Faits-divers

Harcèlement, pressions, humiliations, insultes… Les dirigeants de l’ARAR doivent s'expliquer

​Correctionnelle Champ-Fleuri, Vendredi 1er Mars 2019

Vendredi 1 Mars 2019 - 23:48

Harcèlement, pressions, humiliations, insultes… Les dirigeants de l’ARAR doivent s'expliquer
"Donne à li in pied, li prend l’caro !"

La vieille expression créole est assez facile à traduire en bon français ; je vous l’épargnerai donc.

Là, nous avons à faire face à l’impéritie administrative et judiciaire en même temps.

"Il est temps que ça s’arrête !" (le bâtonnier Gangate)

Impéritie judiciaire parce que cette lamentable affaire a débuté en 2004 à Saint-Denis et que la justice a pris son temps, tout son temps, 15 ans très exactement, pour renvoyer les accusés devant la barre de la Correctionnelle. Ce qui a fait dire au bâtonnier sudiste Djalil Gangate, avant le début de l’audience :

"Il serait plus que temps que ça s’arrête ! Il leur a fallu cinq ordonnances de renvoi avant de programmer l’affaire. J’espère qu’ils ne vont pas aussi la renvoyer à une date ultérieure en plus".

Le président Molié n’a pas dit autre chose en début d’audience, avant d’entendre les accusés :
"Cinq renvois en 15 ans, et un parcours parsemé d’embûches !" Une façon élégante de présenter aux accusés et aux parties civiles les excuses de la justice pour ce retard inqualifiable.

Une impéritie administrative aussi, écrivions-nous car dans une affaire aussi grave de harcèlement au travail, jamais, jamais, la Direction du Travail et de l’Emploi n’a mis son nez dans ce dossier ; malgré les nombreux avis transmis à ses services.

Les faits sont malheureusement aussi simples que trop courants : des responsables imbus de leurs prérogatives auraient usé et abusé de leur statut pour s’ériger en "gros adjudants" et harceler leurs subordonnés, une quinzaine.

Harcèlements : une imagination d’enfer

Il s’agit au départ de l’ARAR (association réunionnaise d’aide respiratoire) qui s’occupe également d’hospitalisation à domicile. Une mission en théorie très simple : on aide les gens à se soigner en restant chez eux. Dans les missions confiées à cet organisme, rien à redire, tout baigne. Là où le bât blesse, c’est que, les demandes étant si nombreuses et en augmentation géométrique, l’organisme chargé du suivi se développe très vite aussi. Beaucoup trop vite même. On passe en peu de temps de 3 à… 75 salariés. Rémunérés sur fonds publics, cela va de soi. Et personne ne contrôle rien de rien.

Là, les responsables de l’association, forts de cette très lâche bride sur le cou, ne se sentent plus de joie… sans lâcher leur proie ! Après le décès de l’ancien président en 2004, le nouveau, en prenant ses fonctions, s’aperçoit que son bureau croule sous les plaintes des employés. C’est lui qui va porter le pet et enfourner les couloirs d’une institution judiciaire endormie sous le soleil tropical.

En clair, plus d’une quinzaine d’employés se plaignent de harcèlements sous toutes les formes possibles et imaginables.

Sont montrés du doigt le directeur en titre depuis 2005 ; l'aide-comptable au départ, très vite promue chef de service puis agent de direction et chef de service administratif et financier en quelques mois ; et enfin le responsable des hospitalisations à domicile. Bref, les trois têtes pensantes, agissantes et seules décidantes de l’ARAR.

Si l’on devait résumer les reproches, ce serait tristement simple : un mépris total envers ceux qui ne sont pas eux-mêmes ! C’est du moins ce qui ressort de l’acte d’accusation long comme un seul jour de Mathusalem.

Pressions, humiliations, dégradation des conditions individuelles de travail, mutations inexpliquées, surcharges de boulot, insultes, mise à l’écart de toute vie communautaire, exclusion de toute communication, interdictions de participation aux séances de travail et de communication, brimades diverses et variées, accusations injustifiées, affections à de nouveaux services sans les moyens d’action idoines, insultes, dénigrements privés ou publics, excusez du peu.

"Un directeur très agressif !"

Untel est mis au placard (non doré) puis renvoyé sous prétexte qu’il est délégué du personnel, situation légalement protégée pourtant. Mais la loi et les règlements, apparemment, tout le monde s’en contrefiche avec une aisance qui vous donnerait une idée de l’infini. Les services de contrôle du Travail aussi, de toute évidence, malgré les nombreuses plaintes déposées.

Untel se voit sucrer ses primes de fin d’année, de crainte qu’il ne vote pour tel autre aux élections de délégué du personnel. Là, l’Inspection du Travail parle pudiquement de "climat social un brin délétère". Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites.

Un comptable voit sa charge de travail augmentée sans qu’on sache pourquoi. Dans sa plainte, il cite " un directeur très agressif, soliloquant plus que discutant en pleine réunion, badine à la main comme un mauvais adjudant, ne laissant personne prendre la parole… " La Direction du Travail continue de faire la sourde oreille et sera même de plus en plus bouchée au fur et à mesure que les plaintes s’empilent sur son bureau.

Le système de défense des trois accusés est simple : tout ça, c’est rien que des mensonges. Et c’est un complot en plus.

Concernant la surcharge de travail du comptable, par exemple : "On a justement réorganisé ses tâches pour lui permettre d’exercer son boulot de délégué !" Ah bon ? En augmentant son travail ? Et comme il n’a "pas assuré ce qu’on attendait de lui, on l’a licencié purement et simplement". Licencier un délégué du personnel, emploi protégé s’il en fût, faut quand même oser. La Direction du Travail continue de ne rien dire.

"Du harcèlement ? Où ça ça ?"

Une chose, une seule, est à l’actif de l’ARAR : les patients ne semblent pas avoir souffert de cette gabegie. 

Outre les brimades, il faut ajouter que insultes et grossièretés diverses fusent au hasard des réunions. Une diététicienne se voit insulter en pleine réunion de conseil : "Bouge ton cul de là, espèce d’incapable !" Bonjour l’ambiance.

Si l’on en croit les accusés, ce sont eux les plus à plaindre. Le directeur est à présent au chômage. Pour le responsable des hospitalisations à domicile, "les conséquences de ces attaques ont été terribles. J’ai même dû divorcer", explique celui qui est actuellement directeur de clinique en Hexagone.

Les accusés nient tout, tout, tout sur le…

Que certains de leurs subordonnés aient été hospitalisés pour dépressions graves n’a qu’un lointain rapport avec l’affaire. Car "il n’y a jamais eu de problème de harcèlement". Et la quinzaine de plaintes alors ? "S’il y avait eu des problèmes, pourquoi les instances appropriées, la Direction du Travail par exemple, n’ont-elles jamais semé le souk ?" Bonne question…

Les accusés vont même commencer à pleurnicher à la barre. « On se calme ! » dit simplement le président Molié.

Les défenseurs des accusés ont tenté l’impossible, à savoir remplir un camion-citerne avec une petite cuillère trouée.

Jugement reporté sine die.
Jules Bénard
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1.Posté par R16 TX VERT FLUO le 02/03/2019 05:05

Il n'y a pas pire qu'un baiseur de paquet frustré….Et il n'en manque pas sur l'île, des baiseurs de paRquet lustré...Propos absurde, Jean con vient...

2.Posté par la langue na poin le zo le 02/03/2019 06:42

ENCORE l' ARAR ? mi connai un samedi matin i va remette une couche!!!! controle ca et prend les mesures qui faut

3.Posté par Partage le 02/03/2019 07:02 (depuis mobile)

Très très répandu ici des qu''on a le pouvoir on se sent plus poussé il n''y a qu''à voir ce qui nous représente ici bas pour comprendre......et on adore cela de gros glands pour diriger d autre petits glands....

4.Posté par Aussi le 02/03/2019 10:51 (depuis mobile)

Dans les mairies c’est le proc qui fait la sourde oreille. Pourtant les cas ne manque pas, on discute des dossiers entre soit dans les cocktails mondain et ensuite on classe.....Belle justice !

5.Posté par Zorro le 02/03/2019 11:19 (depuis mobile)

Aboli sur le papier depuis très longtemps, l’esclavage est resté très ancré dans la mentalité créole.
D’ou ce mode de « management » d’un autre âge, plus répandu qu’on ne le croit.

6.Posté par à Zorro le 02/03/2019 14:50

Petite erreur , ce management n'est pas d'un autre âge, c'est celui qu'enseignent depuis 30 ans les grandes écoles , management par la terreur , le stress , ça vient des USA , car bien sûr , les dirigeants de ces grandes écoles françaises sont comme des toutous , qui tirent la langue et remuent la queue devant tout ce qui vient des USA.
Mais la connerie des dirigeants d'entreprises étant au moins aussi incommensurables , ces mecs ne se rendent même pas compte ( ou plutôt se foutent bien) des dégâts que cela cause ( faut-il rappeler la vague de suicides chez Orange dont l'en...lé de patron disait qu'il s'agissait d'une mode!!!- ce jour là j'ai rêvé très fort qu'une de ces "fashion victim" lui balance une balle dans la tête)
on sait aujourd'hui que ce management crée l'inverse , mauvais résultats , absentéisme record mais ces connards sont tellement fiers d'être des "chefs"...en fait juste des petites bites frustrées!

Autre remarque : on peut quand même s'étonner que la justice parfois si prompte à juger en comparution immédiate ait mis 15 ans pour boucler un dossier par ailleurs incomplet! ça laisse rêveur!

7.Posté par Patient le 03/03/2019 08:05 (depuis mobile)

En tant que patient suivi par l''arar depuis des années, je félicite ici ces employés qui avec les conditions citées n''ont rien laissé paraitre et ont assuré un service parfait pour mon cas. Bravo à vous !

8.Posté par Ouais... le 03/03/2019 15:55 (depuis mobile)

Zinfo974 vous faites paraitre des articles sur certaines entreprises et pas sur d autres toutes aussi importante or les gens et surtout les victimes seraient tres heureux que l on parle de ces affaires

9.Posté par Ouais... le 03/03/2019 17:46 (depuis mobile)

Il est vrais que le déclenchement de ces instance prend un certain temps (trop???) ,mais quand ils font le job sa déménage.aussi dans trop d entreprise les patrons se comportent comme s ils etaient dans leur royaume et le droit n y a pas court .

10.Posté par Foutaises le 04/03/2019 16:28

Mais le management à l'ARAR n'a pas trop changé 15 ans aprés ,ia nouvelle Direction est très autoritaire ,mais il ne faut pas en vouloir à ceux qui n'ont pas appris le management ?
Il sont beaucoup à ne rien connaitre au Management à l'ARAR ,car beaucoup ce sont retrouvés à des postes de responsabilités et d'encadrement ,sans en avoir les compétences ,l'exemple plus haut qui fait part de l'aide comptable qui est devenu chef de service administratif et financier en quelques mois.
Ah oui ça beaucoup l'on compris à l'ARAR .Il faut savoir bien se faire voir pour se hisser à un niveau supérieur pour lequel on est finalement totalement incompétent (principe de Peter) . Et quand on est pas compétant ,et bien on gueule sur ses subordonnés ,on leur dit que c'est leur faute !!!!!

11.Posté par justicier le 04/03/2019 21:23

Heureusement que L'ARAR existe et cette association ne se résume pas qu'à des incompétents et qu'à des personnes irrespectueux. La magouille il y en a partout. Des milliers et des milliers de patients ont pu bénéficié de leur intervention et les salariés de terrain le font avec beaucoup d'humaniste. En en dépit des anciens petit " zozo" les soignants, les livreurs et les coursiers et tous les autres sont dévoués aux patients. Heureusement que le temps des cowboys est fini. La perfection n'existe pas mais j'ai été patient et mille merci à cette association car dans leur geste il y a véritablement de l'amour et du respect du patient que j'étais, jamais vous trouvez cet humaniste dans les hôpitaux. Merci à l'ARAR.
je pense que ceux qui critiquent cette association en y mettant tout le monde dans le même panier ne sait vraiment pas de quoi ils parlent.
Merci à vous les infirmiers, les aides soignantes et les autres car vous faîtes vraiment un travail de cœur. Merci encore.

12.Posté par justicier le 05/03/2019 07:08

Excusez moi car il est vrai que je n'ai connu l'équipe soignante mais je suis persuadé que les professionnels de bureau sont aussi compétents dans leur domaine et je leur remercie également. Merci existé et continuez à l'être car beaucoup de patients ont besoin de vous.
Bonne continuation.
Un patient très satisfait et un justicier qui défendra toujours les bonnes causes.

13.Posté par justicier le 05/03/2019 11:32

J'aimerai apporter un dernier commentaire. Etant ancien cadre à la retraite quand je lis le commentaire de "Foutaises" je peux vous confirmer de part mes expériences que lorsqu'un salarié accepte un poste alors qu'il n'a ni la formation de cadre, ni les apports conceptuels, ni l'expérience, ni une connaissance de ses responsabilités alors tout comme son directeur il est aussi responsable des dégâts causés. Ici on parle de " trou de l'ARAR". Je pense que toutes ces personnes ont contribué au déclin de l'association . Et si encore ils avaient eu l' intelligence de refuser le poste de cadre attribué, cela aurait sans doute trop dure, le sentiment de la toute puissance a été trop fort, je pense. J'ai aussi su qu'il y a une nouvelle directrice depuis peu, j'espère qu'elle saura ramener le bon sens dans cette association qui doit absolument continuer. J'espère aussi qu'elle prendra soins de tous les salariés et notamment les soignants.
Pour moi le sentiment de la toute puissance, le copinage avec les incompétents, les petits arrangements à tous niveaux se sont des facteurs qui ont contribué au déclin de l'ARAR. Mais heureusement vu ce qu'ai eu comme soins , l'espoir est là et c'est à travers l'amour des soignants pour leur métier que l'ARAR continuera sans oublier toutes les autres qui sont invisibles mais bien présentes dans leur bureau qui œuvrent pour la survie de votre association. Continuez et ne lâchez rien. Mme la directrice prenez soins de vos salairiès car c'est grace à ces etites mains que la machine avant avec aussi des cadres compétents.
Bonne aventure à tous et j'encourage vivement aux autres patients de faire appel à cette association qui est guidée par l'amour de l'autre.

14.Posté par Foutaises le 05/03/2019 11:58

Heureusement que le personnel de terrain et soignant est compétent ,c'est grâce à eux qu'elle tourne la boutique !!!!
On parle des méthodes de management qui concernent le personnel encadrant et de direction.Mr le Justicier dire que la magouille il y en a partout ,c'est vrai . Mais si tout le monde osait avoir le courage de la dénoncer ,nous n'en serions pas là.
Mais les temps changent dirait-on ? Tous ces scandales autour de l'Eglise ,du harcèlement sexuel,d'abus de biens sociaux,d'arnaque à la Sécu.......
J'espère que tous ceux qui se sentent concernés sont en train de flipper,leur tour arrive !!!!

15.Posté par justicier le 06/03/2019 16:08

Mr Foutaise, je ne voulais froisser personne dans votre association car j'ai bien conscience que pas seulement les soignants font tourner la boite. Vous semblez connaître ce qui se passe dans cette association et avoir connaissance des certaines choses qui me paraissent tabou ou injuste. Et si j'ai bien compris cela dure depuis un bon moment, voir plusieurs années. Pourquoi attendre pour dénoncer? est ce le fait que la justice n'a pas été efficace rapidement comme pour votre ancien directeur que vous n'avez rien fait? Que craignez vous? Le non dit n'arrange rien voir nourrie l'injustice! voir même devenir complice du méfait.
Alors trouvez le courage en vous et aider cette association de se débarrasser des mauvaises personnes qui semble t'il sévit encore. Craignez vous pour votre personne? Je sais ce n'est pas facile . Comme vous dites tout se découvre mais au bout de combien d'année et les personnes qui souffrent! Après je peux vous comprendre il faut aussi pouvoir assumer ses actes par la suite car dénoncer c'est important et il faut le faire mais je suis persuadé qu'il y a aussi un prix à payer car j'ai connu des personnes qui voulant bien faire, paient encore aujourd'hui ce qu'ils ont fait et moralement ca les a détruit sans parler les répercussions sur leur famille. Mon objectif n'est pas de vous décourager mais en avoir pleinement conscience des conséquences de ses actes permettrait peut être de tempérer l'après.
Bon courage à vous Mme ou Mr.

16.Posté par Foutaises le 07/03/2019 19:48

Oui je suis tout à fait d'accord avec vous Mme/Mr Justice ,cela a un prix à payer même si l'on est humilié. On le paye cher :cela détruit comme vous le dites si bien ,cela a des répercussions sur votre vie personnelle.
Et puis quand vous devez passer un entretien,et bien là ,ça fait tache sur le cv . Et oui ,car dans les établissements ,tout le monde a son mot à dire au sujet de l'ARAR. Quand on vous pose la question "vous avez travaillé à l'ARAR ?" ,il y a par la suite un silence ......qui en dit long.
Donc vous voyez ,c'est LA DOUBLE PEINE: on morfle quand on y est et ensuite on se traine cette image de l'ARAR quand on n'y est plus !!!

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