Santé

"L'alcoolisation foetale, un échec de notre société"

Lundi 9 Septembre 2019 - 07:08

C'est ce lundi, à l'occasion  de la journée mondiale de lutte contre le Syndrome d'Alcoolisation Fœtale (SAF), que débute la troisième édition du Safthon dans notre île. Ce "téléthon" pour la lutte contre le syndrome d'alcoolisation foetale (SAF), porté par l'association SAF France du Dr Denis Lamblin, vise à augmenter la prise de conscience sur les dangers de l'alcool durant la grossesse, mais aussi à récolter des fonds pour faire avancer la prévention et la prise en charge des personnes atteintes, sans oublier la recherche dédiée à tous les aspects de ce SAF , qui touche près de 135 nouveaux-nés chaque année à La Réunion.

Comme l'explique le Dr Lamblin, le SAF n'est pas qu'un problème de santé publique . "On est au centre d'une problématique qui ne concerne plus uniquement le domaine de la santé, mais la société dans son ensemble. Le politique, la population, tous les décideurs doivent s'unir. Nous sommes ravis de voir que des collectivités, mais aussi d'autres associations nous rejoignent pour ce Safthon 2019", se félicite la cheville ouvrière de ce mouvement.

Des évènements organisés tout au long du mois de septembre

Des évènements seront organisés tout au long du mois de septembre, mois dédié à la lutte contre l'alcoolisation foetale. Le point d'orgue de la manifestation aura lieu le dimanche 8 septembre avec plusieurs pique-niques familiaux à l'Entre-Deux, à Saint-Philippe, à Saint-Joseph, à Saint-Louis ou encore à Saint-Denis. "Nos séquences seront relayées par 12 communes de l'île et l'an prochain, nous espérons que la totalité des communes participeront au Safthon", souhaite le Dr Lamblin.

Face au "tabou" qui règne encore dans notre société concernant l'alcoolisation foetale, le spécialiste insiste pour ne pas mettre de côté les mères de famille, "souvent les premières victimes du SAF". "Nous nous devons d'aller vers les femmes à risques et leur donner un terrain d'expression  pour leur permettre ensuite de parler de leur consommation", martèle le Dr Lamblin.

Il y a aujourd'hui à La Réunion près de 7.000 femmes qui consomment quotidiennement de l'alcool chez elles. Des femmes qui peuvent être enceintes, d'où l'importance de ne pas les marginaliser insiste le médecin. "Dans un bon nombre de cas, elles ne diront pas qu'elles ont bu pendant leur grossesse et on ne saura pas que leur enfant, sauf pour les formes les plus graves, sera atteint du SAF. Cette expression des conséquences va se voir à l'école ou plus tard dans leur incapacité à respecter les règles sociales", explique-t-il.

"On se doit de développer cette stratégie parce que l'alcoolisation foetale, c'est un échec de notre société. Il faut savoir que c'est un cul-de-sac qu'on donne aux familles qui reproduisent malheureusement ce schéma de génération en génération. C'est la triple peine pour ces mamans. Très souvent, on leur retire leur enfant et le seul moyen pour elles de survivre c'est de refaire un autre enfant, qui dans bien des cas sera malheureusement handicapé. On a bien souvent face à nous des femmes qui ne peuvent pas parler parce qu'on les juge, qui ne peuvent pas être aidées et qui se sentent honteuses de mettre au monde un enfant qu'elles aiment, mais avec un handicap", ajoute le Dr. Lamblin.

Les expérimentations réalisées dans l'île reprises dans 11 régions françaises

Pour le spécialiste, La Réunion "peut être fière", car les expérimentations réalisées dans l'île depuis plusieurs années sont reprises dans 11 régions françaises, mais aussi et surtout dans 30 pays du monde entier. "Je pense que notre mouvement va porter beaucoup plus loin c'est-à-dire que La Réunion, de par sa population, devient ambassadrice d'une cause évitable de handicap. Nous avons comme vaccin la solidarité", se félicite-t-il.   

L'action que souhaite financer l'association portera sur quatre thématiques, à commencer par la préservation des jeunes. "Les enfants, dans les collèges, on va tous aller les voir, accompagnées de mères de famille qui viendront témoigner de leurs histoires pour qu'ils prennent conscience que ce n'est pas de la faute des mamans, mais de la faute de notre société. En cinq ans, on aura vu à peu près 100 000 jeunes et on peut penser qu'avec cet accent mis dans les collèges, ceux-là (les collégiens, ndlr), auront toutes les informations nécessaires pour éviter qu'ils aient des grossesses alcoolisées".

Le deuxième point d'ancrage sur lequel le Dr Lamblin souhaite mettre l'accent est la lutte contre l'isolement des femmes en difficultés avec l'alcool. "Nous l'avons déjà fait par le passé au sein de l'association RéuniSaf qui avait produit des effets considérables puisque 3/4 des femmes avaient arrêté de s'alcooliser. Nous allons reproduire ce modèle et mettre en place des ateliers dans lesquels les mamans se sentiront valorisées pour mieux s'exprimer. L'expression par ces mamans c'est quelque chose qui leur permet d'aller tout de suite mieux."

Enfin, avec l'argent des dons, le comité Safthon souhaite au bout des cinq années de pérennisation de la manifestation "aller hors des frontières de la France" et l'étendre à d'autres pays "et montrer que La Réunion rayonne par une action humanitaire unique". "En trois ans, atteindre déjà 30 pays c'était inimaginable: ça montre bien que ça interpelle la population du monde entier et que la solution est en grande partie à La Réunion".

SI
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1.Posté par Lepoe le 09/09/2019 08:42

Pourquoi aux collèges, c'est pas un peu jeune pour penser maternité???
Parlons de moyens de contraception plus tot.

2.Posté par polo974 le 09/09/2019 09:46

Juste une remarque: sur les affiches qu'on voit, la femme fait la gueule quand on lui dit de ne pas boire... c'est déjà une mauvaise image. une femme souriante refusant de boire aurait été plus motivante.

Autre remarque: faites donc prendre conscience au préfet qui refuse d'interdire les pubs à outrance pour l'alcool (autour des écoles, collèges et lycées, produit d'appel dans les dépliants, ...), il se fait complice de ce massacre.

3.Posté par Eko lo box2 le 09/09/2019 10:12 (depuis mobile)

Les femmes boivent de plus en plus, et surtout les jeunes ! Ces jeunes qui demain nous demandent de respecter l'environnement, de bannir le plastique..Ce serait tout aussi bien de faire des campagnes contre ce fléau qu'est l'alcool et le reste.

4.Posté par Fidol Castre le 09/09/2019 10:47

C'est la foire au whisky en ce moment dans certaines grandes surfaces de l'île.
Ce combat sera difficile à gagner tant qu'on ne prend pas les mesures adéquates. Pour une fois que l'octroi de merde peut servir à quelque chose : 500% de taxe sur le whisky, ça aurait de la gueule !

5.Posté par Modeste le 09/09/2019 11:06

2.Posté par polo974 le 09/09/2019 09:46 je ne suis pas d'accord avec vous , l'image montre bien qu'elle n'est pas contente qu'on lui demande de se priver de "son petit lait"....!
.et pour ce qui est des pubs c'est à tout un chacun de ne pas se laisser influencer par celle ci! essayons d'être un peu RESPONSABLES de nos choix de vie, arrêtons de toujours accuser "l'autre" "l'Etat" ..."Macron" de nos maux , faiblesses....incompétences......et j'en passe!

6.Posté par Joseph le 09/09/2019 12:31

Enfanter c'est le propre de l'humain, mettre bas, ce sont les animaux, allez essayer de faire comprendre quelque chose à des bêtes, c'est peine perdue.

Pour exemple, tous ces soûlards qui se font attraper tous les week-end au volant de leurs autos, malgré la prévention, et s'être fait déjà prendre un paquet de fois, eh bien la leçon n'est pas assimilée.

Penchez-vous sur d'autres pistes, la prévention, les avertissements, les amendes, ça ne sert à rien.

7.Posté par Joseph322 le 09/09/2019 22:14

Elèmentaire, en plus les petits marmailles
de demain trempent aussi dans des médicaments
des ondes wifi de partout des perturbateur endocrinniens
de la pollution sonore
Les spermatos low cost du papa n aide pas non plus...
.. Le messie n est donc pas pret de revenir
Dans ces conditions ou alors ce serait
un Messie un peu simple et lowcost
Meme si les Mamans
croient souvent que leur petit sera mieux que celui de la voisine..
Hélas La réalitée nous prouve le contraire..
Quand on voit certaines tetes toutes couleurs confondus on s aperçoit
aisément sans avoir eu bessoin d etre un docteur avec un bac plus 15
qu il y a effectivement
un " probleme " ou un " hic " génetique quelque part ...
Parfois également quelques décénnies plus tard ces anomalies foetale
ou hic génetique
tellement frustré et conscient de leur états de malaise et d infériorité physique
iront parfois meme jusqu a se promettre et convoiter les
hautes sphéres du pouvoir afin d enfin renvoyer a toute la société et des millions de peronnes
au passage leur malaise. frustration et anomalie foetale initial .

8.Posté par JMD97450 le 10/09/2019 05:57

Bravo, Monsier le Doc LAMBLIN pour votre engagement, pour ce problème dévastateur

Jean Michel

9.Posté par Spark Irene le 10/09/2019 07:03

J'ose espérer que tous les enfants; jeunes ne respectant les règles sociales sont tous issus d'une grossesse alcoolisée ;) !!! Attention à la généralisation !!!! Encore un pas et tout manquement à des convenances parfois surannées seront punies !!!

10.Posté par Mano le 10/09/2019 07:49 (depuis mobile)

Hélas....un échec parmi tant d'autres...

11.Posté par Ouech le 10/09/2019 15:16 (depuis mobile)

De pitie serieux

12.Posté par Kayam le 11/09/2019 10:17

1 verre ça va, 2 verres tracas... il me semble que c'était un slogan. Mais dès lors qu'on commence avec un verre d'alcool, il faut se dire que : c'est bon on se modère et on est conscient, soit on n'aime pas et on arrête soit c'est déjà un pied franchi vers la crevasse.

On peut imager et imaginer par exemple une femme qui autrefois avait une bonne situation professionnelle, belle famille et qui à force de prendre des verres se retrouve tout à coup dépendante de l'alcool. En un instant, elle perd tout. Alors c'est le début du déclin, et ça va vite. C'est difficile de surmonter les épreuves dues à l'alcoolisme. Déjà la perte de repères, de la reconnaissance de soi, le rejet de son entourage, les yeux des autres, et la confiance ébranlée. Et ce mal qui ronge. Et cet échec personnel où toutes les économies fondent dans l'achat systématique de bouteilles.

Quand on est pas concernée ou quand ça n'est jamais arrivé autour de soi, on peut dire que tout est facile et que c'est une question de volonté, mais entre dire et faire, il doit y avoir une sacré différence.

Les enfants qui sont victimes du SAF doivent souffrir autant que la maman. Ne se sent-elle pas responsable ? et avec quelle degré de regret... A t-on le droit de jeter la pierre, surtout si des conseils ont été donnés pour qu'elle arrête de boire et qu'elle ne pouvait pas, malgré les meilleures volontés du monde ?
Sans minimiser l'amour d'un père mais les mamans sont prêtes à prendre sur elles et à dépasser même dans tous cas, tout ce qui peut toucher à l'enfant.

Une autre culpabilité et non des moindres, c'est de faire prendre son propre enfant et/ou de savoir que l'enfant n'aime pas sa maman. Imaginez tous les jours un doigt glacé pointé vers cette femme...et elle avec ses yeux mouillés en implorant du pardon...qui n'arrive jamais. Pourquoi, parce que l'enfant ne s'est pas retrouvé dans un foyer "normal", parce qu'il subit des moqueries, parce qu'il ne grandit pas avec les moyens cérébraux que la plupart des enfants et, et... jusqu'à ce que lui aussi commence avec 1 verre et continue dans des perpétuels tracas.

Jusqu'à ce que la mort les sépare sans que la vie ait pu raccommoder ce fameux cordon ombilical qui reliait l'une à l'autre.

13.Posté par Joseph le 13/09/2019 20:22

A Kayam :

Yenyen, yenyen, snif, bouhouhou, fé pitié...

Ou la culture du misérabilisme !

Get your fingers out of your ass, take over your destiny !

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