Société

Justice: Mieux prendre en compte les publics précaires

Lundi 12 Novembre 2018 - 16:51

En décembre dernier, la présidente du Tribunal de grande instance de St-Pierre avait pris ses fonctions en faisant référence à l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
En décembre dernier, la présidente du Tribunal de grande instance de St-Pierre avait pris ses fonctions en faisant référence à l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
Magistrats, élus, responsables associatifs étaient pour la première fois réunis en conseil de juridiction vendredi au palais de justice de St-Pierre. Un conseil animé par la présidente du TGI, Valérie Lebreton, qui a pour objectif "d’ouvrir la justice sur la société" avec pour thème cette année "la justice et la précarité". "Les indicateurs se cumulent dans le département": 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 23% de taux de chômage… La justice fait face au quotidien à des publics précaires qu’il s’agit d’accueillir au mieux: des femmes, des mineurs, des personnes âgées isolées, des SDF et des personnes en situation d’handicap.  Alors que "le maillage de l’accès au droit est assez intéressant à La Réunion", a noté le procureur Laurent Zuckowicz, beaucoup de justiciables n’osent franchir le pas.  

La difficulté de compréhension et le "jargon judiciaire" constituent la première problématique soumise à débats. Les 22,6 % de personnes illettrées à La Réunion et "le fossé linguistique" freinent les demandes des justiciables. Une formation des nouveaux arrivants aux expressions et mots créoles les plus courants a été proposée par le conseil en plus de l’importance soulignée de l’accueil et de l’aide apportée par des associations comme l’Arajufa. 

Pour pallier les problèmes de transports car "les publics précaires ont du mal à se rendre au palais de justice", le conseil a proposé la création de taxis solidaires, d’éviter les multiples renvois, un numéro vert justice pour les questions basiques, d'envoyer des messages de rappel de convocation par sms, l’ouverture d’une page Facebook du TGI ou encore la gratuité des transports en commun.

Ce temps d'échanges et de propositions, appelé à se renouveler l'année prochaine sur un autre thème, s'est terminé sur la problématique du logement. 1 300 à 1 400 ménages sont sous le coup d’une menace d’expulsion et 17 000 ménages sont mal logés. Une décision de justice peut aggraver la situation des publics précaires. "La charte nationale de l’accès au droit signée il y a deux ans n’a pas été mise en place ici", déplore Matthieu Hoarau, directeur de la Fondation Abbé Pierre. " Peu de personnes osent se saisir de la justice et quand elles le font, elles sont découragées par le coût et la durée".
PB
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1.Posté par Hoarau le 12/11/2018 18:08 (depuis mobile)

Vous avez raison Mr Mathieu Hoarau, mais il n''y a pas que le coup et la durée, il y a aussi les petits arrangements entre certains magistrats, particuliers et meme l''ARS qui tendent a spollier les droits des locataires de maison insalubre.

2.Posté par Justice le 13/11/2018 09:30 (depuis mobile)

La justice doit être juste.

C'est pas gagné.

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