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Faits-divers

Il l’aime, elle l’aime ; il picole, il la cogne… elle en redemande !


Comment peut-on aimer prendre des coups ? Ce n’est pas moi qui le dit mais la victime elle-même, comme vous allez le constater ci-après. Audience de correctionnelle du mardi 20 octobre 2020 au tribunal de Champ fleuri.

Par - Publié le Mardi 20 Octobre 2020 à 20:44 | Lu 10270 fois

Les violences conjugales, un fléau qui occupe malheureusement une bonne place dans les salles d'audience à La Réunion (Photo d'illustration)
Les violences conjugales, un fléau qui occupe malheureusement une bonne place dans les salles d'audience à La Réunion (Photo d'illustration)
Loin de moi l’idée saugrenue de défendre un mec qui bat sa femme. Dans ces cas-là, je serais plus pour la batte de base-ball. Lo nérf-bèf à la rigueur. Mais là, on se heurte à une incompréhension totale et définitive : comment peut-on aimer prendre des coups ? Ce n’est pas moi qui le dis mais la victime elle-même, comme vous allez le constater ci-après.

« Artourne en Afrique, don ! »

Entre février et juin 2020 à Salazie, Cédric H., un grand costaud de 41 balais, a assaisonné sa compagne à coups de chaise ; et de poings pour finir le travail. Et ce, alors qu’elle tenait leur bébé dans les bras. Il paraît que ce ne serait pas la première fois.

Lorsque les gendarmes arrivent, bonhomme est si alcoolisé (0,85 gr) qu’il refuse d’obtempérer et montre ses poings aux forces de l’ordre, chose que celles-ci apprécient généralement fort modérément. Les gendarmes le plaquent au sol, le maîtrisent et lui passent les bracelets, direction le poste.

Lors des auditions du violent et de sa femme, les enquêteurs en apprennent de belles. Comme le fait qu’outre être violent, il est raciste aussi : « Artourne en Afrique, don ! »

Ils apprennent également que des faits similaires se seraient produits antérieurement, coups de chaise, coups de poings aux tempes… Pour cette fois, il aurait été alcoolisé depuis la veille. Ce qui n’est pas une circonstance atténuante.

Le plus surprenant reste à venir… Placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de se présenter chez elle, un soir qu’il est rond comme une queue-de-pelle, il se rend chez sa chérie… laquelle l’invite à entrer et à passer la nuit avec elle. Attendez, c’est là que ça en devient presque comique…

Pourquoi avoir porté plainte ?

Effusions romanesques ; après lui, c'est l’alcool qui prend le dessus. Quand son sentiment éthylique est assez élevé, il retrouve ses instincts de Tarzan-des-caros-patates, l’insulte et la cogne un peu pour faire bon poids.

Re-plainte de la dame, à la suite de quoi l’Hercule de foire se retrouve en résidence à Domenjod. Car la Justice ne supporte pas que les injonctions du contrôle judiciaire soient traitées par-dessus la jambe.

« Mais pourquoi l’avoir accueilli et passé la nuit avec lui ? » interroge un président Molié plus perplexe que l’âne de Buridan entre seau de maïs et picotin d’avoine.

« Parce que c’est ça l’amour, monsieur le Président. Je l’aime ».

Le procureur Léonardo s’est insurgé contre ces situations trop classiques alcool/violences/coups et blessures. « Il frappe sa compagne alors qu’elle a leur bébé dans les bras. Les cas de violences sont d’ailleurs nombreux dans ce dossier. Quand va-t-il commencer à comprendre ? L’amour, je veux bien mais ça ne se conjugue pas avec violence ! Quand il sortira, il va retourner chez elle, elle va l’accueillir et ça va recommencer. Qui sera la prochaine victime ? L’enfant ? » A la suite de quoi, le procureur a réclamé 10 mois dont 6 avec sursis.

Me Jacques Hoarau, très en verve, véhément, a tenté de faire vibrer la corde sensible, demandant au tribunal de faire confiance à l’accusé. « Il reconnaît, il admet ses torts. De toute façon, ils s’aiment et vont de nouveau braver le contrôle judiciaire à sa sortie ».

Les juges ont suivi le procureur en expliquant qu’ils ne pouvaient accorder leur confiance à l’accusé. 10 mois, plus obligation de soins anti-alcooliques et interdiction de rencontrer sa victime, aussi consentante fût-elle, tant qu’il ne sera pas déshabitué du charrette.

Une question que nous sommes nombreux à nous poser : si elle l’aime, comme elle dit, et c’est sans doute vrai, pourquoi alors avoir porté plainte ?

C’est l’histoire du fou qui se flanque des coups de marteau sur la tête en souriant « parce que c’est si bon quand ça s’arrête ».


Jules Bénard
Le plus ancien de l’équipe ; la mémoire de Zinfos. Jules Bénard, globe-trotter et touche-à-tout... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Babou le 20/10/2020 21:22

Pis n’avez rien compris du phénomène d’emprise et du phénomène même des violences conjuguales.
Et oui, il est possible que des failles existent chez les victimes.......victimes depuis certainenemét leur premier jour de vie.

2.Posté par Gland le 21/10/2020 02:42

Ce que j'aime c'est que pas un moment on se dit pourquoi le gars la cogné plutôt sue pourquoi elle revient avec....c'est ce qui fait marcher les avocats les dealers d'alcool l'état les prîmes pour les bleus le psy et j'en passe le fond de commerce du 974....pas d'inquiétude c'est le metropole qui paie la note finale alors pourquoi s'en passer

3.Posté par Lulu le 21/10/2020 06:44

comme il y a des femmes qui préfèrent être mal accompagnées qu'être seules....c'est aussi cela le drame, prendre n'importe qui et se donner l'illusion d'être un couple.....triste!

4.Posté par Ouais ... le 21/10/2020 07:02

Post 1, vous avez raison, j en voyais 3ou 4 par moi, c est vrai que le lien qui unit victime et bourreau est ambiguë, syndrome de Stockholm. Après les nombreux préjugés, qui circulent est rassurant, cela indique que ce genre de situation, n est pas la règle, car si c était le cas, tout le monde le saurait...

5.Posté par Cause commune le 21/10/2020 07:27

Post1... Phénomène d’emprise..? Alors que la justice lui tend la main depuis si longtemps !!?? PHÉNOMÈNE DE BÊTISE OUI !! Les forces de l’ordre ont autre chose à faire que d’intervenir pour calmer la misère affective, amoureuse, sociale et également sexuelle de certaines femmes réunionnaises qui se complaignent dans leur vie pourrie. Bientôt elle ira elle-même acheté son charrette et une nouvelle chaise pour se faire... « aimer ».... Au bout de la troisième fois on devrait refuser d’intervenir. Il y a bien mieux à faire pour de véritables victimes qui, elles, attendent une main tendue. Elle aurait encore plus de chance de trouver « un vrai mec » sur Tinder qu’à Domenjod...

6.Posté par michelou le 21/10/2020 09:31

Une perte de temps pour la justice !!!

7.Posté par boss974 le 21/10/2020 10:49

ils ont regarde little big lies

8.Posté par Penny le 21/10/2020 12:25

Qui se ressemble, s'assemble! Ces couples vont bien ensemble, sans intérêt et perte de temps pour la justice.

9.Posté par MICHOU le 21/10/2020 13:45

Malheureusement c'est souvent le cas, dans ce genre de situation , il se crée une interdépendance pathologique et souvent le vide est créé autour de la victime qui se retrouve isolée. Sans compter la culpabilité et la perte de l'estime de soi.
Pourquoi il me frappe, qu'est ce qui me manque, qu'est ce que je n'ai pas fait?
Malgré tout, lorsque c'est son enfant qui se retrouve en danger, un sursaut peut aider la victime à réagir et si cela ne se produit pas c'est sans doute parce que la victime n'a plus de capacité de réagir.
Dire qu'elle aime les coups, c'est méconnaître le problème, disons plutôt qu'elle ne connaît plus d'autre langage et que ça reste malgré tout une marque d'intérêt pour elle même si c'est dramatique.
On peut s'etonner qu'aucune mesure n'ait été prise concernant l'enfant et ce serait bien qu'on s'inspire enfin des actions du procureur de Douai pour ce genre d'affaires

10.Posté par CA le 21/10/2020 15:03

Lisez des livres très cher, documentez vous, peut être arriverez vous alors à envisager le fait que la violence conjugale laisse des traces psycho traumatiques dont vous n’avez même pas idée. Votre incompréhension (ou manque d’information) ne justifie en rien l’utilisation d’un titre racoleur qui banalise les violences conjugales encore bien trop banales dans notre société. UNE FEMME N’EST JAMAIS RESPONSABLE DES VIOLENCES QU’ELLE SUBIT. JAMAIS

11.Posté par cmoin le 21/10/2020 15:09

Qu'on leur enleve leur enfant et ensuite qu'ils se débrouillent!

12.Posté par Karine le 21/10/2020 20:59

inadmissible ce titre racoleur ! Il faudrait avoir plus de connaissances sur le phénomène des violences conjugales, la conjugopathie et l'etat psychologique de la victime. Et si les femmes se font encore violer de nos jours, c est qu elles portent des jupes trop courtes ?

13.Posté par Cause commune le 22/10/2020 09:22

Post 10... C’est vrai.. elle est en revanche responsable d’en redemander !

14.Posté par philrun le 22/10/2020 10:58

Tant de commentaires affligeants ! Cela ne m'étonne pas que la Réunion soit championne des violences faites aux femmes. Mais comme dirait post 10 : c'est souvent de l'ignorance pure. Là où cela me semble un peu plus grave c'est le ton employé par J. BENARD dont pourtant j'apprécie les articles. Je mets cela sur le compte de son âge. Quand on a été éduqué et passé sa vie dans un contexte, c'est difficile d'évoluer, de comprendre que dans cette forme d'emprise, l'ambivalence est un règle. Porter plainte et vouloir rester avec quelqu'un n'a rien de surprenant et terminer par l'histoire du fou est une insulte à l'intelligence (de l'auteur ? du lecteur ?). Il n'y a que pour vous que cela "devient presque comique". Les travailleurs sociaux, la justice a mis le temps à comprendre les violences familiales. Il serait temps que les médias sortent un peu des clichés réducteurs. Notre score catastrophique en matière de violences à la Réunion est à ce prix. PS : je guette une réaction des associations d'aide... CEVIF et autres, où êtes vous ? en vacance ?

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