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Courrier des lecteurs

God Save The Queen & le petit Pravind


Par La Mauricienne - Publié le Vendredi 23 Juin 2017 à 05:48 | Lu 342 fois

La Mauricienne avait prédit qu'avec la pluie d'emmerdes que récolte ce gouvernement, on est en droit de se demander ce qui va suivre. Les malheurs du petit Pravind sont en train d'entrer dans l'Histoire. C'est la Loi de l'Emmerdement Maximum ou Loi de Murphy: "tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera mal". Le voila judiciairement mis en cause dans une affaire de prise illégale d'intérêt qui sera entendue par le Conseil Privé ( de la Reine) à Londres ! C'est une première dans l'histoire du Conseil Privé, institution qui existe depuis 1066, qu'un Premier ministre est accusé dans une affaire pénale !
 
Pas plus tard que mercredi, le petit Pravind revanchard et furax avait invectivé son ex au sein de l'Assemblée nationale. ( lire sur le blog de La Mauricienne " Ale do bouffon'," Rubish!"...)

L'ancien leader de l'opposition, Paul Bérenger avait eu droit à cette réplique du petit Pravind devenue culte :

 «Medpoint ? Claque tu as eue… vous avez eu claque avec la Cour suprême ! La Cour suprême t’a claqué !» 

Pour reprendre une expression chère à Pravind junior, c'est "une claque" que lui a infligé jeudi, le juge de la Cour Suprême ! 

En effet, le chef juge Keshoe Parsad Matadeen et le juge Asraf Caunhye autorisent au Directeur des poursuites publiques (DPP) de contester devant le comité judiciaire du Conseil privé de la Reine l’acquittement de Pravind Jugnauth dans l’affaire Medpoint.

Et comme un malheur ne vient jamais seul pour le petit Pravind. Double claque ! 
La Cour suprême a rendu son verdict. L’Independent Commission against Corruption (ICAC) ne pourra convoquer le Directeur des poursuites publiques (DPP), Satyajit Boolell, pour l’interroger under warning dans l’affaire concernant le bail de Sun Tan Hotels. Cette affaire a éclaté, le 21 juin 2015. Le DPP s’est retrouvé au centre du scandale et il avait échappé in extrémiste à une arrestation. Les deux acolytes, copains comme cochon d'alors, Showkutally Soodhun et Roshi Bhadain, ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance avaient fait pression sur l’ICAC pour que celle-ci poursuive son enquête à son encontre. C'était bien tenté. Mais c'est raté. Le système judiciaire démontre encore une fois son indépendance face au pouvoir. 


Avec tous les scandales qui s'accumulent et l'incompétence de son gouvernement à gérer les situations de crise, on a l'impression de visionner "video gag" et le best of des chutes spectaculaires. La Mauricienne n'en démord pas, le petit Pravind a la poisse. C'est la seule explication rationnelle. Pas si sure qu'il va se remettre des suites de l'affaire Medpoint. Cela fera bientôt sept ans que cette affaire a éclaté. 

- Décembre 2010 : L’Etat rachète l’ancienne clinique MedPoint pour la somme de Rs 144,7 millions. L’Independent Commission against Corruption (Icac) ouvrira une enquête.

- Septembre  2011 : L’Independent Commission against Corruption (Icac) passe à l’offensive. Après neuf mois d’enquête dans l’affaire MedPoint, elle arrête l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances.
Pravind Jugnauth est provisoirement inculpé de conflit d’intérêts en vertu de l’article 13 (2) (3) de la Prevention of Corruption Act (PoCA). Il lui est reproché d’avoir approuvé, en décembre 2010, en sa qualité de ministre des Finances, la réallocation de Rs 144,7 millions pour l’achat par l’État de la clinique MedPoint, qui compte parmi ses actionnaires sa sœur Shalini Malhotra. Pravind Jugnauth est libéré sous caution.

- Juin 2015 : Pravind Jugnauth, alors ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation, est reconnu coupable de conflit d’intérêts par la cour intermédiaire. Il est condamné à 12 mois de prison. La sentence est ensuite commuée en 90 heures de travaux communautaires. Dans leur jugement, les  magistrats ont conclu que la signature de Pravind Jugnauth sur un document relatif à l’acquisition de la clinique MedPoint a suffi à établir sa culpabilité.
Madame son épouse à Londres lui apporte son soutien via une connection Skype. D'un air ingénue de petite bourgeoise des Hauts, elle n'hésitera pas à déclarer à la suite du scandale Medpoint où son cher et tendre a fait appel : "si il fait de la prison, je suis prête à la suivre". 

- 25 mai 2016 : Le jugement de la cour intermédiaire est renversé par la Cour suprême. Pas de conflit d’intérêts de Pravind Jugnauth dans la réallocation des fonds pour l’achat de la clinique MedPoint, statuent les chefs juges. Ils soulignent que les magistrats de la cour intermédiaire ont eu une interprétation erronée de la loi (« misdirections in law ») en ce qu’il s’agit d’établir si l’ancien ministre de la Technologie avait agi en connaissance de cause ou s’il avait agi de bonne foi.

À son tour, le DPP s’en est remis à la Cour suprême, réclamant l’autorisation de cette instance judiciaire de contester l’acquittement de Pravind Jugnauth devant le Conseil privé.

Pravind Jugnauth étant blanchi par la cour d’appel. Le  jugement avait réussi à ramener le leader du parti soleil au devant de la scène politique, passant de son statut de député à celui de potentiel Premier ministre. On connait la suite. Il a succédé au fauteuil de son père Sir Aneerood Jugnauth au poste de Premier ministre. 

- 22 juin 2017 : Le Directeur des poursuites publiques obtient l’autorisation de la Cour suprême de contester l’acquittement de Pravind Jugnauth devant le Privy Council (devant le Conseil privé de la Reine ). La Cour suprême estime que les points soulevés par le Directeur des poursuites publiques sont d’un intérêt public considérable et doivent être présentés devant le Judicial Committee of the Privy Council. 

Si la cour suprême accorde au DPP de faire appel devant les Law Lords, Pravind Jugnauth sera de nouveau dans le doute quant à son avenir politique. La question du maintien de Pravind Jugnauth comme Premier ministre se pose. En Angleterre ou récemment en France, au lendemain d'une élection remportée largement par la majorité, les ministres de la Justice, des Armées et des Affaires Européennes ont démissionné parce que leurs noms seraient cités dans une affaire. À Maurice, le Premier ministre se retrouve devant le Conseil Privé de la Reine dans une affaire pénale de crime économique et dans laquelle il est le principal protagoniste. Et il se maintient, accro à son numéro, comme un vieux bateleur devenu son propre spectateur à force de se persuader de rendre possible son destin d'Héritier. 

Le petit Pravind vaut certainement mieux que sa caricature, mais son besoin de faire comme papa l'en a rendu prisonnier.
Le fiston qui a le charisme aussi mou et collant qu'un kalamindas (barbe à papa ) ou celui d'un Hollande essaye de tout donner. Sans grand résultat. Il n'arrive pas à convaincre grand monde. L'ombre du père plane. Il faut dire que dans la même journée, son vieux vient de briller à New-York pour la cause chagossienne. Le rejeton à côté semble faire l'andouille avec ces problèmes judiciaires qui lui collent sous la chaussure comme un chewing-gum. 

 
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