Social

Histoire de la CFDT-Réunion : 50 ans d’action syndicale, par Raoul Lucas

Jeudi 23 Août 2018 - 17:24

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Raoul Lucas ne donne jamais dans la facilité.

Traiter d’un sujet aussi pointu que l’existence d’une société syndicale expose pourtant l’auteur à un risque majeur, se laisser emporter par ses propres passions en fait d’action et d’opinions politiques et/ou syndicales. Ici, Raoul Lucas n’obéit qu’à UNE passion, incontournable, exigeante mais ô combien respectable, celle de l’authenticité, de la véracité. Raoul Lucas est de ces passionnés d’histoire locale pour qui seule la vérité des faits commande l’écriture.

On lui en est reconnaissant.

Il ne « lit » jamais l’histoire, comme d’autres souvent, en fonction de l’orientation qu’ils souhaiteraient lui donner, quitte à « tordre » la réalité, quitte à modifier les photos officielles comme cela se fait encore aujourd’hui ; il la « lit » en fonction des seuls faits, avérés, prouvés, irréfutables. Une honnêteté intellectuelle qui force le respect !

Voici quelque cinquante années, un congrès parisien de la CFTC décidait la création de la CFDT. La scission laissa de la place aux tenants de la vénérable CFTC, tandis que la section locale de la CFDT prenait son envol.
Une histoire qui fourmille de dates, d’actions, de bons et mauvais jours, de réussites retentissantes comme de défaites qui ne le sont pas moins.

Reste une constante, et de taille : la défense des droits des travailleurs.

Les luttes syndicales ont eu pour toile de fond un débat statutaire souvent acharné, voire violent, que l’auteur ne tente jamais de minimiser, précisant même, détails à l’appui, que c’est ce qui a quelque peu obéré le moteur-même de l’action de la centrale.
Au fil des pages, on retrouve les grandes dates, les grands faits ayant marqué cette action ; on retrouve des noms, parfois quelque peu oubliés ; des conquêtes ayant incontestablement changé en profondeur le vécu quotidien des travailleurs de cette île.

Le livre de Raoul Lucas fourmille de faits, d’anecdotes. On y retrouve les reproductions nostalgiques d’anciennes affiches vieilles de plusieurs décennies, des photos de moments importants lors d’événements majeurs. Des visages connus ou pas, apparaissent au détour de pages très documentées et on imagine sans peine le travail de fourmi qu’a pu constituer cette recherche d’archives et de témoignages. Ici et là apparaissent les noms et les visages des anciens « patrons » de l’organisation syndicale qui, quoi qu’on en dise et malgré sa discrétion (voulue ?) demeure la première de l’île.

Cette iconographie très riche vient atténuer l’effort certain que réclame la lecture d’un sujet pas très « léger », il faut bien le reconnaître. Mais Raoul Lucas n’a jamais chassé en terrain de facilité.

Ce livre est préfacé par Joachim Maillot, Joseph Gagnant, Jean-Jacques Payet et Axel Zettor, anciens secrétaires de la centrale, et Jean-Pierre Rivière, l’actuel responsable. Pour ses recherches, l’auteur s’est assuré l’aide de M. Mario Serviable.

Le livre n’a été tiré qu’à 1.000 exemplaires (pour l’heure) car on se doute bien que ce genre de sujet, malgré son évident intérêt historique, n’attire pas autant les lecteurs qu’un manga ! Je ne peux que conseiller aux connaisseurs de l’acquérir au plus vite, pour le plaisir de s’y retrouver, peut-être ? Et pour bien se pénétrer de l’idée que libertés syndicales et avantages sociaux ou politiques ne sont jamais « généreusement » accordés d’en haut : il faut aller les arracher de haute lutte. La certitude aussi que cela exige du temps, du courage, de la patience, voire de l’obstination, mais qu’au bout du compte, on en est récompensé. C’est aussi une des leçons de cet ouvrage majeur, en même temps qu’un hommage à ceux qui y ont consacré leur temps et leur énergie, bien souvent au prix de sacrifices individuels personnels.
 
Jules Bénard
Lu 1090 fois



1.Posté par 1848 le 23/08/2018 18:27

Cher Raoul Lucas, il y a l'histoire mais toujours les histoires . Certaines sont souvent cachées et restent ignorées jusqu'à leur redécouverte, un jour .

2.Posté par klod le 23/08/2018 19:11

bravo, bel article de M. Jules .

on pourra dire ce qu'on veut du coté des "éternels" conservateurs, les mêmes qui font que le monde est ce qu'il est depuis si longtemps ............... , les "corps intermédiaires" ou "syndicat" , CFDT ou autres , servent .................. malgré le "positionnement" de certains , certes ................ c'est ça AUSSI , "la démocratie" ,n'en déplaisent à certains .

Vive la République ...et ouais !

3.Posté par Respect ! le 23/08/2018 19:51

C'est un travail important réalisé par Raoul Lucas, un grand passionné enfin respecté.
Merci pour cet article.

4.Posté par chikun le 23/08/2018 20:00

Les bobos sont impayables . Ils ne nous parlent que de gauche, alors que toutes leurs actions relèvent de l'extrème droite fière de son identité(réuninioniaise ? ), de son pognon, des avantages acquis et des privilèges d'avant 1789 et 1848. On s'appelle créoles à la réunion mais aucun israélien ne s'appelle nazi.....
Qui a donc eu cette monstrueuse idée de s'appeler créole , du nom des esclavagistes ? Quel détournement de l'histoire notre île vit-elle en 21018 ? Sauf erreur , bien entendu, de ma part .
Hein ?! Hein!?
Voila pourquoi tous les gros blancs ont été remplacés par des "activistes " péi semblables à eux mais d'origines différentes.
Hein ?! Hein !?

5.Posté par en passant le 24/08/2018 08:23

4
Un commentaire dense , d' une grande finesse et remarquablement bien écrit que vous proposez généreusement à tous les lecteurs de zinfos.
Un commentaire qui, en raison de ses qualités, peut être posté , sur tous les articles passés , présents et à venir , c'est dire sa puissance .
bravo merci et félicitations.
N B :
Et quel avenir pour cette organisation de bobos que serait la CFDT , car si on comprend bien, à part l' auteur du post 4 nous sommes envahis de bobos !

6.Posté par Lauret Raymond le 24/08/2018 10:31

Si je ne doute pas que le livre écrit par Raoul Lucas sur l'Histoire qui a fait la CFDT et forcement les "petites histoires" qui ont alimenté le parcours de ce syndicat mérite d'être lu - ce que je vais faire dans les prochains jours - personne ne peut contester à Jules Bénard un vrai talent de journaliste qui élève le sujet traité.
Merci à Jules pour cet exemple tout frais.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 18 Novembre 2018 - 15:00 Les lignes Car Jaune restent suspendues