rupture, l’inaction climatique et environnementale est criminelle, si ce n’est génocidaire si l’on regarde ce que deviennent les peuples soumis aux chaleurs extrêmes. Pauvre France, pauvre Monde…

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http://aid97400.re
Dr Bruno Bourgeon, président d'AID
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1.Posté par margouillat974 le 07/05/2018 13:46

Consommez, qu'on vous dit...Consommez n'importe quoi, mais consommez, sinon comment voulez-vous que la croissance augmente??
Les citoyens payeront , les industriels continueront de polluer la terre, la nourriture et l'air et à faire du bénéfice. Voila la Terre que nous laisserons à nos petits-enfant.
Ça fait 50 ans qu'on est averti : qu'est-ce qui a changé? Les COP arrivent bien trop tard et de toutes façons ne règlent rien : profits d'abord !!

2.Posté par betimmonde le 08/05/2018 11:15

Il n'y a pas de politique écologique qui tienne devant la marée humaine qui monte ,qui monte .Bientot 2 milliards d'hommes en Afrique . Cela passe encore si L'Africain garde son standard de vie actuel .Situation intenable quand 8 milliards d'humains accéderont tous à la bagnole ,à la climatisation ,au rouge beefsteak , à l'électricité,aux robots ménagers !

3.Posté par margouillat974 le 09/05/2018 19:12

Forcément, y'en aura pas pour tout l'monde : préparez-vous!

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