Courrier des lecteurs

L’Europe, un "espace de démocratie", qu’ils nous racontent !

Lundi 13 Novembre 2017 - 10:03

J’ai peu de sympathie pour les indépendantistes catalans, eux qui s’acharnent à disloquer par tous les moyens une des plus vénérables nations européennes. Cependant quand j’apprends que la justice belge, obtempérant docilement à un « mandat d’arrêt européen » émis par le gouvernement espagnol, a d’ores et déjà placé en garde à vue Puigdemont et ses acolytes en vue de procéder ensuite éventuellement à leur extradition, je me pose quelques questions. Comment l’Europe « démocratique », celle qui accueille à bras ouverts des réfugiés politiques (ou prétendus tels) venus des quatre coins du monde, peut-elle envisager dans le même temps de livrer sans sourciller des réfugiés politiques européens à l’état européen qui les réclame ? Car Puigdemont et sa bande, quoi qu’on puisse leur reprocher, n’ont pas commis de crimes de sang, ne sont pas accusés de corruption ou de viols de petites filles, mais sont bel et bien des réfugiés politiques en butte à une répression de nature politique. Exactement comme les opposants à la politique algérienne du Général de Gaulle, lesquels étaient à l’époque allés s’abriter en Suisse, en Belgique ou en Espagne, étaient des réfugiés politiques à qui, en ce temps-là, il paraissait parfaitement normal et légitime d’accorder le droit d’asile.

Un autre cas m’interpelle, celui de Marine Le Pen, dont l’immunité parlementaire vient d’être levée, le mercredi 8 novembre dernier, par un vote du bureau de l’Assemblée Nationale. Vais-je, sur le mode de la rengaine, entonner à nouveau le couplet que je viens déjà de prononcer à propos de Puigdemont ? Marine Le Pen, laquelle n’a pas de sang sur les mains, Marine Le Pen qui n’a pas violé des petits garçons, Marine Le Pen qui n’a pas braqué des banques, etc., etc. ? Alors, pourquoi donc se voit-elle ainsi arbitrairement privée de cette garantie démocratique prévue par la Constitution de la République afin que, sur tous les sujets qui concernent la vie du pays, puisse être assurée pour chaque député, en particulier pour ceux qui appartiennent à l’opposition, une totale liberté d’expression ? Pourquoi se voit-elle privée d’une disposition destinée à empêcher que l’on puisse se saisir de n’importe quel prétexte pour bâillonner un élu du peuple qui entend remplir consciencieusement son rôle d’élu du peuple ? Eh bien le seul crime de Marine Le Pen, c’est d’avoir, le 16 décembre 2015, sur son compte Tweeter, publié trois photos pour illustrer la barbarie des crimes de Daesh et pour répondre ainsi à ceux qui s’étaient cru autorisés à assimiler le parti qu’elle dirige à l’Etat Islamique. A la suite de cela elle s’était retrouvée inculpée par la justice pour « apologie du terrorisme ». On croit rêver !

Pourtant, la veille même du 8 novembre, le mardi 7 novembre, on avait pu assister à l’Assemblée Nationale à un numéro étonnant et très bien préparé. Richard Ferrand, le chef des députés « En Marche » avait interpellé le Premier ministre au sujet de menaces pesant contre Charlie-Hebdo et la liberté d’expression. Son interpellation avait été saluée debout par les parlementaires qui l’avait applaudi à tout rompre. Puis Edouard Philippe lui avait répondu et avait déclaré solennellement :

« La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dispose, en son article XI : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi. » […] Parce que nous sommes attachés, en France, à cette déclaration, nous sommes attachés à cette liberté fondamentale qu’est la liberté de penser, de s’exprimer, et aussi, mesdames, messieurs, de caricaturer. Nous avons tous fait l’objet de caricatures. Il arrive que nous les trouvions plus drôles quand elles concernent les autres ; il arrive que nous ne les trouvions pas drôles ; il arrive même que nous puissions les trouver choquantes, car c’est l’objet de la caricature que de choquer. Qui peut affirmer ici que toutes les caricatures publiées par des journaux satiriques l’ont convaincu ? Probablement peu de gens. Et pourtant, chacun sait ici que cette liberté de caricaturer est essentielle et que nous devons la préserver, comme nous devons protéger tous ceux qui, au nom de cette liberté de caricaturer, seraient menacés. […] On ne peut pas, dans notre pays, mettre impunément en cause la liberté de penser, de s’exprimer et même de caricaturer.»

De bien belles paroles et qui ont suscité sur tous les bancs des applaudissements nourris ! Mais que penser de tous ces braves gens qui un jour applaudissent à tout rompre Ferrand et Philippe quand ces derniers proclament qu’il faut défendre avec intransigeance ce bien si précieux qu’est la liberté d’expression pour tous les citoyens et qui le lendemain même votent la suspension de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen pour avoir prétendument abusé de sa liberté d’expression ? Que ce sont des gens inconséquents, qui font exactement le contraire de ce qu’ils disent ou que sont de viles hypocrites qui ne cherchent qu’à abuser l’opinion en s’affichant dans des postures avantageuses ?
André Pouchet
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1.Posté par beteimmonde le 13/11/2017 10:36

ll existe en France un parti qui ne veut pas dire son nom : c'est le parti de la surdité .Ce parti règne dans la plupart des média et principalement dans ceux qui sont subventionnés .Ils sont criminels dans le sens qu'ils s'emploient à cacher les dangers qui nous menacent ou à détourner notre attention[ vers des problèmes mineurs coImme 'celui de la chasse aux"porcs " ou de l'écriture inclusive . Malheur à celui qui dénoncerait une immigration sauvage , honte à celui qui verrait chez le musulman un terroriste islamiste en puissance ,levée d'immunité parlementaire pour celle qui nous met en gade . Il y a bien l parti de la surdité et celui de l'aveuglement .

2.Posté par Samwinsa le 13/11/2017 10:47 (depuis mobile)

Parske zot i kroi vréman i exis la démokrasi ?
I fé kroir ou ou choizi mé nou voi bien mêm ek lErop: kan le peup i di non, zot i di oui.

3.Posté par JANUS le 13/11/2017 13:25

Cher Monsieur POUCHET,

Une Démocratie c'un espace dans lequel peut s'appliquer pleinement le Droit ... Et cela quel que soit votre statut ...

Nul besoin d'avoir du sang sur les mains, ou d'avoir violé un enfant, pour que le Droit s'applique à vous ...

Comment pouvez-vous vous plaindre qu'un pays applique le Droit et le Droit international ???


4.Posté par A mon avis le 13/11/2017 13:36

Monsieur Pourchet, je n'ai pas lu tout votre baratin : je n'ai retenu que les cas de Puigdemont et de Marine Le Pen,

Mais le premier principe démocratique est de respecter la constitution et les lois de son pays.
Vous le dites vous même, la liberté est limitée par la loi.
Et c'est à la justice de dire si oui ou non il y a infraction à la loi.

Et jusqu'à présent, la France en particulier, et les pays de l'UE en général sont des lieux où la démocratie s'exerce de façon exemplaire.

La liberté d'expression dont vous jouissez, vous permet d'écrire toutes sortes de sottises !

5.Posté par beteimmonde le 13/11/2017 15:37

Si on ferme les yeux ,si on se bouche les oreilles on peur affirmer haut et fort que nous vivons dans une démocratie exemplaire sauf si on vient à déranger une bonne pensance omni présente.

6.Posté par klod le 13/11/2017 18:46

certes l'Europe est à améliorer ................mais les anti européens ( je synthétise !!!) viennent ou

de la droite extréme et affidés ( wauquiez et compagnie .............. et dupont légnan............ )


ou

d'une gauche réactionnaire ( si ça existe , ce n'est pas un oxymore !!!)


L'Europe est un espoir à améliorer .

7.Posté par Pouchet le 13/11/2017 20:16

Ni M. Janus, ni M. Amonavis ne semble vouloir comprendre que, ce dont parle mon papier, c'est d'une part du "droit d'asile" et d'autre part de "l'immunité parlementaire", deux choses qui ne sont pas des inventions sorties de mon imagination mais qui sont, tout au contraire, des dispositions explicitement prévues et codifiées par la loi. Le fait qu'ici, en l’occurrence, elles aient été violées devrait inquiéter les esprits libres, pas encore totalement soumis à l'idéologie totalitaire de Big Brother.

Je crains malheureusement que l'esprit de mes deux contradicteurs ait été définitivement gangrené par le consentement docile à la servitude bêlante. George Orwell, priez pour eux !

8.Posté par beteimmonde le 13/11/2017 21:45

Quid du général De Gaulle ? Il avait été condamné tout au début du régime de Vichy . Etait il un déserteur à Londres ou un insoumis .? Le gouvernement en fuite à Bordeaux avait remis tous les pouvoirs au maréchal Pétain pour qu'il demande un armistice aux allemands lancés pour occuper la totalitéde la France .

9.Posté par A mon avis le 13/11/2017 22:57

@ 7 Pouchet : vous avez belle mine de parler de servitude bêlante en défendant Marine Le Pen. Pourquoi votre groupie devrait-elle échapper à la justice pour ses affaires qui n'ont rien à voir avec sa fonction de parlementaire !
Comme vous l'avez dit, la liberté d'expression est soumise à la loi. Ce sera à la justice de juger !

Et que vient faire George Orwell dans cette histoire ?

Nous avons la chance de vivre dans un pays libre et démocratique ! Et par les temps qui courent c'est une chose qui est rare et précieuse !

Alors ne crachez pas dans la soupe !

10.Posté par Dazibao le 13/11/2017 23:16

@4

"Et jusqu'à présent, la France en particulier, et les pays de l'UE en général sont des lieux où la démocratie s'exerce de façon exemplaire."
.................................

A tel point que la France est l'un des pays européens le plus condamné par la Cour EDH.

11.Posté par A mon avis le 14/11/2017 12:10

@ 10 l'existence même de cette Cour européenne des DH, est une preuve de démocratie à l'échelle européenne !

12.Posté par margouillat974 le 15/11/2017 07:43

y'a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, y'a pas plus sourd que celui qui ne veut rien entendre

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