Courrier des lecteurs

L’arbre de Tripoli pour cacher la forêt de l’hypocrisie rampante !

Mardi 21 Novembre 2017 - 09:57

Les trois petits singes : rien vu, rien entendu, rien dit. Les symboles de cette hypocrisie répandue partout, chez nous comme ailleurs.

Ce fondu de Claudy Siar se fait un buzz à bon compte en faisant semblant de se rendre compte que l’esclavage existerait encore. Pire ! Ce sont ses frères de couleur qui en seraient les seules victimes. On n’est pas plus stupide ni plus ignorant.

Non loin de la Libye, en Mauritanie, l’esclavage n’a été aboli qu’à la fin des années 80. Sur le papier. Parce que dans la réalité…

Dans les pays du Golfe, outre un esclavage factuel, connu de tous mais soigneusement passé sous silence, il y a aussi la situation des travailleurs immigrés indonésiens, malais, indiens, dont le statut n’a rien à envier à celui des esclaves officiels. On le sait mais on fait les yeux doux à ces salauds. Le pétrole, vous comprenez ? Désolé, meeeuuusieur Siar si leur couleur de peau ne vous émeut pas. Votre indignation devient sélective, là, vous ne trouvez pas ?

En Inde, une personne peut, et c’est fréquent et accepté, se réduire volontairement en esclavage pour payer ses dettes. C’était, outre l’indépendance, un des chevaux de bataille du Mahatma.

Il y a ces diplomates habitant les luxueux arrondissements de Paris, qui utilisent des travailleurs venus de leur propre pays, dont la situation est atroce.

Au Soudan, l’esclavage est courant là encore. Tout ceci, on le sait. Bien sûr que la situation des immigrants de Tripoli est sordide et révoltante mais cela ne date pas d’aujourd’hui. Arrêtons de faire comme si on le découvrait.
Jules Bénard
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1.Posté par zorbec le 21/11/2017 10:44

L'hypocrisie, la stupidité et l'ignorance de Claude Siar font référence à l'attitude d'une autre "spécialiste" locale de l'esclavage - du moins ainsi se présentait-elle lors d'une émission d'un célèbre jeu télévisé - Françoise Vergès. Elle dut piteusement faire étalage de sa non connaissance d'un sujet dont elle se disait particulièrement férue, en étant incapable de citer de faits majeurs de l'esclavage à travers les siècles. Hélas, ce sont ce genre de "espécialis" qui prétendent donner des leçons à tout le monde...

2.Posté par GIRONDIN le 21/11/2017 12:39

....... Arrêtons de faire comme si on le découvrait...

C'est vrai.

Le sort de l'écrivain du Jacqou de l'intime de la Région est plus important !
Amen !

3.Posté par lenoir le 21/11/2017 14:19

Esclavage en Libye : merci l’OTAN !

Une découverte, les pratiques esclavagistes filmées par CNN ? On tombe vraiment des nues ? Certainement pas. Le 11 avril 2017, l’Office international des migrations publiait un rapport indiquant que des milliers de migrants transitant par la Libye étaient vendus comme du bétail sur des marchés aux esclaves, avant d’être soumis au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle. Cette réalité, tout le monde la connaissait, et personne n’a rien fait.

Lorsque Emmanuel Macron a consacré son premier voyage présidentiel à la région sahélienne, on n’a pas le souvenir qu’il ait dit quelque chose. Mais on le comprend : la sécurité des approvisionnements miniers de l’ex-puissance coloniale est une affaire beaucoup plus sérieuse, et on ne va quand même pas perdre son temps avec des broutilles. C’est vraiment dommage, car la France aurait eu beaucoup à dire sur la situation en Libye.

Il ne faudrait pas l’oublier : si ce pays est à la dérive, s’il est dépecé par les factions rivales, si la violence y règne, c’est parce que la France et ses alliés l’ont anéanti en 2011. Les marchands d’esclaves ne sont pas tombés du ciel : ils sont arrivés dans les bagages de l’OTAN. Sous des prétextes humanitaires fabriqués par la propagande, Paris, Londres et Washington se sont arrogé le droit de détruire un Etat souverain. Ils l’ont remplacé par la loi de la jungle et le chaos milicien. On voit le résultat.

Où sont-ils, ceux qui ont décidé de renverser Mouammar Kadhafi ? On aimerait les entendre, ces visionnaires. Nicolas Sarkozy voulait faire de cette croisade le joyau de son mandat. “Le chef de l’Etat a fait de l’intervention en Libye un combat personnel. Pour le rayonnement de la France”, titre “Le Monde” le 23 août 2011. Le rayonnement est aveuglant ! Pour Alain Juppé, l’intervention en Libye est “un investissement pour l’avenir”. Il aurait dû préciser que cet investissement n’était pas seulement pétrolier. Les esclavagistes le remercient. Eux aussi, ils investissent.

Du côté de l’opposition de “gauche”, ce n’est guère mieux. François Hollande approuve le recours à la force contre Kadhafi “parce que sinon Kadhafi aurait massacré une partie de son peuple”. Qu’il se rassure : pour ce qui est des massacres, l’OTAN a fait ses preuves. Le 21 mars 2011, “Libération” demande à Jean-Luc Mélenchon pourquoi il approuve les frappes aériennes en Libye. Il répond : “La première question à se poser est la suivante : y a-t-il un processus révolutionnaire au Maghreb et au Moyen-Orient ? Oui. Qui fait la révolution ? Le peuple. Il est donc décisif que la vague révolutionnaire ne soit pas brisée en Libye.”

Il faudrait pourtant que les progressistes ou prétendus tels se mettent sérieusement à méditer la leçon des faits. Car la politique occidentale, c’est toujours le grand écart : on part avec les droits de l’homme et on finit avec le marché aux esclaves. Certains ont beau l’emballer de rhétorique humaniste ou révolutionnaire, l’impérialisme reste l’impérialisme. On peut multiplier à foison les variantes du cache-misère idéologique, le prétendu devoir d’ingérence n’est que le droit que l’on s’arroge à écraser le voisin. C’est le droit du plus fort revu et corrigé par BHL.

Les hypocrites diront que l’esclavage ne date pas d’hier et que cette affaire concerne les Africains, niant la responsabilité du néo-colonialisme. Poussés par la misère, ils sont des centaines de milliers à vouloir franchir la Méditerranée au péril de leur vie. La destruction de l’Etat libyen les a mis à la merci des passeurs qui les vendent comme du bétail. S’ils échappent à leurs griffes, leur calvaire ne fait que commencer. Quel paradoxe ! Victimes d’un monde dual, ces damnés de la terre n’ont d’autre espoir que d’aller traîner leur misère dans les pays qui ont fait leur malheur.

4.Posté par MICHOU le 21/11/2017 17:48

D'accord avec toi Jules et chaque fois que je le peux, je le dénonce et rappelle car je ne supporte pas cette béatitude devant DUBAI de ceux qui s'assoient allègrement sur les Droits de l'Etre Vivant, de cette façon de ne pas voir et de se congratuler entre chefs, entreprises ......
J'ai honte de tous ces compatriotes qui vont maltraiter les peuples ailleurs, violer les filles et garçons des autres, continuer à croire qu'ils appartiennent à une race supérieure, revêtent sans problème ce costume de colonialiste encore en 2017.

5.Posté par A mon avis le 21/11/2017 21:09

"Bien sûr que la situation des immigrants de Tripoli est sordide et révoltante mais cela ne date pas d’aujourd’hui. Arrêtons de faire comme si on le découvrait."

dites vous Monsieur Bénard !

Si le passage des immigrés par la Libye ne date pas d'hier, elle date d'un passé pas si lointain après les exploits sarkosystes en Libye, mais surtout l'entassement des immigrés en Libye date bien d'aujourd'hui, depuis que l'UE a mis un frein à l'immigration, en confiant la surveillance des côtes aux Libyens !
C'est ainsi confier les victimes à leurs bourreaux !

Et même si on ne découvre pas le trafic d'esclave existant, ce n'est pas une raison pour le taire comme semble le demande vos propos !

P.S. : la traite d'esclaves ne date pas d'aujourd'hui :
"C'est en 652 que la traite négrière fut pour la première fois inventée et planifiée par le traité de bakht lorsque l'émir arabe Abdallah ben Saïd imposa aux Nubiens la livraison annuelle et forcée de centaines d'esclaves "
extrait de "Le génocide voilé" de TIDIANE N'DIAYE

6.Posté par 51889 le 21/11/2017 21:21

OTAN? OTAN en emporte le vent car Tripoli pour être honnête. C'est écrit, pourtant! Lis bien...

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