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La CFDT agroalimentaire craint pour l’avenir des ouvriers ONF

Vendredi 9 Mars 2018 - 15:35

L’effectif des ouvriers ONF ne cesse de diminuer. La CFDT agroalimentaire dénonce ainsi les conditions de travail très critiques auxquelles les employés restants doivent faire face. Ils affirment bientôt se manifester devant la direction régionale et lancer des actions politiques, pour alerter et faire bouger la la situation difficile du personnel de l’ONF.


"La situation au sein de l’ONF se dégrade d’année en année, de jour en jour et même de seconde en seconde""L’ONF c’était aujourd’hui des lits d’hôpitaux avec ses malades, demain ce sera un cimetière", déclare Jacky Técher, secrétaire général du syndicat agroalimentaire de la CFDT. Il dénonce l’avenir critique des ouvriers de l’ONF et la non réaction d’un point de vue départemental et national.
 
Le nombre d’emplois ne cesse de baisser. En 2013, l’ONF comptait 173 CDI et 189 emplois à temps partiels. Aujourd’hui, on compte 149 CDI et 1 CDD. Une trentaine de personnes, de plus de 55 ans, vont également partir en pré-retraite en cette fin d’année. Cependant aucune politique de recrutement n’est réellement mise en place. Les effectifs étant fortement réduits, cela engendre une lourde charge de travail pour les ouvriers restants.
 
La CFDT condamne les propos, qualifiés d''humiliant" de l’ONF envers la médecine du travail. En effet, selon le syndicat, "l’ONF pointe du doigt la médecine du travail en disant que le médecin du travail ne part pas jusqu’au bout de sa démarche. L’ONF fait pression par des propos humiliant sur la médecine du travail pour qu’elle mette le personnel en inaptitude définitive. C’est une honte de la part de l’ONF". Aujourd’hui, plus de 25% des ouvriers de l’île ont des problèmes et ne peuvent plus utiliser certains de leurs membres endommagés par le travail. 
 
Avec moins de personnes salariées et de moins en moins de personnes aptes à travailler, l’ONF doit faire des choix. Comme la sécurisation du sentier entre Bois Court et Grand Bassin. "Ils pensent qu’en réduisant l’effectif salarial, cela va réduire le déficit financier, qui est de 6 millions d’euros, mais ils ont tort", explique Jacky Técher.

La CFDT agroalimentaire a refusé, en 2017, de signer la Convention Collective Nationale, qui ne répondait pas aux valeurs souhaitées pour les ouvriers ONF. La Réunion n'aura plus de convention à compter du 1er janvier 2019. "40 ans de lutte acharnée pour en arriver là, c’est du travail qui a été remis aux chiens", dénonce Jacky Técher. Lors des dernières Négociations Annuelles Obligatoires, il a été convenu d’une augmentation de 0,4% des salaires pour La Réunion. "Ce qui ne correspond qu'à 18 euros par an, soit 10 centimes par heure, ce que nous trouvons méprisant et qui explique pourquoi nous n'avons pas signé", explique Jacky Técher.
 
Un problème de logiciel de paie, changé en janvier 2017, a également été pointé du doigt. Les salariés déplorent "des difficultés à se régulariser, des indemnités non payées, des paies doublées qui doivent ainsi être remboursées ou encore des congés mal gérés", confie Jacky Técher. Tout cela entraîne de nombreux risques psycho-sociaux pour les salariés de l’ONF. Une expertise a été lancée en 2016 et ses résultats devraient être révélés d’ici fin mars 2018.
 
La CFDT agroalimentaire déclare ne pas savoir encore comment s’en sortir, "mais une chose est sûre on ne baissera pas les bras", confie Jacky Técher, touché par la situation. Ils annoncent cependant que la CFDT se manifestera auprès du Conseil départemental qui finance 90% des travaux ONF. Ils veulent demander l’arrêt immédiat des suppressions de postes. La CFDT agroalimentaire exige aussi des réactions politiques.
Charline Bakowski
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1.Posté par JORI le 09/03/2018 16:00

Et pourquoi tous ces délégués syndicaux ne seraient ils pas sur le terrain plutôt que de tenir des réunions d'où il ne sort quasiment jamais rien hormis des préavis de grèves???.

2.Posté par huguette le 09/03/2018 16:58

QUE DE GENS PISTONES ET PAS TRES COMP2TENT

TRISTE DE VOIR CA

3.Posté par makrotage le 10/03/2018 10:52 (depuis mobile)

@ Huguette
Allez donc ne serait ce que passer une journée à de travail avec eux et on en reparlera.

4.Posté par Michel le 12/03/2018 18:32

Post 1 et 2 : que du mépris pour les travailleurs à l'image de votre représentant politique Macron !

Sans les ouvriers de l'ONF, vous pourriez faire une croix sur vos ballades en forêt, dans les hauts.

Quant à ce syndicaliste de la CFDT, il ne fait que dénoncer la suppression d'emplois dans une entreprise qui rend de fiers services à la population. Il a raison. Il défend l'intérêt général, et je pense que vous commentaires lamentables lui passent au-dessus de la tête !

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