Courrier des lecteurs

Ile à vendre dans l'océan Indien. Pas sérieux s'abstenir. (1/2)

Mercredi 15 Septembre 2010 - 12:06

Quand le parc national et Daniel Gonthier ont vendu La Réunion.


Tribune libre du collectif des va s'y

Le mois d'aout 2010 est un virage à marquer d'une pierre blanche, dit-on, pour La Réunion. Au fer rouge, comme les esclaves, pourrions nous dire. La biodiversité reunionnaise est sous les feux de la rampe avec le classement au patrimoine mondial de l'humanité. D'ailleurs n'est ce pas l'année de la biodiversité au niveau mondial, décrétée par l'organisation des nations-unies (ONU)? En tout cas, Gonthier Daniel n'est pas peu fier de satisfaire ses copains financiers qui ont soutenu activement cette spoliation... enfin... ce classement des 2/3 de l'île : la caisse d'épargne, la poste, le crédit agricole, groupama et la banque de La Réunion.

Mais pourquoi donc des banques, dont la voracité financière de leur actionnaire fait tous les jours l'actualité, soutiendraient-elles aussi activement cette candidature? La réponse est à rechercher du coté de Nagoya au Japon en octobre prochain. Les 193 Etats signataires de la convention sur la biodiversité, issue du sommet de la terre à Rio en 1992 se retrouveront au siège du puissant syndicat patronal japonnais, sponsor officiel de l'événement. Une présence massive des lobbies d'affaires est attendue. Les enjeux sont aussi faramineux qu'ils sont occultés. Point 10 à l'ordre du jour de cette conférence internationale, le rapport du groupe de travail spécial à composition non limitée (http://www.cbd.int/). Qu'est ce que ce groupe? Rien de moins que la transformation de la biodiversité en marchandise, dont les experts promettent Un Marché où les profits seront inversement proportionnels à la richesse de dame nature.

Petit histoire d'une mensonge international DU Marché.
La notion de biodiversité ne se limite plus aujourd'hui à la biodiversité des êtres vivant et de leurs caractères génétiques. Déjà l'organisation mondiale du commerce (OMC) avait crée la notion de service environnementaux, dans l'accord général sur le commerce des services. La biodivesrité s'entend à présent de "tout le matériel" susceptible d'être mis en valeur. Elle inclut non seulement les plantes, les animaux, les gènes, mais également les paysages, les forêts, le captage et la filtration de l'eau, les savoirs faire traditionnels, les cultures, la "sensibilisation" du public, etc. 

Depuis plus une décennie tous les affairistes s'affairent. S’appuyant sur les penseurs néo-libéraux, ils décrètent, avec Pavan Sukhdev, que la seule solution pour sauver la planète est d’offrir «"une argumentation économique exhaustive et irréfutable pour la conservation des écosystèmes et de la biodiversité". Ce responsable des marchés internationaux de la Deustche Bank à Bombay est également fondateur d'un programme de "comptabilité environnementale" en Inde. La finance se pose en sauveur de la planète. Pour ses nouveaux chevaliers blancs de la biodiversité, le problème est de donner une valeur marchande à des millions d'espèces et de molécules différentes. Pour contourner la difficulté, l'évaluation de la biodiversité ne porte plus sur les espèces mais sur tous "les services économiques", depuis la pollinisation à la filtration de l’eau, rendus à l'homme par la totalité des écosystèmes (forêts, zones humides, prairies, récif corallien...). Des services estimés par le professeur américain Robert Costanza à 33.000 milliards $ en 1997, soit le double de la valeur mondiale brute produite cette année là.

Pour donner une valeur aux écosystèmes, de 2001 à 2005, l’ONU a élaboré le Millenium Ecosystem Assessment (MEA). Il doit être décliné à l'échelle de la France avant la fin de l'année. L’ensemble permet de connaître l’état des sols, des sous-sols, les gisements de ressources naturelles, les ressources marines etc. Au prétexte d’établir des zones de protection de la biodiversité, les fameuses trames vertes et bleues du grenelle de l'environnement qui vont être mise en œuvre par la charte du parc des hauts, le globe terrestre est ainsi scruté et transformé en parts de marché.

Mais le zèle économétrique ne s’arrête pas là. Depuis 2007, c’est The Economics of Ecosystems and Biodiversity (TEEB) qui élabore, toujours sous la direction du banquier Pavan Sukhdev, un système complexe pour calculer la valeur monétaire de chaque "service écosystémique". Les conclusions seront dévoilées à Nagoya. Toutefois à Londres le 13 juillet, Julia Marton-Lefèvre, directrice de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a présenté une étude "TEEB for business" pour faire un appel du pied aux transnationales. Le rapport promet  aux entreprises près de 1.100 milliards $ de profits supplémentaires en 2050, grâce aux services écosystèmiques. L'UICN est aussi l'organisme instructeur qui a expertisé le dossier Pitons, cirques et remparts pour le classement au patrimoine mondial.

Il reste à mettre en place le système qui va organiser et contrôler ce marché. En mai 2010, à Nairobi, "un groupe de travail spécial à composition non limitée" de la Convention sur la Diversité Biologique propose la création d’une plate-forme science-politique pour appliquer un plan stratégique. En juin 2010, en Corée, les représentants de 90 États adoptent cette proposition : l'Intergovernmental science-policy platform on biodiversity and ecosystem services (IPBES) est lancée (http://ipbes.net/). En écho, le G8 réuni le 25 juin au Canada, applaudit sa création. Elle sera entérinée en septembre, à New York, lors de la 65éme Assemblée générale de l’ONU. L’IPBES réunira des représentants des États, mais également des experts, des firmes et des financiers. Cette plate-forme sera chargée de fournir l'expertise scientifique en matière de biodiversité et contrôlera l’application d’une convention sur la diversité biologique (CDB) complètement détournée de ses objectifs d’origine.

Les banques sont dans les starting blocks.

Suite de l'article dans la semaine.
collectif
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1.Posté par Hamza le 16/09/2010 06:53

Carry sous de riz...

2.Posté par Logique le 16/09/2010 09:13

Prenez un peu de recul et demandez-vous pourquoi ce type de marché est envisagé.

Aujourd'hui, la biodiversité ne vaut rien d'un point de vue financier, ce qui amène les "gestionnaires" mondiaux à la sacrifier allègrement contre quelques dollars:
Si 10 hectares de forêt vierge ne valent rien, alors il vaut mieux, d'un point de vue comptable, les raser contre 10.000 dollars pour se remplir les caisses (et les poches au passage)
Si demain ces 10 hectares de forêt valent 100.000 dollars une fois valorisés (par simple calcul) la biodiversité et les services rendus, alors il devient nettement moins intéressant de les raser.

Le concept peut sembler choquant, et il l'est assurément puisqu'on pourrait aussi bien coter la vie des hommes en bourse, mais force est de constater que dans un monde gouverné par l'argent, seule la valeur financière se mesure et elle est le principal critère des décisions des hommes.

Je ne dis pas que ce principe est bon mais on court toujours après un autre moyen de limiter le massacre à grande échelle des milieux naturels de la planète.

Maintenant, comme tous les outils, ce qui comptera le plus, c'est la façon de l'utiliser et les contrôles faits autour de son utilisation.
Bien géré, il permettra d'éviter que de nombreux pays deviennent comme Haïti d'où les arbres ont quasiment disparu.
Mal géré, il ne sera qu'un moyen de plus de spéculer, faire de l'argent à court terme et engraisser les accapareurs de tout poil.

Dans tous les cas, La Réunion n'est pas le coeur de cible de ce genre de système: Des lois de protection des espaces naturels existent et sont relativement bien appliquées sans avoir besoin de donner une valeur monétaire à la vie des petits oiseaux.

Du recul que diable! Entre la naïveté et la paranoïa, il y a de la place pour la lucidité.

3.Posté par thiburce le 16/09/2010 09:24

Le collectif a raison: il faut refuser systématiquement l'argent venant des banques et autres sociétés financières.

4.Posté par Bayoune le 16/09/2010 14:39


Bin la lé biyin, na dot goupman i di Gonthier èk Verzès la vann la Réniyon, tanmiyé lé nasiyonalis lé pi tro tousèl, nout kan yélarzi, anfin nou wa té solman in nafère larzan. Lé tan lo ziyé réniyoné i rouve in kou. Nou konpran miyé poukwé Gonthier la fé lo kloun o Brézil

COMMUNIQUE DE PRESSE des nasiyonalis

La Réunion inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO – Les Réunionnais dépossédés !!!
L’administration coloniale et ses kolabos dépossèdent les réunionnais de leur pays en le bradant, hier, en 1946 au colonialisme français, aujourd’hui, par morceau de Montagnes, Pitons, Remparts, rivières, sites et Cirques à l’UNESCO.
A part les quelques initiés, alimentaires du système colonial méprisant le peuple réunionnais, un millier de personnes peut-être, bien peu de gens dans les masses populaires se sentent concernés par cette fumeuse fameuse nouvelle louée dans tous les médias et presses officielles. Ainsi ils se démènent pour nous convaincre qu’ils vont protéger les cirques et les montagnes de la Réunion… un peu contre nous les destructeurs, pour qu’un président Sarkozy et quelques ministres de la France puissent se réjouir de déposséder le peuple réunionnais d’encore 40% de son territoire et de féliciter ses larbins locaux.
Faut-il rappeler que plus 50% de la population réunionnaise vivent en dessous du seuil de pauvreté,
( l’Insee), que 75 000 personnes émargent au RMI ( revenu minimum d’insertion) que plus de 100 000 chômeurs, dont 50% de jeunes réunionnais recherchent un emploi, et de nombreuses familles réunionnaises recherchent un logement introuvable, parce que des politiciens de pacotille, comme Sarkozy en France, pour masquer ses déboires dans l’affaire Woertz-Bettancourt, pour un coup de comm. reçoit les athlètes, sans distinction de race ou de religion. A la Réunion pour masquer les graves problèmes, de chômage, d’emplois et de logement on enfume la population avec des gadgets populistes, genre maloya à l’Unesco, la Réunion patrimoine mondial de l’UNESCO, un 34km de route des tamarins à 4 voies inauguré en grande pompe, élections de Miss diverses etc… Pour ces gens, le peuple réunionnais ne serait que de grands enfants à qui ils donneraient une sucette, un koukoune*, « in pti kontra, in pti bon* » pou bouss lo ziyé… Tandis que eux se remplissent leurs poches et comptes en banque… Et un Daniel Gonthier ek in kayanm dans les mains mimant un maloya de la victoire en dansant une sorte de Samba du Brésil ( vu à la TV le 2 08 2010)

Déjà le Parc National des Hauts, comme le Parc marin (français) chez nous, limitent certaines libertés des habitant dans ces régions.
Dans le parc national (français) des hauts de la Réunion, il est interdit de ramasser du bois mort ( bois sec), on détruirait la forêt - il faut acheter le gaz vendu 4 à 5 fois plus cher qu’à l’Ile Maurice juste à coté de chez nous. Un habitant des lieux parcourant une rivière, ou une ravine sans carte de pêche payante suspecté de braconnage risque une amende.
Dans le parc marin, il est interdit aux dizaines de petits pêcheurs traditionnels d’améliorer l’ordinaire de leur famille par un cary de poissons. Ils détruiraient le lagon et les coraux, alors que dans le même temps est déversé le trop plein des égouts et des fosses septiques du zoreyland*. Le nombre de touriste vont augmenter disent les « parrains » de ce projet, justement des spécialistes, dénoncent les nappes de l’huile de bronzage et autres crème solaire s’épandant comme une nappe de mazout sur la mer privent le lagon des rayons de soleil et seraient une cause de la destruction des bans de coraux.

Pour dénoncer cette comédie, tout ce cinéma, cette mascarade, laissons parler cette auditrice intervenant sur une radio locale le 2 08 2010 « Bonzour madame, sé kwa linesko, va donne anou manzé sa, ek travay pou nout zanfan sa ? » * C’est la bonne question qui résume les préoccupations premières de la population réunionnaise confrontée aux problèmes de survie et, à mille lieux de celles des politiciens promoteurs de cette démarche à l’UNESCO.
La délégation de la Réunion composée essentiellement de non réunionnais, a amené certains réunionnais à évoquer avec raison le mercenariat maîtropolitain dans cette démarche. D’ailleurs ils se sont guère trompés, puisque Raymond Lauret Conseiller Régional (Pcr), revendiquait le 3 août * la paternité du projet pour son camarade et comparse Philippe Berne, conseiller régional PcR sous la mandature de Paul Vergès.
Ainsi dans son intervention sur la radio*, R. Lauret démontrait que malgré leur semblant de divergence politique, droite, gauche « PcR » confondus, comme les « harkis », hier en Algérie, ils servent les intérêts de l’occupant Maîtropolitain au détriment de l’intérêt général de la population réunionnaise dans la colonie départementalisée en 1946.
Si les maffiosi changent de « parrain », l’aliénation, l’assimilation - destruction restent les objectifs de la politique coloniale à la Réunion.
Pour l’histoire, en 1946, d’après la propagande historique officielle, et hystérique des pseudo- communistes, la départementalisation faisait l’unanimité comme aujourd’hui. Tellement unanime pour virer et capoter le 16 juin 46, soit 88 jours seulement après le vote de la loi scélérate du 19 mars, les deux traîtres députés Aubertiste-pétainiste et pseudo-communiste de l’époque.
Nos organisations le MAR, Nasion Rénioné et le LPLP dénoncent le mépris affiché de l’occupant et ses valets pour les réunionnais, condamnent les décisions prises en son nom par d’autres.

* un koukoune*, un mégot de cigarette
* « in pti kontra, in pti bon* » pou bouss lo ziyé… : prestation d’assistance clientèle électorale pour les enfumer
* Zoreyland : région cote- ouest de l’Île habitée par une population européenne, essentiellement française.
* sur la radio Kanal Océan indien la radio du Pcr
* Bonjour Madame, c’est quoi l’UNESCO, est ce que çà va nous donné à manger, et du travail pour nos enfants

Le 3 Août 2010

Mouvman Antikoloniyalis Réniyoné 0692 85 54 35
Le M.A.R : 0692 44 42 85 le L.P.L.P : 0692 16 89 47 NASION RENIONÉ
J.Claude BARRET Bernard GRONDIN Aniel BOYER


5.Posté par Tuit-tuit le 17/09/2010 09:18

2.Posté par Logique le 16/09/2010 09:13

"Dans tous les cas, La Réunion n'est pas le coeur de cible de ce genre de système"

Pourquoi La Réunion ne serait-elle pas dans la cible? Comment expliquer que les seuls partenaires privés qui aient soutenu cette candidature ne soient que des groupes financiers? autre partenaires également la GMF!!

6.Posté par amusé le 25/05/2013 02:53

Ce qui m'amuse beaucoup c'est que beaucoup de gens qui relayent vos combats sur facebook et autres médias sont les mêmes qui s'énervent lorsque les surfeurs demandent à voir leur pratique possible sur l'île, et ces gens prétextent dans ce cas "la sauvegarde de la nature" un peu comme vos ennemis ici ... dites à vos sympathisants d'être cohérents. En début d'article vous parlez d'esclavage en réveillant un malaise et une volonté d'autonomie un peu à la manière des partis extrémistes. Si vous êtes sur la même ligne que vos sympathisants et que vos combats de fond sont en réalité différents de ceux énoncés ici, je peux l'entendre mais affirmez le clairement. Pour beaucoup qui relaient vos idées leur combat est le suivant : avoir plus d'indépendance et d'autonomie vis à vis de l'Europe et de la France sur tout ce qui concerne le territoire de la Réunion quand ce n'est pas plus violent. Mais attention mes amis cela serait je pense dangereux pour l'île économiquement et vous obtiendrez surement le contraire de ce que vous souhaitez, regardez les îles voisines. Si vous jouez simplement les gardes fou pourquoi pas c'est respectable, mais évitez d'exalter la haine de l'autre, car c'est facile, bas et ce n'est pas très bon généralement.

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