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La France confinée face au coronavirus


- Publié le Mardi 17 Mars 2020 à 11:23 | Lu 113 fois

Les Champs-Elysees le 17 mars 2020 - Ludovic Marin / ©AFP

(AFP)

Une attestation pour chaque déplacement, sous peine d'amende: les Français se préparent mardi à rester chez eux à partir de midi pour tenter d'enrayer la progression de l'épidémie de coronavirus, un confinement inédit justifié par "la guerre" menée contre l'épidémie.

Ce 17 mars 2020, comme d'autres pays avant elle, la France bascule dans une ère totalement nouvelle "et pour quinze jours au moins", a déclaré lundi soir le président Emmanuel Macron.

"Nous sommes en guerre", a-t-il martelé, dans une intervention suivie à la télévision par plus de 35 millions de personnes toutes chaînes confondues, un record absolu.

Après la fermeture des écoles et universités, puis celle des cafés, restaurants et commerces non essentiels, les mesures annoncées lundi soir touchent encore plus directement la vie sociale, le coeur du quotidien, afin de "limiter au maximum les contacts" pour lutter contre l'expansion du coronavirus.

Dans des villes vides comme pour un 15 août, beaucoup de Français n'ont pas attendu midi pour déserter les rues. En Ile-de-France, on enregistrait seulement cinq kilomètres de bouchons, contre environ 300 km en moyenne en début de matinée.

Avec 1.210 nouvelles contaminations et 21 décès en 24 heures, le bilan officiel a atteint les 148 morts et 6.633 cas depuis le début de l'épidémie en France, selon le dernier bilan lundi soir. Sachant qu'il y avait dimanche soir environ 400 patients en état grave, et que le chiffre officiel des malades ne prend pas en compte ceux qui ne présentent pas de symptômes aigus.

- "Restez chez vous !" -

Face à la propagation exponentielle du coronavirus et un sens de la discipline pas toujours au rendez-vous chez les Français, "le mot d'ordre est clair: restez chez vous !", a exigé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Concrètement, toutes les personnes qui circuleront devront être "en mesure de justifier leur déplacement", au risque de se voir infliger une amende jusqu'à 135 euros.

Les déplacements tolérés sont ceux entre domicile et travail quand c'est absolument nécessaire, pour aller faire ses courses, pour raisons de santé, ou encore pour "motif familial impérieux ou l'assistance de personnes vulnérables", a détaillé M. Castaner.

Ces consignes ont été rappelées dans un message du gouvernement diffusé par SMS.

"On est partis sur au moins deux semaines de confinement collectif, on sait que c'est une période qui est nécessaire pour bloquer la circulation du virus", et "si dans 15 jours nous voyons que la situation s'est suffisamment apaisée et que nous pouvons lever tout ou partie des mesures de confinement, nous le ferons", a affirmé sur France Inter le ministre de la Santé Olivier Véran.

"Je le dis aux Français, ce qu'on attend d'eux aujourd'hui c'est de rester chez eux, c'est de réduire leurs interactions sociales, c'est de réduire leurs contacts au quotidien et c'est de réduire leurs activités", a-t-il plaidé.

Sur le plan sanitaire, la situation est "très tendue" dans certaines régions comme le Grand Est, a reconnu M. Véran, d'où des mesures comme le déploiement d'un hôpital de secours par l'Armée en Alsace ou l'envoi d'hélicoptères pour transférer certains malades vers d'autres sites afin de décharger les hôpitaux qui sont au bord de la saturation.

Un syndicat de médecins à la retraite, le SN-MCR, a par ailleurs appelé ses membres à reprendre du service, par exemple en rejoignant la réserve sanitaire ou en prenant contact avec leurs successeurs.

- Récession attendue -

Compte tenu de cet Etat de "guerre", toutes les réformes, notamment celle des retraites, sont "suspendues".

Et face à la récession de l'économie qui se profile, le gouvernement va desserrer les cordons de la bourse. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a dit s'attendre à une chute de 1% du PIB cette année, a ainsi annoncé que le gouvernement allait mobiliser de manière "immédiate" 45 milliards d'euros pour soutenir les entreprises et les salariés, notamment via le report du paiement de toutes les charges fiscales et sociales dues par les entreprises.

Un fonds de solidarité de 1 milliard d'euros minimum va en outre être institué pour aider les petites entreprises. Et le gouvernement n'exclut pas de recourir à des nationalisations "si nécessaire".

Pour éviter une multiplication des faillites, l'Etat va se porter garant des prêts accordés aux entreprises à hauteur de 300 milliards d'euros. Les loyers et les factures d'eau, de gaz et d'électricité "devront être suspendus" pour les plus petites entreprises qui rencontrent "des difficultés", a également annoncé le président.

Par ailleurs, le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a fait savoir mardi que la fréquence des trains allait encore être réduite, alors que de nombreuses personnes continuent de quitter les grandes villes pour aller à la campagne.

En outre, malgré les appels au civisme et les assurances qu'il n'y a pas de pénurie de biens essentiels, les Français prennent toujours d'assaut les grandes surfaces dans certaines régions, comme l'Alsace et l'Ile-de-France.

Après le train de mesures pour relancer l'économie, la Bourse de Paris a ouvert en hausse de 3,93%, avant de se replier.

Le second tour des élections municipales va quant à lui être reporté, après un premier tour dimanche marqué par une abstention record. Le Premier ministre Edouard Philippe a proposé la date du 21 juin. Ce report ne concernera pas les maires élus dès le 1er tour dans 30.000 des 35.000 communes de France.

Frédéric POUCHOT



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