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Courrier des lecteurs

L’heure n’est pas au déconfinement: L'heure est à la préparation du déconfinement


Les élus au CDCA, au titre de nos organisations de retraités, adressent un courrier au préfet de La Réunion relatif à la préparation du déconfinement.

Par Max BANON (UCR-CGTR) Serge THOMAS (OCR-FO), Michel ROULLOT (FGR-FP) - Publié le Mardi 28 Avril 2020 à 16:11 | Lu 305 fois

L’heure n’est pas au déconfinement: L'heure est à la préparation du déconfinement
L’heure n’est pas au déconfinement: L’HEURE EST À LA PRÉPARATION DU DÉCONFINEMENT dans un cadre qui associe éclairage scientifique et débat démocratique.
La FGR-FP (Fédération Générale des Retraité.e.s de la Fonction Publique) de l’Océan Indien, la SFR-FSU (Section Fédérale des Retraité.e.s de la Fédération Syndicale Unitaire), l’Union Confédérale des Retraité.e.s de la Confédération Générale du Travail Réunionnaise (UCR-CGTR), l’Union Confédérale des Retraité.e.s de la Confédération Force Ouvrière (UCR-FO) ont des élus au sein du CDCA (Comité Départemental de la Citoyenneté et de l’Autonomie) et de la CFPPA ( Conférence des Financeurs de la Prévention de la Perte d’Autonomie des Personnes Agées).
Le CDCA est l’instance représentative et participative de la démocratie en santé et rassemble les représentants de tous les acteurs de santé: usagers, personnes en perte d’autonomie, en situation de handicap ou de précarité, professionnels publics ou privés, hospitaliers et ambulatoires, directeurs d’établissements et de services, collectivités territoriales, assurance maladie, syndicats, etc…
Face à l’urgence absolue résultant de la pandémie de covid-19, ces organisations syndicales ont décidé solidairement de s’auto-saisir de la question du déconfinement et de formuler un avis.
S’il est trop tôt pour faire le bilan de cette pandémie à La Réunion et à Mayotte, et compte tenu de l’annonce faite par le Président de la République d’un déconfinement et d’une rentrée scolaire à compter du 18 mai, il est nécessaire de tirer les enseignements de ces dernières semaines utiles pour la suite.
Trois constats positifs à La Réunion :
  1. la capacité du système de santé à s’adapter en accélérant la capacité en réanimation et en reconfigurant l’activité des établissements de santé mais aussi l’offre libérale en aménageant dans l’urgence de nouvelles pratiques (les téléconsultations, la mise en place de centres covid 19, …) qui limitent l’exposition au virus quand c’est possible. Il faut souligner qu’ici à La Réunion, cette dynamique a été possible grâce à l’implication quasi-exclusive du personnel médical et de leurs responsables syndicaux ou associatifs.
  2. la capacité à adopter des procédures, aujourd’hui dérogatoires, beaucoup plus simples et plus efficaces en termes d’organisation, y compris en matière de prise en charge par l’assurance maladie.
  3. l’engagement exceptionnel des soignants, des personnels accompagnants, notamment à domicile, en EHPAD, des bénévoles associatifs mais aussi de tous les personnels d’appui dans les filières agricoles, alimentaires, en milieu éducatif et dans l’accueil des enfants, dans les forces de sécurité, dans les services des collectes de déchets, la distribution du courrier et des colis de toute nature, etc…
Ces trois constats positifs co-existent malheureusement avec sept constats négatifs :
  1. la pénurie persistante de masques (ou moisis quand il y en a), de tests, de gel hydro-alcoolique et autres équipements, qui ont mis en danger les soignants mais aussi plus largement les personnes exposées par leur profession à des contacts répétés avec la population.
  2. la moindre attention portée au secteur médico-social par les pouvoirs publics, EHPAD en particulier, du fait de la polarisation sur les soins en réanimation et la difficulté à prendre en compte les besoins spécifiques des personnes vivant avec un handicap cognitif ou psychique.
  3. la grande difficulté, malgré les efforts, l’engagement et la bonne volonté de nombreux acteurs, de dépasser les segmentations administratives du système, par exemple selon les cas, entre les services de l’Etat (Préfecture-ARS) et les collectivités territoriales entre le secteur hospitalier public et le secteur privé, entre les administrations de l’Etat, de l’assurance maladie et les professionnels libéraux, etc…
  4. l’existence d’une communication nationale vis-à-vis de la population parfois à contre-temps avec des injonctions paradoxales (par exemple « rest zot’ kaz’ » et aller voter), mais aussi discutables sur le port du masque par la population hormis les cas de soignants et des malades, avec des messages servant plus à « masquer » la pénurie que reposant sur une logique épidémiologique de contrôle de l’épidémie.
  5. les atermoiements des services de l’Etat (Préfecture-ARS) concernant la décision trop tardive d’un contrôle systématique des passagers en provenance de l’extérieur de l’île à l’arrivée à l’aéroport de Roland Garros et du port de la Rivière-des-Galets et d’une mise en quatorzaine effective et contrôlée, soulignant les excès d’un centralisme jacobin ignorant les spécificités de La Réunion et la capacité à être autonome dans certaines circonstances. (commentaire : faut-il reconsidérer l’alinea 5 de l’article 73 de la Constitution dit « amendement Virapoullé » ?).
  6. le manque criant d’infrastructures médicales à Mayotte dans un département où l’habitat et les conditions sanitaires sont précaires pour une grande majorité de la population.
A ces constats positifs et négatifs s’ajoute une interrogation et même une inquiétude :
Elle concerne les patients atteints de maladies chroniques et plus généralement les patients souffrant d’autres affections que le covid-19. Si, à la demande des pouvoirs publics, les actes non urgents ont été déprogrammés, notamment pour permettre l’extension du nombre de lits de réanimation et la reconfiguration des établissements pour l’accueil des patients covid-19, il semble que de nombreux patients aient renoncé «d’eux-mêmes» à des soins. Certains ont pu avoir peur d’être contaminés en fréquentant les lieux de soins. D’autres ont pu penser, face aux messages des pouvoirs publics, que le système de soins était prioritairement réservé aux patients covid-19 ou saturé (centre 15).
Le succès du déconfinement ne reposera pas uniquement sur le respect d’une logique scientifique. Il reposera sur la compréhension de cette logique, sur son appropriation et sur sa mise en œuvre par tous les acteurs du système de soins et plus largement la population.
L’heure n’est absolument pas au déconfinement: l’heure est d’abord impérativement à la préparation du déconfinement. Cette préparation ne doit être en aucun cas escamotée ou réduite. Il faut lui donner le temps nécessaire. Elle doit faire l’objet d’une démarche explicite qui ne mobilise pas seulement les instances scientifiques et administratives nationales. Elle doit impliquer la population et les acteurs dans les régions et au plus près des territoires en s’appuyant sur les instances de démocratie en santé tel que le CDCA et le CTS (Conseil Territorial de Santé), pour que les mesures à prendre soient à la fois acceptables et faisables.
Nous ne devons plus subir mais reprendre collectivement le contrôle de la situation, la maîtrise de notre vie sociale et citoyenne et redonner tous ses moyens aux services publics de santé.
Avant tout déconfinement, l’inter-syndicale estime, sous réserve de compléments, que cette phase préparatoire doit comprendre a minima les dispositions suivantes:
  1. tester tous les personnels soignants, les personnes en contact professionnellement avec la population sans oublier les personnels du domaine éducatif pour déterminer si elles ont ou non été infectées antérieurement pour constituer un point zéro;
  2. disposer d’emblée des quantités de tests diagnostiques permettant de tester dès l’apparition de symptômes toutes les personnes mentionnées au 1°) dont le statut sérologique n’aurait pas traduit une contamination antérieure;
  3. disposer dans chaque département (La Réunion et Mayotte) d’une quantité de masques chirurgicaux et FFP2 suffisante pour toutes les personnes mentionnées au 1);
  4. évaluer dans chaque département, sur la base d’échantillon représentatif, le degré d’immunité de la population;
  5. disposer dans chaque département des possibilités d’accueil pour permettre un confinement des personnes positives afin de briser les chaînes de contamination apparaissant lors du déconfinement;
  6. au fur et à mesure de la baisse de la pression sur le système de soins, prévoir d’offrir des possibilités de récupération, de repos, pour les personnels soignants y compris en leur facilitant l’accès à des hébergements de loisirs et mettre à leur disposition et à celle de la population, des dispositifs d’accompagnement médico-psychologique;
  7. préparer la reconfiguration du système de soins, la reprogrammation des interventions et des consultations annulées pour éviter l’engorgement et la désorganisation en tenant compte de la tension sur les médicaments et les produits de santé mais aussi la nécessaire récupération des équipes. Il faudrait prendre en compte tout particulièrement les renoncements aux soins, conséquence indirecte de l’épidémie, des maladies chroniques et des patients ayant d’autres problèmes de santé que le covid-19;
  8. rétablir la confiance des professionnels de santé et de la population envers les discours politiques et administratifs, en tenant un discours clair, sans «masquer» ni les manques, ni les pénuries, ni les incertitudes, afin de mobiliser les différents acteurs et la population;
  9. décider règlementairement d’une mesure générale de suspension de toutes les procédures administratives non essentielles le temps nécessaire pour permettre aux services, notamment de l’ARS, de se consacrer à la remise en route du système de santé en concertation avec  tous les acteurs concernés, CTS et CDCA en particulier;
  10. veiller à ce que le confinement se traduise par des règles nationales s’imposant à tous, sans nuances. Par nature, le déconfinement va desserrer progressivement ces règles, ouvrant la voie à des logiques interprétatives. En conséquence, donner à chaque région ou département, les moyens règlementaires, scientifiques et citoyens de gérer ces adaptations en fonction des réalités locales. (commentaire : pour ce faire à La Réunion, il faut remettre en question l’amendement dit « Virapoullé »);
  11. réduire absolument la segmentation des financements pour favoriser la « désegmentation » administrative et la cohérence globale de la réponse aux besoins de santé, tout en simplifiant les procédures de financement des établissements et des services;
  12. préparer psychologiquement la population à l’étape du déconfinement par un discours clair, non paradoxal, sans dissimuler les réalités de la situation. Il faut notamment la préparer à l’incertitude, à l’anticipation d’une deuxième vague et lui en donner les moyens. Dans l’attente d’un vaccin, il faudra réapprendre tous les gestes du quotidien, avec la poursuite des gestes barrière dans un contexte où le virus continuera à circuler. Si le déconfinement se prolonge pour les personnes les plus fragiles, il faudra trouver les modalités pour rendre cette prolongation supportable, par exemple en matière de conditions d’accès aux magasins d’alimentation et de première nécessité.
  13. les départements de La Réunion et de Mayotte étant des zones de fréquentation touristique, nous appelons les pouvoirs publics à déterminer l’impact potentiel des voyageurs amenés à venir sur ces deux îles, sur la diffusion de l’épidémie.
Le déconfinement est un enjeu démocratique et pas uniquement scientifique.
Avec ce premier avis sur la préparation au déconfinement, l’inter-syndicale et ses représentants au CDCA et à la Conférence des Financeurs espèrent apporter leur contribution au débat démocratique sur l’épidémie de covid-19 à La Réunion.




1.Posté par Modeste le 29/04/2020 08:06

préparer psychologiquement la population à l’étape du déconfinement par un discours clair, non paradoxal, sans dissimuler les réalités de la situation...... au vu du nombre de personnes qui circulent au quotidien dans nos cités, je crois que cette étape et bien inutile!

2.Posté par Janus le 29/04/2020 08:41

Etonnant, il n'y a dans cette intersyndicale tous les syndicats hostiles au Président de la République ☺☺☺

Le texte qu'ils nous proposent est une liste à la PREVERT écrite trop vite, ils nous parlent de 7 points négatifs, et n'en citent que 6 ☺☺☺

Je dois reconnaître que certains points cités sont criants de vérité et tombent sous le coin du bon sens ...
D'autres point sont écrits en méconnaissant (volontairement ou pas) la réalité du terrain ...

Contrairement à nos élus, ce texte de nos syndicalistes (même s'il n'est pas politiquement innocent ☺☺☺) offre l'avantage de faire des propositions qui méritent d'être étudiées ☺☺☺

3.Posté par gratel le 29/04/2020 11:30

à partir du 12 mai port de masques obligatoire dans les transports en commun et attention au pv, avec macron les amendes sont plus rapides que les masques , vite les masques ne sont pas encore disponible dans le département , en attendant une chaussette fera l'affaire sans coutures il y a des tutos sur youtube pour y arriver!

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