MENU ZINFOS
Faits-divers

Jets de colis à Domenjod : Il retourne en prison le jour de sa libération


Si le confinement a été difficile pour tout le monde, il existe un microcosme qui vit dans l'ombre et pour qui le confinement a apporté son lot de problèmes. En effet, l'univers carcéral a dû s'adapter à l'interdiction des parloirs en raison de la crise sanitaire, entraînant une réorganisation des trafics en tous genres qui passent d'ordinaire par les visiteurs.

Par - Publié le Jeudi 17 Septembre 2020 à 10:34 | Lu 3527 fois

Ce mercredi, le tribunal judiciaire avait à juger trois hommes suspectés d'avoir participé à un trafic de stupéfiants, de téléphone et de montres connectées à destination d'un détenu de la prison de Domenjod. Wilfrid K. 36 ans, détenu affichant 15 mentions à son casier, apparaît comme le principal instigateur du réseau. Il a usé de son influence auprès de son frère Thierry P., 27 ans, pas de casier, pour lui faire parvenir de quoi tenir pendant qu'il était dans le dur. Il a lui-même fait intervenir Rodolphe N., 31 ans, 12 mentions au compteur, pour l'aider dans ses démarches. 

La vie en prison n'étant pas un long fleuve tranquille, Wilfrid K. qui devait être libre le 20 mai dernier après 7 mois de détention, s'organise par l'intermédiaire de son frère et son dalon pour préparer sa sortie. Il se fait livrer drogue, téléphone et montre connectée par l'intermédiaire de "lanceur" depuis l'extérieur de la prison. Pour entrer en contact avec eux, il se sert de la ligne de la prison, mais aussi d'un portable dont la sim est au nom du père de Rodolphe N. Les surveillants, attentifs à la recrudescence des jets de colis en cette période de confinement, demandent l'ouverture d'une enquête. Il s'avère au final que le trafic a été dénoncé par des détenus. 

La police met en place un système d'écoute pour surveiller Wilfrid K. et récupère les enregistrements de la prison. Dans les conversations, les techniques de confection de colis reviennent avec insistance. Des mots codes, qu'il demande sans cesse, tels que "bam-bam", "coq péi", "cari tangue", ou "fromage" sont notés. Il explique à l'audience que c'était pour "préparer sa sortie". Bien préparés, les surveillants interceptent les 22 et 28 avril, deux colis contenant zamal, cocaïne, ecstasy, rivotril, artane, téléphone, une carte sim - celle du père de Rodolphe N. - et une montre connectée. "C'était pour améliorer mon quotidien en prison, mais il n'y a pas que moi qui en ai profité" explique-t-il à la présidente. 

Ironie du sort ou pas, au lieu d'être libre le 20 mai dernier, il se retrouve déféré

Ironie du sort ou pas, au lieu d'être libre le 20 mai dernier, il se retrouve déféré avec ses deux compères devant le juge pour s'expliquer sur le trafic qu'il mène en prison le même jour. Il est présenté en comparution immédiate dans la foulée, les défenses demandent un renvoi compte tenu de l'ambiance post confinement au regard de la portée médiatique et du contexte. "Ils ne nous prennent pas pour des "coq peï", mais pour des lapins de 6 semaines" s'agace la procureure compte tenu des explications douteuses des prévenus à barre.

"J'insiste sur la singularité du contexte. Les colis sont de véritables monnaies d'échange en détention. Ils utilisent des balles de tennis coupées pour y loger les objets" explique le parquet qui demande 1 an de prison, dont 6 mois de suris probatoire pour Thierry P., entre 18 mois et 2 ans de prison avec maintien en détention pour Rodolphe N., et entre 2 ans et 2 ans et demi de prison et maintien en détention pour Wilfrid K. Compte tenu des casiers des deux prévenus incarcérés, les défenses insistent sur l'inutilité de peines avec sursis probatoire préférant du ferme, mais dans une moindre mesure.

"Quel couillon, il est déféré le jour de sa sortie, c'est pas très intelligent !"

"Quel couillon, il est déféré le jour de sa sortie, c'est pas très intelligent ! Pour autant, il faut relativiser, il n'a pas organisé les entrées de tout le parloir. D'ailleurs, ils ont été dénoncés, c'est vous dire la moralité dans les prisons. Nous n'avons que des indices, il n'y a pas grand-chose dans ce dossier" plaide la défense de Wilfrid K. qui dénonce que les retranscriptions des écoutes n'aient pas été faites par un interprète, le créole n'étant pas considéré comme une langue par loi.

Le conseil de Rodolphe N. enchaîne : "Il prend la vieille carte sim de son père, c'est pas très futé. C'est plutôt un trafic de pied nickelé ! Nous avons 3 personnes ici, mais pas une image de ceux qui lancent les colis malgré la présence de nombreuses caméras ! On s'est contenté du minimum syndical alors qu'on vous demande des peines importantes". La dernière plaidoirie revient au conseil de Thierry P. : "Il a été transparent et honnête, il a subi la pression de son frère. C'est sa première erreur, pour lui la drogue c'est fini. Il est naïf et influençable, je vous demande un sursis simple".

Les défenses ont finalement été entendues pas le tribunal, Thierry P. est condamné à 8 de prison avec suris simple, Rodolphe N. est maintenu en détention pour 12 mois alors que Wilfrid K. devra faire 15 mois de plus à Domenjod. 


Regis Labrousse
Faits-diversier Passionné par tout ce qui vole, j'ai eu la chance de pouvoir effectuer une longue... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par mister Magoo le 17/09/2020 12:34

S'il y a bien un endroit où la livraison de colis fonctionne c'est en prison, car pour la Poste dont c'est le métier, ça ne fonctionne pas aussi bien...

Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
CHARTE DES COMMENTAIRES

Zinfos 974 vous offre un espace commentaires vous permettant de réagir, discuter, informer. Cet espace est ouvert aux internautes inscrits et non-inscrits au site.

Les intervenants doivent respecter les principes élémentaires du débat.

Sont proscrits :

- Les insultes, les attaques personnelles, les agressions, les propos discriminatoires sous toutes les formes - que ce soit envers les intervenants, les commentateurs ou l'équipe de Zinfos 974.

- Tout contenu contraire à la loi : l'incitation à la violence ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation, les propos homophobes, la négation des crimes contre l'humanité, ou la justification des actes violents et des attentats.

- Les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

- Merci d'éviter le hors sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations.

- La répétition d'un même commentaire, assimilée à du spam.

- La publicité. Ne soumettez pas des liens commerciaux.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de Zinfos 974 via l'adresse contact@zinfos974.com

Vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de Zinfos 974 se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l'estime nécessaire pour la bonne tenue du débat.

Zinfos 974 est seul juge des messages qu'il publie ou modère - y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessus. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant l'adresse contact@zinfos974.com, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes