Société

[JULES BENARD] Souvenirs, souvenirs... Picnics des fifties: Pas toujours très sérieux, tout ça!

Mardi 27 Mars 2018 - 08:40

Aux Aloès, il y avait de l'eau, beaucoup d'eau dans les années 50/60. On n'avait pas encore fabriqué le captage du Pavillon pour emmener l'eau du Bras-de-Cilaos et du Bras-Rouge dans les hauts du Sud. Ça coulait donc fort en bas là-bas, y compris durant l'étiage.

Mais au fait... vous connaissez les Aloès ?

Une affaire sérieuse ; une stratégie de légionnaire !

Il s'agit du lieu de pique-nique (enfin... il s'agissait, parce qu'aujourd'hui...), le lieu de pique-nique donc, favori des habitants de La Rivière, du Ouaki et de Saint-Louis parfois. Je dis « parfois » parce que les Saint-Louisiens avaient, à portée de galet, les berges de l'Etang du Gol, lequel, alors, ne puait pas encore la charogne. Tonton Léonus n'eût jamais permis ça.

Aller aux Aloès, rien de plus simple. Lorsqu'on emprunte le chemin de Cilaos, dès le Ouaki, la route plonge dans la rivière Saint-Etienne. Au bout de quelques kilomètres, on arrive à un endroit où le chemin côtoie le bord de l'eau. Aucun espace aménagé pour, aucune barrière, aucun panneau d'interdiction de quoi que ce soit : on s'installait où on voulait.

Les pique-niqueurs allaient aux Aloès qui en voiture, qui en camionnette, qui pedibus cum jambis. Les grandes nappes blanches étaient déployées, les marmites s'alignaient selon l'ordre d'utilisation, les femmes et filles se mettaient aux fourneaux : « vanne do riz » dans le vent, pluche l'ail èk zoignons, crase tomates, crase piment dan' pilon. Parce qu'à cette heureuse époque, on savait encore préparer l'authentique rougail tomate dan' pilon, pas èk couteau à dents ! La plus âgée se chargeait de faire passer la volaille de vie à trépas, recueillant religieusement le sang chaud dans une gamelle garnie au préalable de riz sec, de persil haché et de thym ébranché.

C'est que le pique-nique créole traditionnel s'organisait selon une stratégie affinée de longue date. Un peu style commando-razzia de la Légion étrangère, avec revue de détail du matériel de campagne, provisions, armement. Pas question de petits sandwichs rikiki, pains-bouchons, saucisson, poulets grillés-la-poussière etc. L'aurait plus manqué que ça, tiens !

« Kiravi, votre vin favori »

Tout ce qui était indispensable au monstrueux gueuleton à venir, était soigneusement aligné sur les nappes et saisies, piment, l'ail, zoignons, tomates, safran... plus les petites gamelles en aluminium et les cuillères idoines. Et les bouteilles car y'a pas d'mal à s'faire du bien ! Rhum du Gol, vins Kiravi (« votre vin favori ») ou Covino (« le vin qu'il vous faut »), in' ti rhum la paille pour après le repas, et quelque limonade-maison, à savoir de grosses bouteilles avec des citrons percés (les morceaux allaient dans les limonades avec le jus) et le tout s'en allait rafraîchir dans les flots limpides.

Pendant que ces dames et demoiselles s'affairaient aux préparatifs, hommes et garçons s'en allaient ramasser du bois. Car il n'est de vrai pique-nique qu'au feu de bois. Et du bois, il n'en manquait pas. Les deux berges étaient encombrées de bosquets de goyaviers (de pieds d'goyave, si vous préférez), de « banoirs" (bois-noirs ou zacacias) et de pieds d'l'encens. Le bois mort foisonnait, il n'y avait qu'à se baisser. Notre préféré était de bois de goyave, qui brûle longtemps et fort : deux morceaux suffisent à cuire une grosse marmite de riz.

Nous revenions vers les autres les bras chargés de bois bien sec, nous nous débarrassions de tout ça et nous nous jetions évidemment sur les choses sérieuses, à savoir notre matériel de petits (et grands) braconniers.

Le Pernod ou la contredanse ?

C'est que la nature, alors, n'avait pas encore été pillée au point d'en devenir désertique. Prodigue de ses richesses animalières, elle permettait à chacun d'améliorer son ordinaire avec un minimum d'efforts et d'imagination.

Pour piller au mieux ce qui pouvait l'être sans crainte, nous avions prévu le coup depuis la veille. Comme des chutes de moustiquaires qui allaient trouver là leur vraie utilité.

Elles nous servaient à capturer les camarons, par exemple. Peu habitués à se méfier, ces adorables (et succulentes) bestioles venaient se jeter dans ces filets-maison tendus entre les galets. Il suffisait de tendre le piège entre les galets et de s'en aller vaquer à autre chose d'aussi peu recommandable qui, aujourd'hui, vous vaudrait de vous faire gauler par les gardes-nature.

À l'époque, il y avait bien quelque garde-champêtre pour passer dans le coin par pure inadvertance, pile à l'heure de l'apéro. Vous imaginez s'il avait vite choisi entre le Pernod  (au pluriel) et son carnet de contraventions.

Outre les camarons, nos filets servaient aussi de nasse aux bouches-rondes, dont une vingtaine faisait un succulent cari le midi-même. Pour les éventuels non-avertis, les bouches-rondes sont des bichiques ayant survécu aux vouves des embouchures, devenues adultes dans les eaux vives de quelques rivières. Du moins celles qui étaient alors pérennes, rivières Saint-Etienne, Langevin, du Mât, de l'Est, des Galets... Si ! la rivière des Galets était alors sous eau même en saison sèche ; alors qu'aujourd'hui, il faut fouiller le sable en saison des pluies pour trouver une éventuelle trace d'humidité , demandez à Raymond Lauret.

« La colle » ti z'oiseaux : la SREPEN va adorer !

Ces bichiques rescapées grossissaient jusqu'à atteindre la taille d'un pouce de bûcheron de l'Oural, cinq bons centimètres de long. Grasses comme des voleuses, elles pullulaient et se laissaient prendre dans nos filets-moustiquaires avec une bonne volonté attendrissante. Il suffisait de les frotter vigoureusement entre les paumes avec un peu de sable pour en ôter la glu ; et hop ! à la marmite.

Nous avions avec nous deux spécialistes des anguilles. Jean et Paul, les fils de notre nénène Raymone, s'y connaissaient mieux que bien. Ils coinçaient entre les galets quelques zins (hameçons) au bout de leurs vers-à-soie (fils de pêche en nylon) agrémentés de demi-pistaches (cacahuètes pour les innocents) grillées. C'est ce qui avait le plus de « parfum », qu'ils disaient. Deux petites heures de patience et on allait relever les fils. Tous avec in zanguille au boute !

Pour ce que je vais dire, je réclame l'indulgence des protecteurs des animaux, car nous ne faisions que suivre l'exemple des adultes en ces périodes où la sauvegarde des espèces menacées n'était encore qu'une vue de l'esprit. Nous allions, je l'avoue en rougissant, à « la colle ti z'oiseaux ». Moineaux, ti becs roses, martins, tout était bon à assouvir notre malsaine passion.

Le procédé était d'une simplicité enfantine. La veille, Paul et Jean avaient fabriqué la glu, à base de pulpe de graines de teck bien mûres. Ils avaient chauffé la pulpe longtemps. Aucune colle-à-bois ne vaut ça ! On enduisait un bâtonnet de cette colle, on se camouflait dans un buisson et on agitait le bout de la tige : aucun oiseau ne résiste à ce piège pourtant grossier.

Pendant que nous continuions de manipuler notre piège, les autres s'affairaient à tordre le cou au malheureux emplumé trop naïf. Ça faisait d'excellentes fritures sur feu de bois. Okay ! Okay ! Tirez pas !

D'Artagnan i court cachièt'...

Pour varier les plaisirs, nous allions aussi dénicher les guêpes. Il y en avait alors plein à portée de malice. Nous suivions les méthodes de granmounes, les plus efficaces, les plus écologiques. Oui, bon, je sais...

C'est simple... On enroule un vieux chiffon au bout d'un bâton de la longueur du bras. On humecte légèrement et on y ajoute du pétrole. On enflamme et c'est tout. Il en sort une fumée noire très réjouissante, sauf pour les guêpes. On agite la fumée sous le nid, les guêpes s'en vont, incommodées. Ah ! vous voyez bien qu'on avait le plus profond respect pour la nature et toutes ses créatures, hein ?

Là encore, la friture de guêpes venait à point nommé agrémenter un menu dominical déjà très copieux comme ça. Mais chez les gourmets/gourmands, faut bien dire que le mieux n'a JAMAIS été l'ennemi du bien.

Nous en avions ainsi pour toute la journée, entre bains, pêches, braconnages divers...

Nous ne passions pas tout notre temps à braconner. Il avait les jeux également. Un de nos préférés, de c'temps-là, c'était « jouer la guerre », à savoir aux cows boys et aux Indiens, ou encore aux Trois mousquetaires. Avec ces épais fourrés environnants, l'imagination en était plus débridée qu'à l'ordinaire. Pour les « armes », no problem ! On taillait épées et revolvers dans les branches « de faux poivriers » que les instruits  disent ; autrement dit, lo pieds d'l'encens.

Très prisé aussi, loup-cachièt, la place ne manquait pas. Enfin, il ne saurait être question d'omettre le « bataille-cheval », pour lequel il fallait de l'obstination, du muscle et de la hargne.

Ça se jouait dans les bassins construits par nous. Un costaud grimpait sur les hanches d'un autre costaud et affrontait « l'équipage » adverse, qui tirant, qui poussant, le tout étant de faire tomber le faquin opposé.

L'un dans l'autre, on en avait pour toute la journée.

Cari ou hamburger ?

Les plaisirs variaient d'un lieu à l'autre.

À Mare-à-Joseph, Cilaos, on allait à la cascade du même nom au pied de laquelle se trouvait un petit bassin peu profond, glacé, délicieux. Mamie Francia nous y faisait conduire par la camionnette du père Hauck, avec le riz jaune, le cari poulet (pays, non mais !) et les lentilles Cilaos concoctés la veille par Ida, cette dernière étant de la « partie ».

J'aime à évoquer cette belle Mare-à-Joseph, cadre enchanteur où les « chacouats », parmi les plus beaux oiseaux du monde, venaient se désaltérer ; où il n'y a plus de bassin pour la simple raison qu'il n'y a plus de cascade. Les vieux tamarins moussus ont laissé la place aux cryptomérias-du-Japon. Quant au riz-jaune-cari-poulet-pays-lentilles-Cilaos, il est remplacé par d'infâmes hamburgers que j'ai honte de nommer car l'horreur est innommable.

À Manapany, Mémé et Pépé nous conduisaient tous les mois d'août, périodes de formidables vacances chez nos Vieux si vénérés de Saint-Joseph. Vous me direz : nous avons tous eu des vieux parents que nous vénérons ; pourquoi nous parle-t-il tant des siens, Jules ?

La réponse tient dans votre question !

Si vous aimez manifestement ce que j'écris, c'est parce que j'ai une façon d'écrire qui vous plaît et vient de loin. Cette façon, je la dois d'abord à ces deux chers Vieux, Anéa et Justinien, qui m'ont tenu une main encore hésitante, jusqu'à la rendre fière de communiquer. Ils m'ont appris à tracer mes premiers « zéros » avant de me faire comprendre pourquoi après « en » il n'y a pas d'accord du participe passé.

Bien sûr, avec eux, il y eut Justy, maman et pédagogue hors-concours. Il y eut nos vieux instituteurs, Théodore, « Mâââme Fritz », Pierrot, l'immense Pierrot Malet, le très grand Ti-Mallol (Jacques Lougnon) etc. Mais mon amour de la langue française, ma passion pour cette langue, mon désir de ne pas la déformer, de la préserver, elle vient d'abord de Pépé Justinien et Mémé Anéa. Fin de la parenthèse sentimentale !

In grain de riz su le zameçon

À Manapany, nous étions conduits par Ephraïm, que nous appelions « Èfrème », chauffeur de la commune dont Pépé était le 1er. adjoint. D'où ces petites privautés.

Un de nos plaisirs, à Manapany, était de « coller » les congres. Des murènes grisâtres pointant leur sale gueule entre les rochers. Elles se laissaient piéger à n'importe quel n'importe quoi.

On gréait un « zin » (l'hameçon) avec un grain de riz ; on le présentait SUR la gueule de la bestiole, et hop ! À la casserole.

Une fois par an, nous avions l'immense plaisir de nous vautrer « dans le sable » à Langevin. Ouais, m'ssieurs-dames, dans le sable, une épaisse couche de sable noir recouvrant toute la plage de galets, du bassin jusqu'à la falaise côté nord.

Ce phénomène, nous expliqua Pépé Justinien, était dû à de grandes marées qui transportaient, une fois l'an, ce sable volage entre Manapany et le rivage des Avirons. Phénomène qui a disparu au fil des ans.

Chaque recoin à pique-nique avait son charme propre ; les bassins de Langevin (une fois, nous avons assisté à une séance photos de l'orchestre d'André Philippe, dont l'une orne un de ses 45-tours) ; la cascade de Mare-à-Joseph et ses brochettes de petits z'oiseaux ; le ramassage des bouches-rondes et autres coquilles, ainsi que les beaux sourires de Marlène et Rose-May à l'Îlet (Saint-Joseph) ; la pêche aux zourites, le tir à la carabine sur les cardinaux et martins, et « le banc » à Étang-Salé ; les interminables parties de cache-cache dans les immenses bosquets d'hortensias aux Sources-Reilhac ; la pêche aux moules à coups de pioches, à L'Ermitage ; les infatigables baignades à Bel-Air, Étang du Gol... Pardonnez-moi, j'en oublie sûrement.

Ces souvenirs-là, eux aussi, sont bénis. On ne retrouvera jamais les mêmes avec les foules bruyantes et salissantes de maintenant. Car il faut que je vous dise ; à cette époque, lorsque nous nous en allions, le coeur un peu lourd à la nuit tombée, il ne traînait pas une allumette !

Le camping ? Une canadienne et un réchaud à gaz !

Même le camping d'alors avait une autre gueule. De nos jours, des familles entières squattent les rares endroits où c'est encore permis. Mais elles y vont avec comme premier souci d'y être aussi confortables qu'à la maison. L'installation de ces tentes énormes de plusieurs pièces relève du déménagement pur et simple : lits à ressorts, frigo, congélateur, cuisinière et bouteilles de gaz, batteries de cuisines plus complètes qu'un inventaire militaire, télé (avec moteur de secours), chaînes hi-fi tonitruantes te contraignant à subir du Ramanisum quand tu aimes Claude Vinh-San ou Steevie Wonder... quelle punition pour les voisins dans un rayon d'un kilomètre !

Dans nos jeunes années, c'était la tente canadienne simple, vite montée. Un réchaud trépied avec sa bonbonnette de gaz vite changée ; quelques boîtes de conserves, sinon le steak du Père Lafrite ; matelas pneumatique, deux jeans et trois t-shirts ; et tout le temps voulu pour les surboums sur le sable, les promenades entre copains, les feux de camp sur la plage d'Étang-Salé (tu te souviens, Jack Lépinay ?)

Et le ti-cochon sinonsa le cabri grillé... quand ça n'était pas un mouton subtilisé par Achille chez un éleveur de Plaine-des-Cafres.

Je vous la raconte pour finir...

Notre pote Achille, trop tôt disparu (eh oui ! ce sont toujours les meilleurs, comme on dit), avait « attrapé » un petit mouton bien gras là-haut, au-dessus du 27è Km. Nous le regardions se dorer tranquillement sur la broche pendant qu'Achille, Dadou et moi et quelques lascars de notre acabit massacrions « Shadoogie », « Maria Éléna » ou « Blue Star » sur nos Welson pailletées.

Quand s'approcha un brave éleveur de moutons. Il parla sans énervement mais fermement quand même.

« Hein ! Ça mon ti mouton zot la po fé cuir', là, hein ? »

Dénégations mi-figue mi-vavangue de notre part.

« Hin ! Hin ! Ça nous la acheté, ça ».

« Bon ! Ben zot va monte zot facture èk bande gendarmes mi sava voir tout-de-suite ».

On a dû tirer de ces trombines... Jusqu'à ce qu'Achille ne dise au brave homme, après cinq bonnes secondes de réflexion :

« Bon ! Combien i fé ? »

À la prochaine.
Jules Bénard
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1.Posté par La pile VONDEUR qui ne s''''use que si l''''on s''''en sert ! le 27/03/2018 10:52

« Kiravi, votre vin favori » Ce slogan publicitaire était, il me semble, toujours accompagné de son dalon : «Covino, c'est le vin qu'il vous faut». N'est-ce pas ?

Et, "Welson pailletées" ! Qu'est-ce que c'est ?
Merci d'éclairer ma curiosité (avec une tite pile plate de 4,5Volts dans un ti boitier estampillé "MAZDA CIPEL").

2.Posté par Réveillez vous le 27/03/2018 11:46

exelent...comme article...merci beaucoup !!

ca m a fait pensais quand je péchais l anguille avec de la laine et avec un parapluie... :-)


en tous cas oui aujourd'hui le camping n est plus pareil...on pense plus a pouvoir recharger téléphone, groupe électrogène, celui qui mettra le plus de musique et tous....
c'est plus pareil....

3.Posté par Jules Bénard le 27/03/2018 13:13

à posté 1 "la pile..."

Les Welson étaient parmi les premières guitares électriques solide body (caisse plate) que nous avons utilisées ici, avec les Egmond, les Éko. Il a fallu attendre un paquet de temps avant que n'apparaissent les premières Fender et Gibson, bien trop chères.

4.Posté par PEC-PEC le 27/03/2018 13:56 (depuis mobile)

Délicieuse histoire du temps longtemps...
On en redemande, c''est plus rafraîchissant que les bouteilles citées. Un vrai velours pour le cerveau pas pour l''estomac ! 😁

5.Posté par mortier le 27/03/2018 14:48 (depuis mobile)

En ce temps, il n''y avait pas l''égalité homme/femme. Pendant que les femmes s'' occupaient du repas à part ramasser quelques morceaux de bois les hommes s'' amusaient dans l'eau ou chasser les guêpes. Pas d''inquietude chez nous c''était pareil.

6.Posté par Voulvoul le 27/03/2018 16:55

Oté c'est André Maurice ça non ?

Quoi lu devient ?

Mi écoute pu trop RFO

7.Posté par L'Ardéchoise le 27/03/2018 19:35

Souvenirs si bien racontés !
On a peine fini de lire, on relit et l'on attend déjà la suite.

8.Posté par Sisi la rivière le 27/03/2018 21:41

Et le repas........ dans un grand van on mettait des feuilles de bananiers. Les parents mettaient riz, grain et viande et tous les enfants assis autour mangeaient avec les doigts. Un vrai délice !

9.Posté par Dignité le 28/03/2018 00:05

@ Jules BENARD;

Pour ce qui est des guêpes , la cueillette de leurs nids n'était pas aussi évidente que vous le dîtes.

Dans mon village natal , je parcourais les ravines pour en chercher. La technique consistait à suivre les "méres guêpes" volantes qui retournaient vers leurs nids la "bouche pleine". Pour ce qui est du boucanage des nids pour faire fuir les guêpes pas besoin de pétrole. On repérait un mat de choca bien sec et on en retirait la partie tendre qu'il y avait à l'intérieur laquelle se brûlait très lentement en dégageant une fumée bien incommodante pour les guêpes.

C'était vraiment la belle époque faite de joies simples qui remplissaient nos coeurs d'enfant.
Les enfants d'aujourd'hui branchés en permanence sur leurs smartphones ne peuvent connaître ce genre de bonheur.
A chaque époque ses moeurs , ses modes ... Pour ma part , je pense que l'époque de mon enfance c'était un peu l'âge d'or que beaucoup recherchent.
Enfin, tout est relatif.
En tout cas merci pour ces souvenirs.

10.Posté par Jules Bénard le 28/03/2018 08:10

à posté 9 "Dignité" :

Je ne connaissais pas cette formidable technique que vous décrivez si bien, celle du mât d'choka.
Merci d'avoir apporté votre pierre à l'édifice de nos souvenirs, lesquels semblent bien être communs en plus d'une occasion.
Bien cordialement, JULOT.

11.Posté par Jean le 28/03/2018 15:53

Moins de 200.000 habitants à cette belle époque, pratiquement 1 million aujourd'hui, soit 5 fois plus, vous comprendrez pourquoi toutes ces espèces comme les camarons, bouche-rondes, anguilles etc, ont pratiquement disparu.

Et ça n'est pas qu'à cause de ce braconnage occasionnel, mais aussi et surtout des saletés que l'on déverse dans tous les cours d'eau, activité humaine intensive oblige.

12.Posté par roro 61 le 28/03/2018 16:31

Je vous serais reconnaissant si vous faites un papier sur un lieu de St Leu exactement : la Caverne à la pointe au sel dans les années 60 , ou beaucoup de monde venait en été lorsqu'il faisait chaud , les carry y avaient aussi leur place , pour moi que de nostalgie car vos papiers me rappellent ma jeunesse , les anciens vendeurs de zattes de St Leu ( zattes en tas ) , mon Tonton qui vendait ses langoustes vivant en missouk directement du casier dans le lagon aux acheteurs , car il n'avait pas de patente , c'était l'époque de la débrouille pour nourrir ses enfants .

13.Posté par Garde Champêtre le 28/03/2018 19:50

Garde Champêtre,
Il y en avait jadis dans toutes les communes de l’ile (il en reste que 2 seulement sur le département en 2018)
Si polices des villes (la municipale) et des campagnes (garde champêtre) ne devraient bientôt plus faire qu’une, cet ancestral métier n’a pas tirer sa révérence.
Bien au contraire, avec les lois environnementales ce métier n’a jamais été aussi moderne.
Elle est bien loin l’image du garde champêtre bedonnant, alcoolique et chasseur de braconniers ou autres.
De nos jours ces policiers se montrent on ne peut plus sérieux et sont formés en droit.
Ils interviennent dans 150 domaines différents, de la police du maire à celle de la chasse, de la pêche, en passant par celle de la santé publique ou des chiens dangereux.
Merci Jules pour ces souvenirs et pour m’avoir offert l’occasion de m’exprimer sur ce métier que j’exerce.

14.Posté par roro 61 le 28/03/2018 22:21

J'oubliais , nos zingades ( jangada au brésil ) fabriquées avec du mat de choca que l'on mettait à sécher d'abord pour aller à la pèche dans le lagon .On se prenait des fessées car on vendait les bouteilles de vin avec les étoiles dessus (bouteilles consignées que gardaient les parents ) pour ensuite aller jouer au Baby foot avec le peu de pièces récoltées . On faisait aussi fumer les caméléons ( lézards gris ) avec l'intérieur du mat de choca sec rouler dans du papier journal .

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