Société

Handicap: Son fils exclu du collège, Heïdi ne sait plus vers qui se tourner

Mardi 25 Juin 2019 - 09:32

Pour Heïdi, il y a discrimination. "Un enfant porteur de handicap demande à être écouté et compris"
Pour Heïdi, il y a discrimination. "Un enfant porteur de handicap demande à être écouté et compris"
Parce que faire face à la maladie de son fils de 16 ans relève d’un véritable sacerdoce, Heïdi a décidé de témoigner à visage découvert "pour les autres parents dans la souffrance également" et malgré les jugements qui culpabilisent ou qui accusent sans savoir. 

Heïdi, elle-même handicapée, est mère célibataire de deux enfants, dont Lukas*. "C’est au moment où il est entré à l’école que nous avons remarqué que quelque chose clochait", se souvient-elle. Lukas, qui manifestait des troubles du comportement et de l’hyperactivité, ne nouait en effet aucun lien avec les autres enfants et "restait dans son coin".

Aujourd’hui encore le diagnostic complet n’est pas posé, Lukas présente des troubles du spectre autistique (TSA) et est également suivi au CHU Sud pour présenter "très probablement une maladie génétique". 

Peu de place dans les établissements médico-sociaux spécialisés

En attendant de trouver une solution, Lukas* passe ses journées dans l'univers protecteur de sa chambre
En attendant de trouver une solution, Lukas* passe ses journées dans l'univers protecteur de sa chambre
C’est au collège que le calvaire aurait commencé pour la famille. "Beaucoup de souffrance et d’incompréhension ", résume Heïdi. À plusieurs reprises, Lukas a fait l'objet d'accusations dont notamment d’avoir eu un comportement sexuel inapproprié dans l’établissement scolaire. Il y a deux ans, une exclusion avec sursis avait déjà été prononcée, confie sa mère. En avril dernier, des faits du même type se sont reproduits. "Si mon fils a commis ces faits graves, je sais que ce sont les conséquences de son handicap. On parle d’intégration d’enfant porteur de handicap sans moyens adaptés. On tape sur les familles qui doivent se défendre seules !"

Compte tenu de son handicap, Lukas a été sanctionné d'une exclusion avec sursis par le conseil de discipline, confirme le rectorat. 

Heïdi est consciente que l’intégration scolaire pour son fils n’a pas fonctionné et a multiplié les démarches depuis plusieurs années pour qu’il soit accueilli dans un établissement médico-social spécialisé. SESSAD (service d’éducation spécialisé et de soins à domicile), IME (institut médico-éducatif), ESAT (Établissements ou Services d'Aide par le Travail), IMPRO (Institut Médico-PROfessionnel)…Heïdi dispose de toutes les notifications pour un avis favorable, mais les places sont limitées et la liste d’attente interminable. Une réalité confirmée par l'Agence Régionale de santé. Le département dispose de 58 structures, en comptant les ESAT, accueillant les enfants porteurs de handicap pour 3 325 places installées.

Et les délais d’attente, variables selon la nature de la structure et le type de public accueilli, "sont relativement conséquents", indique l'ARS. La cause: des taux d’équipement inférieurs à la métropole et plus particulièrement dans le secteur en charge des adultes.  Le taux d'équipement en place dans les établissements pour enfants handicapés de moins de 20 ans pour 1 000 habitants est ainsi de 9,1 places contre 9,7 en métropole. Pour les adultes handicapés de 20 à 59 ans, il chute de 5,95 places contre 9,98 en métropole, soit quasi la moitié de l’offre hexagonale. Enfants et familles doivent ainsi compter des mois voire des années avant de pouvoir intégrer ces structures spécialisées. 

"En tant que parent, on ne sait plus vers qui se tourner. Les solutions et les moyens manquent. Où est l’intérêt de l’enfant ? ", dénonce-t-elle. "On ne donne pas de chance aux enfants différents, ils sont vus la plupart du temps comme des monstres.  Quant à nous parents, ce sont la culpabilité et le manque de considération qui nous accompagnent au quotidien", s'insurge Heïdi.


*prénom d'emprunt
PB
Lu 8743 fois



1.Posté par Dans le même cas le 25/06/2019 10:27 (depuis mobile)

Aujourd''hui nous somme plusieurs parent dans ce cas la les écoles ne sont pas formé pour handicap invisible on doit déménagé à l''étranger pour que nos enfants puissent avoir de l''aide merci à l''état

2.Posté par Idem dans le même cas le 25/06/2019 11:38

Bon courage Madame !

Ma fille de 5 ans souffre de troubles du développement (langage, psychomotricité, apprentissage...).

C'est compliqué d'obtenir une AESH et déjà une liste d'attente interminable pour l'accession à un établissement type SESSAD.

Sans compter le mépris de certain.e.s interlocuteur.rice.s fort heureusement bien minoritaires.

La réalité c'est que l'ensemble des personnels administratifs, enseignants, soignants, sont de bonne volonté mais à bout de force et impuissants face à la détresse des familles et au manque de moyens qui leur sont alloués.

Alors, même si aujourd'hui, le collège me paraît bien loin, c'est demain et il faut déjà y réfléchir et anticiper.

3.Posté par Eve le 25/06/2019 14:02 (depuis mobile)

Bon courage à vous .je travaille dans ses établissements ne perdez pas espoir.c'est vrai que la liste d'attente est longue

4.Posté par Anonyme le 25/06/2019 14:28 (depuis mobile)

J''ai toujours entendu qu''il manque des AESH pour les enfants en difficulté . Depuis le 01 Juin les collèges ne font plus de contrats AESH . Ce sera encore la galère à la rentrée .

5.Posté par Willy le 25/06/2019 14:45 (depuis mobile)

Nous aussi notre enfant de 12 ans souffrant de TSA et autre trouble associé sest vu exclu de son college pour une crise aigue lors dune seance de classe. Malgré nos demandes nous nous retrouvons face à une incompréhensiondu système francais...

6.Posté par JF le 25/06/2019 15:00

Il est inadmissible qu'un enfant souffrant d'un handicape ne trouve pas de place dans un environnement qu'il lui soit adapté pour progresser. Le système scolaire actuel, sans accompagnement adapté n'est voué qu'à l'échec et il se retrouve dans cette situation, ou le système se protège comme il peut sans état d'âme et c'est dommage...Plus de moyens avec des liens avec toutes les composantes ( humaine) de notre société serait le top.Mais on peut réver...

7.Posté par Vilinmanir le 25/06/2019 15:09 (depuis mobile)

Un établissement scolaire n'est pas adapté à ce genre d'élèves ! Il en va de la scolarité des autres élèves... Quelle solution ? Faudrait vraiment se tourner vers un établissement spécialisé...mais il a 16 ans.et les places sont réservées aux jeunes

8.Posté par Lolo le 25/06/2019 16:32

La France = cinquième puissance économique mondiale. Alors qu'est-ce qui se passe? Que chacun réfléchisse.

9.Posté par sim le 25/06/2019 16:56

Sexuel inapproprié , il y a des médicaments pour ça , faudrait voire le médecin traitant.

10.Posté par Firosa Cartaye le 26/06/2019 08:19

Bjr je suis maman d un petit garçon autiste mon fils avait 3 ans quand il a été diagnostiqué autiste pour qu il puisse intègre ime j ai monté un dossier demande d entre prioritaire en ime est mon travail a par fini porte c est fruit il a intégré ime en 2018 après 4 ans attente je comprend absolument votre solitude si vous avez besoin d aide n hésitez pas

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie