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Courrier des lecteurs

L’après-présidentielle, un consensus au centre pour une politique libérale-sociale


Par Reynolds MICHEL - Publié le Lundi 22 Mai 2017 à 11:57 | Lu 576 fois

Un premier ministre de droite, des ministres venant du centre, de la gauche socialiste et de la société civile, le nouveau président Macron a gagné un pari majeur en mettant en échec l’axe droite-gauche qui organisait la vie politique sous la Ve République. Son objectif avoué est la décomposition de ces deux pôles dominants voués jusqu’ici à l’alternance en vue d’une recomposition de la vie politique au centre. Sa vision est celle d’une société apaisée, d’une démocratie consensuelle où les frontières entre gauche et droite n’ont plus de réalité. 

S’il obtient, lors des élections législatives de juin, une majorité absolue à l’Assemblée nationale, la recomposition du système politique français sera définitivement sur les rails et sa vision d’une démocratie apaisée un peu plus accréditée. Et surtout, le président Macron sera à la tête d’une majorité centriste, européenne et libérale-sociale et il aura tous les pouvoirs pour mettre en œuvre sa politique ‒ de droite sur le plan économique et de gauche sur le plan culturel, pour user d’une opposition qui a encore du sens. Or, nous le savons, aujourd’hui, les marchés financiers conduisent par leur fonctionnement à l’enrichissement financier de certains mais font courir des risques énormes à d’autres.

La politique libérale-sociale

Sur le plan économique, le programme du président Macron se positionne nettement à droite. Il veut aller plus loin et plus vite dans le « tout marché » : en libérant le marché des capitaux par la réduction de l’impôt sur les sociétés, en libéralisant le marché du travail (une priorité) et en ouvrant davantage le marché des produits (CETA…). Concernant le marché du travail, il promet de gouverner par ordonnances, tout en  rompant avec la hiérarchie des normes (primauté de l’accord d’entreprise sur la régulation supérieure, même si ce dernier est plus favorable au salarié) et tout en laissant le soin à l’Etat de reprendre aux partenaires sociaux la gestion de l’assurance-chômage. Bref, une rupture avec le paritarisme et la démocratie sociale. « Nous ne sommes pas dans une République contractuelle », a-t-il déclaré. Au niveau européen, il ne prévoit pas de régulation fiscale.

Pour compenser les effets pervers de cette dérégulation, quelques réformes sont annoncées : l’extension du système d’assurance-chômage aux indépendants et salariés démissionnaires ; la formation ; une allocation de transition ; l’aide à la recherche d’emploi ou des investissements dans l’éducation. Nous ne trouvons dans le programme du président Macron aucune démarche d’analyse des inégalités produites par le jeu combiné des trois marchés pointés ci-dessus. Sur le défi écologique, presque rien, sinon la volonté de respecter l’accord de Paris sur le réchauffement. L’arrivée de Nicolas Hulot apporte indéniablement un souffle écologique au programme du président Macron. La tâche de Monsieur Nicolas Hulot est de répondre à la fois à l’urgence écologique et à l’urgence sociale, les deux faces d’une même pièce, dit-on de plus en plus aujourd’hui.

Une société ouverte et optimiste

Sur le plan culturel, le président Macron plaide pour une société ouverte résistante à toutes les fermetures ‒ racisme, xénophobie, islamophobie, nationalisme…‒, une société en mouvement disposée à l’hospitalité, à l’accueil des migrants. Il assume également l’irréductible diversité des cultures et des destins individuels. D’où son engagement à engager la ratification de la charte des langues régionales (Discours à Vescovato, en Corse, le 7 avril 2017). En outre, il  considère le libéralisme des mœurs comme un progrès décisif et ne fait pas de la laïcité une nouvelle religion.

« Nous sommes les patriotes, ceux qui, fiers de leur pays, ont toujours refusé le repli.(…) Parce que la République, elle est indivisible et en même temps plurielle, n’en déplaise à certains. Et le combat qui est aujourd’hui le nôtre, sur tant et tant de sujets, sur la Corse, sur la citoyenneté, parfois sur la laïcité, c’est un combat profond qui est au cœur de la République française.(…) Le patrimoine culturel et linguistique de nos territoires enrichit notre pays, bien plus qu’il ne le menace. (…) Une démocratie ne doit pas non plus craindre d’apporter des réponses différentes à des besoins différents. L’égalité, ça n’est pas l’uniformité. (Discours d’E. Macron à Furiani (Corse), le 07/04/2017).

Aux tenants du repli, le président Macron prône l’ouverture. Certains diront, à tort ou à raison, qu’il en faudrait un peu plus pour être vraiment de gauche sur le plan culturel.

Dans l’hypothèse d’une majorité relative

Par contre, si l’effet d’entraînement que confère chaque élection présidentielle fait défaut, c’est-à-dire si l’exécutif ne dispose pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, divisée en 5 camps (LR, PS, FN, En Marche, République Insoumise), le premier ministre sera alors contraint de négocier dans la foulée un compromis de gouvernement avec la gauche de la droite (LR) et/ou la droite de la gauche classique (PS) , ou tout simplement gouverner sans majorité stable, en négociant chaque réforme avec l’un ou l’autre camp (Pierre Guilhaume,  L’après-présidentielle : que pouvons-nous anticiper ?, 03/04/2017). 

Est-ce le retour à la quatrième République tant honnie ? Sans doute pas. Ce qui est certain,  ce sera l’entrée dans le temps du grand débat, de la négociation et de la recherche de compromis. « Le vote est important mais ce n’est pas le scrutin qui fait la qualité de la démocratie, c’est le compromis social et la délibération », écrit la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury (L’Humanité, 29/11/2013). La société démocratique, n’en déplaise au président Macron, n’est pas la société apaisée. 

« Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage », comme le souligne Paul Ricœur (cité par Anne-Marie Comparini, La démocratie en question, dans Antenne Sociale de Lyon 24/02/2017). Visiblement, la leçon du Maître n’a pas été retenue sur ce point.
Certains diront que le débat a eu lieu et que Emmanuel Macron a été élu président de la République avec  près de 66% des voix. Certes, il faut reconnaître qu’il a bénéficié d’un des scores les plus élevés de la Ve République, mais dans des circonstances bien particulières, comme l’a souligné le numéro un de la CFDT, Laurent Berger (Le Monde, 09/05/2017). Sur les plus de 65% d’électeurs qui ont voté pour lui, plus de deux tiers l’ont fait par défaut, non pour son programme, mais pour écarter la menace du Front national. 
   
La règle de jeu du scrutin majoritaire à deux tours veut qu’"au premier  tour, on choisit, au second, on élimine". Au premier tour, les électeurs à partir de leurs préférences politiques ont porté Emmanuel Macron en tête avec 23, 86% des voix devant Marine Le Pen (21,43%). Au second tour, Emmanuel Macron a eu non seulement les voix de ses partisans, mais également les voix de celles et ceux qui, ne retrouvant pas leur choix du 1er tour, ont voulu éliminer Marine Le Pen. Et je ne parle pas de l’abstention estimée à 25,3% (Ipsos) ‒ du jamais vu pour un second tour d’élection présidentielle depuis 1969 ‒ ni du vote blanc et nul estimé à 8,8% des inscrits, soit 4,2 millions de votes (Ipsos) ‒ record absolu dans l’histoire de la Ve République. Bref, « une victoire large et fragile », titre La Croix (08/05/2017) et Laurent Joffrin, dans l’éditorial de Libération parle d’"une dette envers le peuple". 

Le président Macron a donc le devoir impératif de tenir compte de ces électeurs, en élaborant avec leurs futurs représentants au parlement des compromis et des accords partiels. Les élections législatives de juin s’avèrent donc d’une extrême importance pour l’orientation politique du pays et pour la démocratie. En votant aux législatives de juin pour nos idées, selon nos convictions les plus profondes, nous pouvons recentrer le pouvoir vers l’Assemblée nationale où tous les partis seront représentés. Le pouvoir sera moins monarchique et plus proche des citoyens. « Le pouvoir doit demeurer sous surveillance », nous dit Paul Ricœur.




1.Posté par VIEUX CREOLE le 22/05/2017 16:44

BRAVO !!
Monsieur Reynolds Michel, cela vous surprendra peut-être, mais je vous dis : bravo et félicitations !!! J’a i, en effet , critiqué sévèrement deux de vos précédentes déclarations ou propositions … Si l ’ on ne s’est jamais rencontré , j’ai très bien connu un « Ami commun » : le Père Payet que je considérais comme un Authentique disciple du Christ et qui était loin d’être « un Rouge de fond » , comme l’ont écrit certains compatriotes (surtout « des croyants- Pharisiens » !! Je n’ai nullement l’intention d’adhérer à « En Marche », Mais, j’ai voté Macron au 2è Tour du dernier scrutin! « Le plus Jeune Président de la 5è République » a proposé « le Rassemblement de tous les Démocrates de France pour tenter de redresser le Pays : c’est une idée qui séduit, vraisemblablement depuis longtemps, beaucoup de compatriotes , et j’en ai parle très souvent depuis 4 ou 5 ans … _ CE MATIN , j’ai écouté attentivement , l’interview que l’Éditorialiste Bourdin de « BFMV » a accordé au nouveau ministre de l’Éducation nationale»( qui était inconnu du grand public) Jean-Michel Blanquer…J’ai découvert un Homme très pondéré , trés pédagogue , un « Spécialiste de l’Éducation Nationale » ( j’ai cherché à connaître son « curriculum vitae ») ! IL EST bardé de diplômes …Ancien Directeur de la réputée « ESSEC », mondialement connue , Recteur de « la Périlleuse » - a-ton écrit - Académie de Créteil son dernier Livre « L’ÉCOLE DE DEMAIN » EST tout un programme qui tombe à pic !! Finalement, on append à mieux connaitre certains Hommes politiques par hasard . Ce fut le cas de Gérard Colomb pour moi ! Il n’est pas seulement le Sénateur « cumulard »des fonctions de la ville de Lyon et de la grande Métropole du » Gand-Lyon »…Je savais qu’il gérait bien cette très grande Ville …Mais j’ai appris récemment qu’il était le Fils d’un Ouvrier –Métallurgiste et d’une Mère Femme de ménage ! Agrégé de lettres, son entrée en politique ne lui a pas fait oublier ses origines très humbles …Il n’a pas peur de déclarer qu’il est « social-démocrate et s’est allié au Modem à Lyon ! C‘est le 1er Maire socialiste de France à utiliser la vidéo –vidéo surveillance, convaincu que Devrait être la Sécurité… Homme très engagé , Agrégé de lettres, son entrée en politique ne lui a pas fait oublier ses origines très modestes et ,il n’a pu s’empêcher d’être ému jusqu’aux larmes quand il a été nommé Ministre d’État ,,Ministre Régalien ,3è du Gouvernement !! Il n’a pas eu peur de déclarer de qu’il est « social-démocrate et de s’allier au Modem à Lyon !
MACRON a suscité une grande vague d’Espérance dans le Pays ! Les plus radicaux de L.R » et les deux Parts extrémistes sont décidés » à lui mener la vie dure » l!! Les Français décideront en JUIN PROCHAIN !!!!

2.Posté par margouillat974 le 22/05/2017 17:32

Rien ne sert d'aller voter aux législatives: La messe est dite. Gouvernement annoncé sans tâche ni casier et évidemment sans mis en examen= raté. Gouvernement incorruptible? Trop de ministres contre la loi de transparence, trop de ministres n'ayant pas voté les lois contre l'évasion fiscale= raté.Dès les premiers jours, les mesures annoncées (redéploiement des forces au mali, génuflexion devant la chancelière avant même l'annonce du gouvernement aux français) sont en totale contradiction avec les discours lyriques sur un France forte et libre. La couleur a d'ailleurs été annoncée clairement " pas de frondeurs chez En Marche". Pensez-vous que le 49.3 sera en berne pour ce quinquennat? Que pourrons alors faire nos chers députés qui tiennent si fort à leur place bien au chaud dans l'hémicycle : voter des motions de censure? Il nous ont déjà fait le coup et " malheureusement", il manquait toujours 3 ou 4 voix pour qu'elles soient adoptées. Ils mangent dans la même gamelle: et si nous n'allions pas voter, pour montrer notre réel dégoût et qu'aucun ne puisse se prévaloir d'une légitimité à nous enfumer?

3.Posté par KUNTA KINTé le 22/05/2017 18:35

Trop long ton truc , écris en 3 ligne , point trait!

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