Courrier des lecteurs

Grand Bassin

Mardi 17 Juillet 2018 - 10:45

Grand Bassin, discrète vallée enchantée.
Son nom, suscite des rêves, l'envolée.
J'entends, j'écoute toujours "Ma Mère", 
Comme l'on dit dans les Hautes Terres
De ma merveilleuse île Bourbon,
Conter les histoires de ce vallon.
Avec elle, mes pieds s'écorchent
Sur les saillants du chemin de roches.
A travers elle, je respire, figé, atone, 
Les subtils parfums du géranium.
Un fumet gourmand de fin café grillé
Se métisse aux fleurs de frangipaniers.
C'est pourquoi, ô Grand Bassin,
Douceur Créole, à l'unique destin
Niché au coeur de l'âme de Bourbon
Tu es comme un diamant, caché aux désirs des larrons.
Ton écrin de basalte ourlé du velours de ta flore,
Souligne ta beauté que le temps ne déflore.
Au coeur conteur de ma chère Mère,
Je parcours le Grand Bassin à livre ouvert.
Je goûte "Grand matin" " Le riz chauffé", 
Souvenir du "cari" canard de la veillée. 
Le piquant vif du petit piment,
Eveille en moi des souvenirs brûlants.
Elle raconte, l'oeil pétillant, ma maman,
Sa vie de petite enfant, en ce val charmant.
L'école des chiffres et de l'alphabet.
La voix de "Mademoiselle", sous la dictée
De laquelle, elle apprenait, retenait, rêvait
Du présent, du Passé, du Parfait de l'Imparfait.
Avec "Ma Mère", chère Maman,
Me voici redevenu petit garnement.
Je prends des bains interdits sous la cascade,
Avec ses frères, ses soeurs, ses camarades.
Les corbeilles d'or nous saluent au passage,
Ruisselantes de couleur sur le vert paysage.
C'est pourquoi, ô Grand Bassin,
Douceur Créole, à l'unique destin
Niché au coeur de l'âme de Bourbon
Tu es comme un diamant, caché aux désirs des larrons.
Ton écrin de basalte ourlé du velours de ta flore,
Souligne ta beauté que le temps ne déflore.
Cà y est! Au bout du chemin, C'est le petit pont!
Certes, ce n'est point celui, si chanté, d'Avignon,
Mais l'on y danse aussi, tous en rond,
Pendant que l'insouciante et cristalline rivière,
Ruisselle, bondit, virevolte de pierre en pierre.
Le chant du vent léger, celui du gai ruisseau,
Me bercent, je m'endors comme un louveteau.
Dans mon rêve, résonne la douce mélopée,
Qu'enfant "ma Mère" me chantait :
"Ti chemin, grand chemin
Où les oiseaux vont boire..."
Pour moi, cette musique quasi divine,
Les paroles de cette jolie comptine,
Me ramènent sur les bords de ce chemin
Qui serpente, dur, âpre, le long du ravin.
La rivière scintillante s'échancre tout là-bas,
Ouvrant ses bras à la peine des gens d'en bas.
C'est pourquoi, ô Grand Bassin,
Douceur Créole, à l'unique destin
Niché au coeur de l'âme de Bourbon
Tu es comme un diamant, caché aux désirs des larrons.
Ton écrin de basalte ourlé du velours de ta flore,
Souligne ta beauté que le temps ne déflore.
Vigilant, le Capitaine Dimitile veille sur l'Entre Deux,
Le village d'en haut, sur le plateau, au plus près des cieux.
Capitaine Marron, d'esclaves enfin libres,
Son coeur, son âme, sa fierté, en moi, vibrent.
Le Bois Court, frange la Plaine des Cafres,
Avant le grand plongeon, sans peurs, ni affres,
Au fond de ce merveilleux et secret vallon
Porteur de mystères, mais aussi de chansons. 
"Ti Bassin, Grand Bassin
Où les souvenirs sont naissains"
Accrochés aux parois abruptes,
Lieux de prières et de cultes,
Lesquelles répercutent en échos chantants et colorés,
Le noble langage de nos aïeux métissés.
Ce chant des mots qui s'élèvent des jolies cases créoles
Aux joyeux et pimpants toits de tôles,
Où les occupants prennent comme un don divin
La douceur de vivre, de ce Grand Bassin.
Arnaud JOMAIN
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1.Posté par L'Ardéchoise le 17/07/2018 11:24

Bonjour, Arnaud Jomain !
Merci pour ce si beau poème qui réveille en chacun qui connaît cet endroit de bien jolis souvenirs !

2.Posté par justedubonsens le 17/07/2018 15:47

Merci M. Jomain. Cela devrait s'apprendre dans les écoles. Quel plus bel hommage à ces écrins qui font La Réunion.

3.Posté par NATIVEL le 17/07/2018 18:51 (depuis mobile)

Ou la quelle Jolie poèmes moi qui y hahite tout y est dit en me laissant un peu nostalgique
Merci

4.Posté par NIVET le 18/07/2018 11:06

Grand Bassin, belle peinture, Arnaud.

A.N.

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