Courrier des lecteurs

Hommage à la mémoire de Guy Jarnac

Lundi 22 Janvier 2018 - 10:37

A la fin des années 80, Guy Jarnac a beaucoup contribué à faire baisser considérablement le prix, je ne dis pas le coût, mais le prix des communications téléphoniques avec ce que l’on appelait la « métropole ». C’est à cette époque que nos chemins se sont croisés, par l’entremise de Jean-Marc Péquin, aujourd’hui président de la technopole, qui à l’époque démarrait « Protel ». Au Cnes, où je travaillais à la communication et à l’éducation, nous avions réalisé un petit document de deux fois 16 pages illustrées : « L’espace, comment ça marche ».

A la page sur les satellites de communication, j’avais mis un encart bien visible sur le surcoût réel d’une minute de communication par satellite par rapport à une communication locale. Le résultat était édifiant. Si on divisait le coût du système, soit un milliard de francs de l’époque pour un satellite, son lancement et sa gestion pendant dix ans par les cent milliards de minutes que représentaient le nombre de canaux disponibles multiplié par le nombre de minutes sur dix années, on arrivait au « coût » réel de… un centime par minute de communication. Pour un « prix » de quelque soixante-dix francs la minute que facturait l’opérateur historique, seul en piste à l’époque.

Guy Jarnac avait brandi ces données pour argumenter une demande de baisse des tarifs qui n’avait pas tardé à voir le jour. Le piment de l’histoire, c’est que le président de France-Télécom avait officiellement demandé au président du Cnes de retirer le paragraphe en question de la brochure, éventuellement publiée en quatre langues à trois cents mille exemplaires. Le président du Cnes avait répondu que si France-Télécom nous fournissait des données montrant que nos calculs étaient faux, nous nous ferions un plaisir de retirer l’article incriminé. Il n’y a jamais eu de suite. Merci Guy Jarnac, et paix à ton âme.

 
Guy Pignolet, ancien cadre Cnes
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1.Posté par Jean Roch BOYER le 22/01/2018 22:31

GJ a d'abord et surtout été celui qui a donné du boulot à des dizaines de personnes au Tampon avec ses ateliers de confection, à une époque où le manque de travail était encore plus terrible qu'actuellement .

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