Courrier des lecteurs

FreeStyle libre, ça vous dit quelque chose ?

Lundi 29 Octobre 2018 - 09:29

Appareil dit « de confort » pour les diabétiques insulino-dépendants, Le Free-style libre est apparu sur le marché Réunionnais il y a 9 mois environ. En ce qui me concerne, j’en suis « l’heureux » utilisateur depuis 3 mois… Mais il a fallu que je m’arme de patience pendant plus d’un mois avant que de le toucher car nous étions en rupture d’approvisionnement, notre île se trouvant à l’autre bout du monde. Les meilleures choses se méritent !…

Pourtant, tout n’est pas rose dans le monde des capteurs de glycémie ! Et voici que des choses viennent tempérer mon enthousiasme et me  chagriner profondément. La première, c’est le coût d’utilisation horriblement élevé de cet appareil… La seconde c’est le non-respect et la non reconnaissance de nos pharmaciens ce qui a des répercutions très désagréables pour les utilisateurs de cette petite merveille de confort puisqu’on ne se pique plus les doigts.

En effet, cet appareil est équipé d’un capteur, un patch, que l’on pose simplement sur le bras et qui vous donne, assis confortablement, votre taux de glycémie. Mais voilà t’y pas que ce matin, mon FreeStyle libre fait la tête. Il ne répond plus.  Je l’observe sous sous toutes les coutures, je peste, je le cajole, rien n’y fait ! C’est un peu embêtant, mais on ne va pas s’agacer pour si peu puisque la solution est simple : retourner chez le fournisseur, pour le changer ou le remplacer. Je me rends donc chez ce fournisseur, en l’occurrence, mon pharmacien. Naïvement… Car l’histoire ne fait que commencer !…

Bien qu’il soit revendeur de cet appareil, j’apprends le pharmacien ne doit en aucun cas faire du service après-vente… Commence alors un parcours plein d’obstacles… C’est au patient d’appeler le fabricant en métropole. C’est au patient d’essayer d’expliquer pourquoi son appareil ne fonctionne plus. C’est au patient de passer plus de 30 minutes de palabres avec un correspondant à 10.000 kilomètres. Heureusement que nous avons maintenant des forfaits téléphoniques, souvent illimités, qui nous permettent de ne plus nous ruiner quand on appelle en métropole ! Mais les horaires décalés, bientôt trois heures avec le changement à l’heure d’hiver dans l’Hexagone, ne facilitent pas les choses.

Là ou la moutarde commence à me monter au nez, c’est que l’on vous demande votre adresse, ainsi que votre adresse électronique, pour ensuite vous annoncer que pour La Réunion il faudra compter plus de 3 semaines pour recevoir un nouveau Freestyle libre avec son patch, élément indispensable pour qu’il fonctionne. Trois semaines ! Quel toupet  ! Les diabétiques Réunionnais seraient-ils des sous-citoyens qui devraient se passer de surveiller leur taux de glycémie pendant presque un mois ?

La Réunion est un territoire sur lequel la population est relativement pauvre. Le coût de la vie y est très élevé par rapport à la métropole. L’alimentation coûte cher. Consommer chaque jour cinq fruits et légumes par personne n’est même pas envisageable pour la plus grande partie des foyers. Et bien que le taux de sucre dans les boissons ait baissé, il reste plus élevé que dans l’Hexagone. Tout ceci a certainement une incidence sur la santé des Réunionnais et nous savons que le pourcentage des diabétiques est plus élevé à la Réunion que dans le reste de la France. En conséquence, il est évident qu’il y a proportionnellement plus de lecteurs de glycémie utilisés à la Réunion. Ces appareils restent fragiles et dans la vie d’un diabétique, la panne de son appareil a des conséquences importantes. Il est intolérable de laisser des gens sans soins, sans moyen de se soigner efficacement pendant un mois, voire plus.

Alors, elle est où la solution ?

Lorsque vous achetez un ordinateur ou une tablette, si vous avez un problème, vous ramener votre appareil dans le magasin qui vous l’a fourni.

Dans le cas du lecteur de glycémie, cette possibilité n’existe pas. Les pharmaciens, s’ils sont bien habilités à vendre les appareils, deviennent, comme par magie, incompétents pour gérer les appareils défectueux ou en panne… J’informerai le syndicat des pharmaciens de la Réunion de la situation et j’espère qu’ils monteront au créneau car ils sont pris pour des incompétents par une bande de drôles de zozos !

Ou pas…

Le coût du lecteur FreeStyle libre, lui-même, est de 65 €. À cela, il faut ajouter le coût de 2 patchs par mois, pour la coquette somme de 135 €, soit 1620 € par an ! La question qui fâche vraiment, n’est pas celle-ci, même si elle est révélatrice… Ce qui pose le plus problème, c’est l’absence totale de transparence en ce qui concerne la gestion de ces lecteurs de glycémie.

Le lecteur de glycémie FreeStyle libre ne peut être remis dans les mains du patient ailleurs qu’en pharmacie puisqu’il est délivré sous prescription médicale par le biais d’une ordonnance. Seuls les diabétiques insulino-dépendants y ont accès. Une fois que l’appareil est dans les mains du patient, le pharmacien disparaît du circuit. Celui-ci se referme et ne comprend plus que le patient et le fournisseur. Comment cela est-il possible ? Dans quel but ? Quel est donc le rôle que joue notre gouvernement, lui qui est possédé d’une compulsion à offrir des cadeaux princiers aux géants de l’industrie de la santé, laboratoires pharmaceutiques et autres ? Ne serait-il pas le facilitateur, celui qui permet que le petit peuple continue à se faire détrousser par ces bandits de grand chemin ?
Marc Marie Lanceur d’alerte
Lu 249 fois



1.Posté par polo974 le 29/10/2018 16:45

JORF n°0106 du 5 mai 2017
texte n° 74

"""
Arrêté du 4 mai 2017 portant inscription du système flash d'autosurveillance du glucose FREESTYLE LIBRE de la société ABBOTT France au titre Ier de la liste des produits et prestations remboursables prévue à l'article L. 165-1 du code de la sécurité sociale

...

GARANTIE :
Le lecteur est garanti 4 ans, le capteur est garanti 14 jours.
En cas de panne, durant la période de garantie, un remplacement gratuit standard du lecteur ou du capteur défectueux par un produit neuf est assuré dans un délai de 3 jours ouvrés.
"""

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2017/5/4/AFSS1713398A/jo

Votre pharmacien vous balade ! ! !

(mise en danger de la vie d'autrui, tout ça... rappelez-lui un peu les bonnes manières ! ! !)

(les prix annoncés sont de plus exorbitants comparés aux prix métropole ! ! !)

2.Posté par polo974 le 30/10/2018 12:12

Allez, encore une couche sur ce pharmacien qui fuit devant ces responsabilités:
"""
III.3.2.6 GARANTIE DES DISPOSITIFS MEDICAUX
Le principe de base est que tout dispositif médical dispose, d’une garantie
légale. L’arrêté d’inscription du dispositif à la LPP peut mentionner ou non le
délai de garantie de ce dispositif.
L’arrêté d’inscription mentionne le délai de garantie : l’intérêt est de fixer
un délai de garantie supérieur au délai légal (égal à deux ans). La fixation de ce
délai fait alors l’objet d’un accord entre le fabricant du dispositif et le CEPS à
l’occasion de la convention de fixation du tarif et, le cas échéant du prix. Ce
délai a donc la même portée et les mêmes effets que celui fixé dans le cadre de
la garantie légale : c’est un délai pièce et main d’œuvre auquel le professionnel
ne peut pas se soustraire.
L’arrêté d’inscription ne précise pas le délai de garantie : c’est ici le délai
légal de 2 ans qui s’applique.
"""

https://www.ameli.fr/sites/default/files/Documents/375031/document/guide_2017_complet.pdf

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 16 Novembre 2018 - 10:37 Jusqu’où l’hybris ?