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Hausse historique des inscrits à Pôle emploi avec le confinement


- Publié le Lundi 27 Avril 2020 à 21:51 | Lu 225 fois

Les agences Pôle emploi ne reçoivent désormais plus de public et les demandeurs d'emploi doivent prendre contact avec leur conseiller par téléphone ou internet - PASCAL GUYOT / ©AFP

(AFP)

Reflet du choc violent du confinement sur l'économie, le nombre de chômeurs a enregistré en mars une hausse historique sur un mois (+7,1%), poussant le gouvernement à annoncer une "adaptation rapide" des règles de l'assurance chômage.

En mars, le nombre de demandeurs d'emplois inscrits en catégorie A a progressé de 246.000 pour s'établir à 3,732 millions, effaçant les baisses de janvier et février avant la crise et rejoignant un niveau proche de celui de septembre 2017.

"Il s'agit de la hausse mensuelle la plus forte observée", souligne la Dares, service statistiques du ministère du Travail qui a publié cette note mensuelle - au lieu du seul chiffre trimestriel, en hausse de 0,7% à 3,576 millions - pour mesurer "l'ampleur du choc en cours".

En comparaison, "la deuxième hausse mensuelle la plus importante, intervenue en mars 2009 durant la crise financière, était de 77.300", ajoute-t-elle.

La hausse est notamment portée par ceux qui recherchent un emploi dans le BTP, les services à la personne, le tourisme, le commerce ou le spectacle, les secteurs les plus touchés par le confinement mis en place mi-mars.

Selon la Dares, elle est alimentée "pour moitié par des demandeurs d'emploi qui n'étaient pas inscrits à Pôle emploi le mois précédent" et "pour l'autre moitié, par des demandeurs précédemment en activité réduite (catégories B et C) et qui ont cessé de travailler".

Au total, l'effectif des catégories A, B, C augmente de 3,1% en mars (+177.500) mais reste stable sur le trimestre à 5,744 millions et en baisse de 2,9% sur un an.

- Embauches à l'arrêt -

Cette brutale hausse mensuelle est la conséquence d'une "nette augmentation des entrées" à Pôle emploi (+5,5%), conjuguée à une "très forte baisse des sorties" (-29%, soit 168.000 personnes).

"Il n'y a pas de vague massive de licenciements en France. Le chômage partiel fonctionne", relève la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dans une interview au Parisien mise en ligne lundi soir, soulignant que "la hausse est liée à une baisse brutale des embauches à cause du confinement".

Selon les Urssaf, les déclarations d'embauche ont diminué d'un quart en mars.

Reconnaissant une "hausse historique", le ministère du Travail a annoncé dans un communiqué vouloir engager "une réflexion avec les partenaires sociaux" pour "adapter rapidement" les règles d'assurance chômage.

Mme Pénicaud dément cependant dans Le Parisien un abandon pur et simple de la réforme de l'assurance chômage, expliquant qu'"on ne peut rien décider avant d'observer concrètement ce qui se passe dans la vie actuelle des salariés, des demandeurs d'emploi. Sans aucun a priori".

Les syndicats réclament l'abandon de cette réforme décidée l'année dernière alors que le chômage reculait.

Au début de la crise, l'exécutif a suspendu jusqu'en septembre le second volet de sa réforme qui durcit le calcul de l'allocation pour les travailleurs précaires, et qui devait entrer en vigueur au 1er avril.

En revanche, la règle déjà entrée en vigueur au 1er novembre, qui durcit les conditions d'accès (avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de 4 mois sur 28) et de rechargement des droits, est toujours valable. 

Le ministère a par ailleurs précisé que "la prolongation des droits pour les personnes en fin de droits serait également effective pour le mois de mai" et que "cela concernait plusieurs centaines de milliers de personnes, dont les intermittents du spectacle".

"C'est l'ensemble des demandeurs d'emploi qui devrait voir ses droits prolongés", a réagi la CFTC alors que le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) a demandé un "allongement de la durée des indemnisations d'au moins 6 mois et sans condition".

Pour le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, "ce n'est pas le moment de fléchir en terme de filet de sécurité, notamment l'indemnisation pour les demandeurs d'emploi". 

Et au-delà, "le gouvernement serait bien inspiré de convoquer avec les partenaires sociaux et les régions une conférence pour l'emploi, pour regarder comment on agit un peu en anticipation", afin de "sauver un maximum" d'emplois, a-t-il déclaré sur BFM-TV. 

"Je suis inquiète pour l'emploi. Cette crise n'est pas une parenthèse, elle va durer", reconnaît Mme Pénicaud dans Le Parisien.

Déborah CLAUDE, Fabrice RANDOUX



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