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L'Université de la Réunion mise sous tutelle en 2012?

Mardi 27 Décembre 2011 - 15:49

A quoi joue le président de l'Université de la Réunion ? Début décembre, après un examen en bon et due forme du budget 2012 de l'institution, Mohamed Rochdi a demandé à son conseil d'administration de ne pas voter ce même budget. Une situation assez inédite qui mérite quelques éclaircissements.


L'Université de la Réunion mise sous tutelle en 2012?
 
La Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités de 2007 a commencé à changer le paysage des universités de France. Celle de la Réunion n'y échappe pas même si l'application de la loi se fait selon le degré d'avancement de chaque région.

Alors que la présidence actuelle de l'Université de la Réunion était prête quasiment dès son accession aux responsabilités de franchir le pas de la LRU, trois ans plus tard le tableau se noircit. Le passage à l'autonomie tourne au ralenti, au point de croire selon beaucoup d'observateurs que Mohamed Rochdi a plongé volontairement l'institution vers une mise sous tutelle par le ministère. Les premières indications ne tarderont pas à venir du Rectorat en charge du contrôle du budget 2012 de l'Université.

Prochainement, l'Université de la Réunion sera sous statut à responsabilité et compétences élargies (dite RCE) au 1er janvier 2012. Problème, en n'adoptant pas son propre budget, la présidence de Mohamed Rochdi a rejeté le budget en mode RCE qui devait aller de paire. Les conditions sont donc créées pour une mise sous tutelle par l’État dès le début 2012.

Quelle décision prendra M. Fourar ?

Que va-t-il se passer une fois que la trêve des fêtes sera passée ? En votant il y a moins de trois semaines un budget non conforme à ce fameux statut RCE, la présidence envoie un message au gouvernement. "Nous voulons passer à l'autonomie mais les finances en notre possession ne nous permettent pas d'appliquer cette transition vers l'autonomie" dont le dernier wagon passera le 1er janvier 2013.

Mais avant d'évoquer 2013, l'année qui vient promet des turbulences. Dans les prochaines semaines, le Recteur Mostafa Fourar, en tant que chancelier de l'Université (un peu à la manière du contrôle de légalité de la Préfecture en direction des collectivités et établissements publics), devra se pencher sur un budget qui n'est pas arrivé dans les délais à ses services. Une fois cette condition de forme outrepassée, un menu plus consistant attend le Recteur. Plusieurs possibilités sont envisageables.

Soit le Recteur accepte un budget non RCE pour un établissement qui l'est. Une hypothèse contradictoire qui ne devrait pas vivre très longtemps. Malgré tout, et avec un "oui" approbateur du Recteur, cela voudrait-il dire que le mode RCE est activé (en force) ? Restera à en déterminer l'entrée en vigueur totale (budget conforme au statut). Soit le Recteur n'accepte pas cette situation binaire de budget non RCE pour un établissement censé être en RCE, ce qui amènerait l'Université à passer sous tutelle.

Selon des proches du dossier, le coup de bluff du dernier conseil d'administration de début décembre marque un désengagement de la présidence. En effet, en provocant une mise sous tutelle, la présidence lèguerait une situation délicate au ministère. Les comptes sont dans le rouge alors même que le budget de l'exercice précédent n'incorporait pas le traitement des personnels de l'Université. Or, la réforme LRU, dans sa déclinaison pleine et entière transfère les charges de personnel aux universités françaises.

"Rochdi souhaite faire porter le chapeau de la mauvaise situation à l'Etat" selon des observateurs

"L'équation était pourtant favorable", annoncent les mêmes habitués qui resteront anonymes. L'établissement a bénéficié pour son fonctionnement d'une augmentation de plus de 25% du ministère ces quatre dernières années. Afin de basculer vers l'autonomie, une année de transition devait permettre aux administratifs de la comptabilité de tester la configuration "autonome" de l'institution. Cette simulation n'a pas été faite selon eux. L'Université n'est tout simplement pas prête.

Que se passerait-il dans le cas d'une mise sous tutelle ? Là aussi, la situation frôlerait l'inédit. Un budget de tutelle est composé à 80% du budget de l'année N-1 de la tutelle. Dans le cas présent, l'Université devrait composer avec seulement 80% d'un budget 2011 qui ne comprenait déjà pas la masse salariale !

A la lecture des mesures drastiques qui se profilaient (non renouvellement de contrats, coupe dans les effectifs,…), on comprend mieux pourquoi le président de l'Université préfèrerait laisser au ministère de tutelle (le mot est de circonstance) le loisir de prendre les décisions qui fâchent. "Une manière pour le président Rochdi de se dédouaner et en pointant du doigt le désengagement de l'Etat" avancent les proches du dossier.

Si ce scénario se confirme, l'Université de la Réunion viendrait gonfler les rangs des universités métropolitaines également sous tutelle.

Paris 6, Paris 13, l'université de Savoie, Bordeaux 3 et Limoges sont en effet sous surveillance. S'y ajoutent deux grandes écoles, l'ENS Cachan et l'Insa de Rouen, dans le collimateur pour leur piètre gestion. Les mauvaises langues parlent elles de situation rendues critiques par le seul fait de présidents d'universités qui ne voulaient pas appliquer cette réforme. Ce sabordage est donc le dernier levier en leur possession…
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par jyves974 le 27/12/2011 19:23

Un president d 'Université doit etre choisi suivant ses competances, comme pour un chef d'entreprise, et non, suivant sa carte du parti.

2.Posté par Mao Zedong, le pota momo le 27/12/2011 20:09

Mao a peut-etre dit : "Au royaume des aveugles les borgnes sont rois"
Rappel des faits : Mon "ami" Rochdi (de 30 ans), a toujours déclaré vouloir être le 1er président des Universités d'Outre-mer à accéder aux RCE (Régence, Clientélisme et Exceptionnellement-médiocre). Et maintenant vous voulez faire croire qu'il ne veut plus ? Allons ! Soyons sérieux !
Ceci dit, pour assurervsa réélection, il a besoin de pouvoir distribuer promotionssss, voyages et heures supplémentaires non-imposables (dans le jargon interne à l'Université, on parle d'heures complémentaires) a ses électeurs... Pour ceux que cela intéresse, le montant de l'enveloppe peut représenter plus de 30000 euros (trente mille euros) annuels....
Or, le vilain ministère ne veut pas cautionner le système Rochdi-Boyer mis en place !
Qu'il n'en déplaise, il suffit de faire voter le Conseil d'Administration de Panurge un budget "imbécile" et de forcer la main à la tutelle (on engage les crédits de dépenses sans assurer le reste). Ainsi la tutelle n'a plus de marge de manœuvre pour 2012 !
Bien sur, les modifications qu'il fallait engager depuis 2009/2010 n'ont pas été réalisées (c'est même plutôt l'inverse), mais Rochdi et son équipe d'aveugles ne sont nullement en capacités intellectuelles de les comprendre et de les réaliser. Seul importe le "fond de commerce" (promotions, ....)
En attendant, l'Université est plantée voir au bord de la faillite... Et qui paie ?
Les étudiants (hélas souvent complices malgré eux car manipulés) et plus généralement nos concitoyens réunionnais (zot tout', quoi !)
Rochdi, essayes d'être un tant soit peu responsable, va-t-en !
Tu clames sur tous les toits que tu assumeras tes responsabilités, alors prends-les et quitte la Reunion !

3.Posté par Freddo Le Groslot le 27/12/2011 23:11

Alors les tropicaux ça vous en bouche un coin?
Je vous l'avais pourtant dit vous n'êtes pas au bout de vos surprises avec Momo.
Le ministère devra céder car sinon ce sera sa fête jusqu'à son éviction et plus l'échéance se rapprochera pour son éviction mieux il composera.
.Et mon bon Momo il rempilera ou il sera recteur comme Moustafa.Faudra choisir les tropicaux.Pile je gagne et face je gagne .Elle n'est pas belle la vie?
Bon faut que je vous quitte je dois aider Momo à rédiger une note pour Annette lui au moins a compris .

4.Posté par chikun le 28/12/2011 04:28

L'usine à chômeurs qu'est l'université est très bien dirigée. Les syndicats y sont TOUT-PUISSANTS.C'est la preuve que cettte fabrique d'assistés marche bien. «No futur», telle pourrait être la devise gravée au fronton de l'université.
A l'université les profs font cours ou pas. Tout le monde s'en fout ; aucun contrôle de présence, personne pour avertir les étudiants de l'absence d'un prof.
Les enseignants savent très bien ce que vaut l'université.... C'est pour cela qu'ils mettent leur progéniture dans les grandes écoles. Nos impôts servent à fabriquer des chômeurs, merci les socialo-communistes.

5.Posté par Epsilone le 28/12/2011 06:51

Dans ce conseil d'administration il y a parmi les membres des représentants :du CG,du CR, de la Cinor,du monde économique .
Peux-t-on savoir s'ils étaient présents ou représentés ,et par qui,lors de ce CA?
Peux-t-on savoir à quel moment le recteur a -t-il été saisi du budget mode RCE?Pourquoi ne s'est-il pas opposé à sa présentation hors délai dés le départ?
Pourquoi n'a-t-il pas joint directement les membres du CA?
Peux-t-on savoir si le budget au mode non RCE ,lui a été présenté et quand?
Il serait grand temps ,en attendant d'autres développements inévitables, que le Recteur Moustafa Fourar s'explique.
N'a -t-il pas de comptes à rendre :sur la situation de l'université ,dont il est le chancelier? sur ce président et la façon dont il pilote l'université?sur les alertes qu'il a faites ou pas à ce président?
M.Mousta Fourar doit s'expliquer et rendre des comptes.Il a des responsabilités il doit les assumer.
Il est urgent de vous entendre M. Mousta Fourar

6.Posté par Universitaire de passage le 28/12/2011 07:03

L'article, comme les commentaires, font comme si tout se ramenait à des ambitions personnelles et à des stratégies politiciennes. C'est le signe à la fois d'un manque d'investigation journalistique, d'une incapacité à saisir la complexité des enjeux, et de l'isolement de La Réunion par rapport à l'ensemble des débats et des actions qui ont agité l'université française depuis 2009, avec plus de 80 établissements en grève, bloqués ou contestant d'une manière explicite la loi LRU et refusant le passage aux RCE.

Ces refus de l'ensemble de la communauté universitaire, des enseignants-chercheurs aux personnels administratifs en passant par les étudiants ont été argumentés, longuement, et seuls les présidents d'universités et directeurs de grandes écoles (et encore : pas tous !) se sont fait les chantres de l'application de ces réformes imposées sans aucune concertation.

Par absence visible d'investigation et d'intérêt pour l'université telle qu'elle se vit au quotidien et telle qu'elle est pensée par ses acteurs, cet article fait l'impasse totale sur ces réflexions et sur leur histoire déjà ancienne, mais pourtant connue et bien documentée.

Ami lecteur, qui n'êtes pas coutumiers des débats entre universitaires, allez donc plutôt lire les sites de Sauvons l'Université, ou Sauvons La Recherche, si vous voulez comprendre le contexte qui conduit à la situation qui n'est pas décrite par cet article. Vous y trouverez plus de réflexion, car tout ne se résume pas à des querelles politiciennes ou à des ambitions personnelles : il y est aussi question des valeurs du service public, de l'égalité entre les citoyens face à l'accès au savoir et à l'éducation, des conditions de travail des salariés de l'université, des libertés académiques menacées par ces réformes, de l'effondrement prévu de l'université et de la recherche à cause de cette fausse autonomie imposée d'en haut, et refusée par les personnels, bref, loin des idéologies médiatiques, vous aurez une chance de comprendre ce qui se passe. Quelques liens utiles :

http://www.sauvonsluniversite.com/
www.sauvonslarecherche.fr
http://paulyon2.wordpress.com/
http://universitesenlutte.wordpress.com/
http://www.universite-democratique.org/

7.Posté par Universitaire de passage le 28/12/2011 07:11

@Chikun :

L'ensemble de votre commentaire est faux. il n'y a 8% de syndiqués dans l'université française, et lors des dernières luttes contre la LRU et les RCE, le mouvement n'a pas été initié par les syndicats qui n'ont plus aucun pouvoir, mais par des coordinations politiquement indépendantes. Le mythe d'une université marxiste a peut-être été vrai quelques mois en 68, mais aujourd'hui, cette idée fait sourire. Ensuite, il est rigoureusement faux que l'université serait une usine à chômeurs. D'ailleurs, vous êtes bien incapable de le montrer. Allez faire un saut sur les statistique de l'INSEE, et vous verrez que les choses sont plus subtiles. Par ailleurs, le rôle de l'université n'est pas et n'a jamais été de produire des emplois : ça, c'est le rôle des employeurs et de l'Etat. L'université a pour rôle de former l'esprit critique des citoyens et de leur donner des compétences scientifiques. Si derrière, les employeurs (industrie, PME, PMI, etc.) sont incapables de saisir cette chance et préfèrent des gens non formés et sous qualifiés car plus malléables et plus corvéables, c'est leur problème, ou disons que c'est un problème politique et social, mais ce n'est pas la faute de l'université. Enfin, il est rigoureusement faux qu'on puisse ne pas faire cours à l'université : les enseignants sont astreints à un nombre d'heures qui est contrôlé, et dont ils doivent rendre compte. Ce n'est pas parce qu'un ou deux Profs (Luc Ferry, entre autres) on manqué à leur devoir que cela condamne l'ensemble des pratiques.

8.Posté par sgeg le 28/12/2011 09:37

post 7 "" L'université a pour rôle de former l'esprit critique des citoyens et de leur donner des compétences scientifiques. Si derrière, les employeurs (industrie, PME, PMI, etc.) sont incapables de saisir cette chance et préfèrent des gens non formés et sous qualifiés car plus malléables et plus corvéables, c'est leur problème """"
voilà bien le type de raisonnement qui explique pourquoi nous avons en france le record du monde de chômage chez les jeunes...on forme les jeunes à tout et n'importe quoi sans se soucier des besoins du marché de l'emploi....c'est très précisément LE problème de l'université française !
et les employeurs ne recherchent pas toutes des gens" malléables et corvéables à merci" , voilà une vision bien étriquée de la société...par contre , il est vrai que les entreprises ne raffolent pas "d'intellos" prétentieux, pleins d'exigences mais ne sachant faire grand chose , comme il en sort tant de la fac...

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