Courrier des lecteurs

L'invitation

Lundi 12 Février 2018 - 11:56

Le père et le fils n'ont cessé de marquer leur présence à l'une des plus grandes manifestations religieuses de l'île. Pourtant entre suspense et crises de nerfs. Le petit Pravind a tranché. Il se rendra aux célébrations de Maha Shivratree mais n'ira pas pour y prêcher la bonne parole en homme politique. Si les intentions sont louables, l'hypocrisie est à son comble.


Soirée de prières au Ganga Talao à l'occasion de Maha Shivaratree. Pravind Jugnauth accompagné de son épouse Kobita.

Non c'est non. Il n’acceptera pas l’invitation de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF) pour être l’invité d’honneur à Grand-Bassin pour les célébrations de la Maha Shivratree. Le petit Pravind est remonté comme un coucou. 

Il ne répondra présent au Ganga Talao qu'à la demande de trois associations socioculturelles : la Rashtriya Sanatan Dharma Mandir Sangathan, le Human Service Trust et la Hindu House. Tant pis pour les autres. 

Les raisons de son refus: "Il a fait comprendre que certains membres de l’association ont, ces derniers temps, organisé des activités auxquelles ils ont convié certaines personnes avec un agenda politique. Il a toujours voulu préserver une ligne de démarcation entre la religion et la politique. De ce fait, il ne pouvait répondre favorablement à l’invitation".

On en viendrait presque à avoir le coup de foudre pour cette belle déclaration qui dégouline de bonnes intentions. Sauf comme pour la St Valentin, les promesses sont commerciales.

En véritable petit teigneux, le petit Pravind n'a tout simplement pas digéré que le Président de l'association Rajendrah Ramdhean ne lui prête allégeance et fidélité. Et que son rival et ennemi en politique Navin Ramgoolam occupe une place de choix dans cette bataille de favori. 

Quant au mélange des genres, sans devoir trop remonter dans le temps, à peine nommé chef du gouvernement il y a un an, dans une mise en scène qui se veut un moment de piété et de dévotion, il s'est fait prendre en photo sous l'œil des photographes lors d’une séance de prière avec son épouse Lady Kobita à Ganga Talao. Un moment d'immortalité face aux dieux des médias. 

Pour tous les hommes politiques mauriciens, ces petites mises en scènes sont nécessaires afin de flatter et séduire un électorat. Ce sont des opportunités politiques pour occuper le terrain. Personne ne s'en prive et souvent ils tombent allègrement dans l'excès. 

Si le petit Pravind a refusé de s'afficher auprès d'une association socio culturelle très influente sous le prétexte fallacieux d'offrir une démarcation entre la politique et la religion. Il n'empêche qu'on ne l'a jamais autant vu à Ganga Talao. Il y était et il fallait que ça se sache. Une stratégie de communication que ses nouveaux spin doctors fraîchement nommés lui ont sifflé.

Il faut dire qu’il lui fallait rivaliser d'ingéniosité face à son paternel. Le grand SAJ a ouvert le bal si on peut dire en fanfare. De ses 90 printemps, il a grimpé dans la nacelle des pompiers pour arroser la statue de la déesse Durga récemment dévoilée lors d'une cérémonie de consécration supervisée par des gurus et des spécialistes des rituels et prières. 

Sauf que nos amis pin pon en maniant l'appareil, lui ont fait frôler la tête avec les câbles électriques. Pour un peu c'était grillade au menu. 

A côté de ça, comment exister. C'est le drame du fiston. Quand on a un charisme aussi mou qu'un kalamindas ont fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. Malgré un relooking extrême, des dents aussi blanches qui donnent l'impression d'avoir été  rincées à l'eau de javel et une teinture capillaire qui le fait paraître plus vieux que son père, rien n'y fait. Son air de chien battu lui colle à la peau et les emmerdes aussi.

Annoncer ne pas faire de politique lors de la fête tout en ordonnant la démolition des tentes de prières de son adversaire politique, ça fait désordre. Comme idiotie on ne pouvait faire mieux. Tout comme vouloir devenir omniprésent comme un dieu vivant entre une pause selfie, boire un coup avec les pèlerins et serrage de mains comme dans un grand meeting à ciel ouvert.

Une image de jeune chef qui se veut proche du petit peuple avec la complicité servile et avilissant des journalistes prêts à apporter leur contribution dans ce tapage médiatique ambiant. Ceux-là même prompts à critiquer ou flinguer les confrères mais qui se vautrent dans la surenchère. 

Cette fête a une belle âme malheureusement entre les politiciens qui en ont fait un terrain de jeu de prédilection, des journalistes d'une grande arrogance qui s'octroient le droit de décider du degré de dévotion en méprisant la ferveur et la créativité artistique tout en opposant ceux qui sont dans la pratique plus traditionnelle et ceux plus libre d'expression.

On nage en plein délire. Aller jusqu'à insulter tous ceux qui sont en carême, marchent sous la pluie et la chaleur avec pour seul courage leur ferveur en comparant cette célébration au Carnaval de Rio. On a franchi la frontière de l'indécence. 


La Mauricienne
 
La Mauricienne
Lu 822 fois


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie