Justice

Il aime le vin de Cilaos et les chèques volés : Un escroc habituel mais (très) maladroit

Jeudi 8 Juin 2017 - 14:47

​Correctionnelle Sud – Jeudi 08/06/2017


C’est un peu l’histoire de l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’ours. Il a utilisé un chèque volé mais " c’est pas moi, m’dame, j’l’ai taxé à mon frère qui l’a volé quelque part et d’ailleurs il est aussi voleur que moi et si on commence comme ça… " Seule vérité de à sortir de sa bouche : son digne frère a aussi un CV judiciaire plus chargé qu’une charrette bourrique.

Chèque volé en 2012… utilisé en 2016 !

R.D. a 26 ans et un petit pois en guise de cervelle. Il a un passé judiciaire ne plaidant pas du tout en sa faveur, ce qui explique que ses faciès, poids, taille, empreintes et ADN sont soigneusement fichés à la police. Ce qui ne l’empêche pas de se livrer à des facéties très peu légales en pensant chaque fois s’en sortir à bon compte. Très mauvaise pioche.

Au mois de juillet dernier, ce gros costaud se rend à Cilaos et s’inscrit pour une semaine dans un gîte. Puis, fouinant dans les parages, il visite quelques caves à vin, jette son dévolu sur l’une d’elles et convainc son propriétaire de lui céder quelque 30 bouteilles avec un petit rabais. Pour son prochain mariage, argue-t-il auprès du vigneron. A noter que ce n’est pas la première fois qu’il utilise ce subterfuge pour parvenir à se faire accorder des faveurs quelconques.  A ce compte, on suppose qu’il a sans doute été marié une bonne dizaine de fois.

Les deux hommes se mettent d’accord sur le prix, 513 euros, tope là ! R.D. s’acquitte de sa dette sans barguigner… avec un chèque volé… en 2012. A se demander au passage comment ce bout de papier litigieux a pu dormir tout ce temps.

On ne le saura jamais.

Il vole son frère pour le remercier de l’héberger !

Peu de temps après, R.D. revend plus de la moitié des bouteilles au double de leur prix d’achat. On en retrouvera quelques-unes chez lui. Le reste, sifflé avec les copains peut-être ?

Etant donné son casier judiciaire, R.D. est vite alpagué par les enquêteurs. Ils n’ont d’ailleurs pas à chercher bien loin : il est déjà entaulé à Domenjod pour une assez longue durée et pour des faits de vols, falsification de chèques et autres bricoles du même tonneau.

A la barre ce jeudi, R.D. n’en démord pas : il a volé ce chèque chez son frère chez qui il était hébergé. Drôle de façon de remercier son frangin pour son hospitalité ! Frère chez qui il travaillait à l’occasion, sans être déclaré " jus’ pour aide mon frère, madame la présidente ". Peut-être a-t-il considéré la subtilisation comme un paiement en nature ? Le fait qu’il ait " trouvé " le chèque en fouinant ici et là ne change rien à l’affaire : " Daoir mon frère la vole ça ? " répètera-t-il plusieurs fois.

Ce qui  lui semble très plausible étant donné que son alter égo est lui aussi voleur compulsif et malhabile que lui-même.

6 mois de rab’, pas de quoi sourciller

Le procureur Genet a été aussi bref qu’incisif. Il a d’abord précisé que R.D. é tait destiné à revenir devant le tribunal très bientôt, concerné par d’autres affaires du même acabit étant en cours d’instruction en ce moment même. Le casier trop chargé de l’accusé ne permet plus qu’il lui soit fait grâce d’aucun sursis, et comme monsieur est un habitué du vol et de l’escroquerie, de la falsification de chèques, il convient de l’expédier en prison pour 6 mois fermes.

Me Aubras, commis d’office, jugeant cette peine disproportionnée, a mis en avant le fait que son client avait perdu son travail (lequel ?) et se trouvait pris dans un engrenage alimentaire. " A quoi tient le destin d’un homme ? " s’est demandé le défenseur, insistant sur le côté maladif de cette attitude. " Il n’est pas violent, il ne peut pas résister. Ce qu’il lui faut, c’est une obligation de soin ! "

Peine perdue, R.D. s’en est reparti entre ses gendarmes, aussi menotté qu’à son arrivée au Palais de Justice, plus lourd de 6 mois fermes, en plus des peines qu’il purge déjà sans confusion des mesures.

Ce qui n’a nullement entamé sa jovialité goguenarde.
Jules Bénard
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1.Posté par kersauson de (P.) le 08/06/2017 22:40

rien qu au titre
je devine que c est encore la faute a jules

celui qui juge ses compatriotes
mais qui est blanc comme neige !!! ben tiens !!!

2.Posté par Jules Bénard le 09/06/2017 12:59

à posté 1 "kersauson" :

Faut-il alors que tu sois vraiment débile-de-chez-crétin-de-chez-con-de-chez-abruti-de-chez-idiot !
Quand tu devines que c'est moi l'auteur de ce qui suit, pourquoi te donner la peine de lire ?
T'es maso ou a l'Ouest.

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