Société

Implants contraceptifs Essure : La fin du cauchemar pour deux Réunionnaises

Mercredi 20 Septembre 2017 - 18:57

Il y a deux jours, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) annonçait la fin de la commercialisation du dispositif de stérilisation Essure dans les pays de l’Union Européenne. La fin d’un calvaire pour de nombreuses femmes, notamment sur notre île.


Nathalie Ledoyen et Christelle Clain ont retiré leurs implants en 2017.
Nathalie Ledoyen et Christelle Clain ont retiré leurs implants en 2017.
Nathalie Ledoyen et Christelle Clain ont fait partie des 140.000 française porteuses d’un implant Essure. Elles racontent aujourd’hui leurs années de calvaire.
 
Essure est un dispositif de contraception définitif et se présente sous la forme d’un ressort, composé de polyéthylène, nickel, titane et acier inoxydable. Commercialisé par le laboratoire pharmaceutique allemand Bayer Health Care, Essure était vendu comme une solution non-intrusive, étant implanté par les voies naturelles. Une fois les deux ressorts posés au niveau des trompes de Fallope, ils entraînent une cicatrisation et donc l’obstruation des voies reproductives.
 
Remboursé par la sécurité sociale depuis 2005, ce dispositif coutait 700 euros et la pose 600 euros en moyenne.
 
Tombée enceinte, avec les implants Essure
 
Nathalie Ledoyen a subi la pose de ces implants en 2011. "Après la pose, je suis tombée enceinte et j’ai du subir une interruption volontaire de grossesse. Cela a été très dur à vivre, c’était un choc. Par la suite, j’ai commencé à ressentir des douleurs dans le ventre, des vertiges, des pertes de mémoires, des troubles de la vision et une fatigue intense.
 
On m’a découvert une fibromyalgie et lorsque j’ai remis en question les implants Essure auprès de mon gynécologue il m’a assuré que ce n’était pas possible. Il m’a parlé d’un défaut de laboratoire."

Nathalie Ledoyen a conservé les implants qui ont été retirés. Cassés à plusieurs endroits et complètement détendus, elle demande qu'un protocole de retrait soit mis en place.
Nathalie Ledoyen a conservé les implants qui ont été retirés. Cassés à plusieurs endroits et complètement détendus, elle demande qu'un protocole de retrait soit mis en place.
Le laboratoire Bayer Health Care a de son côté nié la dangerosité du dispositif lors de l’arrêt de commercialisation, soulevant une "raison commerciale". Les implants continueront d’ailleurs à être commercialisés aux Etats-Unis.
 
Des organes perforés, une allergie aux métaux, une ablation complète de l’utérus
 
Le calvaire de Nathalie Ledoyen ne fait malheureusement que commencer, face à un premier refus  de retirer les implants par son gynécologue. "J'avais des douleurs de partout et je n’en pouvais plus. Je tremblais le matin et j’ai dû arrêter de conduire.

Au mois de mai 2017, je suis allée voir un chirurgien, qui au début a refusé de m’enlever l'implant. Après une échographie, il a vu que l’Essure avait perforé l’utérus et qu’il fallait me l’enlever.
 
En plus, on m’a découvert une allergie au nickel et on m’a enfin proposé le retrait. À la première opération, l’Essure s’est cassé et j’ai finalement du subir une ablation totale de l’utérus. En tout, j’ai subi une dizaine d’interventions chirurgicales, dont l’ablation des trompes, le retrait d’un ovaire, tout cela parce que le corps médical refusait de m’enlever les implants."

 
Des pensées suicidaires et le déni médical

Les implants Essure sont présentés ainsi par la compagnie Bayer Health Care.
Les implants Essure sont présentés ainsi par la compagnie Bayer Health Care.
L’histoire de Christelle Clain est tout aussi effarante. À 48 ans, cette mère de famille a subi la pose de ses implants en 2008.

Elle les gardera pendant neuf années.
 "Les symptômes se sont développés petit à petit. Une fatigue chronique, une prise de poids, que j’ai mis sur le compte de l’épuisement maternel, avec mes quatre enfants.
 
On m’a posé les implants Essure suite à une IVG. L’équipe médicale m’a refusé la ligature des trompes et je suis retombée enceinte avec les implants, entraînant une autre IVG…
 
J’ai signalé mon allergie au nickel à l’époque, mais la pose a tout de même été faite. J’ai développé des troubles de l’humeur. Pendant ce temps, je continuais à avoir des hémorragies, des douleurs et on m’a annoncé un cancer de l’utérus. L’hypothèse a finalement été écartée mais j’ai tout de même été opérée pour des kystes. J’ai dû faire face à un déni médical important et je suis restée comme cela. En 2017 je ne pouvais plus marcher, j’étais à bout de force, jusqu’à penser au suicide."

 
C’est finalement l’association RESIST (Réseau d'Entraide Soutien et Information sur la Stérilisation Tubaire)   qui aide Christelle Clain à sortir du gouffre, en la mettant en relation avec un chirurgien, qui accepte de pratiquer une ablation de l’utérus et des trompes de Fallope.
 
Aujourd’hui, les deux femmes revivent. "Après six ans de cauchemar, c’est le jour et la nuit. Les douleurs ont disparu et je revis, je me sent libérée" explique Nathalie Ledoyen. "Un mois après l’opération, je me suis sentie tellement soulagée, j’ai perdu énormément de poids et j’ai pu enfin remarcher, même si psychologiquement je reste très atteinte" avoue Christelle Clain.
 
Un protocole de retrait des implants Essure

 
Mais les deux Réunionnaises n’en restent pas là et se battent aujourd’hui pour qu’un protocole de retrait sécuritaire soit mis en place pour toutes les patientes. "Il n’y a toujours pas de protocole standard de retrait des implants. Avec l’arrêt de la commercialisation d’Essure et les soupçons sur la santé, de nombreuses femmes vont sûrement vouloir se faire retirer leurs implants", explique Christelle Clain.

Un combat qu’elles comptent bien mener de front avec l’association RESIST, qui monte au créneau avec une action en justice contre la compagnie.


L'association RESIST reste mobilisée.
L'association RESIST reste mobilisée.
Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
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1.Posté par Kaiinoa888 le 20/09/2017 20:48

Audience à celle qui impose 11 vaccins à nos enfants dés 2018! Vous rigolez, non?

2.Posté par flora le 20/09/2017 20:50

Courage à vous je viens d vivre aussi un déni avec mon médecin traitant alors que je suis sous Levothyrox, malade comme un chien mais pour lui c'est dans ma tête

3.Posté par Colson le 20/09/2017 23:46 (depuis mobile)

Franchement moi je veux retirer ça au plus vite on me les a posés en juillet ! Je galère déjà avec une sclérose en plaque depuis 12 années alors la santé n est pas toujours au top faudrait pas en rajouter! Juste dégoutée ...

4.Posté par am le 21/09/2017 09:57

1-Des lobbys pharmaceutiques dont la priorité n'est PAS la santé mais la MALADIE (c'est plus rentable!)...
2-Des "médecins" tous formés à la même "médecine bas de gamme" (obsolète depuis déjà 30 ans!), où on soigne (et encore) les symptômes plutôt que les causes...
3-Un gouvernement qui est en réalité LA MARIONNETTE de ces lobbys pharmaceutiques...

EN BREF: il est difficile aujourd'hui de faire confiance à ces institutions, qui ; une fois de plus; nous prennent pour des cons.

5.Posté par marie le 21/09/2017 12:47

ma vie a changé depuis la pose de ses emplants
je voudrais aussi les faire enlever au plu svite

6.Posté par Marie A. le 21/09/2017 16:40

Vraiment, je suis sidérée par ces médecins qui refusent toute méthode de contraception, au regard de considérations politiques et/ou religieuses (le plus souvent les deux sont liées). A force de trop vouloir s'imprégner de ces dogmes venus d'un autre âge, il n'y a plus de distinction entre le privé et le professionnel.

Un médecin ferait mieux de s'exécuter. Point. Sauf si l'acte est de nature à mettre en danger le patient.

D'autant que, et ceci est une obligation légale, tout médecin qui se refuse à une pratique contraceptive est tenu de renvoyer le patient à un autre médecin qui accepterait de le faire.

7.Posté par Richebourg le 01/10/2017 17:01

Egalement porteuse d'implants Essure et souffrant également de nombreux effets secondaires, merci d'aller liker la page suivante et de la partager.
https://www.facebook.com/Implants-Essure-Lettre-à-un-Gynécologue-115551805857592/

8.Posté par Iseroise le 08/09/2018 22:14 (depuis mobile)

J''ai également eu une méthode essure il y a 9 ans, j''ai depuis 1 an et demi une ferritine très basse, fatigue, essoufflement... Je me demande aujourd''hui s''il ne serait pas responsable de ces maux ? Pas d''investigation de la part de mon médecin

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