Courrier des lecteurs

Hommage aux ancêtres à St-Denis: Larmes la roule dan mon zié

Dimanche 24 Décembre 2017 - 07:44

Hommage aux ancêtres à St-Denis: Larmes la roule dan mon zié
Comme tous les ans, je me suis rendu, moi ainsi que toute ma famille, à la traditionnelle commémoration du 20 Désamb’ à Saint-Denis. Pour moi, il semble primordial d’y amener mes enfants pour qu’ils apprennent notre histoire et celle de Géréon et Jasmin, exécutés comme tant d’autres esclaves sur cette place du Barachois.

Mais cette année cette commémoration avait un goût particulier : un goût amer ! Un sentiment que cette cérémonie n’est qu’une façade ! Une tentative pour ce parterre de politiciens de faire croire qu’on respecte nos ancêtres et qu’on se doit de leur rendre hommage et que « plus jamais ça »

Pourtant, j’ai été choqué de voir que le seul moment où on a accueilli un groupe de maloya et qui plus est la famille Gado, illustre famille du Maloya suivant les traces de Gramoun Lélé, l’ensemble des spectateurs et les élus en premier ont quitté l’assemblée pour aller se remplir la panse au buffet prévu ce jour-là.

Ce groupe de jeunes descendants de Lélé ont joué devant des chaises vides sans aucune attention de personne. J’avais tellement honte et peine pour eux que j’ai pris ma tribu pour danser face à eux et les encourager.

Finalement, un homme rempli de sincérité et d’émotion est intervenu en prenant le micro à la fin de leur prestation pour dire ce que je pensais tout bas : « Nous ne sommes pas des singes ! (…) la culture ne doit pas être aux mains de négociants ! Soyons vigilants !»

Et il a raison ! Quelle image immonde de voir tous ces cochons se gaver pendant que résonne le maloya de la famille Gado face à l’ignorance la plus totale ! Quel message a-t-on voulu faire passer ? Car c’est vraiment cette impression qu’on a eu : ce groupe ne servait qu’accompagnement aux gros zozos et la déception à peine masquée se lisait sur le visage des enfants qui jouaient !

Quel intérêt de faire autant de simagris ! Autant de discours sur le respect de nos ancêtres et de notre histoire ! Alors que la minute d’après, une fois le buffet ouvert, on se fout des gens et de l’âme de nos ancêtres dont monsieur Lélé, que sa famille souhaitaient offrir, ce jour de mémoire, au travers de leur maloya, de notre maloya !

La tension était palpable et tout le monde a applaudi l’intervention de cet homme courageux, dont j’ai appris plus tard qu’il était membre de l’association Rasin Kaf.

Alors là j’ai compris qu’on faisait semblant, qu’on faisait genre « on commémore ! » mais on ne sait pas commémorer à St-Denis ! On nous assaille de beaux discours tintés de référence à Lacaussade ou encore à Cimendef !, on nous dit que ces personnes avaient un idéal et que nous devons leur être redevables !

Mais monsieur le Maire ou encore madame La Député, il ne suffit pas de dire, il faut faire et montrer ! Et ce que vous avez montré là c’est le mépris le plus total envers les petits enfants de Gramoun Lélé et envers le maloya, chant des esclaves qui vous a accompagné lors de votre festin de « gros blanc »

Il ne suffit pas de se déguiser en boubou africain comme le fait si bien votre élu à la Culture pour rendre hommage ! Il faut savoir respecter et commémorer dans le plus grand respect les ancêtres et leurs descendants !

Chose que vous n’avez pas su faire et que je pense vous ne saurez jamais faire tant que vous dénigrerez l’humain !

Pour ma part, je ne veux plus avoir les larmes qui roulent dans mes yeux et le cœur aussi gros que je l’ai eu en ce jour de 20 Désamb’. Je n’irai donc plus jamais assister à votre mascarade hautement protocolaire et si peu populaire car ce moment devrait appartenir avant tout au peuple !

Enfin, je tiens quand même à saluer les associations  présentes lors de cette commémoration, au sein d’un village sous une belle salle verte, car ils ont été les seules, à mon sens,  à exposer la mémoire et l’histoire au travers d’un travail de recherche louable et riche.

Un citoyen de Saint-Denis fier de son maloya et de son identité
N.P
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1.Posté par zean le 24/12/2017 11:05

il ne faut oublier l'histoire ,mais peut etre que les gens présents n'aiment pas le maloya
au dela de la musique qui est entrainante ,les paroles de beaucoup de chansons sont d'une consternante naiveté et pour le sega c'est pareil beaucoup de chanteurs de sega ne seraient meme pas acceptés dans l'emission de nagui ,n'oubliez pas les paroles, n'en parlons à run star

2.Posté par Pierre Balcon le 24/12/2017 11:10

En fait ce n'est que la rencontre de 2 mythes !

- le mythe des ancêtres
- le mythe des politiciens

Je suis toujours étonné de constater la promptitude avec laquelle on convoque ce concept multiforme "d'ancêtres , multi- forme et donc absolument vide de sens.

La seule chose dont est certains c'est que ceux qui le manient se positionnent dans une vision rétrospective . Mais se réfèrent -ils :

- à une identité fixée sur la base d'une ligne biologique ( proche, du coup , du mot ethnie , race , gène) et alors pente glissante ,

- à une identité culturelle imaginaire, construite à partir de croyances et d' expériences communes. Et alors gros marécage parce si l'on peut à la rigueur définir une communauté de destin on a plus de mal à fédérer des origines tellement diverses.

Moralité tous ces historiens d'opérettes sont de dangereux manipulateurs qui vont nous faire sombrer dans des dictatures de l'ignorance et bêtise.

L'auteur nous a déjà livré un dangereux exercice de contorsions , intellectuellement pitoyable, pour reconstituer le casting du mythe fondateur de la Chrétienté et de l'Islam . Il aurait d'ailleurs pu dans son élan interroger aussi le mythe juif.

Quant aux mythe des politiciens tout a déjà été dit : il s'agit de manipulateurs de manipulateurs ;
La mis'e na abîme comme on dit en peinture pour décrire les effets de miroir .

Allez vive les 5 grands mères de G Annette qui ne rate pas une occasion d'exploiter le filon de l'ignorance.

Tournons vite la page des pères Noël des illusions .
Vivement Pâques et la résurrection d'entre les morts de La Réunion .

Tout ça donne finalement raison au philosophe Karl W Deutsch qui , dans une vison pessimiste, disait :
" Une nation est un groupe de personnes unies par une erreur commune sur leurs ancêtres... établie pour mieux nourrir une aversion commune envers leur voisin "

3.Posté par Pierre Balcon le 24/12/2017 18:29

Parmi les grandes énigmes qui ont empêché l'humanité d'avancer en paix , il y avait déjà Mathusalem , le patriarche qui a vécu , parmi ses confrères du tombeau , le plus longtemps, avec 969 ans.

Après ce furent les quatre Matriarches ( « mères ») mentionnées dans le Livre de la Genèse et épouses des Patriarches bibliques et considérées à ce titre comme les ancêtres des enfants d'Israël , lignée à laquelle nous appartenons un peu par le divin enfant ..
On se souvient peut être plus du nom des ces 4 dames :
Sarah, l'épouse d'Abraham
Rebecca, l'épouse d'Isaac
Léa cousine et première femme de Jacob qui épousa en seconde noce sa sœur Rachel .

Inutile de vous dire que les généticiens y « perdent leur latin » , en dépit du fait que la piste mitochondriale ,réservée aux seules mères , est plus dégagée que celle de nos 46 chromosomes trop portés à toutes les combines de derrière les comptoirs .

Mais voilà que Gilbert Annette vient encore compliquer le tableau avec ses 5 grands-mères !
La faculté de médecine avait déjà été alertée sur cette anomalie il y a 5 ans , quand avait été signalée cette étrangeté .

Il va falloir qu'elle remette le sujet au programme de recherche 2018.

4.Posté par citoyen 1600 le 25/12/2017 08:18

Le spécialiste du maloya! Expliquez pourquoi Maurice, Rodrigues Reunion ayant le même peuplement; il y a qu'à la Reunion qu'on parle du maloya? C'est toujours interdit dans les iles d'à-côté?? Moi Réunionnais depuis 1600, ce truc là me dit rien et ne dépense un kopec pour en avoir. Chacun sa culture néanmoins je n'ai jamais vu d'arabe (surtout pas politiquement nassima), de chinois s'approprier et s'enticher de cette kiltir dans les salons bals alors que ces gens là dansaient allègrement le séga: musique de l'union de ces différentes ethnies. La communion des Réunionnais s'arrête là...en 1981

5.Posté par Mithra le 25/12/2017 12:12 (depuis mobile)

...cette culture, ce peuple doit être une force émergente issue du même peuple, il ne faut rien attendre dès successeurs des possedants!

6.Posté par Pierre Balcon le 25/12/2017 14:42

à post 5

Vous avez bien raison !
Quittez désormais les files d'attente et fuyez les guichets !

7.Posté par Zotidi le 26/12/2017 05:17

Le maloya cela concerne que les Cafres......rien à voir donc avec la diversité réunionnaise

si "la case la pas moins mi dodo pas" est le reflet de l'identité réunionnaise, on est mal barré.

8.Posté par Pierre Balcon le 26/12/2017 12:49

à post 7

Oui mais encore ?

La thèse de Fontaine est que le maloya ( dont la pratique , soutient il , ne s'inscrit pas réellement dans l'histoire de La Réunion ) a été instrumentalisé pour soutenir la cause de "la différence " justifiant politiquement l'indépendance ou l'autonomie.

Qu'en pensez vous ?

9.Posté par Zotidi le 26/12/2017 14:56

Pour répondre au post 8,

Je suis entièrement d'accord avec cette thèse, ce qui explique aussi que la majorité des réunionnais ne danse pas le maloya car il ne veulent pas s’associer a l'idéologie séparatiste souvent raciste qui est véhiculé avec.

c'est un peu comme l'ineptie de l’écriture sois disant en créole type "sin d'ni".......;c'est du n'importe quoi et de la manipulation mental du bas peuple.

Personnellement j'aime bien écouter du maloya comme on écoute une musique "folklorique" sympa..... je rejette tout le racisme de fond véhiculé, le "nou la souffert"..... "nous lé malheureu"....."zoreil lé pa zot pays"......et patati et patata......lol

10.Posté par beteimmonde le 28/12/2017 17:06

Il y a des masochistes qui se pincent pour se faire mal ..Il en est ainsi pour tous les bafouilleurs d' esclavagisme. L'esclavage est mort et bien mort dans tous les pays qui ont connu un brin de civilisation occidentale . Les pseudos descendants d'esclaves voudraient se faire plaindre ; "Moin l'a souffert ' alors qu'ils roulent auto et chargent leur caddie chez Leclerc ! ; Qu'ils aillent voir ce que mangent dans leur cabane de roseaux et de feuillage les ancetres malgaches qui les ont venus jadis comme du bétail ,comme du zébu sur pied .

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