MENU ZINFOS
Courrier des lecteurs

"La Fédération française de foot n'est pas une banque"


Par Football bato fou - Publié le Vendredi 12 Juin 2020 à 16:46 | Lu 719 fois

"La Fédération française de foot n'est pas une banque"
« Bien sûr que ça va pas être plus dur pour les clubs amateurs et nous en sommes conscients. Vous savez, les conséquences économiques pour le foot, aujourd'hui ça ne m'empêche pas de dormir ». Cette formule vient de Noël LE GRAET président de la Fédération Française de Football.

Alors que nous sommes toujours dans une crise sanitaire, même si la situation semble s'améliorer, notre discipline, comme dans d’autres domaines, subit de plein fouet cette situation. Les conséquences sont désastreuses.

Après de nombreuses tergiversations de notre organe de tutelle qu’est la Fédération Française de Football face à cette épidémie, le politique a repris la main. C’est le premier ministre qui sonna le glas de notre discipline en prononçant l’arrêt définitif de la saison 2019/2020. Ceux qui pensaient que cette Fédération était intouchable, inébranlable, montrant à de nombreuses reprises son indépendance et sa suprématie, ont pu remarquer ses failles. Le coronavirus 19 a eu raison de cette superbe puissance.

Combien de politiques, n’ayons pas peur de mots, de ministres des sports , d’institutions, d’affaires sujettes à polémiques (« les quotas » par exemple) - la dernière en date, le rapport de la Cour des Comptes de 2018 faisant état d’une situation et d’un mode de fonctionnement très critiquable n’ont pu atteindre nos gouvernants, avec à chaque fois l’art de « botter en touche ». L’argument souvent utilisé est que la Fédération est une institution autonome aussi bien dans son financement (des fonds privés) que dans son fonctionnement. Elle est élue par ses pairs qui sont les clubs et les associations.

Les temps changent. Cette crise est le détonateur. On peut voir cette tour d’ivoire chancelante, minée de l’intérieur, par son principal soutien qu’est le football professionnel qui se déchire. Oui, les intérêts des uns ne sont, bien souvent, pas ceux des autres.

Le football amateur pierre angulaire de notre discipline s’embourbe de plus en plus dans les profondeurs des difficultés.

Ce n’est pas faute d’avoir tiré les sonnettes d’alarme depuis de nombreuses années sur le nombre de clubs qui disparaissait chaque saison faute de soutiens financier ou humain. Le bénévolat ne fait plus recette. Là aussi, en réponse il n’y avait qu’arrogance et mépris.

L’institution assumera sans tabou le fait de privilégier la qualité plutôt que la quantité.

A ce jour, nos gouvernants, se sentant impuissants, se tournent vers les politiques qui légifèrent par décret afin de tenter de protéger la fédération administrativement face à différents recours devant diverses juridictions. En effet, beaucoup de décisions qui ont été prises vont à l’encontre des règlements généraux votés en Assemblée Fédérale. Plus que jamais, on voit bien que cette citation « Gouverner, c’est prévoir...et ne rien prévoir, c’est courir à sa perte» est d’actualité. Un comble quand on se targue d’avoir un service juridique performant...

A en croire le Président de la Fédération sur les problèmes financiers des clubs liés à la crise, il déclarait dans la presse du 3 mai 2020 : « l’argent n’est pas un problème aujourd’hui. « Mais le foot s’en remettra ! Ce sera toujours plus compliqué pour les entreprises qui vont être directement touchées, c’est autrement plus dramatique pour les malades en ce moment même ! Vous savez, on rejouera finalement assez vite, le foot se relèvera, et il s’en sortira toujours plus vite que des entreprises durement impactées. Bien sûr qu’il sera en partie touché, et notamment le foot amateur, mais le foot n’est pas le plus malheureux aujourd’hui...

Vous savez, les conséquences économiques pour le foot, aujourd’hui ça ne m’empêche pas de dormir, croyez-moi... »

​A la Réunion le football est dans l’expectative

Notre saison n’a pas encore démarré, puisque nous sommes calqués sur le calendrier civil. Le Président de la Ligue navigue à vue, échafaudant différents plans, faisant fi de la réalité des situations des clubs, ni du contexte local. Cela suscite de nombreuses interrogations !

Dans un courrier à l’intention des responsables de clubs du 14 mai 2020 concernant la mise en place d'un Fonds de Solidarité à destination du football amateur, le COMEX a voté un fonds de solidarité supplémentaire de 30 millions d'euros afin de soutenir la reprise d'activités des clubs amateurs nationaux.

Il a été décidé d'octroyer 10 euros par licencié de chaque club amateur. Cette aide est financée par la FFF, les Ligues et les Districts.

La missive du Président de la Ligue parle d’un montant de 25 euros (le montant évolutif pouvant aller jusqu’à 50 euros) prenant à titre d’exemple un club dont l’effectif serait de 150 licenciés (joueurs, éducateurs, arbitres, dirigeants), l’aide s’élèverait à 3750 euros. La seule condition pour être éligible est que toutes les licences soient validées et réglées avant la mi-juin, date à laquelle la liste définitive sera transmise à la Ligue Football Amateur.

Les déclarations du président sont erronées. On est loin de la somme énoncée. Pourquoi cet écart très important ? Des explications s’imposent.

D’autant plus, qu’en se référant au bon de commande de licences 2020 pour toutes les catégories, les prix varient de 7 à 17 euros assurance comprise. Le montant de 100 euros est fixé pour le contrat fédéral.

A titre d’information, en décembre dernier la ligue a demandé aux clubs pour la saison 2020, de payer l’engagement aux compétitions, la régularisation des dettes et pour la première fois de verser un acompte de 50% licences/ assurances de 2019.

Autre élément important : pendant la période de confinement toutes procédures de demande ou de renouvellement de licence ont été interrompues. Les infrastructures sportives (stades, club house, entraînements ...) sont fermées. Il est très difficile de nouer des contacts avec ses licenciés. Le compte n’y est pas ! De nombreux clubs perdront des licenciés.

D’autant plus, l’avance des 50 % a eu pour effet immédiat de voir les responsables de clubs procéder à une augmentation importante du prix des licences+ cotisations, payable dès janvier/février (80 à 140 euros).

Autre point abordé par le président de la ligue, il parle d’une relance des compétitions pour les clubs dès juillet à début août. Est-ce légitime de s’interroger sur l’opportunité d’une telle programmation à cette période ? Bien sûr que oui. Les mois de Juillet/Août, c’est une période de vacances scolaires et de différentes mutations scolaires.

Une reprise voudrait dire que nos jeunes seront de facto écartés. Au pire, on aura quelques plateaux ici et là... Les clubs à ce jour, dans quelle situation se trouvent-ils ? Financièrement bien sûr, mais aussi, sur le nombre de licenciés afin de satisfaire toutes les catégories requises.

Quelles seront les catégories concernées par cette reprise ? Les seniors ? Est-ce sérieux de faire une saison de 4 mois avec des conditions sanitaires drastiques ? Une saison au rabais avec un championnat non attrayant et non compétitif. N’est-ce pas un moyen de refaire la poche des clubs au mois de décembre comme ce fut le cas en 2017 ? Alors qu’en métropole, beaucoup de clubs réfléchissent à satisfaire les demandes des parents, afin de procéder à un remboursement concernant les périodes d’arrêt de la saison et les stages non tenus.

Il est important de savoir quelles seront les orientations de nos clubs, en raison de l’absence de compétitions pour 6 à 7 mois surtout en direction de nos jeunes.

Le plus extravagant c’est qu’il envisagerait de faire déborder la saison 2020 sur janvier et février 2021, période qu’il a tant décriée, du fait que c’est le moment des régénérations des terrains par les mairies et surtout la saison cyclonique et des pluies pouvant entraîner de nombreux reports de matchs. Quelle incohérence pour un président aux abois !

Ne serait-il pas judicieux de remettre tout à plat, de profiter de l’occasion afin d’aligner le calendrier sur l’année scolaire ! Pourquoi tant entêtement ? Deux raisons peuvent être évoquées :

- La première relèverait avant tout de « l’EGO ».
Comment reconnaître que son rival et successeur d’un moment ait pu être novateur d’un nouveau calendrier sportif et surtout le mettre en place. Ce fut un élément de campagne pour être réélu en détruisant ce qui pouvait être une ouverture pour une nouvelle dimension de notre football local.

- La deuxième serait d’ordre financier. En faisant démarrer la saison 2020 en août sur une période de quatre mois, c’est garder le bénéfice des engagements et des licences au détriment de la garantie sanitaire et surtout sur un manque à jouer, en particulier chez les jeunes. Cela permet en janvier de relancer la saison 2021 avec une nouvelle rentrée d’argent alimentée malheureusement par les clubs. Est-ce une imposture intelligemment organisée?

A la Réunion comme sur le plan national, le football est dans la tourmente. Les raisons sont bien sûr d’ordre sanitaire, mais on a vu que la structuration archaïque de notre institution fédérale et de notre ligue en porte une très grande responsabilité en laissant le pouvoir aux mains d’un seul homme intouchable sans partage et surtout sans projet novateur pouvant redynamiser notre football pour un avenir compliqué qui ne peut plus être comme avant.




1.Posté par Doumé le 12/06/2020 21:30

Très belle analyse...

Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
CHARTE DES COMMENTAIRES

Zinfos 974 vous offre un espace commentaires vous permettant de réagir, discuter, informer. Cet espace est ouvert aux internautes inscrits et non-inscrits au site.

Les intervenants doivent respecter les principes élémentaires du débat.

Sont proscrits :

- Les insultes, les attaques personnelles, les agressions, les propos discriminatoires sous toutes les formes - que ce soit envers les intervenants, les commentateurs ou l'équipe de Zinfos 974.

- Tout contenu contraire à la loi : l'incitation à la violence ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation, les propos homophobes, la négation des crimes contre l'humanité, ou la justification des actes violents et des attentats.

- Les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

- Merci d'éviter le hors sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations.

- La répétition d'un même commentaire, assimilée à du spam.

- La publicité. Ne soumettez pas des liens commerciaux.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de Zinfos 974 via l'adresse contact@zinfos974.com

Vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de Zinfos 974 se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l'estime nécessaire pour la bonne tenue du débat.

Zinfos 974 est seul juge des messages qu'il publie ou modère - y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessus. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant l'adresse contact@zinfos974.com, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
Publicité
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes